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Point de vue communiste

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Nous relayons à nouveau un communiqué du groupe Unité Communiste appelant à la mobilisation contre la politique du gouvernement Macron/Philippe/Medef. Partout rejoignons les collectifs de mobilisation « Front Social » pour affirmer notre détermination.

Plus d’infos:

 http://infocomcgt.fr/

https://www.facebook.com/luttesinvisibles/


http://unitecommuniste.fr/france/974/

La mère de toutes les luttes commence.

L’élection d’Emmanuel Macron ne peut être accueillie avec joie par les travailleurs. L’arrivée d’une large majorité d’élus à sa solde ne constitue pas non plus une nouvelle favorable.

Les astres lui sont on-ne-peut plus favorables. Sa confrontation, au second tour, face à l’extrême-droite, lui a permis d’être élu avec une confortable longueur d’avance. L’effet d’engouement, aux législatives, lui apporte sur un plateau d’argent la majorité dont il a tant besoin. La bourgeoisie la plus rapace et la plus avide le voit comme sa parfaite machine de guerre, comme son soldat le plus zélé. Ce n’est pas pour rien qu’il est le héraut du syndicat des patrons : le MEDEF.

Les cinq années qui s’achèvent furent sous le signe de l’offensive débridée de la part des capitalistes : L’ANI, la loi El-Khormi, la loi Macron, la loi Fioraso… la liste est longue et fastidieuse. Le résultat, lui, est sans appel : la destruction de l’ensemble des protection sociales, gagnées de haute lutte, a été entamée. La succession de lois antisociales formait le plan de guerre de la bourgeoisie. la brèche est ouverte, elle ne se refermera pas sans combat.

Emmanuel Macron, est le maître d’oeuvre de l’offensive redoublée qui s’annonce : Le nouveau président ne l’a pas caché, il sera celui qui déchaînera le Blitz pendant l’été, gouvernant par ordonnances, avançant à marche forcée, saccageant ce que les travailleurs ont mis des années – des siècles – à0 obtenir. L’Assemblée, entre ses mains, applaudira.

Travail, santé, chômage. Voilà le triplé d’objectifs que veut frapper le nouveau porte-étendard des bourgeois.

Là où la loi El-Khomri se contentait d’inverser la hiérarchie des normes, de faire passer les accords d’entreprise au dessus des accords de branches sur la question du temps de travail, Macron va plus loin. Les nouvelles lois veulent l’étendre à des domaines tels que les salaires ou les conditions de travail. Cela signifie que le patronat, à force de pressions, peut obtenir de la part de ses employés une soumission totale.

La farce des référendum d’entreprises sert à atomiser les travailleurs, à les fragmenter, sous le faux prétexte de démocratie. Ces référendum ne sont des opérations ayant pour but de saboter toute lutte au sein des entreprises, de court-circuiter les syndicats, en somme d’effectuer un mise au pas des travailleurs.

Le plafonnement des indemnités de licenciement, là aussi, revient à faciliter la gestion de la masse salariale, à l’entier bénéfice des patrons. Un plafonnement à 10 mois de salaire, cela revient à un aumône de misère.

Quant à la Sécurité Sociale et l’Assurance Chômage, l’ambition est sans limite : dès le premier janvier, les versements de cotisations seront refondus dans une seule ligne de compte. Ce qui ne change rien en apparence change tout dans le fond : désormais l’Etat aura la haute main sur l’ensemble de cette manne financière et pourra la ventiler comme bon lui semble.

Le résultat de ces réformes : des travailleurs pauvres, corvéables à merci.
Une explosion de misère s’annonce, pour le bénéfice d’une clique de bandits.

Couronne d’épines pour le prince des patrons.

Derrière ces considérations sombres se profile une lutte terrible. Terrible tant pour les travailleurs que pour leurs exploiteurs.

Si les législatives ont donné la majorité à Macron est ses sbires, celle-ci demeure fragile. Le divorce entre les masses et la démocratie bourgeoise s’étend. 57 % d’abstentions parmi les inscrits; 61% en comptant les bulletins blancs ou nuls. Le rejet est intégral, tant des pions du patronat que des roquets qui prétendent incarner le peuple, que ceux-ci soient de droite ou de gauche.

Cette situation emmène à la croisée des chemins pour ceux et celles qui luttent :

Il est possible, désormais, de saisir cette opportunité pour exister comme un camp indépendant de la bourgeoisie, de ses institutions, de son ordre et de ses règles. Il est possible de clamer la légitimité de la rue, de l’extra-parlementarisme, de la vie réelle contre les tours d’ivoire.

Le rejet du crétinisme parlementaire, le rejet de la démagogie, le rejet de la démocratie pseudo-représentative ouvre une voie, celle de l’affirmation d’un pôle défendant le pouvoir populaire et la démocratie bourgeoise.

Si les progressistes et les révolutionnaires ne s’en saisissent pas, ce seront les fascistes, les réactionnaires qui s’en saisiront.

La bourgeoisie est consciente de sa faiblesse, elle se raidit et se durcit : l’état d’urgence est une arme dressée en priorité contre les travailleurs et contre les travailleuses. Elle est la lance mortelle grâce à laquelle le patronat veut écraser les mobilisations naissantes. L’Etat marche sur les piles de cadavres des victimes des attentats et s’en fait un prétexte : frapper les ouvrier, les ouvrières, les exploités et les opprimés. Défendre sa police, aussi, qui opprime, arrête, blesse, mutile et assassine. 

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La riposte à déjà commencé : Le Front Social est une des pierres pour organiser la lutte contre les ordonnances du nouveau pouvoir. Cet outil, durant un été qui s’annonce terrible, forme, avec les syndicats, le premier moyen de la lutte, unitaire, centralisée, contre l’offensive.

Macron va faire pleuvoir un feu roulant de réformes, d’attaques. Son gouvernement n’aura de cesse de frapper, jusqu’à ce qu’il obtienne ce qu’il veut. Cette lutte ne doit pas épuiser les force combatives, elle doit au contraire les renforcer, les faire grandir, leur permettre de se hisser à la hauteur des enjeux.

L’Unité Communiste de Lyon appelle a rejoindre et à renforcer les Fronts Sociaux, partout au sein de l’Etat français. La lutte s’annonce âpre et difficile. Elle doit être victorieuse !

Plus un pas en arrière face au offensives du patronat !

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Le premier tour de l’élection présidentielle française fût sans surprise, il est conforme au casting retenu par les instituts de sondage (aux ordres). Pourtant il renouvelle le packaging des partis politiques de la 5ème république afin de pouvoir à nouveau séduire l’électeur en démocratie bourgeoise à bout de souffle.

Pour le capitalisme mondialisé, la norme politique majoritaire est anglo-saxonne et il est temps de se convertir au bi-partisme. C’est ce qu’avait lâché Hollande en affirmant liquider le Parti Socialiste au profit d’un grand Parti Démocrate et nous y sommes. L’ancien parti gaulliste avait déjà pris le tournant en devenant atlantiste, sioniste, européiste et en se rebaptisant « les Républicains ». L’un comme l’autre menant la même politique économique en défense des intérêts du capitalisme, la même politique impérialiste.

Nombre de battus du 1er tour ayant déclaré le soir même qu’il fallait voter pour Macron le candidat « démocrate » l’issue du second tour est également sans surprise.

Dans ce contexte, et en raison de leur échec, socialistes et gaullistes sont condamnés à disparaître comme tels et à se fondre qui dans le Parti Démocrate « En Marche », libéral, européiste et atlantiste, mais « progressiste » sur l’aspect sociétal ou dans le Parti Républicain à créer, libéral, européiste et atlantiste mais conservateur à valeurs catholiques, nationalistes et patriotes ; dont le centre de gravité sera plus ou moins proche de l’actuel Front National qui pourrait aussi en être son Tea Parti. Cette démarche conforme à l’agenda capitaliste semble inéluctable, même si pendant un temps l’épouvantail Front National peut également se maintenir.

