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Le premier tour de l’élection présidentielle française fût sans surprise, il est conforme au casting retenu par les instituts de sondage (aux ordres). Pourtant il renouvelle le packaging des partis politiques de la 5ème république afin de pouvoir à nouveau séduire l’électeur en démocratie bourgeoise à bout de souffle.

Pour le capitalisme mondialisé, la norme politique majoritaire est anglo-saxonne et il est temps de se convertir au bi-partisme. C’est ce qu’avait lâché Hollande en affirmant liquider le Parti Socialiste au profit d’un grand Parti Démocrate et nous y sommes. L’ancien parti gaulliste avait déjà pris le tournant en devenant atlantiste, sioniste, européiste et en se rebaptisant « les Républicains ». L’un comme l’autre menant la même politique économique en défense des intérêts du capitalisme, la même politique impérialiste.

Nombre de battus du 1er tour ayant déclaré le soir même qu’il fallait voter pour Macron le candidat « démocrate » l’issue du second tour est également sans surprise.

Dans ce contexte, et en raison de leur échec, socialistes et gaullistes sont condamnés à disparaître comme tels et à se fondre qui dans le Parti Démocrate « En Marche », libéral, européiste et atlantiste, mais « progressiste » sur l’aspect sociétal ou dans le Parti Républicain à créer, libéral, européiste et atlantiste mais conservateur à valeurs catholiques, nationalistes et patriotes ; dont le centre de gravité sera plus ou moins proche de l’actuel Front National qui pourrait aussi en être son Tea Parti. Cette démarche conforme à l’agenda capitaliste semble inéluctable, même si pendant un temps l’épouvantail Front National peut également se maintenir.

Reste une inconnue dans ce scénario, un pôle social-démocrate est-il toujours nécessaire et utile au capitalisme et pourra t’il se reconstituer autour des « insoumis » de J L Mélenchon rien n’est moins sûr. Engagés dans l’électoralisme, les « insoumis » et leurs leaders qui ont naïvement cru la victoire arrivée, doivent maintenant, comme le PS maintenu, gérer la défaite et se consacrer en ordre dispersé au second tour puis aux législatives, il n’est pas certain qu’ils y survivent sans se marginaliser.

Plus de 10 millions (22%) d’électeurs on refusé de voter et près d’un million on voté « blanc ou nul », c’est beaucoup plus que le score réalisé par chacun des principaux candidats. Ces non-électeurs pensent pour diverses raisons que voter ne sert à rien ou que leur voix ne sera pas entendue. Ils ont quelques raisons d’exprimer leur défiance envers la démocratie bourgeoise après les expériences du référendum volé de 2005 ou du passage de la loi travail par le 49/3 et surtout maintenant l’annonce faite par Macron de gouverner par ordonnances.

Chez les travailleurs, ceux qui n’ont que leur force de travail pour assurer leur subsistance, qu’ils aient un emploi ou non, le sentiment qui prédomine est que leur situation va encore se dégrader. Ils n’ont plus, à juste titre, l’espoir que la société qu’ils laisseront à leurs enfants sera plus juste et la vie meilleure. Face à cette situation, les politiciens qui demeurent dans le cadre du mode de production capitaliste ne peuvent et ne veulent apporter aucune solution réelle. Le capitalisme en crise n’a d’autre solution que de taper sur le travail et la protection sociale, c’est le sens des discours répétés sur le coût du travail et la compétitivité comme de ceux qui prônent les vertus de l’auto-entreprenariat. Ce système est bloqué, il n’y a pas de changement politique possible par les urnes.

Dans la situation présente, nous communistes avons un rôle historique à jouer, montrer que :

  • par les mobilisations et la convergence des luttes, les travailleurs peuvent faire reculer les attaques des gouvernements qui se succèdent,

  • par l’organisation pour frapper ensemble les travailleurs peuvent mettre fin à la dictature du capital

  • par l’organisation les travailleurs peuvent gérer la société, partager le travail et les richesses

C’est le rôle d’un authentique parti communiste que d’œuvrer à cette organisation. Il ne se construira que par l’émergence et l’amplification des luttes sociales. A chacun d’y prendre sa part

Jean-Michel Nicolas 28 avril 2017

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1er tour social, la Guyane ouvre la voie !

Depuis maintenant une dizaine de jours la Guyane connait des mouvements sociaux importants et convergents.

Grèves, blocages de routes, manifestations. Le 17 mars à Cayenne, une conférence internationale est interrompue par le collectif des 500 frères, entrainant le départ de plusieurs délégations étrangères et la fuite du ministre de l’écologie Ségolène ROYAL. Le 20 mars à Kourou, le lancement de la fusée Ariane 5 a été annulé suite au blocage des accès au centre spatial par des syndicalistes et le collectif citoyen des Toucans. L’aéroport à été temporairement fermé, un vol de la métropole devant même faire demi tour. Des journées ville morte organisées, magasins, écoles, université fermés.

A l’origine de ces mouvements, un sentiment d’abandon et un ras le bol des populations. On y trouve des conflits sociaux classiques, grèves à EDF, à ENDEL, dans le secteur de la santé, manifestations d’agriculteurs, mais aussi des manifestations de collectifs citoyens mobilisés sur les problèmes de santé, d’éducation et de sécurité. Les syndicats engagés, notamment la centrale indépendantiste UTG ont appelé à la grève générale. Le mouvement est d’ampleur, mais il est en partie interclassiste puisque que participe aux blocages outre les agriculteurs, des petits patrons, entrepreneurs du bâtiment ou des transports.

Le bilan de la France en Guyane est affligeant, le PIB par habitant est moitié moindre que celui de la métropole. La Guyane doit importer à grand frais une partie importante des produits qu’elle consomme.

La montée des prix a dégradé les conditions de vie de la partie la plus fragile de la population et si les importations ont diminuées depuis 2015 c’est en raison d’une baisse de la consommation. Cette baisse entraine également une baisse de l’activité économique locale mesurable par la baisse de la création d’entreprise .

Le taux de chômage est de 22%, il touche plus particulièrement les femmes 27% et les jeunes (<25ans) 47%. L’économie est axée autour du centre spatial 1/5ème du PIB et sur l’exploitation minière aurifère dont une grande partie est clandestine et maffieuse. Il en résulte un problème important d’insécurité en forêt et un saccage permanent de l’environnement.

Le pays souffre du manque d’infrastructures nécessaires à son développement (par exemple le secteur du tourisme et quasi inexistant), il est un presque désert médical avec un nombre de médecins de 3 fois inférieur à la métropole, mais caracole en tête de l’insécurité et de la violence.

Face au ras le bol exprimé par la population, et après la fuite de la ministre de l’écologie, la ministre des colonies (de l’Outre-mer) Mme Ericka Bareigts a refusé de se déplacer avec le plus grand mépris, invitants s’ils le voulaient les contestataires à venir à Paris et déclarant qu’il était possible de négocier à distance, sans se voir. L’Etat français a pour le moment envoyé une délégation de fonctionnaires, qui a été fraichement accueillie. Les représentants du mouvement social en cours réclament la considération et la venue des ministres responsables.

Comme communistes, nous souhaitons

plein succès à la grève générale des camarades Guyanais

et nous réaffirmons que selon nos principes :

Nous sommes solidaires de toutes les forces anti-impérialistes et révolutionnaires dans le monde. Nous soutenons les luttes des peuples contre le colonialisme et le néo-colonialisme, à commencer par ceux des «DOM TOM» et affirmons leur droit à l’indépendance.

JMN  27/03/2017

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Le Royaume-Uni quitte l’Union Européenne !

Pour les communistes, c’est un non événement.

Tout d’abord sur le plan économique, car cela ne changera rien, le Royaume-Uni avait déjà un pied dedans et un pied dehors, il a maintenant les deux pieds dehors. Il s’affranchit des décisions communes de l’Union Européenne, mais cette dernière entretient déjà des relations économiques privilégier avec d’autres états qui n’en sont pas membres. Accords de libre-échange ou d’association avec des dizaines d’autres pays parmi lesquels la Norvège, la Suisse, l’Afrique du Sud la Turquie, Israël…bientôt le Canada et les USA, pour nombre d’entre eux, il n’est pas exigé non plus de visa à leur ressortissant qu’il veulent venir sur le territoire de l’UE.

Le Royaume-Uni et l’Union Européenne sont toujours parfaitement intégrés au mode de production capitaliste mondialisé et inféodé à l’impérialisme US aujourd’hui encore 1ère puissance dominante. Il n’y a donc rien de changé pour les prolétaires du Royaume-Uni, ni pour ceux de l’Union Européenne.

