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Point de vue communiste

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Ce centième anniversaire ne doit pas nous faire oublier que cette première révolution est restée inachevée et qu’elle a conduit à la restauration du capitalisme sur les territoires qu’elle avait administrés. Cette commémoration est l’occasion de revenir sur un certain nombre de mythes et de réalités qui furent ceux de la Russie Bolchévique puis de l’URSS.

Ce constat ne doit pas nous décourager, car les conditions d’aujourd’hui sont objectivement bien plus favorables  aux révolutions du 21 ème sicle et à la marche au communisme.                                                                                                                             JMN


L’échec des révolutions communistes du XXème siècle.

Reprise d’un article de JM NICOLAS 07/11/2012

À chaque stade de développement des forces productives correspondent certains rapports de production, nature du mode de propriété, répartition des instruments de production… Ces rapports de production déterminent une superstructure philosophique, économique et juridique, mise en place par la classe dominante, celle qui détient les moyens de production, pour légitimer sa domination.

À partir de la deuxième moitié du XIX ème siècle, le progrès technique a permis la mise en place de moyens de production collectifs rationalisés (les mines, les usines…) alors que la propriété de ces moyens de production est demeurée privée (le capitalisme). Selon Marx et Engels la prochaine étape historique doit être le renversement des rapports de production capitalistes et la destruction de la superstructure capitaliste : l’état. Ce renversement doit s’opérer par une révolution menée par le prolétariat (la classe qui n’a pour subsister que sa force de travail à vendre) qui devient la classe dominante en exerçant sa dictature sur la bourgeoisie (la classe capitaliste), c’est la phase du socialisme, comme première étape du communisme, la société sans classe. La poursuite du développement des forces productives a conduit également à une collectivisation par la classe capitaliste des moyens de production ; ainsi si la gauche française put vilipender les capitalistes des ‘‘200 familles’’, la classe des propriétaires du capital est maintenant une véritable société anonyme internationale à participation croisée dont la plupart des acteurs nous sont inconnus (le cas de la famille Peugeot est par exemple un anachronisme). Dans ce Monopoly mondial, les dirigeants de société, qui eux sont connus, ne sont que des gérants (les régisseurs) pour le compte des propriétaires collectifs.

Moyens de production collectifs, détenus en propriété privée collective par quelques centaines de milliers d’individus qui en exploitent plusieurs milliards, tout concours au passage à l’étape historique suivante, celle de la révolution menée par le prolétariat. Pour Marx et Engels la révolution menée par le prolétariat devait avoir lieu dans les pays où les forces productives étaient les plus développées où logiquement le prolétariat était le plus nombreux et aussi le plus éduqué (pour des impératifs de production, il est préférable de savoir lire, écrire, compter..). Soit à leur époque, comme jusqu’à la moitié du XXème siècle, l’Angleterre, la France, l’Allemagne, puis les Etats-Unis.

Les révolutions communistes du XXème Siècle n’ont pas suivi le scénario du matérialisme historique tel que l’avaient envisagé Marx et Engels.

Les révolutions communistes du XXème Siècle se sont déroulées dans des pays périphériques du capitalisme, des pays féodaux ou semi féodaux, en tout cas des pays arriérés où les forces productives étaient encore peu développées et le prolétariat faible voir inexistant. Elles ont pris des formes différentes selon les pays, les époques et les circonstances :

 Russie : révolution urbaine suite à des grèves et des manifestations ; prise du pouvoir par les armes par le parti Bolchevik.

 Albanie, Yougoslavie : guerre de libération nationale contre l’occupant Nazi, armée de partisans dirigée par un parti communiste, éviction de la résistance « nationaliste-royaliste »

 Chine : dans un contexte de guerre civile et d’occupation japonaise, guerre révolutionnaire prolongée, avec administration par les communistes des zones libérées en bases rouges, alliance puis affrontement avec le parti nationaliste Kuomintang.

 Cuba : création d’un foyer de guérilla (Foco) par des militants Cubains et des internationalistes sud américains selon la technique de la guerre révolutionnaire des campagnes vers les villes.

 Vietnam, Cambodge, Laos: guerre de libération nationale menée par les partis communistes contre l’intervention impérialiste US et les régimes à sa solde.

Les autres pays, qui ont appartenu un temps au ‘‘ camp socialiste’’, ne l’ont pas été suite à un processus révolutionnaire mais par l’intervention de l’armée rouge (Allemagne, Pologne, Hongrie, Tchécoslovaquie, Roumanie, Bulgarie) ou de l’APL Chinoise (Corée du Nord)

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La première révolution communiste : La Révolution RUSSE de 1917.

C’est celle qui nous intéresse particulièrement par sa primauté et les espoirs qu’elle a fait naître.

À la veille de la révolution, la Russie est un immense pays autocratique rural, qui connaît un développement tardif du capitalisme, essentiellement lié à des investissements massifs venus d’Europe occidentale. La classe ouvrière naissante, issue des campagnes, se retrouve souvent dans des usines géantes, elle est peu éduquée et sans tradition, elle reste très minoritaire dans le pays.

À la fin du XIXe siècle, les idées marxistes sont quasiment inexistantes en Russie, il n’y a ni syndicat, ni parti se revendiquant du marxisme, seuls quelques cercles d’intellectuels commencent à diffuser et commenter les ouvrages de Marx et Engels. C’est la fédération de ces cercles qui donnera naissance au POSDR (Parti Ouvrier Social Démocrate Russe : création formelle en 1898).