Reste une inconnue dans ce scénario, un pôle social-démocrate est-il toujours nécessaire et utile au capitalisme et pourra t’il se reconstituer autour des « insoumis » de J L Mélenchon rien n’est moins sûr. Engagés dans l’électoralisme, les « insoumis » et leurs leaders qui ont naïvement cru la victoire arrivée, doivent maintenant, comme le PS maintenu, gérer la défaite et se consacrer en ordre dispersé au second tour puis aux législatives, il n’est pas certain qu’ils y survivent sans se marginaliser.

Plus de 10 millions (22%) d’électeurs on refusé de voter et près d’un million on voté « blanc ou nul », c’est beaucoup plus que le score réalisé par chacun des principaux candidats. Ces non-électeurs pensent pour diverses raisons que voter ne sert à rien ou que leur voix ne sera pas entendue. Ils ont quelques raisons d’exprimer leur défiance envers la démocratie bourgeoise après les expériences du référendum volé de 2005 ou du passage de la loi travail par le 49/3 et surtout maintenant l’annonce faite par Macron de gouverner par ordonnances.

Chez les travailleurs, ceux qui n’ont que leur force de travail pour assurer leur subsistance, qu’ils aient un emploi ou non, le sentiment qui prédomine est que leur situation va encore se dégrader. Ils n’ont plus, à juste titre, l’espoir que la société qu’ils laisseront à leurs enfants sera plus juste et la vie meilleure. Face à cette situation, les politiciens qui demeurent dans le cadre du mode de production capitaliste ne peuvent et ne veulent apporter aucune solution réelle. Le capitalisme en crise n’a d’autre solution que de taper sur le travail et la protection sociale, c’est le sens des discours répétés sur le coût du travail et la compétitivité comme de ceux qui prônent les vertus de l’auto-entreprenariat. Ce système est bloqué, il n’y a pas de changement politique possible par les urnes.

Dans la situation présente, nous communistes avons un rôle historique à jouer, montrer que :

  • par les mobilisations et la convergence des luttes, les travailleurs peuvent faire reculer les attaques des gouvernements qui se succèdent,

  • par l’organisation pour frapper ensemble les travailleurs peuvent mettre fin à la dictature du capital

  • par l’organisation les travailleurs peuvent gérer la société, partager le travail et les richesses

C’est le rôle d’un authentique parti communiste que d’œuvrer à cette organisation. Il ne se construira que par l’émergence et l’amplification des luttes sociales. A chacun d’y prendre sa part

Jean-Michel Nicolas 28 avril 2017

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Nous relayons ci-dessous la déclaration de l’Unité des Cercles Communistes sur les élections.


Déclaration de l’Unité des Cercles Communistes sur l’élection présidentielle.

La dictature de la bourgeoisie sous le masque démocratique

Les élections présidentielles, présentées comme le grand moment « démocratique » de la nation, se déroulent dans un contexte de répression sans précédent depuis des décennies. Nous dénonçons l’hypocrisie bourgeoise qui, derrière le masque d’une campagne « démocratique », agit systématiquement pour réprimer et affaiblir la contestation populaire. Nous rejetons cette hypocrisie et exigeons:

La libération de tous les prisonniers politiques et l’arrêt des poursuites contre plus de 2000 personnes pour s’être opposés à la loi Travail, et son abrogation.

La libération de tous ceux qui se sont soulevés contre les récents crimes policiers.

L’ensemble des scandales actuels dans lesquels sont impliqués plusieurs candidats ne font que creuser la profonde fracture entre la bourgeoisie, exploiteuse et corrompue, et le prolétariat exploité ou privé d’emploi. C’est dans de telles conditions que l’on nous somme d’exercer notre « devoir » de voter, pour donner une légitimité à ce système d’injustice social. Il faut se rappeler la nature véritable des élections et du parlementarisme sous le capitalisme. La bourgeoisie présente les élections au suffrage universel comme le summum de la vie démocratique.

Une démocratie pour les exploiteurs !

Elle tente de dissimuler le caractère de classe de cette démocratie.

A savoir : la possibilité de se porter candidat aux élections se fait suivant le principe de cooptation par les élus en place ; les « 500 signatures ». Ce principe est le meilleur moyen d’empêcher le prolétariat de présenter ses candidats. Quels élus bourgeois accorderont leur signature pour voir un parti menaçant de bouleverser l’ordre sur lequel ils sont assis ? Ainsi le principe des 500 signatures est l’expression même de la démocratie bourgeoise, dans l’intérêt de la bourgeoisie, par lequel elle exclue toute possibilité à un véritable parti prolétarien de peser sur les élections, et par lequel elle assure son hégémonie politique dans le cadre du suffrage universel. De plus, même si les intérêts prolétariens pouvaient être représentés aux élections, l’appareil d’Etat bourgeois briserait toutes possibilités pour les prolétaires de renverser l’ordre capitaliste.

La privation du droit de vote pour les immigrés est une attaque toute entière contre l’influence du prolétariat dans la vie politique – des millions de travailleurs sont concernés ! Il se peut qu’un ouvrier travaille plus de 10 ans en France et paye des impôts, sans avoir le droit de vote. Les émigrés quant à eux, français vivant hors de France, peuvent voter dans un pays où ils ne résident pas, et ne travaillent pas. Inutile de préciser que ces derniers sont essentiellement des bourgeois et des petits bourgeois. Tandis que tous les bourgeois ont le droit de vote, il n’en est pas de même pour tous les travailleurs. Le principe nationaliste qui régit les élections ne fait donc qu’affermir la domination de la bourgeoisie française sur les prolétaires français et étrangers.

Les gouvernements passent, les capitalistes restent !

Pour notre classe, discuter quel homme, quel parti va diriger la France n’est pas important par rapport au problème fondamental : quelle classe sociale détient le pouvoir d’Etat ? Quelle classe sociale possède les moyens de production, d’échange, et les armes ? Il est évident que la grande bourgeoisie fait tout pour faire élire Macron en tant qu’alternative « ni droite, ni gauche », répondant au discrédit des partis qui ont dirigés la France pendant des décennies. Le Front National pourrait être renforcé par une partie des partisans de Fillon si celui-ci est évincé au premier tour. Dans le cas où Le Pen devancerait Macron, les idéologues de la bourgeoisie et les paniquards petits-bourgeois vont refaire sonner les trompettes du « vote utile » pour tromper le prolétariat une fois de plus.

De la droite au PS, en passant par le centre et même des membres du soi-disant P« C »F, Macron reçoit des soutiens francs. Ceci est un fait qui démontre comment les lignes des différents courants de la démocratie bourgeoise s’entrecroisent pour défendre le même but : le maintient de la domination des monopoles capitalistes sur l’ensemble de la société.

Quant au reste de la social-démocratie qui croit toujours à une « union de la gauche » : union du PS, des Verts et de Mélenchon jusqu’au P« C »F ! L’union pathétique qu’ils prônent n’est qu’une politique de collaboration de classe pour défendre un chimérique capitalisme « de gauche ».

L’Etat français tente aujourd’hui de défendre ses intérêts impérialistes dans la concurrence capitaliste mondiale. C’est ce fait inhérent au système impérialiste qui est à l’origine des guerres d’agressions qu’il mène contre les peuples du monde et de la politique de destruction des droits sociaux conquis par le prolétariat de France. C’est ainsi qu’une terrible guerre économique frappe le prolétariat par les fermetures d’entreprises, les délocalisations, la spéculation, la baisse des salaires etc. Mais il est évident qu’aucunes guerres, aucunes réformes de la bourgeoisie ne pourra freiner la prochaine grande crise capitaliste.