C’est un désaveu et un camouflet politiques pour les dirigeants des pays membres de l’Union Européenne, qui s’est traduit par une effervescence médiatique et des fluctuations sur la Livre Sterling et les marchés, spéculation oblige.

Comme communistes nous n’avons ni à nous féliciter, ni à nous plaindre de cette décision du Royaume-Uni mais nous devons nous opposer résolument à toutes les fausses solutions nationalistes qui ne manqueront pas d’être avancées en cette période de décadence du capitalisme comme la solution à la crise.

                                                                                    Jean-Michel NICOLAS

« On accuse les communistes de vouloir abolir la patrie, la nationalité ; les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut leur ravir ce qu’ils n’ont pas. Comme le prolétariat de chaque pays doit en premier lieu conquérir le pouvoir politique, s’ériger en classe maîtresse de la nation, il est par là encore national lui-même, quoique nullement dans le sens bourgeois. » 


Marx-Engels (Manifeste communiste)

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BREXIT : les prolétaires unis finiront par rejeter l’Europe capitaliste.

Le Royaume-Uni, pays impérialiste dirigé par le capital financier, a rejoint la Communauté européenne en 1973. Ce sont les capitalistes britanniques qui, dès les années 1960, ont violemment restructuré l’économie du pays, laminant son industrie, générant un chômage massif, plongeant des millions d’ouvrières et ouvriers dans la pauvreté, pour réinvestir leurs capitaux ailleurs ou sous forme de placements financiers… ils n’ont pas attendu les directives de l’Union européenne pour cela.

Au Royaume-Uni comme ailleurs, l’Union européenne (UE) ne fait qu’accompagner ce mouvement de restructuration. L’UE est en quelque sorte le syndicat des puissances européennes, comme la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, réunies pour trois raisons : défendre leurs intérêts communs face aux autres grandes puissances, fixer des règles communes pour faciliter la circulation du Capital sur le continent, et organiser leur domination sur les petits pays dominés d’Europe du Sud et de l’Est.

Le Royaume-Uni occupe historiquement une place particulière dans l’UE, car le pays est très lié économiquement et politiquement aux États-Unis : c’est pour cela que le pays est moins intégré à l’Union que ne le sont la France ou l’Allemagne.

Les capitaux britanniques et étasuniens veulent pouvoir circuler librement en Europe, mais en même temps le Royaume-Uni ne peut pas trop s’investir dans un projet qui menacerait la suprématie des USA.
Les gouvernements britanniques ont souvent attisé le sentiment anti-européen, sous prétexte qu’il serait soucieux des intérêts du peuple britannique: il s’agit juste, à chaque fois, de défendre les intérêts particuliers du Capital britannique et de la bourgeoisie qui le possède.
On nous dira qu’il n’y a rien de neuf sous le soleil . Pourquoi ce référendum mené par Cameron, un pion politique du capital britannique, pour soi-disant sortir son pays de l’Union européenne ?

Le capital financier du Royaume-Uni est intimement lié au capital financier étatsunien via la City de Londres que Wall Street accrédite comme deuxième place financière mondiale.

Le Royaume-Uni répond aux ordres de ses alliés de Washington dont il a toujours été le Cheval de Troie au sein de l’Union européenne, au service de ses vis-à-vis de Wall Street.

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David Cameron a reçu mission de ses patrons de rassembler le grand capital européen en prévision du grand affrontement qui se prépare entre l’Alliance atlantique (OTAN) en débâcle, et l’alliance montante russo-chinoise.
Évidemment, cet affrontement en préparation exigera des sacrifices – telles une énergie plus coûteuse pour l’Allemagne qui s’approvisionne en Russie – la perte de certains contrats militaires pour la France – la perte de contrats d’investissements pour l’Italie –, etc. mais la mise au pas de l’ogre Russe avant le repli du dragon chinoissera à ce prix.

Le « BREXIT » vise à faire monter les enchères pour le maintien de l’Union, sachant que le retrait du Royaume-Uni entraînerait d’autres replis, la Grèce est à deux doigts de suivre ses pas et combien d’autres ?

Dans cette guerre économique et politique préparatoire à la guerre militaire qui suivra, il semble que la gauche et la droite nationaliste ainsi que leurs extrêmes, ont pris fait et cause en faveur de la faction capitaliste favorable à l’âpre renégociation de l’Union en opposition à la faction capitaliste monopoliste favorable au maintien du marché commun et de l’Euro en l’état.

Ce sont surtout les capitalistes moins fortunés qui sont dans le camp du « BREXIT » – et de l’âpre renégociation de l’Union – alors que les plus grosses fortunes d’Europe – les capitalistes monopolistes transatlantiques – sont eux dans le camp de l’Union.

C’est ainsi que l’idéologie bourgeoise de la Nation protectrice, mystifie la classe prolétarienne.
Une grande partie des prolétaires, inscrit de fait dans le cadre de la concurrence sauvage entre les capitalistes, joue les thuriféraires du capital.

Comme Marx nous l’a enseigné la mondialisation de l’économie est inscrite dans les gènes du capital.

Le choix pour la classe ouvrière ne se pose pas dans les termes de « pour ou contre l’Europe », mais bien en termes de « Quelle Europe voulons-nous ? » L’Europe du capital ou l’Europe du prolétariat international ? Une certaine gauche bourgeoise présente l’alternative dans ces mots, sauf qu’elle laisse entendre que l’Europe du prolétariat peut s’ériger par la conquête électoraliste des parlements capitalistes à grand renfort de bulletins de votes et de plébiscites. RIDICULE.

L’Europe prolétarienne nécessite de détruire de fond en comble l’Europe capitaliste, ses parlements, et ses États bourgeois et de socialiser la totalité des moyens de production, d’échanges et de communication.

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Les prolétaires britanniques doivent refuser de se ranger derrière la clique des capitalistes financiers de la City pour obtenir une renégociation douce des clauses de l’alliance avec la bourgeoisie européenne, ou de se ranger derrière la clique des capitalistes manufacturiers afin de renégocier âprement les clauses de l’Union.
Ils n’ont rien à faire dans cette galère entre les deux factions moribondes du capital et ils doivent rejeter ce référendum sans intérêt pour ses intérêts… de classe.

La concurrence entre les USA et l‘UE pour s ‘emparer des richesses mondiales a franchi une étape.
La crise du système, les difficultés grandissantes qu’a le capital aussi bien à produire de la plus-value qu‘à la réaliser (la transformer en profit et donc en capital additionnel) le contraint à agir sur deux plans.
L’UE s‘est constituée pour exercer une pression plus grande sur la classe ouvrière qui au sortir de la guerre mondiale acceptait difficilement les efforts de reconstructions exigés par le capital (cf les grandes grèves ).
La nouvelle organisation du travail (le fordisme) prenait son essor et parcellisait le travail, détruisant du même coup les savoir faites et les anciennes catégories de travailleurs qui avaient résisté à cette phase de la mondialisation capitaliste.

Il fallait donc accroître l‘exploitation en augmentant la productivité. Celle ci s’est avérée très efficace jusqu’à la fin des années 70 qui vit les limites de cette augmentation avec un accroissement à la fois du crédit, une concentration accélérée du capital crédit et du même coup du capital productif entre des mains de moins en moins nombreuses.
C‘est le début de la décroissance c‘est à dire des rendements décroissants des gains de productivité qui aujourd’hui plombent le capital dans son ensemble et freinent l‘augmentation du taux de profit jusqu’à le diminuer.
Sur un second plan, il s‘agit de s’emparer à moindre coût des ressources.

C’est la décolonisation car entretenir des colonies devenait un fardeau pour les États capitalistes.
C’est la phase d‘expansion moderne avec des Etats centraux qui dominent des Etats compradore.
Les ressources sont pillées mais à moindre coût en terme de capital investi.
Ce qui est la situation actuelle avec comme conséquence un rétrécissement des marchés du fait de la ruine consécutive à ce pillage et de la guerre économique et militaire qu’engendre la concurrence.

Je pense que la montée du nationalisme est irrémédiable dans ce contexte de concurrence exacerbée.
Il s‘agit à la fois de procurer une main d‘œuvre à bas coût dans tous les pays qui aspirent à figurer dans le palmarès des Etats impérialistes (avec au sein même de ces pays des zones franches livrées au marché sans aucuns « garde-fous », ce qui a pour conséquence d ‘ accroître l‘exploitation et la disparition des maigres « acquis sociaux » dans les pays voisins).
Pour les Etats dominants il s‘agit d‘être celui qui aura les meilleures parts de marché d‘être le plus grand pilleur de la planète devant tous les autres.
Voilà pourquoi aussi bien le FN que le FG réclament un État fort, capable de « développer l‘économie » n‘hésitant pas à tenir un discours volontariste et musclé à l‘égard des concurrents.