Le POSDR ne se structure véritablement qu’en 1903 lors de son 2ème congrès qui voit la séparation entre Mencheviks (Martov) et Bolcheviks (Lénine) sur les questions de l’organisation (la définition de qui est membre du parti). Sans rentrer dans les détails, on peut affirmer que ce tournant du siècle voit en Russie se développer une importante agitation urbaine contre le tsarisme :grèves, manifestations…

Le mythe du parti bolchevik, parti d’avant-garde, parti de révolutionnaires professionnels.

De l’opposition entre Mencheviks et Bolcheviks est née le mythe d’un parti bolchevik forgé dans l’acier, fort d’une ligne politique et marchant d’un même pas : rien n’est moins vrai. Quels sont les éléments qui réfutent ce bolchevisme mythique:

 Tout d’abord, si les divergences sont réelles, la séparation des deux tendances n’a pas lieu en 1903, mais bien plus tard, trois congrès plus tard. Il y eut même en 1906 un congrès dit « d’unification » sans véritable succès. Les bolcheviks ne se constitueront en parti autonome qu’en 1912

 Les frontières entre les deux groupes ne sont pas étanches, des militants passeront de l’un à l’autre (comme Rykov). Au cours de l’année 1917, les Bolcheviks ‘‘droitiers’’ rejoignent les Mencheviks, tandis que les Mencheviks de gauche font le chemin inverse. (c’est ainsi que le Comité inter-rayons dirigé par Trotski fusionne avec le Parti Bolchevik). Ces mouvements se poursuivront également après la révolution.

 Jusqu’à la veille de l’insurrection d’octobre, les principaux dirigeants bolcheviks sont en exil ou déportés : Lénine en Suisse ( retour avril 1917), Trotski, pas encore bolchevik, aux USA (retour en mai 1917), Zinoviev en Suisse (rentre avec Lénine), Radek en Suisse (rentre avec Lénine), Boukharine aux USA (retour en 1917), Chliapnikov en mission Europe puis aux USA (retour 1916), Staline, Kamenev, Sverdlov, Tomski déportés ( libérés en février 1917). Raisons pour lesquelles les congrès et conférences du POSDR, puis du Parti Bolchevik ont lieu hors de Russie.

 La presse et la propagande sont longtemps imprimées à l’étranger, le Parti de l’intérieur est souvent livré à lui-même, les communications sont difficiles, l’information et les consignes parviennent en retard, les dirigeants locaux doivent souvent improviser et d’une province russe à l’autre, les positions des Bolcheviks ne sont pas identiques. Lénine et Zinoviev se plaignent de ne plus avoir de nouvelles du Parti de l’intérieur pendant de longs mois.

 Si les militants et les cadres bolcheviks sont bien préparés à la lutte contre la répression et au travail clandestin, leur formation théorique et leur connaissance du marxisme est souvent rudimentaire. La première école de formation des cadres ne verra le jour qu’en juillet 1911 à Longjumeau (France), elle est créée par Lénine pour contrecarrer l’école de Capri fondé par Bogdanov (avec l’appui de Gorki).

 Lénine n’a pas toujours fait l’unanimité au sein du Parti, il a souvent dû ferrailler dur et à parfois été mis en minorité. En 1907, le désaccord est consommé avec Bogdanov, soutenu par la majorité du Parti, qui prône le boycott des institutions légales dans le journal Vperiod qu’il dirige (fraction Otzoviste). Bogdanov est alors, durant une brève période, le leader du mouvement bolchevik. En avril 1917, Lénine échoue à faire changer le nom du parti POSDR-bolchevik en Parti Communiste. En février 1918, en raison d’une forte opposition, Lénine peine à imposer au Comité Central une paix séparée avec l’Allemagne, la paix de Brest-Litovsk ne sera validée que par un vote au VIIème congrès du Parti en mars.

 Depuis le POSDR jusqu’au dans le Parti Communiste (Bolchevik) des tendances se sont toujours exprimées par de vifs débats dans le parti: Otzovistes, Opposition Ouvrière, Communistes de Gauche, Centralisme Démocratique, Opposition de Gauche …y compris publiquement (comme Zinoviev et Kamenev dénonçant dans la presse du parti le mot d’ordre d’insurrection avant que celle-ci ait lieu) et contre les décisions votées par les instances. Ce n’est qu’en 1921 (Xème congrès) que fut adopté, en même temps que la NEP, la résolution sur « l’unité du Parti » qui condamne le fonctionnement en fractions (tendances permanentes, maintenues entre 2 congrès, qui ont une organisation et une expression autonomes dans et hors du parti)

 En 1917 le parti Bolchevik compte 240 000 membres pour un pays de 184,6 millions d’habitants (0,13% de la population), c’est à la fois peu à l’échelle de la Russie et beaucoup pour un parti de ‘‘révolutionnaires professionnels’’ (comme si nous avions, en France, un parti communiste révolutionnaire de 78 000 militants).

Comme nous venons de le voir le Parti Bolchevik qui a fait la révolution, n’était pas le parti monolithique que l’on veut nous faire croire, celui-ci n’apparaîtra que plus tard En relation avec la situation Russe, mais aussi internationale, son fonctionnement et sa nature ont été transformés au milieu des années 20. En 1922, avec la montée des effectifs, c’est 97% de ses militants qui ont rejoint le parti après 1917 et la prise du pouvoir.

Quelles difficultés vont rencontrer les révolutionnaires russes pour conserver leur révolution.