Les masses populaires agissent et s’organisent !

Il existe un fort courant qui veut poursuivre la lutte contre la loi Travail, contre la répression, contre cette mascarade électorale. La marche du 19 mars contre le racisme et les violences policières ; les multiples grèves et protestations dans les entreprises ; l’appel à un rassemblement populaire le 22 avril place de la République en sont quelques exemples. Il existe dans les quartiers populaires des mobilisations et des révoltes qui n’ont pas encore montrées tout leur potentiel. L’heure est à la convergence politique entre les différents courants du mouvement populaire ! Dans cette situation, les communistes doivent montrer l’exemple des mouvements dont ils sont les héritiers : La Commune de Paris de 1871, la Révolution d’Octobre et la Révolution culturelle en Chine.

Car remettre en question le parlementarisme bourgeois ne peut pas se réduire à la critique. Cette remise en question commence là où les masses s’organisent sur leurs lieux de travail et de vie, y débattent, y prennent des résolutions sur l’ordre social qu’elles souhaitent établir. Dans les mobilisations contre la répression anti-ouvrière, dans les assemblées qui ont eu lieux dans quelques cités populaires et celles du mouvement Nuit Debout, on a vu, et on va continuer  à voir ce genre d’exemple qui ne demande qu’à s’étendre, et à prendre un caractère, non seulement de contestations, mais de décisions politiques.

Unir pour reconstruire

Aujourd’hui des cercles communistes révolutionnaires s’unissent pour contribuer à la création d’un véritable parti du prolétariat en France. Cette tache de conquérir l’indépendance politique du prolétariat face aux partis bourgeois qui tentent de le maintenir sous son influence est une priorité. La lutte contre le capitalisme commence par cette nécessité, la création d’un parti dont les buts fondamentaux sont la destruction du capitalisme et l’instauration du socialisme.

Unité des Cercles Communistes

CONTACT : uniccom@tutanota.com

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Nous relayons un texte de l’Organisation Communiste de France sur les raisons de boycotter  les élections et les illusions de la démocratie représentative en régime capitaliste

http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/elections-francaises-on-ne-vote-pas/


ÉLECTIONS FRANÇAISES – ON NE VOTE PAS !
Par   Organisation Communiste de France. Le 4.03.2017

Le choix du « meilleur » serviteur par et pour le capital.


Avril 2017, les français sont appelés à élire un président. Cette nouvelle élection revêt, cette année, un caractère exceptionnel. Depuis des dizaines d’années, tout ronronnait. Gauche – droite –l’alternance était bien réglée. A tour de rôle la bourgeoisie choisissait son employé. Giscard,Mitterrand, Chirac, Sarkosy, Hollande.
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Nous disons bien « la bourgeoisie choisissait ». En effet depuis 1789, et l’instauration chaotique de la forme républicaine de l’Etat, seuls les possédants (soit de la terre, soit des usines, soit de labanque) ont décidé qui devait représenter leurs intérêts à la tête de cette machine à réprimer et
tromper qu’est l’Etat.
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Au début cela était évident pour tous. Le suffrage n’était pas universel (la bourgeoisie est prudente et n’accorde des « droits » qu’en fonction de circonstances précises) et le résultat des élections apparaissait pour ce qu’il était : une mascarade de démocratie. Puis vint le « suffrage universel » (1944).

La bourgeoisie (Bouygues, Bolloré, Dassault, Pinault …) maitrisant tous les médias de masses : journaux, télévision, radios… n’avait plus de problème pour « fabriquer l’opinion ». Et sa grande force fut de convaincre idéologiquement la grande masse de la population que : voter était l’essence même de la démocratie. Cette mortelle illusion reçut le concours et l’approbation des partis de« gauche ». Socialistes et communistes participèrent au « jeu », y gagnant, pour un temps, quelques postes et fonctions. Aujourd’hui encore on entend ces mots « des gens sont morts pour le droit de vote », mais que l’on cherche dans l’histoire QUI est mort pour jeter un bulletin dans une urne … Des gens sont morts
pour la liberté, contre l’esclavagisme, pour le droit de grève, pour des conquêtes et des idéaux bien précis. Pas pour que leurs maîtres leur donnent de temps à autre le « droit » de choisir des employés au service des banques ou des industriels.
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Mais revenons à 2017. La bourgeoisie française (impérialiste : c’est à dire qui ne se limite à exploiter des gens sur le sol national) a mis du temps à choisir son représentant. Il y avait beaucoup de prétendants, mais ne devient pas « employé en chef » (Président) qui veut. Il faut que la bourgeoisie, ces gens qu’on ne voit que très peu et que les anglo-saxons appellent le « deep state » (l’Etat profond), DESIGNE son candidat. La bourgeoisie ne doit pas agir à l’aveuglette et en tout cas elle doit fixer son choix – EN FONCTION DU CONTEXTE – sur celui et ou celle qui semble le (la) plus apte à serrer la vis en évitant la révolte.

La particularité des élections 2017.
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Depuis les années Pompidou, (qui correspondent à la période ou Nixon, Président des U$A a désindexé le cours du dollar papier par rapport à celui de l’or physique) jamais la crise du capitalisme n’avait atteint cette ampleur. Ce qu’on appelle mondialisation – qui n’est que le verbiage petit-bourgeois qui permet d’éviter de nommer l’impérialisme tel qu’il fut analysé et défini par Lénine – a fait exploser les états-nations, et modifié considérablement la répartition du capital dans le monde entier. Les usines délocalisées de l’Europe vers l’Asie, ce qui signifia, plus concrètement, des millions de chômeurs ici et des millions de nouveaux prolétaires pauvres arrachés à la paysannerie, là-bas ; cette « mondialisation » donc impose de nouvelles règles du jeu entre les prolétaires producteurs et la classe bourgeoise. Détruire des emplois ici (créer des chômeurs) et fabriquer des pauvres là-bas pose un problème. Sur le court terme la bourgeoisie fait du bénéfice, mais aussi et surtout à moyen et long terme : qui va acheter et avec quel argent cette masse de produits destinés à être … vendus ? (voir K. Marx : Baisse tendancielle du taux de profit).
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Depuis plusieurs années nous en sommes à ce point. Jusqu’à présent la bourgeoisie avait laissé une certaine latitude à ses employés de premier rang (Présidents). Il faut dire qu’ils firent parfaitement leur « travail ». Sarkosy puis Hollande, avec la complicité des syndicats et des partis de « gauche » ont réussi en quelques années à faire passer un ensemble de lois qui ont détruit ce qui avait fondé les rapports entre classes dans la période dite des « trente glorieuses ». Retraites, sécurité sociale, salaires, droit du travail (Lois sur l’ANI, El Khomri), lois liberticides sur la liberté d’expression, état d’urgence ….. Mais, rien n’y fait, la crise ne fait que s’aggraver. Alors que faire ?

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La politique de la classe bourgeoise doit désormais être prise en mains (comme en 1969-1974 avec Pompidou) par un employé DIRECT du capital. La bourgeoisie a besoin d’un homme fidèle, sorti de son sérail et qu’elle a introduit grâce à Hollande dans l’appareil de l’Etat (ministre de finances) : Macron.
Comme Pompidou il sort de chez Rothschild, mais qu’importe pour Hollande. Hollande n’est pas là pour réfléchir mais pour obéir ! Et puis c’est oublier qu’Henri Emmanuelli, aujourd’hui à la gauche du PS, a lui aussi passé neuf ans à la Compagnie financière Edmond de Rothschild. « J’étais directeur adjoint, salarié, lui associé gérant. La paye n’est pas la même », se défend le député des Landes.
Le soir même de sa nomination, Manuel Valls avait tenté de couper court aux polémiques : « Il y a des années qu’on crève de débats idéologiques et d’étiquettes surannées. » En écho, Jean-Christophe Cambadélis, rue de Solférino, insiste : « Comme tous les symboles, celui de la banque Rothschild doit être dépassé. ». Donc : qui se ressemble s’assemble et Rothschild et un symbole !