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«Le capitalisme c‘est la guerre» écrivait notre regretté Maurice Lionnet, directeur du journal «Regroupement Communiste» dans les années 80.

Il ne peut se survivre qu’en écrasant ceux qui lui résistent. Mais unis, les prolétaires peuvent profiter de la maladie structurelle du capitalisme qu’est la crise liée à la baisse du taux de profit (du fait de la dévalorisation brutale et irréversible de la valeur d ‘ échange – monnaie, capital productif et financier, tout ce qui exprime le blocage de ces échanges sur le marché ) en lui donnant le coup de grâce qui pourra l‘achever après une révolution politique puis sociale indispensable pour s ‘ emparer de tous les moyens de production de la vie.

Pierre Lehoux

(sources : Robert Bibeau, «Les 7 du Québec»)

Posture de travail avec grande pipette

Au Royaume-Uni, le contrat « zéro heure », degré zéro de l’exploitation du travail
(http://echangesmouvemen.canalblog.com/archives/2014/01/05/28865808.html)

Sur le blog : ECHANGES et MOUVEMENT (http://echangesmouvemen.canalblog.com/)
Extraire le plus possible de valeur de la force de travail

(Cet arti­cle est paru dans Echanges n° 145, automne 2013.)

Au moment du vote à l’arrachée de la loi Macron par le parlement, il nous a paru intéressant de relayer cet article du blog Echanges et Mouvement qui montre bien pourquoi et comment la crise du capitalisme mondialisé entraine un dérèglement généralisé des conditions de travail et conduit à la désintégration des rapports sociaux….

« Les poli­ti­ciens ont trans­formé le tra­vail en une mar­chan­dise, guère différ­ente de la viande de cheval » (1)

UN NOUVEAU VENU DANS LA JUNGLE DES RELATIONS TRAVAIL-CAPITAL

Le contrat de tra­vail « zéro heure » connaît une forte expan­sion au Royaume-Uni. Ce contrat, qui ne fixe aucun horaire de tra­vail – l’employé accepte de se dép­lacer à tout moment où il y a du tra­vail à faire en étant rémunéré à l’heure –, est le nou­veau venu dans les condi­tions d’exploi­ta­tion de la force de tra­vail. Il n’est pour­tant qu’une étape d’une longue évo­lution dans laquelle se com­bi­nent les éléments de base de cette exploi­ta­tion : salaire, temps de tra­vail et rythme de tra­vail. Ces éléments sont interdép­endants aux différents stades entre domi­na­tion for­melle et domi­na­tion réelle et peu­vent coexis­ter dans une même éco­nomie natio­nale. Avant d’exa­mi­ner cette der­nière vicis­si­tude du contrat de tra­vail, rap­pe­lons ce que sont les données sim­ples qui for­ment la base même du capi­ta­lisme, bases trop sou­vent ignorées dans les ten­ta­ti­ves de com­pren­dre les dérives com­plexes du système.

Ce système est basé sur la pro­duc­tion de mar­chan­di­ses, les­quel­les sont ache­minées vers des points de vente au moyen de trans­ports. Cette pro­duc­tion est assurée par un pro­duc­teur quel­conque (de l’arti­san à une mul­ti­na­tio­nale exploi­tant jusqu’à plus d’un mil­lion de tra­vailleurs) qui, sauf le cas de l’arti­san indi­vi­duel, emploie ces tra­vailleurs pour faç­onner des matières pre­mières géné­ra­lement à l’aide de machi­nes et fabri­quer une mar­chan­dise quel­conque. Lors de la vente de cette mar­chan­dise, le pro­duc­teur, le capi­ta­liste, entend récupérer un sup­plément, outre son inves­tis­se­ment en matières pre­mières, l‘amor­tis­se­ment des machi­nes, les autres dép­enses de fonc­tion­ne­ment de son usine. Ce sup­plément, la valeur, cor­res­pond à ce qui y a été ajouté par l’exploi­ta­tion de la force de tra­vail, exploi­ta­tion sans laquelle la mar­chan­dise n’exis­te­rait pas. L’opé­ration glo­bale n’est accom­plie que pour dégager un profit qui empêche la déva­lo­ri­sation du capi­tal engagé et pour avant tout accroître ce capi­tal, ce qui sup­pose que cette valeur soit améliorée cons­tam­ment pour assu­mer la concur­rence.

Ce sup­plément est acca­paré par le « pro­duc­teur » sous forme monét­aire ; le tra­vailleur, four­nis­seur de la force de tra­vail n’y a aucun accès et aucun droit. Ledit pro­duc­teur en uti­lise une partie pour la rému­nération de la force de tra­vail, rému­nération fixée au mini­mum au niveau suf­fi­sant pour assu­rer la recons­ti­tu­tion de cette force de tra­vail. Bien sûr, le pro­duc­teur capi­ta­liste cher­che à réd­uire le plus pos­si­ble cette ponc­tion sur la valeur. Ce qu’il conserve il le garde pour lui ou le dis­tri­bue aux action­nai­res, une partie pou­vant être mise en rés­erve pour des inves­tis­se­ments dans l’entre­prise.

LA TRILOGIE DE LA PRODUCTIVITÉ : TEMPS ET RYTHME DE TRAVAIL, SALAIRE

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Dans cet arti­cle, nous n’exa­mi­ne­rons pas le dys­fonc­tion­ne­ment fon­da­men­tal qui rés­ulte du fait que le tra­vailleur ne récupère pas l’essen­tiel de la valeur créée par son acti­vité et les conséqu­ences dés­ta­bi­lis­antes qui en rés­ultent pour l’ensem­ble du système capi­ta­liste. Il y a aujourd’hui un retour à l’exploi­ta­tion pure et simple de la force de tra­vail mise en concur­rence à l’éch­elle du monde qui est prin­ci­pa­le­ment le rés­ultat de l’explo­sion des fron­tières et du dép­la­cement extrê­mement rapide de la finance avide de toute spé­cu­lation. Nous nous atta­che­rons uni­que­ment à cette rela­tion entre le tra­vail et le capi­tal et le conflit per­ma­nent autour de la tri­lo­gie : temps de tra­vail, rythme de tra­vail et salaire.

Dans l’his­toire du capi­ta­lisme ces fac­teurs dét­er­minants pour le niveau de la valeur ont pu évoluer indép­end­amment et/ou simul­tanément, selon le rap­port de forces capi­tal-tra­vail, les tech­ni­ques mises en œuvre et les trans­for­ma­tions corré­la­tives dans les condi­tions d’exploi­ta­tion du tra­vail – tout un ensem­ble sur lequel le capi­tal a tou­jours la haute main, se révo­luti­onnant lui-même dans sa dyna­mi­que ; le main­tien de l’ordre social néc­ess­aire au bon fonc­tion­ne­ment du système étant assuré par les struc­tu­res poli­ti­ques à l’intérieur d’un Etat.

Schématiquement, si l’on excepte les pér­iodes de crise dans une indus­trie ou dans un Etat, dans le monde, les ten­dan­ces depuis la montée en force du capi­ta­lisme mon­traient une inter­ven­tion sur l’un ou l’autre élément, ou sur plu­sieurs à la fois, pour ce qui est présenté comme un fac­teur unique dans la compé­tition capi­ta­liste : la pro­duc­ti­vité du tra­vail. Le leit­mo­tiv dont on nous rebat les oreilles sur l’accrois­se­ment de cette pro­duc­ti­vité n’est en fait que la ten­ta­tive d’accroître la valeur et la part de cette valeur conservée par le capi­tal. Si la pro­duc­tion de valeur concerne uni­que­ment le sec­teur pro­duc­tif (pro­duc­tion de mar­chan­di­ses), l’accrois­se­ment de la pro­duc­ti­vité concerne aussi le sec­teur non pro­duc­tif, qui n’existe que par la valeur dégagée dans le sec­teur pro­duc­tif ; là aussi, il importe de réd­uire cette ampu­ta­tion de la plus-value. Ceci pour conclure que la pres­sion sur la pro­duc­ti­vité du tra­vail s’appli­que à l’ensem­ble des acti­vités tou­chant à l’exploi­ta­tion de la force de tra­vail.

Après une pér­iode de pré­carité totale pour le tra­vailleur, où le pro­duc­teur fai­sait la loi quant aux temps, rythme et salaire, sans se sou­cier de la recons­ti­tu­tion de la force de tra­vail (le rés­ervoir de force de tra­vail étant assez impor­tant pour parer au rem­pla­ce­ment des « éliminés » du sur­me­nage et de la misère), la situa­tion s’est len­te­ment modi­fiée, pas par com­misé­ration ou huma­nisme, mais en partie en raison de la montée de la lutte de classe et en partie de l’évo­lution du capi­tal lui-même.