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 Faire la guerre pour sauver le pays de l’agression impérialiste Avec la paix de Brest-Litovsk, la Russie se voit amputée d’une partie importante de son territoire, Etats Baltes, Pologne, une partie de l’Ukraine et de la Biélorussie. À la défaite de l’Allemagne, ces territoires ne retourneront pas dans le giron russe révolutionnaire, mais verront l’avènement de régimes nationalistes. L’armée rouge sera défaite par l’armée nationale polonaise. La Russie bolchevique subira l’échec de l’extension des insurrections révolutionnaires en Hongrie et en Allemagne (nous y reviendront). La Russie révolutionnaire subira un blocus économique de grande ampleur, elle connaîtra une intervention militaire des puissances impérialistes en soutien aux contre-révolutionnaires durant deux années de guerre supplémentaires.

 Survivre à l’échec de la révolution mondiale. Pour les bolcheviks, la Russie constituait le maillon faible des pays capitalistes, mais la vraie révolution devait venir des pays capitalistes avancés. Ceux-ci connurent, à partir de 1917, une recrudescence des grèves autour des conditions de travail et de l’approvisionnement, en France en Italie en Allemagne et en Angleterre. Ces mouvements allaient conserver un caractère revendicatif économique sauf en Allemagne et en Hongrie. Les espoirs Bolchevick étaient alors tournés vers cette Allemagne vaincue qui avait un prolétariat important, turbulent et organisé. Mais par manque de coordination, les différentes tentatives insurrectionnelles menées par les communistes allemands furent matées et conduisirent à l’échec global de la révolution en Allemagne. Les soviets de Hongrie isolés furent eux aussi vaincus, comme les tentatives qui eurent lieu en Autriche.

 Préserver la révolution, administrer le pays, développer les forces productives. Au nom d’un certain ‘‘réalisme’’ ces conditions sécuritaires difficiles conduiront à la suppression des conseils de soldats, au rétablissement des grades et au recours aux officiers tsaristes dans l’armée rouge (politique initiée toute autant par Lénine, Trotski que Staline). Pour faire face à une économie de pénurie, ce même réalisme enfantera la NEP avec un retour au secteur économique privé. Il y a un glissement progressif des positions depuis ‘‘ Tout le pouvoir aux Soviets’’ à ‘‘dans notre République des Soviets, le régime social est fondé sur la collaboration de deux classes : les ouvriers et les paysans, collaboration à laquelle sont également admis aujourd’hui, à de certaines conditions, les « nepmans », c’est-à-dire la bourgeoisie.’’ (Lénine). Au nom du réalisme économique et de l’efficacité, il faut abandonner le contrôle ouvrier sur la production au profit d’un corps spécialisé d’employés ( Comment réorganiser l’inspection ouvrière et paysanne – Lénine rapport devant le XIIe Congrès). Cela se traduira dans l’industrie par le rétablissement du salaire, des hiérarchies, puis des primes à la productivité… Le système sera étendu à l’ensemble de l’appareil d’état et au parti.

La direction et l’organisation du pays ont besoin de cadres et le parti s’ouvre aux employés et aux fonctionnaires de l’ancien régime. Comme nous l’avons déjà dit, en 1922, 97 % des communistes sont des nouveaux communistes qui le sont devenus après la révolution de 1917. En 1924, après la mort de Lénine, la campagne d’adhésions ‘‘ Promotion Lénine’’ fait plus que doubler encore les effectifs du Parti. Cette énorme affluence pose d’importants problèmes de formation politique que rencontrerait tout parti dans les mêmes conditions. Dès 1920 apparaissent des organismes administratifs chargés sous la direction du Comité Central du recensement, des nominations et de l’affectation des cadres du parti. En 1922, Staline prend la direction de ces organismes en accédant au poste nouvellement créé de Secrétaire Général à l’organisation. Au nom de la rationalisation, les organes de direction qui doivent être élus le deviennent sur recommandation des échelons supérieurs, eux-mêmes dépendant des organes du Secrétariat Général. C’est le régime nouveau de la cooptation.

 Construire le Parti Mondial, la IIIème Internationale « Prolétaires de tous les pays, peuples opprimés, unissez-vous ! » La faillite des partis ouvriers socialistes et sociaux-démocrates au début de la 1ère guerre mondiale, s’est manifestée par leur ralliement aux bourgeoisies nationales et leur soutien à l’effort de guerre. Ce passage de la pensée socialiste vers le populisme, le nationalisme et le patriotisme, a semé les germes de l’idéologie fasciste (l’héritage se fera directement pour des dirigeants socialistes ou communistes : comme Mussolini, Déat, Doriot…ou plus confusément comme chez les nationaux bolchevicks allemands) C’est contre le patriotisme de ces partis de la classe ouvrière, que s’est fait nécessité la création d’une nouvelle internationale en mars 1919. Si la nouvelle internationale à produit dans ses congrès un matériel théorique important sur la situation mondiale, ses implications concrètes sont beaucoup plus mitigées.

• Echec dans le soutien aux révolutions européennes : principalement les révolutions allemandes en raison des tergiversations de l’internationale et du rôle ambiguë de RADEK

• Échec en Chine de la politique d’intégration au Kuomintang, puis d’insurrection de 1927 dont les communistes chinois sortent laminés

• Échec lors de la guerre civile espagnole, les révolutionnaires de ce pays ne correspondant pas au modèle russe.

Par un glissement sémantique l’internationale est passée d’un « les prolétaires n’ont pas de pays, les prolétaires n’ont pas de patrie » à « l’URSS la patrie du Socialisme », dès lors elle devient l’Office Mondial de défense des intérêts de l’état soviétique. Ce tournant qui a lieu vers le milieu des années 20 est intimement lié au mot d’ordre de « l’édification du socialisme dans un seul pays », L’URSS est alors le seul pays ayant réussi sa révolution, la mission première des communistes du monde est de préserver cette conquête, raison pour laquelle les intérêts politiques, économiques, diplomatiques de l’URSS sont prioritaires sur toutes autres considérations.