La bourgeoisie a désormais besoin d’un contrôle direct sur l’Etat. Elle a trouvé son employé rêvé.
 Mais beaucoup d’autres se poussent au portillon. Fillon, Mélenchon, Hamon et pleins d’autres, verts rouges, bleus ….. Alors il va falloir dégager le terrain. Les chéris d’hier ne font plus rêver dans les chaumières et la bourgeoisie le sait. Sarkosy, Juppé, et la clique sont discrédités, et ils puent la corruption et le mensonge. Fillon avance, naïf et sûr de lui et, vlan !, la presse révèle un politicien comme les autres (qui a donné les informations ?). Malgré tout Fillon s’accroche encore (à heure où nous écrivons !). Cet homme qui fut le larbin de Sarkosy croit vraiment qu’il est autre chose qu’un pion, mais ce n’est qu’un employé il est viré par ses maîtres. Pas d’hommes providentiels pour la bourgeoisie REELLE !
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Hamon et les socialistes pensent ils eux aussi que les licenciés d’Alsthom ou de Caterpillar, les matraqués de Notre Dame des Landes ou du barrage Sivens les ont oublié ? Au demeurant nous savons bien que les sections socialistes basculent actuellement majoritairement chez Macron. Car, la cause est perdue, alors si on eut encore avoir des postes aux législatives, autant aller du coté où le vent de l’opportunisme souffle.
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Mélenchon, ce vieux routier de la politique. Trotskyste en 1970, sénateur en 1986, membre de plusieurs cabinets ministériels. Sans lui et les voix raclées aux « indécis », Hollande ne serait pas passé en 2012 tellement le dégout du PS était déjà grand. Mais Mélenchon joue le tribun d’extrême gauche, le rempart contre l’extrême droite. Mélenchon séduit les anciens « soixante huit tards », devenus petits bourgeois et qui sont dans l’émotion. Aucun danger pour la bourgeoisie ! Au deuxième tour : faire barrage à l’extrême droite (avec l’option : sans consigne de vote). On se rappelle le coup fantastique de 2002 ou toute la « gauche » a voté pour …… Chirac ! (Merci Jospin, celui-là même qui avait pour ministre de l’enseignement … Mélenchon.).
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Et puis il y a le cortège des idiots utiles qui, quelques soient leurs « programmes » laissent planer l’idée que « voter c’est peser », que participer à cette farce c’est ça la «démocratie»!
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Et Le Pen ? Tout a été fait depuis des années pour recycler les idées de l’extrême droite. Peu à peu le FN a gravi les échelons. L’électorat est populaire nous dit-on. Oui dans beaucoup de secteur c’est la vérité (Nord). Mais comment cela se peut-il ? Comment nait l’extrême droite ? Nous le savons parfaitement. Il faut d’abord liquider tout idéal révolutionnaire dans la tête des gens (et en Allemagne des années 20-30 ce fut même l’assassinat pur et simple des dirigeants syndicaux et politiques par le socialistes !) – Dès lors que le parti dit communiste a choisi la voie électorale (années 50), dès lors qu’il abandonna les quartiers et ses habitants peu à peu isolés et marginalisés, dès lors que les
ouvriers furent écrasés par la destruction des outils de production (mines, aciéries, industrie lourde –
Dans le Nord, espérance de vie 58 ans, revenu moyen 800 euros/mois !) et bien le terrain fut près pour le travail (efficace) de l’extrême droite et des religieux. Dans d’autres zones, c’est sur d’autres couches déclassées de la petite bourgeoisie que le FN fait son beurre (anciens pieds noirs, commerçants ou artisans conduits à la faillite). Et tout cela ça fait beaucoup de monde, électoralement parlant.
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Qui la Bourgeoisie va-t-elle choisir au final ?

Macron semble bénéficier de tous les atouts. La presse lui est tout entière acquise. Tous les bobos, tous ceux qu’ont fait saliver au seul nom de Le Pen seront
présents au deuxième tour pour le soutenir (comme en 2002). Mais tout cela fait-il vraiment un choix ? Macron ou Le Pen ? la crise doit être gérée au mieux ! Dans ce suffrage universel il y a toujours une courte incertitude. Qui que ce soit qui accède au poste envié de premier larbin de France (Président) il (ou elle) devra se soumettre aux diktats de la
bourgeoisie.

Si c’est Macron ce sera tout de suite, si c’est Le Pen au bout de quelques mois, tout rentrera dans l’ordre (capitaliste). L’intérêt du Capital est actuellement en grand danger et les amateurs ou les politicards classiques ont fait leur temps. Les capitalistes ne vont pas faire dans la dentelle. Macron ou Le Pen seront des exécutants.

Qu’on ne nous demande pas de choisir qui va nous tondre !

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OCF – 4 Mars 2017.

Vers un nouveau mouvement communiste

Pour les socialistes ou les communistes ''vulgaires'' l’État bourgeois actuel convient parfaitement. Pire ils veulent le gonfler en étatisant (nationalisant) plus ou moins l’économie et la société, ce qui serait, selon eux, restreindre, voire abolir, la domination du capital ! Certains osent affirmer qu’avec eux au pouvoir, c’est le peuple qui est au pouvoir !

Il n'y a qu'à voir et entendre tous les politiciens clamer, la main sur le cœur, leur attachement à la République et à ses principes républicains qui seraient, selon eux, garants de la "démocratie" et du respect du citoyen.

Le comble pour eux serait de ne pas voter (on voit bien leur crainte du taux d'abstention record).

Mais la parade, pour la bourgeoisie en difficulté, est de céder la place à tous ceux, notamment ceux des extrémismes étatiques (donc bourgeois) type FN ou PG en France, qui prétendent pouvoir établir un «bon capitalisme », au service du tous que serait la Nation, ou, mieux encore, de « l’humain » en général. Ce ne sont que des charlatans, des bonimenteurs. Mais cela fait des décennies que les prolétaires sont appelés aux urnes avec les promesses de changements. Ma sœur Anne, ne vois tu rien venir ?

Des prémisses de mouvements populaires qui échouent, des émeutes dans les banlieues ou des manifestations de colères sans lendemains foisonnent un peu partout.

Dans les pays de la périphérie, la férocité des régimes en place se renforce alors que dans le même temps la concurrence internationale rend ces régimes insolvables par épuisement de leurs ressources (1).

Caractéristiques du capitalisme contemporain

L’avenir des prolétaires et des peuples dans le capitalisme est celui d’une dégradation sur tous les plans de leurs conditions de travail et de vie. Cela beaucoup le vivent déjà, et les autres le craignent. Mais ce qui est important pour la riposte à apporter, c’est de comprendre que ce sont des phénomènes absolument inhérents à la réalité du capitalisme contemporain. De comprendre, donc, que la possibilité d’un choix réformiste n’existe plus, les fondements matériels en étant devenus inexistants. Sauf à appeler réforme, comme le font les idéologues du capital, ces dégradations en cours : des réformes réactionnaires (au sens propre du terme : retour en arrière).

Le mouvement réformiste traditionnel (« la gauche ») est condamné à des échecs certains dans sa prétention à améliorer le sort des couches populaires.