TAYLORISME ET FORDISME : L’ESPOIR DU CAPITAL

Pendant près d’un siècle, malgré les crises pér­io­diques et la crise majeure des années 1930, l’intro­duc­tion du machi­nisme. (machine à vapeur et élect­ricité) a pro­fondément marqué l’évo­lution du capi­ta­lisme. Le tay­lo­risme et le for­disme – qui ne purent exis­ter qu’après l’intro­duc­tion du machi­nisme – cons­ti­tuaient une ten­ta­tive de dép­asser les crises et de réguler la pro­duc­tion capi­ta­liste. Le tra­vail sur la chaîne per­met­tait une régu­lation de deux éléments temps et rythme et une pro­duc­tion de masse accrue à bas coût dont les aug­men­ta­tions de salaire per­mi­rent l’absorp­tion. De même, la dimi­nu­tion du temps de tra­vail auto­ri­sait l’uti­li­sa­tion des mar­chan­di­ses acces­si­bles dans les loi­sirs ainsi concédés aux tra­vailleurs.

Malgré la crise de 1930 que la seconde guerre mon­diale sembla rés­oudre par l’impor­tance des des­truc­tions, tant en capi­tal fixe qu’en capi­tal varia­ble, l’expan­sion du for­disme s’étendit à l’ensem­ble des pays développés : en France, en retard par rap­port à l’évo­lution des Etats-Unis par exem­ple, ce furent les « trente glo­rieu­ses » dans les­quel­les le système fonc­tionna sur cette base for­diste. Avec l’accom­pa­gne­ment dans la plu­part des sec­teurs éco­no­miques d’une réd­uction du temps de tra­vail, d’une modé­ration du rythme de tra­vail et des salai­res sui­vant une pro­gres­sion notam­ment eu égard à l’infla­tion.

QUAND L’INFORMATIQUE BOULEVERSE LE MONDE CAPITALISTE

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Dans les années 1970, un autre fac­teur vint bou­le­ver­ser ce qui sem­blait la « vitesse de croi­sière » du capi­tal (indép­end­amment du pro­blème fon­da­men­tal de la pro­duc­tion capi­ta­liste évoqué ci-dessus) : l’intro­duc­tion de l’auto­ma­ti­sa­tion, qui vida les usines des tra­vailleurs sans spéc­ia­li­sation, un des éléments essen­tiels du « com­pro­mis for­diste ». Le déséq­ui­libre rés­ultant de cette nou­velle situa­tion (notam­ment quant à la néc­essité d’extraire plus de valeur [2] pour com­pen­ser les inves­tis­se­ments dans l’appa­reil pro­duc­tif) a amené le capi­tal à cher­cher de nou­vel­les sour­ces de valeur.

Le dével­op­pement des trans­ports, prin­ci­pa­le­ment mari­ti­mes (le conte­neur), a permis le trans­fert d’indus­tries entières consom­ma­tri­ces de capi­tal varia­ble dans les contrées où un impor­tant rés­ervoir de main-d’œuvre per­met­tait un retour aux condi­tions pri­mai­res d’exploi­ta­tion. C’est-à-dire une surex­ploi­ta­tion dans le temps et le rythme de tra­vail, et la pos­si­bi­lité de nég­liger tota­le­ment, par de fai­bles salai­res, la recons­ti­tu­tion de la force de tra­vail : le tra­vailleur, épuisé ou atteint phy­si­que­ment, éjecté du cir­cuit pro­duc­tif, pou­vant être imméd­ia­tement rem­placé sur les mêmes chaînes de pro­duc­tion que celles du com­pro­mis for­diste, mais sans limite de temps de tra­vail et à des caden­ces infer­na­les pour des salai­res incom­pa­ra­ble­ment fai­bles.

Il n’est ainsi nul­le­ment néc­ess­aire que le tra­vailleur consomme sa pro­duc­tion, puis­que celle-ci est pres­que tota­le­ment exportée vers les pays indus­tria­lisés (le pro­duit de ce tra­vail devant per­met­tre de rem­bour­ser les inves­tis­se­ments étr­angers ou les prêts ban­cai­res).

Cette nou­velle orien­ta­tion du procès de pro­duc­tion capi­ta­liste, le retour à ces condi­tions pri­mai­res de l’exploi­ta­tion capi­ta­liste (sous la forme de la domi­na­tion for­melle mais dans un contexte tota­le­ment différent) contraste avec ce qui sub­siste (essen­tiel­le­ment dans les pays indus­tria­lisés) du com­pro­mis for­diste. Ces condi­tions d’exploi­ta­tion ont eu un effet boo­me­rang sur les condi­tions encore exis­tan­tes dans les pays indus­tria­lisés, ceux-ci se trou­vant contraints, pour éviter de nou­vel­les délo­ca­li­sations, d’atta­quer sous tous les angles – temps, rythme et salai­res – ce qui sub­sis­tait de ces condi­tions.

Comme il n’était pas pos­si­ble, en raison des rés­ist­ances ouvrières, de mener cette atta­que de front sur ces trois éléments, celle-ci se fit pro­gres­si­ve­ment, élément par élément, pour en arri­ver aujourd’hui, entre autres, à ce contrat de tra­vail zéro heure (ou à des situa­tions simi­lai­res dans d’autres pays indus­tria­lisés) où l’on trouve concen­trée l’atta­que à la fois sur les trois éléments de la pro­duc­ti­vité.

FLUX ET REFLUX DE L’INTÉRIM

Ce terme actuel n’est que la der­nière étape d’un pro­ces­sus engagé voilà plus de trente ans, plutôt comme un gri­gno­tage dans des sec­teurs dis­tincts qui, au fil du temps, s’est accen­tué. Une des pre­mières étapes a été le dével­op­pement de l’intérim qui d’ailleurs ne fit à ses débuts qu’assu­rer la tran­si­tion vers l’auto­ma­ti­sa­tion. Toutefois, jusqu’à une date réc­ente, le tra­vail inté­rim­aire a été aussi uti­lisé comme volant d’appoint pour per­met­tre d’adap­ter le besoin en main-d’œuvre aux fluc­tua­tions de la pro­duc­tion : il y avait là une incur­sion vers le temps global de tra­vail et vers les salai­res, un inté­rim­aire étant le plus sou­vent moins payé qu’un tra­vailleur per­ma­nent. Quant au rythme du tra­vail, c’était celui de l’entre­prise dans laquelle l’inté­rim­aire s’intégrait ; il y avait pour­tant une pres­sion indi­recte sur l’inté­rim­aire pour mieux res­pec­ter ces normes inter­nes de pro­duc­tion en raison de la pré­carité de cette forme de tra­vail.

Ce tra­vail inté­rim­aire n’a pas dis­paru mais il a dimi­nué en raison du dével­op­pement d’autres formes de pré­ca­ri­sation qui jouent sur l’ensem­ble des éléments concou­rant à la pro­duc­ti­vité. L’intermède en France de la loi sur les 35 heures n’a pas touché seu­le­ment le temps de tra­vail mais a abouti par diver­ses mani­pu­la­tions à un accrois­se­ment de la pro­duc­ti­vité horaire indi­vi­duelle : le seul repro­che qui pou­vait lui être fait sur ce ter­rain était que les entre­pri­ses ne pou­vaient, en raison d’autres dis­po­si­tions légales, accroître indé­fi­niment le temps de tra­vail qui aurait permis de pro­fi­ter plei­ne­ment de ce gain de pro­duc­ti­vité. Le système Sarkozy de déf­is­ca­li­sation des heures sup­plém­ent­aires pallia quel­que peu cet inconvénient au profit du capi­tal.

Parallèlement à l’uti­li­sa­tion mas­sive de l’intérim (jusqu’à la moitié des effec­tifs), s’est développé tout aussi mas­si­ve­ment le CDD (contrat à durée dét­erminée) qui s’oppose au CDI (contrat à durée indét­erminée). Ce n’était pas vrai­ment un nou­veau venu mais son uti­li­sa­tion est restée dans les années 1970 limité à des sec­teurs mar­gi­naux (comme les inter­mit­tents du spec­ta­cle). A ce moment-là, la dis­tinc­tion entre ces deux formes de contrats tou­chait essen­tiel­le­ment le temps de tra­vail et indi­rec­te­ment le rythme du tra­vail et le salaire en raison de la pres­sion qu’une situa­tion préc­aire exerçait sur un tra­vailleur intéressé avant tout par le renou­vel­le­ment de son contrat et/ou le pas­sage en CDI. A cette époque, le terme CDD était quasi inconnu, la pra­ti­que depuis trente années étant le CDI rég­lementé par des conven­tions col­lec­ti­ves de bran­che.