En 1943, Staline dissoudra même l’Internationale Communiste, pour ne conserver plus tard qu’un bureau d’information et de liaison des partis communistes européens (Kominform)

 L’édification du socialisme dans un seul pays. Avec le tournant de la NEP, se développe dans le parti un courant économiste mené par SOKOLNIKOV et BOUKHARINE autour des questions suivantes : Est-il possible de construire l’économie socialiste en URSS et si oui, est-il possible de la construire alors que la révolution tarde dans les pays capitalistes avancés et que le capitalisme se stabilise ? Est-il possible de construire l’économie socialiste en suivant la voie de la Nouvelle Politique Economique ? c’est à partir de ces interrogations que BOUKHARINE va avancer le concept de « Socialisme dans un seul pays » position ralliée par STALINE et le groupe du centre. Fort de cette majorité BOUKHARINE se verra propulsé en 1924 à la tête de l’Internationale (à la place de ZINOVIEV) et c’est à lui que nous devons cette inflexion de la ligne internationaliste (notamment sur la question de la révolution chinoise en plaçant le PCC sous la tutelle du parti nationaliste…).

Le « Socialisme dans un seul pays » peut être envisagé comme une voie réaliste par rapport à la situation internationale de l’époque, fallait-il continuer ou abandonner ? Ce qui pose problème c’est la mise en oeuvre qui en a été faite. C’est aussi la subordination complète du mouvement communiste mondial aux seuls intérêts prioritaires de l’Union Soviétique, de son maintien, de sa survie. L’URSS à tout prix.

L’isolement de la Russie Bolchevique puis de l’URSS, le blocus économique, les difficultés internes, deux guerres d’agressions impérialistes (1914-1920 et 1941-1945) vont formater une pensée de citadelle assiégée, une sorte de paranoïa de l’ennemi qui est partout. Cette même conception conduira après 1945 à la course aux armements comme réponse à l’imminence d’une agression US, cette course qui enfermera le pays dans une économie de pénurie et conduira à sa ruine.

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À partir de 1927, il n’existe quasiment plus de débats démocratiques dans le parti. Par sa maîtrise des organismes administratifs du parti et de l’état, STALINE à la tête du groupe centriste dans le parti peut à sa guise isoler et démanteler les oppositions successives en envoyant ses chargés de missions (Molotov, Kalinine, Kaganovitch Vorochilov, Kirov…) réorganiser les instances locales. Toute critique est écartée, les opposants organisés dans le parti deviennent le « Bloc ennemi du peuple ».

 La mise en oeuvre de l’édification du socialisme dans un seul pays.  De 1930 à 1953 Staline et le groupe centriste qui prend la direction totale du parti et de l’état seront véritablement les seuls comptables de cette politique d’édification du socialisme dans un seul pays (qui se poursuivra après la mort de Staline jusqu’à l’effondrement du système). Après le tournant de la NEP, cette politique à pour bases l’industrialisation et la collectivisation rationalisées au moyen de la planification (plan quinquennal), quelle est sa véritable nature ?

Quelle propriété collective des moyens de production ? L’article 10 de la constitution de l’URSS déclare : « Le système économique de l’URSS est fondé sur la propriété socialiste des moyens de production sous la forme de la propriété d’état (de tout le peuple) et de la propriété kolkhozienne et coopérative…. ». Il y a donc en apparence 2 formes de propriété, la propriété d’état et celle des collectivités économiques.

La propriété d’état est-elle une garantie suffisante de propriété socialiste : non car de nombreux pays capitalistes ont eu recours à un important secteur économique étatisé pour assurer le développement de leurs forces productives (Allemagne, Japon, France, Corée du Sud…). Par le biais de l’état et par le contrôle qu’elle exerce sur lui, une classe administre collectivement ses biens au mieux de ses intérêts. La propriété d’état soviétique serait propriété de tout le peuple, est-ce à dire que tout le peuple exerce son contrôle sur l’état et la propriété d’état ? Et bien non puisque déjà Lénine avait fait abandonner le contrôle ouvrier sur la production au profit d’un corps spécialisé d’employés et d’administrateurs ; ce sont ces corps de fonctionnaires qui administrent la propriété d’état sous la houlette du parti dont ils sont également issus. À une échelle plus petite, le phénomène reste le même en ce qui concerne Kolkhozes et Coopératives dont le président et la direction sont « élus » sur proposition des instances locales du parti. Il n’y a pas une once de contrôle ouvrier dans ces collectivités économiques.

Après l’expropriation du capital et quel que soit le mode de propriété collective, il n’y a pas d’avancée au socialisme sans plein exercice du contrôle ouvrier. À l’inverse prôner le contrôle ouvrier et l’ouverture des livres de compte en système capitaliste est une pure chimère !

Existait-il du sur-travail, de la plus-value en Union Soviétique ? Marx nous dit : « La suppression du mode production capitaliste permet de limiter la journée de labeur au travail nécessaire. Néanmoins il s’accroîtrait si les conditions demeuraient constantes. D’une part parce que les conditions de vie du travailleur s’améliorent et ses exigences deviennent plus grandes, d’autre part parce qu’une partie de l’actuel sur travail serait intégrée au travail nécessaire à la constitution d’une réserve sociale et à un fond d’accumulation… à la constitution d’un fond d’assurances et de réserve et aussi à l’élargissement constant de la reproduction à la mesure des besoins sociaux. » (le Capital)

Le sur-travail permet de faire fonctionner la protection sociale (santé, retraites..) l’éducation, la recherche, les transports en commun, la culture, les loisirs…, des secteurs non directement productifs, tout comme l’administration du pays.