Le seul avenir « humain » pour les prolétaires se trouve dans ce fait : en même temps que disparaissent, et définitivement dans cette époque de la sénilité du capital, les bases matérielles du réformisme de gauche, mûrissent celles du communisme. Ce qui est une grande nouveauté historique.

Au-delà des multiples différences selon les pays, si les prolétaires sont toujours obligés de lutter pour assurer leur survie quotidienne contre « les empiètements du capital » comme le disait Marx, cette lutte se heurte à l’impossibilité pour le capital de se reproduire sans devoir accroître terriblement ces empiétements, dégrader toujours davantage leur situation. La lutte réformiste traditionnelle, tant dans ses formes que dans ses objectifs, ne peut aujourd’hui, au mieux, que freiner quelque peu, et momentanément, le développement de cette contrainte, pas en inverser la tendance. Les luttes prolétaires échouent quasi immanquablement si elles restent sur le vieux terrain réformiste d’une croissance de l’accumulation du capital accompagnée d’un « juste partage » des richesses.

Par contre, nourries de l’expérience et de la compréhension des causes de ces échecs, elles s’élèvent au niveau d’une lutte de classe révolutionnaire contre l’État, cet organisateur armé de l’existence, de la reproduction du capital, de plus en plus despotique et violent à l’époque de sa sénilité.

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En quoi les luttes peuvent-elles mûrir sur le terreau des échecs passés ?

La caractéristique du capitalisme contemporain est que la valorisation du capital, son existence qui est d'être « valeur se valorisant » est devenue chroniquement difficile.

On en connaît la cause puisqu'elle est inhérente à son développement. La contradiction la plus essentielle à laquelle il doit faire face est qu'à force d'augmenter la productivité par l'automatisation de la production, il finit par saper la base même de cette valorisation, c'est à dire la quantité de travail social qu'il emploie (moins d'ouvriers mais plus de chercheurs et de techniciens. Dans le monde le nombre de scientifiques et ingénieurs est passé de 0,4 millions en 1950 à 4,1 millions en 1990.)

Il est évident que, lorsque la mécanisation aboutit à réduire les coûts salariaux globaux à environ 10% des coûts de production, elle réduit dans le même temps la quantité de plus-value.

Mais diminue aussi la consommation en bien courants comme en moyens de production, ce qui pénalise la réalisation de la plus value par la réduction des ventes et par la baisse des prix que stimule une concurrence accrue pour vendre.

Les "cures d'austérité" infligées aux peuples ne sont qu'un retour aux débuts du capitalisme car les capitalistes n'ont pas d'autres moyens que d'extraire brutalement la plus value sous sa forme absolue (augmentation de la durée du travail, acharnement décuplé par la crise à ne payer que le temps travaillé par la "chasse aux temps morts", généralisation de la précarité et baisses des revenus des prolétaires ainsi que la destruction systématique du droit du travail). Et de plus le travailleurs jadis salarié se retrouve "indépendant" (auto-entrepreneur) soumis tout entier aux lois du capital, obligé d'aligner des semaines de travail pour un maigre revenu, sans protection sociale.

Le problème c'est que, pour les fonctionnaires du capital, les politiques d'austérité ne feront nullement repartir, durablement, l'accumulation du capital.

Du fait de l'évanescence de la valeur et donc de la valorisation, cette crise ne peut que s'aggraver et corrélativement, se développe l'antagonisme de classe dans toute sa radicalité révolutionnaire.

Ensuite la mondialisation libérale (avec ses délocalisations) entraîne une aggravation des conditions de vie des prolétaires des pays développés. Comme ceux du monde entier, ils sont soumis à la domination des mêmes multinationales et de leurs propriétaires (qu'ils soient actifs ou passifs, financiers ou autres).

C'est une base objective pour le développement de l'unité mondiale des prolétaires dans une lutte commune contre le capital mondialisé. Bien sûr la concurrence entre les salaires des unes et des autres génère une désunion - du moins tant qu'ils luttent uniquement pour leurs salaires.

La mondialisation impérialiste s’est elle aussi affaiblie. Les affaires se font plus difficiles dans les pays dits « émergents » (tels lesdits BRICS donnés comme exemple de croissance dans la prose médiatique), qui sont eux aussi frappés par la crise.

Pour ne prendre que l’exemple de la Chine ( tant vantée et classée deuxième économie mondiale) ce n’est pas seulement que les exportations, sur lesquelles s’appuyait sa croissance, se heurtent aux politiques d’austérité généralisées  pour les peuples, c’est aussi que s’y épuisent les gains de productivité, d’autant plus que le capital s’y heurte à une résistance accrue des prolétaires.

En Chine, déjà en 2010, « la productivité globale des facteurs (PGF) aurait même tendance à diminuer de près de 0,5 % par an ». Comme ailleurs la croissance apparente y repose de plus en plus sur un recours ultra-massif au crédit : la dette cumulée y atteint 220 % du PIB à fin 2013 contre 130 % cinq années auparavant. D’où une masse de capital fictif s’accumulant en bulles.

Ce n’est donc plus de la mondialisation que le capital mondialisé peut espérer le retour d’une croissance même faible. Observons aussi que, depuis la fin du système colonial, les impérialistes doivent partager le butin avec les cliques bourgeoises et militaires prédatrices qui ont pris le pouvoir politique dans les anciennes colonies et s’approprient une partie, qu’elles cherchent toujours à accroître (cf. l’exemple célèbre des deux « chocs » pétroliers des années 70), des rentes minières et de la plus-value tirée de l’exploitation de ces populations par les multinationales industrielles et de l’agroalimentaire.

L'effondrement des organisations réformistes (de gauche) est la troisième caractéristique du capitalisme contemporain.

Ainsi les mouvements prolétaires du xxe siècle se sont développés dans les pays aux forces productives peu développées, à faible productivité, telles la Russie et la Chine. La « pénurie » fut une cause objective essentielle de l’échec du processus révolutionnaire qui y avait été commencé.

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Dans les pays les plus développés, « l’abondance » matérielle a d’abord été un facteur pour que la bourgeoisie puisse stimuler le réformisme qui était l’idéologie spontanément dominante chez la majorité des prolétaires.

L’intérêt de rappeler ces circonstances historiques spécifiques est de comprendre que d’autres circonstances produiront d’autres effets.

Or justement, la crise actuelle révèle que nous entrons dans l’époque du déclin inéluctable et insurmontable de ces fondements matériels de la domination du vieux réformisme sur les prolétaires.

Son effondrement, même s'il n'est pas encore sa disparition, laisse pour le moment place à un grand désarroi, une espèce de vide. La domination de l’idéologie bourgeoise subsiste sur la base des fétichismes découlant des rapports de production et d’échanges propres au capitalisme et prend alors principalement des formes « extrémistes » néo-fascistes, désespérées et morbides (et non pas la forme « démocratique » du réformisme traditionnel).

Mais la situation n'est plus celle d'autrefois, où le capital pouvait se reproduire.

Des perspectives nouvelles engendrées par la crise sénile du capitalisme peuvent nous permettre d'affirmer que l'abolition des rapports de production capitalistes est possible.

Diminution de la quantité de travail social employé

Il semble  manifeste que le capital a atteint les limites de son développement et ouvre la perspective de l'abolition du travail contraint aliéné et tout particulièrement le travail prolétaire.

Bien sûr les capitalistes tentent par tous les moyens, au prix de la destruction de la planète, de relancer le processus de la valorisation, mais c'est en vain. Leurs remèdes ne font qu'aggraver le mal (que ce soit par la violence ou par l'augmentation du crédit (2).