VIDER LES CONVENTIONS COLLECTIVES

Les conven­tions col­lec­ti­ves sont alors appa­rues comme un carcan dont le capi­tal devait abso­lu­ment se séparer : elles ont volé en éclats, rem­placées par d’autres conven­tions dont les termes vagues per­met­taient l’intro­duc­tion de toutes formes de contrat et à tra­vers elles la dis­pa­ri­tion des auto­ma­tis­mes réglant les salai­res, rem­placés par le salaire « au mérite », qui n’est rien d’autre que la pos­si­bi­lité pour le capi­tal de modu­ler les salai­res uni­laté­ra­lement, en fonc­tion de l’intérêt que le tra­vailleur concerné prés­ente pour l’entre­prise en même temps que sa doci­lité, et même sa par­ti­ci­pa­tion, quant au temps et au rythme de tra­vail. Le CDD a pro­liféré (et pro­lifère encore) sous d’innom­bra­bles varia­tions, entiè­rement adaptées aux néc­essités éco­no­miques et tech­ni­ques de chaque entre­prise.

En France, il y a plus d’une cin­quan­taine de formes de CDD et on en crée encore, notam­ment pour des buts poli­ti­ques spé­ci­fiques, par exem­ple pour rés­orber le chômage (emplois jeunes ou contrats de géné­rations).

EN FRANCE, L’ACCORD NATIONAL INTERPROFESSIONNEL DE JANVIER 2013 ET LA LOI DE JUIN

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Une des der­nières trou­vailles per­met­tant d’éch­apper au carcan de la rég­lem­en­tation du tra­vail (qui reste de la pér­iode for­diste) est en France la loi de juin 2013, dite « de sécu­ri­sation de l’emploi » qui incrit dans le code du tra­vail l’Accord natio­nal inter­pro­fes­sion­nel (ANI) signé en jan­vier de la même année par trois orga­ni­sa­tions syn­di­ca­les et l’orga­ni­sa­tion patro­nale Medef. Le code du tra­vail s’en trouve pro­fondément modi­fié, et permet en fait dans cer­tai­nes cir­cons­tan­ces d’igno­rer tota­le­ment les bar­rières à l’arbi­traire patro­nal sur les éléments de la ­pro­duc­ti­vité.

D’un côté, ce texte léga­lise le temps par­tiel à une limite plan­cher de 24 heures par semaine, mais avec tant de pos­si­bi­lités de déro­gations qu’en fait une entre­prise pourra très léga­lement pro­po­ser des contrats de n’importe quelle durée inféri­eure à cette limite. De l’autre, l’ANI prévoit que des accords d’entre­prise pour­ront pour un temps, « si l’entre­prise prés­ente des dif­fi­cultés conjonc­tu­rel­les », écarter toutes les dis­po­si­tions légales concer­nant la durée du temps de tra­vail, le rythme de tra­vail et bais­ser les rému­nérations (avec un plan­cher de 1,2 smic).

Peu de temps après l’adop­tion de la loi, des entre­pri­ses comme Sanofi, Canon ou Natixis ont engagé des pour­par­lers, prét­endant se trou­ver dans la situa­tion leur per­met­tant d’outre­pas­ser les dis­po­si­tions légales. En août, deux accords de ce genre ont été conclus impli­quant des réd­uctions de salai­res et leur gel, le tra­vail du week-end et de nuit, l’aban­don de RTT, etc. (3).

LA SECURISATION DE L’EMPLOI EN QUESTION

Les syn­di­cats patro­naux, encou­ragés par cette brèche, vou­draient en quel­que sorte géné­ra­liser ces dis­po­si­tions et écarter toutes dis­po­si­tions contrai­gnan­tes concer­nant les trois éléments de la pro­duc­ti­vité. En déc­embre 2013 s’ouvrent des négoc­iations sur la « sécu­ri­sation de l’emploi ». Certains syn­di­cats ont déjà accepté des pro­po­si­tions du Medef qui prévoient une géné­ra­li­sation de l’inter­mit­tence pour les entre­pri­ses de moins de 50 sala­riés et une exten­sion des contrats de chan­tiers et de projet En même temps d’autres « inno­va­tions » se font jour, qui toutes prét­endent rés­orber le chômage, pro­po­sant des solu­tions qui per­met­tent d’éch­apper aux contrain­tes de la rég­lem­en­tation natio­nale sur le contrat de tra­vail. En partie, ces inno­va­tions ne sont ren­dues pos­si­bles que par l’expan­sion fou­droyante de l’infor­ma­ti­que. L’une d’elles uti­lise une loi de 2009 auto­ri­sant le prêt de sala­rié d’une entre­prise à une autre quel­conque, avec « l’accord » du sala­rié coincé entre accep­ta­tion et licen­cie­ment ; un site inter­net récent, Flexojob, se pro­pose de rép­andre cette pra­ti­que à l’éch­elle inter­na­tio­nale.

Cette même éch­elle inter­na­tio­nale appa­raît dans le « cloud wor­king » : chaque jour sur Internet un site offre des tra­vaux à faire imméd­ia­tement à domi­cile par un « indép­endant ». Bien sûr, cela ne concerne que des tâches comme pro­gram­meur, réd­acteur, tra­duc­teur, gra­phiste, etc. C’est une ver­sion des contrats déjà exis­tants de chan­tier ou de projet non-sala­riés, c’est-à-dire sans aucune garan­tie sociale (en France, IBM s’est lancé en 2012 dans la pra­ti­que du cloud wor­king sous le titre « pro­gram liquid » qui lui per­met­trait, en confiant des tâches à des sous-trai­tants sous statut d’auto-entre­pre­neurs, de réd­uire ses effec­tifs mon­diaux de 400 000 employés actuel­le­ment à 100 000). Cette rés­urg­ence du tra­vail à domi­cile est liée au dével­op­pement de l’infor­ma­ti­que indi­vi­duelle (ce qui dép­lace la ques­tion du capi­tal fixe) et a aussi des conséqu­ences ­so­cia­les.

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LE CONTRAT « ZERO HEURE » : UNE MISE EN JACHERE DE LA FORCE DE TRAVAIL

L’exem­ple en ce sens qui nous vient d’Outre-Manche, le contrat « zéro heure », peut appa­raître comme une variante plus per­fec­tionnée de l’intérim ou de l’inter­mit­tence dans les pro­fes­sions du spec­ta­cle et de l’audio­vi­suel. En fait, ce type de contrat sup­prime tout intermédi­aire entre le tra­vail et le capi­tal et accroît au maxi­mum l’uti­li­sa­tion de la force de tra­vail dans un temps dét­erminé pour un salaire brut de tous ses acces­soi­res pro­tec­teurs du por­teur de cette force de tra­vail.

En quoi consiste le contrat « zéro heure » ? La défi­nition en est donnée par une entre­prise pro­po­sant sur Internet des for­mu­les de contrat (4) :

« L’employé “zéro heure” est celui qui accepte que l’employeur n’ait pas forcément à lui donner du tra­vail mais que, s’il y a du tra­vail à faire, l’employé est contraint de l’accep­ter. Ce contrat est pour un employé qui n’a pas d’horai­res fixes de tra­vail et qui accepte de tra­vailler au jour le jour. »

Ce type de contrat est par­fai­te­ment vala­ble et conforme aux dis­po­si­tions de l’Employment Rights Act de 1996, pourvu qu’il soit consi­gné par écrit (5). Le contrat peut être tem­po­raire ou per­ma­nent. Dans ce der­nier cas le tra­vailleur est dans l’obli­ga­tion d’être dis­po­ni­ble 24 heures sur 24, c’est-à-dire accro­ché à son por­ta­ble, car son employeur peut l’appe­ler à n’importe quel moment pour l’exploi­ter tout le temps qu’il juge néc­ess­aire sans même une spé­ci­fi­cation à l’avance d’une pér­iode ou d’un horaire (6).

Le salaire n’est évid­emment versé que pour le temps effec­ti­ve­ment tra­vaillé. Il semble que le contrat « zéro heure » se soit développé come moyen de tour­ner l’obli­ga­tion prévue par la National Minimum Wage Regulation de payer le salaire mini­mum légal à tout sala­rié présent sur le lieu de tra­vail, quelle que soit son acti­vité durant ce temps. De plus, ledit salaire ne com­porte aucun sup­plément pour ce que l’on appelle les avan­ta­ges sociaux depuis la mala­die, la retraite jusqu’à la can­tine ou toute autre inven­tion d’autre­fois pour atti­rer le ­sa­la­rié.