Toutefois le travailleur soviétique voit bien qui s’accapare la plus grosse part des bénéfices de ce sur travail, quels groupes bénéficient des magasins et restaurants spéciaux, des voitures particulières, des villas, des hôtels, de la possibilité de voyager, des postes héréditaires dans la direction de l’économie, l’appareil d’état ou le parti. Il y a bien un groupe d’individus qui sans être formellement, nominativement propriétaires des moyens de production, s’en accapare la gestion en dehors de tout contrôle aux fins de ses intérêts propres et pour sa propre reproduction. Il y a bien un groupe parasitaire au même titre que la bourgeoisie capitaliste est une classe parasitaire.

Le Plan une loi de l’économie socialiste ? Dans le système capitaliste, il n’y a pas d’autorité directrice supérieure de coordination, en ce sens on peut dire que les mécanismes de régulation sont anarchiques, le navire est sans maître. Le régulateur en chef est essentiellement le marché (et dans une moindre mesure les états comme représentants d’intérêts capitalistes particuliers) et les prévisions de fluctuations que l’on pourrait déduire de la situation. En cela les réactions des acteurs économiques ne sont pas toujours le fruit d’une analyse objective et de déductions logiques ; l’individualisation de la course au profit immédiat introduit une notion de pari, de prise de risques, sans rapport avec l’économie réelle (les coups de poker menteur dans une économie casino).

Dans l’économie socialiste de l’URSS, la quasi-intégralité des moyens de production est propriété contrôlée par l’appareil d’état, elle constitue un immense monopole sur un immense territoire. Il est donc tout à fait légitime de vouloir en faire une exploitation rationnelle et coordonnée, éviter les doublons de production, la concurrence entre unité de fabrication, développer la recherche et développement, favoriser la productivité et la mécanisation, initier des grands projets, développer les infrastructures…toutes perspectives réalisables grâce à une planification raisonnée.  Mais la planification n’est pas l’identifiant principal d’une économie socialiste, des états capitalistes comme la France de De Gaule ont utilisé, avec plus ou mois de succès, la planification et un important secteur industriel nationalisé pour réaliser des grands projets et construire des monopoles (industrie nucléaire, aéronautique, armement, plan calcul …)

Si la planification soviétique a atteint un certain nombre de ces objectifs, elle a échoué comme système général de rationalisation de l’économie en raison de sa conception même. Les raisons principales de cet échec sont dues au fait que l’économie soviétique n’a jamais fonctionné comme un monopole unique, mais que ses unités de production ont gardé une certaine indépendance et un fonctionnement séparés. D’autre part les objectifs de la production planifiée établis par les organismes d’état étaient exprimés en quantité ou en valeur financière. C’est-à-dire que le plan peut être rempli sans aucun souci de l’utilité des productions ni de leur qualité (dans la plupart des cas c’est l’entreprise qui contrôle sa propre production, sauf pour l’industrie d’armement). Lorsqu’il est exprimé en valeur financière, et alors que c’est l’état qui fixe les prix, l’entreprise peut avoir tendance à fabriquer les produits chers, même s’ils ne se vendent pas.

Pour des raisons pratiques (il fallait reconstruire de toute urgence les moyens de production) et idéologiques : la priorité a été donnée à l’industrie lourde au détriment des biens de consommation, puis en raison du second conflit mondial, de la guerre froide, aux industries d’armement. Jusqu’à sa chute, l’URSS a consacré des sommes considérables (de 15 à 20 % du PIB) à cette course aux armements qui l’a opposée à l’impérialisme US. Pour le peuple tout entier, l’URSS est resté une économie de pénurie de biens de consommation courante avec souvent des produits obsolètes et de mauvaise qualité à côté de laquelle a germé une économie parallèle issue du pillage social et du marché noir (propre aux mafias comme prémisses d’une accumulation primitive du capital).

La condition des travailleurs s’est-elle améliorée ? Sauf durant une période du communisme de guerre où l’état avait dû organiser la répartition autoritaire des produits de première nécessité et ravitailler les villes, l’argent a toujours été utilisé dans les échanges en URSS et le salariat maintenu (contrairement à la conception marxiste du socialisme). Le nombre de jours de travail a été augmentés, en augmentant la durée de la semaine de travail (48h à 50h alors que les travailleurs français se battaient pour la semaine de 40h), en supprimant des jours fériés d’abord religieux puis révolutionnaires, en réduisant le nombre de congés, puis en instaurant les samedis et dimanches travaillés (volontaires).

Chaque travailleur est doté d’un livret (comme au 19ème siècle en France) où sont consignés toutes les modifications de sa situation (indispensable pour obtenir un emploi ou percevoir sa retraite). L’absentéisme est pénalisé au sens propre puisqu’il peut conduire à une condamnation au travail forcé.

Les salaires sont bas et le restent. Le salaire à la tâche est largement pratiqué (il représente encore 56,2% du salariat en 1975) au détriment du salaire à l’heure et de la mensualisation. Par « l’émulation socialiste au travail », le mouvement des travailleurs de choc, le stakhanovisme, la propagande met en scène une productivité illusoire et fait se développer une aristocratie ouvrière pour contrecarrer l’apathie de la classe ouvrière. Alors que les augmentations de salaires se révèlent inutiles face à la pénurie de biens de consommation, à l’initiative de cadre locaux se développe tout un réseau de favoritisme et de prébende qui visent à fragmenter la classe ouvrière pour en atténuer le mécontentement. Ce système contribue au profond désintérêt de la classe ouvrière pour un travail qui lui est extérieur et dont elle ne tire pas avantage. Il est assez bien résumé dans la plaisanterie « l’état fait semblant de nous payer, nous faisons semblant de travailler ». Pas étonnant dès lors qu’il n’y eut que peu de travailleurs pour s’opposer à la chute de ce socialisme là.