Or la diminution drastique de la quantité de travail qu'emploie le capital génère du temps libre. C'est une condition essentielle au succès du processus révolutionnaire. Très important dans les pays développés (mais chômé, précarisé) il pourrait être aussi créé par la disparition des activités rendues inutiles après une révolution politique victorieuse (par exemple dans les domaines publicitaire et de marketing). Dans les multiples productions gaspilleuses et néfastes (luxe et armement). Il y a aussi toutes ces fonctions qui deviendront caduques telles que la police et les militaires.

Mais d’un usage intelligent de ce temps libre, la maîtrise de l'autoproduction de la vie quotidienne par les individus viendra la réussite du processus révolutionnaire.

Autrefois il s'agissait d'une revendication d'égalité de la peine et de la pénurie, qui ne supprimait rien de la condition de prolétaire, ni n'augmentait les richesses sociales.

Dans les conditions d'aujourd'hui, le temps libre est un facteur de suppression de la condition de prolétaire. Le rapport salarial s'étiole et disparaît pour la masse croissante des exclus. Ils n'ont plus rein à perdre, pas même la possibilité de vendre leur seul bien, leur force de travail.

En même temps, les prolétaires supportent de moins en moins un travail que le capitaliste rend plus intense et plus abjecte que jamais. Aussi comme la quantité globale de travail diminue, travail intense pour les uns, précarité, temps partiels, chômage pour les autres, cette évolution, inexorable, exacerbe l’antagonisme entre les classes.

Cependant l'idéologie étatiste subsiste au sein du prolétariat, tant qu'elle n'est pas combattue (protectionnisme, emplois, salaires défendus par la Nation) et elle ne l’est que très peu.

Il est donc important de montrer que la crise capitaliste offre objectivement des conditions pour abolir le système devenu sénile et le remplacer par le Communisme.

L’expérience de la mondialisation montre que la lutte anti impérialiste ne peut plus être nationaliste. Elle ne peut être que la lutte contre le capital, en premier lieu : lutte contre sa propre bourgeoisie.

Autrement dit notre libération passe par celle des autres nations. Le développement du temps libre par une définition nouvelle des activités humaines et par ce simple mot d'ordre :

"TRAVAILLER TOUS, MOINS ET AUTREMENT".

Pierre Lehoux - février 2017

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(1) 200000 milliards de dollars, c'est le montant total des dettes publiques et privées sur l'ensemble de la planète à la fin 2015, d'après les calculs du McKinsey Global Institute.. En 2005, elle était seulement de 26 000 milliards. En une décennie, la dette publique mondiale a donc plus que doublé. Si l'on ajoute les dettes privées, la dette mondiale atteint même les 100 000 milliards de dollars selon une étude publiée récemment par la Banque des règlements internationaux. A titre de comparaison, le PIB mondiale en 2013 était de 74 000 milliards…. Le système repose sur l'idée que l'endettement va engendrer plus de croissance et que, au final, un retour de l'inflation permettra d'effacer les ardoises, comme dans les Trente Glorieuses. Sauf que le système productif est déflationniste. Si les taux d'intérêt nominaux sont bas, ils sont en termes réels, c'est-à-dire hors inflation, relativement élevés. En attendant, la BCE continue de se gorger de titres publics et privés, maintenant artificiellement la solvabilité. "Elle achète chaque mois pour 8 à 9 milliards d'euros d'obligations publiques françaises, soit virtuellement la moitié des émissions du Trésor français.

(2) l'emballement de la planche à billet ne créer aucune valeur. Un des principaux buts de la planche à billets est le rachat de la dette publique des États surendettés. Mais elle entraîne apparition de bulles spéculatives et une inflation qui impacte in fine les pauvres et les épargnants, tout en rendant plus facile l'endettement public ou privé (donc accroît la quantité de liquidité déjà en trop grand nombre).

Nous n'avons rien à attendre des élections.

Les crises répétées du mode de production capitaliste en relation avec la dévalorisation du capital et la baise du taux de profit ont conduit les gouvernements à mettre en place des remèdes pires que le mal.

Ces 10 dernières années nous avons subit des attaques sans précédent, maintien d'un chômage de masse, dérégulation du travail démantèlement de la protection sociale acquise de longue lutte.

La « classe » politique qui se partage le pouvoir est constituée de permanents bien rémunérés, issus des mêmes écoles et qui ont fait carrière dans les partis. Ils n'ont jamais travaillé dans l'économie réelle, ils ne connaissent pas le monde du travail que bien souvent ils méprisent. Ils sont déconnectés des réalités quotidiennes des hommes et des femmes qui font la richesse de ce pays.

Pour conserver leur poste et leurs prébendes ils se sont fait les garants du maintien de ce système qui leur assure une rente de situation. Ainsi quelques soient l'habillage de leurs propositions, ils n'ont a apporter comme solution que la régression sociale, plus de souffrances et de précarité.

Si l'on ne fait rien, si l'on se laisse faire, les 5 prochaines années seront bien pire que les précédentes sans avoir jamais rien régler.

Il est temps de prendre les choses en main.

Avril 2017, préparons le 1er tour social

C'est notre tour...et il n'est pas présidentiel

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VOUS POUVEZ SIGNER L'APPEL ICI :

https://www.change.org/p/le-22-avril-prenons-la-rue-pour-im…#PremierTourSocial #1erTourSocial #OnLacheRien #TouchePasAMaZEP #Bellaciao #22Avril #19Mars #7Mars

Vidéo meeting

En complément de l'article précédent, nous relayons un article de Gérard BAD paru sur le site Spartacus1918.

(http://spartacus1918.canalblog.com/archives/2017/01/28/34861825.html)

Sur le blog : SPARTACUS (http://spartacus1918.canalblog.com/)


Taux de profit, revenu universel et surnuméraire

Revenons sur la baisse du taux de profit.

 Baisse tendancielle du développement du Mode de Production Capitaliste (MPC). Le MPC depuis la création du crédit et de la Société Anonyme (SA) est devenu un capitalisme collectif. Ce qui a pour conséquence la mise en œuvre de capitaux de plus en plus considérables pour le développement du MPC et sa reproduction élargie. Il en résulte un accroissement tout aussi considérable de la masse de profit ; quant à l'accroissement du capital (sa reproduction élargie), il dépend à la fois du taux de profit et de sa masse (1).
 Sous le fouet permanent de la concurrence, tout capitaliste d'État ou privé et même monopoliste est contraint d’accroître la productivité. Cet accroissement de la productivité a pour résultat la diminution de valeur du capital existant et la réduction du capital variable (nombre de salariés) par rapport au capital constant ; ce qui a pour conséquences, d'une part de faire tomber le taux du profit, d'autre part d'en ralentir la chute.
 Autrement dit les capitalistes doivent faire des investissements de plus en plus importants, avec comme corollaire une diminution relative du capital variable (nombre de salariés) qui entraîne une chute du taux de plus-value. Mais cette chute sera compensée par la liquidation des concurrents la pléthore de capital qui selon Marx est dans l'impossibilité de compenser la baisse du taux de profit par sa masse (manque de crédit).

 Comment se rendre compte qu'il y a baisse du taux de profit ?

 Nous pouvons nous référer aux statistiques faites par les organismes capitalistes, ce que font régulièrement les intellectuels marxistes. Mais ce qui est plus intéressant ce sont les mesures que les capitalistes sont contraints de prendre pour contrecarrer cette chute du taux de profit. Ces mesures, ou contre tendances à la baisse du taux de profit, sont énumérées au chapitre XIV du tome III du Capital. elles sont au nombre de six : 1) l'accroissement de l'exploitation du travail. 2) La réduction du salaire au-dessous de la valeur de la force de travail. 3) La dépréciation des éléments du capital constant. 4) La surpopulation relative. 5) Le commerce international. 6) L'accroissement du capital par actions.
Toutes ces contre-tendances ont été mises en action depuis le retournement monétariste de 1979 visant à «euthanasier l'État providence». Le monétarisme voulait juguler l'inflation et permettre au capital de retrouver ses marges par des purges grandioses à l'échelle du monde. Elles sont toujours efficientes, reprenons les une à une.
Il ne semble pas nécessaire de traiter ici de «l'accroissement de l'exploitation du travail et la réduction du salaire au-dessous de la valeur de la force de travail» qui est si évidente que nous pouvons écrire sur le sujet chaque jour. Je vais donc concentrer mes critiques sur « la dépréciation des éléments du capital constant et la surpopulation relative ».