Quant au rythme de tra­vail, c’est bien sûr celui imposé par l’employeur. Il est bien évident que le chômeur qui, dans cette pér­iode de marasme éco­no­mique et de chômage élevé (7), « béné­ficie » d’un contrat « zéro heure » va faire tout son pos­si­ble pour satis­faire les impé­rat­ifs de l’employeur, fai­sant preuve d’un zèle inha­bi­tuel et espérant, grâce à la bonne opi­nion que son patron aura ainsi de lui, d’obte­nir sinon un CDD ou un CDI, un plus grand nombre d’heures ou des appels plus fréquents. Mais cer­tains patrons ne se fient guère à cette pers­pec­tive de pres­sion indi­recte et impo­sent par­fois dans ce contrat une dis­ci­pline très stricte pour être sûr que le salaire versé cor­res­pond bien à la tota­lité du temps sup­posé être tra­vaillé. Parfois cet exploité « zéro heure » est soumis à une dis­ci­pline avec un système de points de péna­li­sation : on est pénalisé si on parle à son voisin durant le tra­vail, si on va trop sou­vent ou reste trop long­temps aux toi­let­tes, si on s’absente dans la pér­iode de temps tra­vaillé ou si l’on est en retard, etc. Un cer­tain nombre de points ne signi­fie pas direc­te­ment la porte mais la fin de la pér­iode de tra­vail et le silence total du télép­hone. C’est l’appli­ca­tion du prin­cipe « Three stri­kes and you are out » (trois infrac­tions et vous êtes dehors). Bien sûr il n’en rés­ulte aucune indem­ni­sa­tion puis­que for­mel­le­ment on n’est jamais licen­cié ; sim­ple­ment, on n’est plus jamais appelé.

Pour faire croire à un équi­libre entre par­te­nai­res, les zélateurs du contrat « zéro heure » prét­endent que, sous ce contrat, le tra­vailleur a la pos­si­bi­lité de refu­ser une pro­po­si­tion de tra­vail ou de débr­ancher tem­po­rai­re­ment son télép­hone. C’est igno­rer que, comme dans tout contrat de tra­vail quel qu’il soit, le capi­ta­liste dis­pose d’un pou­voir absolu et peut tou­jours régler une situa­tion dans son intérêt. Ce qui signi­fie que le refus d’un tra­vail ou le silence télép­ho­nique entraîne un licen­cie­ment de fait.

LE CONTRAT « ZERO HEURE » EST-IL UN EPIPHENOMENE EN GRANDE-BRETAGNE ?

Il est dif­fi­cile de se faire une idée exacte de l’étendue de ce type de contrat. Comme le sou­li­gnent nombre de com­men­ta­teurs : beau­coup de tra­vailleurs ne savent qu’ils sont en « zéro heure » et nombre de ces contrats ne sont pas signalés aux auto­rités. Ce qui fait que les chif­fres donnés varient selon les sour­ces de 250 000 à 1 mil­lion de tra­vailleurs, cer­tai­nes men­tion­nant des chif­fres de 5,5mil­lions à la quasi-tota­lité des sala­riés du privé (8). Ce qui est cer­tain, c’est qu’il est en crois­sance rapide : cinq fois plus impor­tant en 2012 qu’en 2011 avec un trans­fert des contrats per­ma­nents en contrats « zéro heure » qui permet de modu­ler les horai­res et d’évacuer l’indem­ni­sa­tion du chômage tech­ni­que.

Il com­por­te­rait même des varian­tes : par exem­ple, d’après des esti­ma­tions syn­di­ca­les, plus de 5 mil­lions de tra­vailleurs auraient signé des contrats de tra­vail per­ma­nents ne leur garan­tis­sant que trois heures de tra­vail par semaine.

Actuellement, le temps de tra­vail heb­do­ma­daire sous ce régime serait de dix-neuf heures. Le salaire moyen des « zéro heure » est sen­si­ble­ment inférieur à celui des tra­vailleurs à temps com­plet : 11 euros de l’heure contre 18 euros. Il tou­che­rait autant les femmes que les hommes, autant les 18-25 ans que les 25-49 et les plus de 50 ans.

A ses débuts, le contrat « zéro heure » a touché les bran­ches d’indus­trie connais­sant de gran­des varia­tions sai­son­nières : hôte­llerie, res­tau­ra­tion, loi­sirs et édu­cation, santé. Mais peu à peu il a gagné l’ensem­ble des sec­teurs avec une pro­pen­sion vers les ser­vi­ces à la per­sonne de toutes sortes (ser­vi­ces muni­ci­paux d’entraide, santé, édu­cation). Des emplois non qua­li­fiés, il s’est aussi déplacé vers les emplois qua­li­fiés (cadres, tech­ni­ciens, ingénieurs qui seraient à 43 % sous ce régime). Il tou­che­rait actuel­le­ment, sous toute rés­erve, plus de 20 % des entre­pri­ses bri­tan­ni­ques.

Parmi les entre­pri­ses qui par­fois y ont mis la tota­lité de leur effec­tif, c’est un inven­taire à la Prévert : chaînes de res­tau­rants, fast­food, phar­ma­cies, habille­ment, dis­tri­bu­tion (y com­pris Amazon qui l’uti­li­se­rait comme une sanc­tion), ser­vi­ces publics comme le National Trust, nom­breu­ses muni­ci­pa­lités (97 % d’entre elles), l’audio­vi­suel, la Tate Gallery et le Palais de Buckingham (qui impo­se­rait même l’obli­ga­tion de n’avoir qu’un seul contrat « zéro heure) et la Fondation Diana (9).

PROFITS ET PERTES

Les pro­fits sont évid­emment pour le capi­tal dans son ensem­ble qui peut modu­ler l’uti­li­sa­tion de la force de tra­vail et l’uti­li­ser si besoin de manière à ce que le temps payé soit pro­duc­tif au maxi­mum. Cela lui permet de réd­uire le coût de pro­duc­tion et de tendre à un taux maxi­mum de pro­duc­ti­vité. Les pertes sont pour les tra­vailleurs dans leur ensem­ble. Les zélateurs ne man­quent pas d’insis­ter sur le fait que pour des caté­gories bien limitées – les ado­les­cents et les vieux – l’attrait de gagner quel­ques sous sans avoir à pren­dre un emploi per­ma­nent à plein temps peut cons­ti­tuer une moti­va­tion d’adhérer à ce système. Mais pour l’immense majo­rité des tra­vailleurs qui cher­chent dans ce système une posi­tion stable et un salaire régulier, le contrat « zéro heure » est une catas­tro­phe (au même titre que le chômage ou que tout autre emploi préc­aire).

Outre les pro­blèmes fami­liaux (par exem­ple la garde des enfants) qui peu­vent sou­le­ver d’insur­mon­ta­bles dif­fi­cultés, c’est l’ensem­ble des condi­tions matéri­elles de la vie sociale d’aujourd’hui qui devien­nent inac­ces­si­bles : accès à un loge­ment, carte de crédit, emprunts, etc. De plus, la dis­po­ni­bi­lité cons­tante est une res­tric­tion totale de liberté : autre­fois, cette res­tric­tion ne tou­chait que la prés­ence dans les murs de l’entre­prise ; avec le contrat « zéro heure » l’enfer­me­ment n’est plus der­rière des murs mais dans la contrainte d’une « prés­ence télép­ho­nique » et d’une dis­po­ni­bi­lité imméd­iate, ce qui res­treint considé­rab­lement l’espace de liberté. Tout comme un pri­son­nier sur parole astreint à résid­ence (10).

Les rés­ist­ances à cette évo­lution des condi­tions de tra­vail ne sont que spo­ra­di­ques. La lutte dans une bou­lan­ge­rie indus­trielle Hovis contre des licen­cie­ments et corré­la­ti­vement l’embau­che sous contrats « zéro heure » n’a fina­le­ment abouti qu’à un accord avec les syn­di­cats met­tant ces contrats sous condi­tions. D’un autre côté les syn­di­cats et le Labour Party social-démoc­rate ne peu­vent guère faire autre chose que dén­oncer l’exten­sion de ces contrats et pro­met­tre qu’ils les inter­di­raient ou réf­or­meraient si jamais l’oppo­si­tion tra­vailliste reve­nait au pou­voir. Mais pour le moment ils ne peu­vent pas dép­asser le stade des « prises de posi­tion » : la majo­rité conser­va­trice se féli­cite au contraire de cette « avancée » dans la liberté totale d’exploi­ta­tion de la force de tra­vail.