Le tableau du monde du travail soviétique serait incomplet si l’on ne prenait soin d’évoquer les immenses chantiers de développement d’infrastructures qui ont mobilisé des centaines de milliers de jeunes volontaires étudiants, ouvriers et komsomols, tout comme ceux qui ont utilisé les condamnés au travail forcé, bagnards le plus souvent communistes devenus « Bloc des ennemis du peuple » qui ont construit les routes, les voies ferrées, les villes nouvelles de l’Extrême-Orient ou du grand Nord soviétique. Le sur-travail y atteint alors son maximum, puisque dans l’un des cas, les travailleurs sont nourris logés et dans l’autre, il n’est question que de les maintenir les ZEK en état de survie dans cet esclavage moderne.

L’édification du socialisme dans un seul pays a-t’elle résolu la question des nationalités ? Au commencement, les bolchevicks ont été préoccupés par la question des nationalités, LENINE puis à son initiative STALINE se sont penchés sur la question dans des articles et des brochures. Comment unifier le pays hérité de l’empire tsariste en une seule nation socialiste ?  Dans « Le Marxisme et la question nationale » (1913), STALINE fait une analyse assez fine de la problématique. Il donne une définition scientifique de la Nation « une communauté stable historiquement constituée, de langue, de territoire, de vie économique et de formation psychique, qui se traduit dans une communauté de culture ». Les exemples, qui illustrent la brochure, choisis avec une certaine clairvoyance sont ceux qui poseront problèmes à l’URSS puis à la Russie post-soviétique (Pays Baltes, Géorgie, Caucase, Crimée…).

Malheureusement un bon diagnostique ne fait pas le bon remède. Dans le système de citadelle assiégée que connaît l’URSS, la question des nationalités va d’abord être traitée de manière sécuritaire. Les 15 années qui vont du milieu des années 30 à 1950 verront des millions de personnes déportées en tant que groupes nationaux hostiles au régime, ou suspects de collaboration avec l’ennemi extérieur, phénomène s’accentuant pendant la seconde guerre mondiale (Polonais, Baltes, Finnois, Biélorusses, Allemands, Grecs, Roumains, Tatars, Karachay-Cherkes, Tchétchènes, Ingouches, Balkars, Meskhs, Kurdes, Arméniens, Bulgares, Turcs…). Ces afflux de populations vont aussi déstabiliser les républiques périphériques de destination (Ouzbékistan, Kirghizie, Kazakhstan, Turkménistan, Sibérie…) et exacerber les rancunes contre le Centre Grand Russe.

À la fin de la seconde guerre mondiale, l’URSS a récupéré l’intégralité des territoires de l’empire russe : Etats Baltes, Ukraine, Biélorussie, Pologne et s’est adjoint des pays vassaux libérés par l’armée rouge Hongrie, Tchécoslovaquie, Roumanie, Bulgarie et dans une moindre mesure Yougoslavie et Albanie.

Les faits ont contredit le propos de STALINE qui préconisait « Pour consolider l’union entre la Russie centrale et la périphérie, il faut liquider cette méfiance, créer une atmosphère de compréhension mutuelle et de confiance fraternelle…abolir, en fait et non pas en paroles, les privilèges de tout genre, de tout ordre dont jouissent les éléments colonisateurs… » (La Pravda 10/10/1920).

La nouvelle société socialiste n’a pas empêché, les éléments « grands russes » de se comporter et/ou d’être perçu comme des colons. Cette perception a aussi contribué à exacerber les sentiments nationalistes locaux. (les conflits linguistiques auxquels sont confrontés aujourd’hui les minorités russes des nouveaux états issus de l’URSS en sont aujourd’hui une illustration en miroir)

 De la Coexistence Pacifique à la Glasnost, une même continuité. La mort de STALINE, en 1953, n’est pas l’occasion des bouleversements auxquels on veut nous faire croire maintenant, c’est tout au plus une « révolution » de palais où les têtes qui tomberont se compteront en unités (Béria, Malenkov…), rien à voir avec l’épuration de la vieille garde bolchevique de 1927 à 1933. À travers la dénonciation de STALINE et du culte de la personnalité, la nomenklatura s’est trouvé habilement un bouc émissaire qui la dédouane de toutes les erreurs passées et de tous les crimes commis, qui le deviennent au nom de STALINE. C’est une imposture complète.

Après STALINE, le système économique ‘‘socialiste’’ demeure identique, priorité à l’industrie lourde, à l’armement, à l’électronique, à la recherche atomique et à la conquête spatiale (1957-Spoutnik, 1961- Gagarine) au détriment toujours des biens de consommation. Tout au plus voit-on une sorte de NEP dans l’agriculture avec l’intéressement des kolkhoziens à l’augmentation de la production agricole et la libération puis la réhabilitation de dizaines de milliers de communistes détenus dans les camps de travail. KHROUCHTCHEV (militant ouvrier, entré au parti avant la révolution de 1917, Commissaire aux armées durant la bataille de Stalingrad, organisateur de la reconstruction de l’Ukraine après guerre, 1er secrétaire du PC de la région de Moscou…) : le révisionniste, n’est pas plus social-traitre que son prédécesseur.