 La dépréciation des éléments du capital constant.

 Face à la baisse du taux de profit que certains sous estiment, nous voyons poindre de nouveaux entrepreneurs qui savent habilement utiliser les TIC et pénétrer comme une bombe à retardement dans le MPC, ces nouveaux capitalistes se sont les start-ups et l'ubérisation dont tout le monde connaît les péripéties. Seulement peu de «théoriciens» sont aujourd'hui en mesure de nous indiquer ce qui se passe derrière le rideau. Des transformations s'opèrent à une grande échelle au point que certains parlent ouvertement d'en finir avec le salariat, réduisant celui-ci à l'état d'auto entrepreneur misérable. Ces nouveaux capitalistes veulent s'émanciper d'une forte mise en capital constant et variable, comme le disait K. Marx «ramener au niveau le plus bas possible la valeur du capital constant utilisé » (2). Ils vont pour cela utiliser les niches offertes par les TIC pour se faire une place d'intermédiaires indispensables dans le système. Certes, le système en lui-même n'est pas nouveau on le connaît depuis les franchisés , et plus anciennement avec le système de vente comme Amway (3) et Tupperware. Ce qui change c'est la montée en charge de ce système qui se présente comme voulant libérer les individus du salariat, illustration : « la Loi travail en France ».
                                                                      precaires4
 Le rapport de Robert Badinter accolé à la loi travail insiste sur le fait que le salariat de la première révolution industrielle est en voie de disparition. Cela fait effectivement 40 ans que nous voyons se multiplier et démultiplier les contrats de travail en tout genre jusqu'au contrat de travail zéro heure. (4) Cette déstructuration du contrat de travail à temps plein n'est pas la fin du salariat, mais sa précarisation.

Le « cloud working ».

Chaque jour sur Internet un site offre des travaux à faire immédiatement à domicile par un «indépendant». Bien sûr, cela ne concerne que des tâches comme programmeur, rédacteur, traducteur, graphiste, etc. C’est une version des contrats déjà existants de chantier ou de projets non-salariés, c’est-à-dire sans aucune garantie sociale (en France, IBM s’est lancé en 2012 dans la pratique du cloud working sous le titre «Program Liquid» qui lui permettrait, en confiant des tâches à des sous-traitants sous statut d’autoentrepreneurs, de réduire ses effectifs mondiaux de 400 000 à 100 000 employés. Cette résurgence du travail à domicile est liée au développement de l’informatique individuelle (ce qui déplace la question du capital fixe) et a aussi des conséquences sociales.

 La surpopulation relative.

 Au niveau mondial, le taux d'emploi est passé de 77% en 1966 à 53,9% en 2015, malgré une hausse relative du nombre d'emplois (5).
 Il faut voir à ce sujet les données de la Banque mondiale, de l'OCDE (6). La population, en surnombre relatif, est contrainte pour survivre d'entrer dans ce que l'on appelle l'économie informelle. Cette économie frôle les 19% du PIB des 27 pays de l'Union européenne, ce qui n'est pas neutre et dans les pays dits « émergents » elle est de l'ordre de 50% et plus. L'objectif fiscal des États est de lutter contre ce phénomène en « légalisant » le travail illégal avec une faible fiscalité. Le résultat le plus marquant est l'Ubérisaton.

 Ubèrisation et la fin du salariat.

 Vous trouverez ci-dessous un extrait d'article qui me semble résumer le fond du problème, même s’il a tendance à sous-estimer l'auto-emploi tout en déclarant que ce phénomène concerne des millions d'emplois aux États-Unis. En France, il ne fait aucun doute que c'est l'État lui-même qui favorise ce type d'emploi notamment par la «Loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques», numéro 2015-990 du 6 août 2015 dite «Loi Macron» (7), mais aussi par de nouvelles mesures fiscales, comme notamment le statut fiscal de «Jeune Entreprise Innovante», créé en 2004 et enfin en 2016 la loi el Khomri.
 Cette dernière dite aussi loi travail vise à stopper le mouvement de requalification des travailleurs indépendants dès lors que le lien de subordination avec le donneur d'ordre était établi (8). Cette remise en cause des requalifications du travailleur le touche dès lors qu’il :
 1. Exerce une activité immatriculée au registre du commerce et des sociétés, au répertoire des métiers, au registre des agents commerciaux, à un registre des entreprises de transport ou auprès des unions de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales ;
2. définit librement ses horaires, ainsi que la durée et sa charge de travail ;
3. n’a pas de lien d’exclusivité entre la plateforme et le travailleur.
 «Plus intéressant est le démontage par Moody de l’illusion auto-entrepreneuriale, composante à la fois réelle et imaginaire de la précarisation. Celle-ci revêt des formes multiples : embauche par une agence d’intérim, contrat très bref, travail à la demande (on call, le prolétaire attendant d’être convoqué par téléphone), travail à temps partiel accepté faute de mieux, ou statut imposé d’autoentrepreneur, aux États-Unis, l’auto-emploi concerne des millions de prolétaires dans le bâtiment, les taxis et le camionnage, dont 150.000 driver-partners chez le fameux Uber » (9).
 On se tromperait pourtant en y voyant une forme privilégiée du travail de demain.
 « Pour un prix convenu, au volant de sa voiture, A reconduit B chez elle. B se fait ensuite payer par C pour lui couper les cheveux à domicile. Sur Internet, de retour chez lui, C prend sa leçon hebdomadaire de chinois avec A qui le règle en ligne. Cette somme permet à C de payer D pour élaguer sa haie. Chacun est à son tour vendeur et acheteur, mais de quoi ? Ni la voiture, ni les ciseaux, l’ordinateur ou la tronçonneuse n’ont été fabriqués dans un grenier ou un garage (sur un banal établi, ou grâce à une imprimante tridimensionnelle) par A, B, C et D. Ces objets sont sortis d’usines. »
 « On peut regretter l’évolution d’un monde où chacun achète et (se) vend, et juger lamentable que l’autostop d’antan revive comme pratique marchande. Mais le capitalisme excelle à faire commerce de tout, y compris du temps libre ou des aptitudes personnelles individuelles de vous et moi, et il est inévitable que des multinationales comme Uber en profitent pour gagner des milliards en jouant les intermédiaires (10).
 Il n’empêche, A, B, C et D n’ont fait que mettre entre eux en circulation des services monnayés, à partir d’objets préalablement manufacturés. L’ubérisation n’est pas l’avenir du monde ».
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 « Quant aux faits, les données réunies par Moody démentent la croyance en une progression de l’auto-emploi ou contrat entre un patron et un salarié formellement indépendant, mais obligé pour vivre de multiplier des boulots courts et mal payés. En réalité, depuis 1990, le nombre de personnes cumulant plusieurs emplois n’a guère augmenté aux États-Unis, et plus de la moitié d’entre elles ont un travail permanent en plus de l’emploi additionnel. L’emploi court et multiple concerne surtout des secteurs avec une longue tradition d’embauche saisonnière, dans des entreprises petites ou grandes, et des horaires tournant autour d’une trentaine d’heures hebdomadaires dans le commerce de détail, la santé, les loisirs… » (Extrait de Working class zero ? Sur la prétendue disparition des ouvriers étasuniens (11)).