DES CONSEQUENCES IMPREVUES : LA DESINTEGRATION DES RAPPORTS SOCIAUX

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Cette pré­carité totale, dans la mesure où elle touche un pour­cen­tage de plus en plus impor­tant de la popu­la­tion, touche éga­lement l’ensem­ble des struc­tu­res socia­les édifiées depuis près d’un siècle sur la base d’une majo­rité avec un emploi per­ma­nent et un revenu régulier (partie du com­pro­mis for­diste). Un seul exem­ple récent, en France : la pres­sion pour l’ouver­ture des maga­sins la nuit et les week-end ne vien­drait-elle pas, par-delà les polé­miques sur le temps de tra­vail, le repos domi­ni­cal, etc. d’une néc­essité sociale causée par l’expan­sion de cette pré­carité qui ne reconnaît plus de régu­larité dans aucun domaine ? A la désint­égration de l’orga­ni­sa­tion tra­di­tion­nelle du tra­vail cor­res­pond une désint­égration des struc­tu­res et des rap­ports sociaux. On pour­rait épi­loguer long­temps sur de telles conséqu­ences, qui sont cer­tai­ne­ment en train de se dér­ouler sous nos yeux. Mais ceci est un autre sujet . Et un sujet d’études et d’appro­fon­dis­se­ment.

H. S.

ANNEXE

Jusqu’à la mort

Un cas par­ti­cu­lier dans une acti­vité spé­ci­fique, mais qui illus­tre la pres­sion glo­bale s’exerçant sur toute force de tra­vail, qu’elle soit dis­po­ni­ble ou en rés­erve.

Le 21 août 2013 à Londres, un sta­giaire alle­mand devait prou­ver la sincérité de sa can­di­da­ture d’employé à la suc­cur­sale de la Bank of America. Pour ce faire il a accepté de tra­vailler jour et nuit, jusqu’à 72 heures non-stop. Il en est mort d’épui­sement. A la suite de la méd­ia­ti­sation de ce « fait divers », les lan­gues se sont quel­que peu déliées et il est apparu que dans cer­tains sec­teurs, c’était une pra­ti­que cou­rante de tra­vailler jusqu’à 22 heures (par­fois plus tard) après avoir embau­ché le matin à 9 heures (et que le contrat « zéro heure » per­met­tait ce genre de pra­ti­que).

Selon un ancien sta­giaire, le plus grand cau­che­mar des intéressés est ce que les sala­riés concernés appel­lent « le manège enchanté ». Après avoir tra­vaillé toute la journée depuis 9 heures et une partie de la nuit jusqu’au petit matin, un taxi vous ramène au domi­cile pour que vous puis­siez pren­dre une douche, vous chan­ger et repren­dre le taxi qui vous attend pour repar­tir pour une autre journée de turbin.

NOTES

(1) Citation du maga­zine alle­mand Stern reprise dans le Financial Times du 1er mars 2013. Il est réjou­issant de voir la presse capi­ta­liste reconnaître que la force de tra­vail n’est pour le capi­tal qu’une mar­chan­dise, traitée avec des mani­pu­la­tions sem­bla­bles à celles déc­ouv­ertes pour la viande (le cheval moins cher rem­plaçant ano­ny­me­ment le bœuf dans des pré­pa­ratios indus­triel­les). Mais elle contient une erreur : les poli­ti­ques ne sont jamais que les agents d’exé­cution des néc­essités prés­entes du capi­tal.

(2) La montée en capi­tal fixe exige tou­jours un élarg­is­sement du marché pour com­pen­ser la baisse du taux de profit, la fameuse taille cri­ti­que ; la règle est que le prix de la force de tra­vail est de plus en plus faible parce qu’il y a hausse de la pro­duc­ti­vité grâce au machi­nisme mais baisse glo­bale du taux d’exploi­ta­tion pro­dui­sant de la plus-value.

(3) Le Monde, 8 août 2013 : « Flex sécurité, les pre­miers accords dans les entre­pri­ses ». Les RTT (réd­uctions du temps de tra­vail) rés­ultent de l’appli­ca­tion de la loi sur les 35 heures de tra­vail par semaine qui permet au tra­vailleur de cumu­ler des journées de repos payées qu’il peut pren­dre tout au long de l’année.

(4) The Employment Document Company (http://www.employ­ment­do­cu­ment­com­pan&#8230; ). Le contrat type offert ne com­porte pas moins de 11 pages et 29 arti­cles.

(5) La rég­lem­en­tation du tra­vail est bien moins étendue qu’en France, une bonne partie des condi­tions de tra­vail étant régies par la cou­tume pro­fes­sion­nelle et le rap­port de forces au sein de l’entre­prise.

(6) En anglais cela se tra­duit par être « in call ».


union sacrée-1Exécutions à Charlie Hebdo. 

Contre tous les réactionnaires : 

Nous Sommes Révolutionnaires

 Nous reproduisons ci-dessous la déclaration de l’OCML-Voie Prolétarienne (Organisation Communiste Marxiste Léniniste) qui va beaucoup plus loin dans l’analyse politique que la plupart des organisations officielles.

Cette déclaration est suivie de celle du syndicat CNT-SUB et d’un article de notre camarade Robert BIBEAU.

Nous ne pensons pas que le terrorisme quel qu’il soit et d’où qu’il vienne puisse être une voie d’émancipation. En l’occurrence, si la piste de l’islamisme politique se confirme, il s’agit d’une des pires idéologies réactionnaires, un fascisme religieux parmi d’autres prônant l’asservissement individuel et collectif.

Les organisations terroristes sont souvent des jouets entre les mains des Etats impérialistes destinées à terroriser les populations et permettre à ces mêmes Etats de renforcer la dictature du Capital autour de l ‘Etat, de l’unité nationale et du consensus républicain.

Les moyens policiers et militaires mis en œuvre témoignent de ce renforcement et l’on peut parier qu’ils donnent de l’eau au moulin fasciste.

L’état bourgeois dans un système en crise n’a pas d’autre choix que de recourir à la violence. Ainsi, si le capitalisme a développé un certain universalisme, il l’a fait contradictoirement dans les plus extrêmes violences, destructions et désappropriations.

Les guerres mondiales, coloniales et néocoloniales actuelles sont les fruits de cette mondialisation mais aussi du pourrissement des Etats bourgeois qui n’hésiteront pas à recourir à des moyens dictatoriaux pour écraser les prolétaires qui sont en plein désarroi.

 

Alors il n’y a qu’une solution : transformer les luttes sans lendemain en luttes générant une force organisée de classe capable d’en finir avec le règne de la bourgeoisie.

C’est au regroupement et à l’offensive des communistes que nous appelons dès aujourd’hui.

Bureau de l’AAM – 8 janvier 2015


 

Déclaration de l’OCML Voie Prolétarienne, le 07 janvier 2015

Ce qui vient de se produire à Charlie Hebdo est terrible. Nous sommes consternés par ces morts tragiques et l’assassinat des journalistes et des employés de Charlie Hebdo. Nos premières pensées vont aux familles, aux proches, et leurs collègues.

Nous sommes incrédules et choqués par cette exécution. Nombre d’entre nous se souviennent des débuts de Wolinski dénonçant les réactionnaires gaullistes ou d’un Cabu raillant les « beaufs » machos et racistes. Pour autant nous ne partageons pas la ligne de Charlie Hebdo, servant des stéréotypes racistes, sexistes et homophobes. Ce glissement est l’un des symptômes du repli « communautaire blanc » d’une partie des Français, particulièrement de la petite-bourgeoisie, qui, déboussolée par l’instabilité du monde, cultive le repli sur soi et la peur de l’autre.

Nous sommes incrédules et choqués par le climat d’agitation, largement entretenu par les médias, autour des thèmes favoris de l’extrême droite de la prétendue « islamisation » de l’Europe. Nous condamnons les récupérations racistes, qu’elles soient anti-arabes, antimusulmanes ou anti-immigrés.

Nous sommes incrédules et choqués par les appels à « l’Union Nationale » pour la défense de la République, main dans la main, toutes tendances politiciennes confondues. Aucune union n’est possible quand la démocratie n’existe que pour les dominants et les exploiteurs, aujourd’hui rassemblés dans la lutte contre le « terrorisme ».

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L’Union Sacrée

Nous sommes incrédules et choqués du silence sur la responsabilité de l’impérialisme, dans le développement actuel de groupes réactionnaires terroristes, qui profitent de la déstabilisation des occupations et interventions militaires impérialistes en Afrique et au Moyen-Orient.

Incrédules et choqués, nous restons déterminés à dénoncer tous les crimes réactionnaires, et les morts tombés sous les coups des racistes, des fascistes et des balles policières, à Kobané, à Gaza, à Ferguson comme à Paris. Car nous n’avons pas l’indignation sélective.