La prétendue rupture et sa qualification de révisionniste, vont permettre à des partis communistes au pouvoir (Chine, Albanie), qui n’étaient pas dans la ligne de l’URSS de se démarquer à bon compte du grand frère soviétique. Ceux qui dans la conduite de leur révolution n’avaient que fait semblant de suivre les conseils de STALINE et du PCb de l’URSS, vont devenir ses plus fidèles et ardents défenseurs sous la bannière de « l’orthodoxie » marxiste-léniniste.

Malgré l’usage du vocable Khrouchtchévien de Coexistence Pacifique, la politique de l’URSS après STALINE reste dans le cadre de la confrontation avec l’impérialisme en référence à la défense de la patrie socialiste : fin de la guerre d’Indochine, crise de Suez, mur de Berlin, crise des missiles à CUBA, guerre du Vietnam, guerre du Kippour, guerre en Afghanistan, crise des Euromissiles…

« Mais il y a aussi une stratégie politico-économique qui consiste à entraîner les Soviétiques dans la spirale de dépenses sans fin, destinée à freiner ou empêcher leur progression dans d’autres domaines. Chaque fois qu’on peut les pousser dans une surenchère, chaque fois qu’on les incite à gaspiller leurs ressources en canons plutôt qu’en beurre, on ralentit leur marche vers le bien-être. Et la propagande occidentale a ainsi beau jeu de mettre en avant le niveau de vie moyen 8 plus faible des pauvres peuples malades du socialisme, par rapport à tous ceux qui s’épanouissent dans le système capitaliste. »1

C’est cette spirale infernale que GORBATCHEV a voulu briser en initiant des réformes économiques, en baissant la garde et en ouvrant un certain nombre de libertés publiques. À l’inverse, les réformes économiques mises en place vont accentuer les inégalités sociales, sans résoudre les questions de l’approvisionnement. La démocratisation et la réforme constitutionnelle (pour une nouvelle Union) vont favoriser la montée des nationalismes. La nouvelle configuration met en avant le populiste ELTSINE, qui devient incontournable à Moscou puis au niveau de la Fédération de Russie.

Habile bénéficiaire du putsch qui renverse GORBATCHEV, il va réussir à se placer au sommet de l’état où comme héritier des réformes de son prédécesseur, il va démanteler le parti, puis l’URSS avant d’en privatiser l’économie. La méthode utilisée sera celle de la privatisation par coupons, les salariés devenant copropriétaires de leur usine, libre de vendre ou de conserver leurs coupons/actions. Dans les faits comme bien souvent les salaires n’étaient plus versés, les dirigeants avisés ont alors racheté massivement les fameux coupons pour une bouchée de pain, devant ainsi les propriétaires en titre des moyens de production.

« Paralysés par l’ampleur de la crise et l’opacité des nouvelles règles du jeu, les salariés ont été incapables de s’opposer par leur mobilisation à cette spoliation massive. L’Etat en revanche a été instrumentalisé au profit d’un petit groupe de personnes. »2

Alors le groupe qui administrait le pays à travers le Parti et l’appareil d’Etat, par une propriété collective des moyens de production ‘‘au nom de tout le peuple’’, est devenu propriétaire privé, en son nom propre, de ces mêmes moyens de production. Ainsi le capitalisme prédateur le plus classique a été restauré en URSS.

En guise de résumé et de conclusion : Les raisons de l’échec de la première révolution communiste du XXème siècle sont multiples et c’est la conjonction de circonstances et de décisions qui a conduit à l’effondrement, tel que nous l’avons connu, de l’expérience socialiste en URSS. Elles sont les suivantes dans un ordre qu’il est difficile de hiérarchiser

 Le parti communiste bolchevick, a changé de nature (disparition de ses cadres, renouvellement quasi complet de ses effectifs) et de statuts (abandon du débat politique collectif selon le centralisme démocratique : unité-critique-unité) entre 1925 et 1930

 Il n’y a pas eu de révolution victorieuse dans les pays capitalistes avancés, la révolution mondiale n’a pas eu lieu.  La Russie isolée a subi un blocus économique et a été attaquée par les armées impérialistes en soutien aux contre-révolutionnaires.

 Il a fallu faire des efforts considérables pour redresser le pays dévasté. Ces efforts se sont accomplis au détriment de la démocratie prolétarienne, les soviets n’ont plus joué leur rôle dirigeant (ils font de la figuration dans le nouvel état socialiste), le contrôle ouvrier a été supprimé au profit d’un corps de techniciens de d’administrateurs professionnels.

 Le Parti Communiste et l’état se fonctionnarisent.

 Le Parti Communiste s’oriente vers l’édification du socialisme dans un seul pays.

 L’Internationale Communiste échoue comme soutien théorique et logistique aux révolutions dans le monde, puis s’embourbe dans un patriotisme soviétique en devenant l’organe de défense des intérêts économiques et diplomatiques de l’URSS (avant de disparaître)

 Les initiatives de l’économie socialiste ne révolutionnent pas le monde du travail qui reste sous le régime du salariat. Les conditions de travail ne sont pas bonnes, la productivité est faible, comme les salaires et faute de démocratie dans l’entreprise, le travail est vécu comme sans intérêt par les travailleurs.

  L’existence d’une caste supérieure d’administrateurs bénéficiant de tous les privilèges saute aux yeux. L’égalitarisme n’existe pas, il y a bien réalisation d’une plus value sur le dos des salariés producteurs au profit d’une caste parasitaire en dépit du mode formel de propriété des moyens de production.