 La cocréation un nouveau concept loin d'être neutre.

 Voici un extrait d’article qui résume les objectifs du concept de cocréation d’emploi. « Répondre plus rapidement à près de 1,3 million de questions de clients par an, c'est le défi de Voyages-sncf.com. Après avoir garanti la réponse d'un conseiller en moins de deux heures sur les réseaux sociaux, le site de réservation en ligne vise l'instantanéité. À cet effet, il a délégué la gestion d'une partie de son service consommateur à ses utilisateurs experts. Un pari gagnant : près de 400 clients se mobilisent volontairement et à titre gratuit pour répondre tous les jours aux voyageurs sur le chat communautaire. Cinq d'entre eux ont même intégré la « love team », une cellule de dix salariés chargés d'analyser les verbatims clients et d'améliorer l'expérience utilisateur du site. Cette initiative a valu à Valérie Darmaillacq, directrice performance et relation client de Voyages-sncf.com, le prix du directeur client de l'année 2015 ».
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 « PriceMinister, PMU, MAAF, Auchan, Darty, Adidas, Nike, AXA, Decathlon, Airbnb, Lego, mais aussi Alstom dans le BtoB, nombreuses sont les entreprises qui font appel à leurs clients. Pour les unes, il s'agit de gérer leur service après-vente, pour les autres de trouver de nouvelles idées de produits et services ou de les améliorer. La cocréation enrichit le spectre des compétences et des idées, soutient Lidia Boutaghane, consultante en stratégie client et markéting collaboratif pour Client au Coeur. Tout expert dans son domaine a tendance à se couper le champ des possibles, tandis qu'une personne qui n'est pas du métier s'autocensurera moins » (12).

 Ce n'est plus le salariat qu'il faut protéger, mais la personne!

 Le retour à l'idéologie « citoyenne » est récent et pas anodin, nous avons entendu parler de la place du citoyen dans l'entreprise , et ensuite par le truchement de la formation professionnelle d'un droit à la personne (le DIF) puis de la sécurité sociale professionnelle de la CGT (que Emmanuel Valls reprend à son compte) elle aussi attachée à la personne. Les coins pour faire exploser le salariat collectif étaient bien enfoncés, il s'agissait dorénavant de gérer la précarisation inévitable dans la société capitaliste.
 La Loi travail tout comme le rapport Badinter liquide les droits collectifs du travail (conventions collectives) au profit de la « personne », « On caractérisera le rapport comme une tentative pour en finir avec un « code du travail » spécifique et le remplacer par un mixte avec le Code civil, où les contrats commerciaux et les statuts d’indépendants sont mis sur le même plan que l’ex contrat de travail. La «personne» » remplace le salarié. Le salarié est traité comme l’indépendant. Uber peut s’y retrouver, Attali et Macron sont passés par là » (13).
 Il faut voir dans cette démarche juridique, une volonté de gérer un système où la précarité devient incontournable, la revendication d'un revenu de base attachée à la personne va dans ce sens. Ce n'est certes pas un hasard si dès son intronisation à la tête du Medef, Laurence Parisot a donné le ton de la nouvelle période qui s’ouvre ;
Le 3 septembre 2005, elle déclare sur France inter que «la précarité est une loi de la condition humaine».
 Dès 1995 une réunion de chefs d'État (14) se réunissait à San Francisco, pour annoncer au monde l'arrivée de la société 20/80, c'est à dire une société dans laquelle le travail de 20% de la population mondiale suffira pour soutenir l'appareil économique de la planète. Il restera alors 80% de la population qui s'avérera superflu, ou surnuméraires qu'il faudra «occuper». Z. Brezinski a proposé le « tittytainment », un mélange d’aliment physique et psychologique qui endormirait les masses et contrôlerait sa frustration et ses protestations prévisibles.
 Le revenu de base, (défendu par Benoît Hamon) va dans le sens de ce « tittytainment », la gestion citoyenne de la misère à grande échelle. Ceci devant logiquement s'accompagner, d'un nouveau code, non pas du travail, mais de l'individu en situation de précarité permanente. De plus, le précariat engendre fatalement une poussée de l'économie souterraine venant concurrencer l'économie légale et engendre d'importantes pertes fiscales pour les États (à ce sujet la récente obligation demandée par l'État français d'une carte d'identité pour le secteur du bâtiment (15).

 Pour conclure.

Le capitalisme étant basé sur l'accumulation de la richesse à un pôle et la pauvreté à l'autre, il serait pure illusion de croire que ce dernier va se priver de poursuivre l'exploitation de l'homme par l'homme et financer le droit à la paresse (16).
En la circonstance le « revenu universel » ou « de base » est une arnaque qui ne vise qu'à mutualiser la précarisation ambiante, un os que l'on jette au chien pour ne pas qu'il morde.
 Gérard Bad. (26 janvier 2017)

NOTES
(1) Le taux de profit est quelque peu différent du taux de plus-value, en ce que le taux de profit se rapporte au capital total ( capital constant + capital variable) alors que le taux de plus-value ne concerne que le capital variable (l' exploitation ouvrière).Voir a ce sujet le T III du capital chap.III relation entre le taux de profit et le taux de plus-value
(2) Tome III, chap.V, p,97, ed. Moscou
(3) Amway France est une filiale d’Amway Corporation qui appartient à la holding Alticor. Près de dix mille distributeurs (appelés Entrepreneurs indépendants Amway/EIA) vendent les produits Amway en France métropolitaine et dans les DOM.
(4) zéro heure. http://spartacus1918.canalblog.com/archives/2016/02/26/33428754.html
(5) Le taux d' emploi est passé de 77% en 1966 à 53,9% en 2015 http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SP.POP.DPND?view=chart
(6) OCDE https://data.oecd.org/fr/emp/taux-d-emploi.htm#indicator-chart
(7) Loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_pour_la_croissance,_l%27activité_et_l%27égalité_des_chances_économiques
(8) De nombreux procès sont en cours, en France ou aux états-Unis visant la requalification.
(9) ???
(10) https://ddt21.noblogs.org/?page_id=1260#sdfootnote2sym
(11) Working class zero ? Sur la prétendue disparition des ouvriers étasuniens https://ddt21.noblogs.org/?page_id=1260
(12) Extrait de: Cocréation: quand le client fait votre travail!
(13) Gérard Filoche (2016) Analyse détaillée des 61 mesures du rapport Badinter. Url
(14) Mikhaïl Gorbatchev, George Bush, Margaret Thatcher, Vaclav Havel, Bill Gates, Ted Turner, etc..
(15) carte d'identité pour le secteur du bâtiment http://www.lemoniteur.fr/article/carte-d-identification-obligatoire-des-salaries-du-btp-c-est-parti-31444962
(16) Ici je fais référence au livre de Paul Lafargue « Le droit à la paresse » le droit à la paresse https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1880/00/lafargue_18800000.htm
Tableau 1. Parts de l’économie souterraine dans les PIB des pays de l’Union européenne en 2012 (En % du PIB)
Allemagne
13,3
Espagne
19,2
Italie
21,6
Portugal
19,4
Angleterre
10,1
Estonie
28,2
Lettonie
26,1
Rép.Tchèque
16,0
Autriche
7,6
Finlande
13,3
Lituanie
28,5
Roumanie
29,1
Belgique
16,8
France
10,8
Luxembourg
8,2
Slovénie
23,6
Bulgarie
31,9
Grèce
24,0
Malte
25,3
Slovaquie
15,5
Chypre
25,6
Hongrie
22,5
Pays-Bas
9,5
Suède
14,3
Danemark
13,4
Ireland
12,7
Pologne
24,4
UE27pays
18,4
Source : F. Schneider (2013)