Incrédules et choqués, plus que jamais, nous affirmons que la seule alternative à la barbarie est la lutte pour la révolution socialiste ! La crise mondiale de l’impérialisme s’aggrave sur tous les plans. La guerre économique mondialisée s’intensifie. Mais c’est aussi une crise des idées, des projets, du futur. Nous vivons une période de confusion où les peuples cherchent une issue. Pour nous, le futur est du côté des luttes populaires et révolutionnaires, comme en Inde, aux Philippines, mais aussi en Europe sous des formes différentes, en Grèce et en Espagne, dans les pays arabes, au Kurdistan…

Les responsabilités de toutes celles et ceux qui se disent communistes, révolutionnaires, antifascistes ou progressistes est de ne pas laisser le champ libre à toutes les variantes réactionnaires, qu’elles que soient leur étiquette.

Charlie

L’attentat à Charlie Hebdo n’est qu’un moment de l’accentuation de cette crise, et il faut s’attendre à d’autres éclats et soubresauts tragiques. Pour ne pas les subir seuls, pour mieux comprendre la situation actuelle (et les enjeux qu’elle porte), il nous faut plus que jamais nous regrouper.

Pour construire un autre futur,  Nous Sommes Révolutionnaires

 


http://www.cnt-f.org/subrp/spip.php?article696

FrédéricFrédéric Boisseau, 42 ans, agent d’entretien

Frédéric Boisseau, 42 ans, agent d’entretien, employé de Sodexo, a trouvé la mort hier dans l’attentat meurtrier contre le comité de rédaction du journal Charlie Hebdo.

Dans l’aveuglement et la folie guerrière qui a poussé deux hommes à s’attaquer, armes en mains, à l’hebdomadaire satirique qui voulait opposer aux fanatismes religieux la seule force de la dérision, Frédéric Boisseau a lâchement été abattu, par ceux-là même qu’il aurait pu croiser au pied d’une cité de banlieue, au rayon poissonnerie d’un supermarché, ou reconnaître dans le livreur de la pizza qu’il aurait commandé.

Car il semble bien qu’en cette affaire, ce sont des meurtriers issus des classes populaires qui ont tué ce travailleur destiné à l’oubli.

  • Frédéric Boisseau ne participait pas au comité de rédaction du mercredi de Charlie Hebdo,
  • Frédéric Boisseau ne passera pas à la postérité pour les dessins ou articles qu’il aura produits,
  • Frédéric Boisseau n’aura sûrement pas non plus l’hommage posthume réservé aux policiers tombés en service commandé.
  • Frédéric Boisseau demeurera invisible comme le sont aujourd’hui l’ensemble des travailleurs qui œuvrent à la maintenance des bureaux, des immeubles, des rues de nos villes.

Pourtant comme chacune des victimes, il avait sûrement une famille qui l’aimait, des amis qui goûtaient sa présence, des collègues qui l’appréciaient.

C’est vers eux que se tournent nos condoléances de ce triste jour.

Dans le mouvement citoyen qui a mis hier, sur les places publiques, de nombreux français pour la défense de la liberté d’expression, notre syndicat ne peut faire que l’amer constat d’une désespérance sociale qui crée au sein de la classe ouvrière des antagonismes communautaires, ethniques ou religieux.

Dans cette situation, les syndicats, comme organisations de classe, ont toute leur responsabilité, mais aussi tous leurs devoirs pour y remédier.

  CNT-SUB-RP .Paris, le 8 janvier 2015.


http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/non-au-terrorisme-non-a-letat-policier/

 14/01/2015         ERRATUM : Le texte que nous a adressé Robert BIBEAU est issu en grande partie d’un communiqué du Groupe International de la Gauche Communiste (GIGC) dont la version originale intégrale est consultable sur le site : http://www.igcl.org/Non-au-terrorisme-non-a-l-Etat

Non au terrorisme. À bas l’État terroriste !

 À peine quelques heures après la tuerie, l’attentat meurtrier de Paris, au journal satirique Charlie hebdo, est présenté comme le «11 septembre de la France».

Les appels à l’unité nationale, à «faire bloc» derrière l’État «démocratique» pour défendre la République, se multiplient. Le président français, F. Hollande, s’est immédiatement présenté sur les lieux pour recueillir les dividendes politiques et idéologiques de cet attentat et pour appeler à l’unité nationale contre «une attaque (…) commise contre un journal – c’est-à-dire l’expression de la liberté (sic) – contre des journalistes (…) contre l’esprit de la République». Voilà, la table était mise pour mobiliser «la nation» en faveur de la guerre dont les masses ouvrières, les jeunes chômeurs et les travailleurs feront la chair à canon au nom de la «patrie en danger».

Ouvriers du monde entier, n’avez-vous jamais entendu ce refrain par le passé?

La guerre mettant aux prises la pseudo démocratie bourgeoise contre la barbarie a été déclarée par ces politiciens incapables de réguler l’économie, mais tout à fait capables de nous mener à la guerre totale : « il faut un combat national contre l’islamisme » a repris un éminent journaliste bourgeois français (Serge Moati).

Le mot d’ordre est lancé : « défendre la démocratie et la république contre l’islamofascisme ». D’ores et déjà, quelques heures après l’attentat, le Parti socialiste français appelle à une «marche des républicains» visant à entraîner la population derrière son train opportuniste. L’ensemble des dirigeants du monde, Obama, Cameron, Merkel, Poutine, etc. dénoncent l’attentat et désigne l’ennemi que l’ouvrier devrait exterminer : l’islamiste. La guerre contre l’islamisme, déjà déclarée lors des attentats d’Ottawa (Canada), de New York et de Sydney (Australie) de ces derniers mois, va être relancée et les populations vont être rameutées pour se rassembler derrière leur drapeau nationaliste chauvin et derrière leur État pseudo démocratique bourgeois, qui hier encore leur imposait des coupures dans leur régime de retraite, des  compressions des services publics, des hausses de taxes, le chômage et la paupérisation généralisée, en France comme dans les autres pays alliés.

C’est un véritable climat de guerre que les bourgeoisies de tous les pays essaient d’imposer aux ouvriers. Et nul doute que cet attentat marque une étape dans la mise en place d’une grande offensive idéologique et politique internationale contre la classe ouvrière en vue de lui imposer une atmosphère et une logique militaire, d’unité nationale policière et de préparation à la guerre pour laquelle tous les sacrifices économiques et humains seront exigés des salariés.

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Soyons clairs : nous dénonçons ces actes de barbarie et l’usage du terrorisme. Ce n’est pas une arme de la classe ouvrière. Le terrorisme d’aujourd’hui est toujours, directement ou indirectement manipulé et provoqué par les États bourgeois à la fois comme moyen – et moment – de guerres impérialistes et, en même temps, contre la classe ouvrière : par la terreur généralisée et les mesures de répression que ces actes sanglants justifient; et surtout par l’utilisation idéologique et politique qui en est faite et qui vise à rassembler l’ensemble des populations derrière leur État et leurs bourgeois au nom de l’unité nationale et de la défense de la patrie (du déjà-vu).

Pour la classe ouvrière, l’alternative « démocratie contre islamofascisme » est un piège.

Les groupes terroristes islamistes sont produits par les États démocratiques et leurs rivalités impérialistes exacerbées. L’organisation Human  Right Watch a mis en évidence comment le FBI recrutait et utilisait des musulmans pour commettre des attentats en « loup solitaire ». Les Talibans furent des hommes de la CIA, de même pour Al Qaïda. L’État islamique au Levant est soutenu par les services secrets occidentaux. Ce n’est pas l’islamisme qui attaque la classe ouvrière en Occident, mais les États capitalistes, dont la plupart, sont dits «démocratiques». Les provocations et les campagnes antiterroristes et anti-islamistes font partie intégrante des politiques des États et sont utilisées spécifiquement contre la classe ouvrière.

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Plus le capitalisme s’enfonce dans la crise économique et les rivalités impérialistes, plus le terrorisme se développe et frappe les populations innocentes.

Seule la classe ouvrière peut faire reculer les menaces de guerre et de terrorisme en développant ses luttes pour la défense de ses conditions de vie et de travail.

Seule, la destruction du capitalisme  peut offrir une solution à cette marche à la guerre forcée que l’État bourgeois tente d’imposer dans les esprits et dans les foyers.

Le prolétariat ne doit pas tomber dans le piège que l’État bourgeois lui tend: être avec les terroristes ou avec l’État bourgeois terroriste. Le prolétariat doit  combattre l’État policier qui terrorise à Ferguson-Missouri et dans tous les États-Unis, en France, au Canada et ailleurs dans le monde.

Non au terrorisme, non à l’État terroriste qui nous mène à la guerre impérialiste mondiale.

Oui à la lutte ouvrière contre le capitalisme, sa misère, sa terreur, et ses guerres !

                                                                           Robert BIBEAU 7 janvier 2015