 La gestion de l’économie par le plan reste déficiente, elle privilégie l’industrie lourde et l’armement et ne peut donc permettre une amélioration continue des conditions de vie.

 Ravagée par deux conflits mondiaux, la Russie devenue URSS va s’engager contre les USA dans une course aux armements qui la laissera exsangue.

 Le syndrome de citadelle assiégée, va générer une construction paranoïaque, le système broyant ses propres enfants (c’est ce communisme là qui a tué le plus de communistes)

 Malgré de bonnes intentions, l’URSS n’a pas pu apporter une réponse correcte au problème des nationalités, qui a été attisés par les fascismes, la guerre, puis par l’impérialisme US triomphant. Cela demeure vrai aussi après 1945 dans les rapports entre les nouvelles démocraties populaires et le grand frère soviétique.

 Pour des raisons liées au contrôle de ses frontières (l’étranger proche), l’URSS va s’engager dans un trop long et meurtrier conflit en Afghanistan.

 Empêtré dans ses contradictions, le système « socialiste » n’a pas su ou pas pu se réformer, au point qu’il ne s’est pas trouvé de force suffisante parmi « le peuple tout entier » pour vouloir le sauver.

 Une fraction de la caste dirigeante, forte du soutien de l’impérialisme, a pu alors prendre le dessus et restaurer une économie capitaliste à son seul profit en s’accaparant le bien collectif.

07/11/2012

 


1) Antoine Sanguinetti- Le devoir de parler- Fernand Nathan 1981 : L’amiral rayé des cadres en 1976 dénonce la supercherie de la suprématie militaire de l’URSS, de la course aux armements qu’elle génère à travers la théorie de l’équilibre des forces.
2 Les privatisation en Russie et la naissance d’un capitalisme Oligarchique- Fondation Gabriel Péri 2005

Sources

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Le récent référendum sur l’indépendance de la Catalogne a suscité un regain de déclarations enthousiastes de la part des organisations qui se revendiquent révolutionnaires et se réclament du marxisme, malheureusement la plupart d’entre elles sont sur des positions erronées de soutien à la bourgeoisie nationaliste catalane, ce qui démontre encore une fois leur incompréhension du marxisme et de la question nationale.

Nous relayons deux prises de positions d’organisations révolutionnaires de l’état espagnol qui nous paraissent justes du point de vue marxiste bien qu’elles émanent d’organisations opposées sur l’échiquier communiste (comme quoi il ne faut pas se désespérer à propos du monde militant)


Résumé très succinct en français des thèses d’inter-rétroactivement sur le référendum catalan, par Pantopolis : http://pantopolis.over-blog.com/2017/09/a-propos-du-referendum-catalan-interpretation-et-orientation-marxiste-iner-rev.foroactivo.com-espagne.html

Référendum catalan: basta ya!         Lutte de classe internationaliste, !

L’aspect politique idéologique sous lequel se présente ce référendum d’indépendance est une compétition entre deux nationalismes: espagnol et catalan. Ce sont deux poisons utilisés contre le prolétariat et la révolution sociale internationale…

Chaque faction bourgeoise essaie de pêcher dans le réseau nationaliste populaire et démocratique le plus grand nombre possible de prolétaires et d’éléments critiques de la société…

Quelle que soit leur position, toutes les forces en présence dans ces deux projets nationalistes font partie du camp ennemi du prolétariat, de ceux qui soutiennent et profitent sans vergogne de son exploitation…

l’État catalan… fait depuis longtemps partie d’un cadre économique capitaliste…. Les conflits actuels entre l’État espagnol et l’État catalan sont le produit des contradictions grandissantes entre fractions de la classe dirigeante … dans un schéma historique communément qualifié de «mondialisation»: une intense internationalisation du capitalisme, limitant les mouvements et capacités spécifiques du capital à l’échelle nationale et locale.

Pour la classe ouvrière, s’inféoder au nationalisme espagnol et/ou catalan est contre-révolutionnaire et réactionnaire… surtout dans les conditions d’internationalisation capitaliste. Un nouvel état catalan indépendant ne profitera qu’au seul capital catalan et ne fragilisera en aucun cas pas les formes essentielles de l’impérialisme capitaliste en ce qui concerne la classe ouvrière. Il s’agit de déterminer la part respective revenant à chaque fraction nationale du capital; il s’agit aussi de la capacité de chacune à former des alliances capitalistes dans le cadre d’une concurrence internationalisée…

Dans le mode de fonctionnement actuel du Capital, la classe dominante espagnole et catalane participe au processus d’accumulation capitaliste et de domination bourgeoise sur le travail salarié. Ce qui est en jeu, c’est fondamentalement la question de la quotité de pouvoir respectif ainsi que celle de la répartition du surplus de main-d’œuvre excédentaire.

La bourgeoisie catalane, si elle obtient son indépendance, veut laisser tomber la «partie économique», et donc le prix à payer pour ses responsabilités dans la domination conjointe catalano-espagnole du prolétariat d’Espagne. La bourgeoisie catalane veut utiliser «ses» propres ressources – qu’elle a amassées sur le dos des prolétaires – pour «ses» propres projets économiques dans le domaine des infrastructures, de la Recherche-Développement, des finances, etc. Elle veut avoir une plus grande capacité à gérer la partie visible et invisible du gâteau capitaliste face au «pouvoir madrilène» qu’il soit celui du Parti populaire ou du PSOE (et ajouterons-nous celui de Podemos s’il venait au pouvoir), jugé plus «corrompus» qu’elle… Elle veut disposer de plus de cordages et de solides nœuds coulants pour exercer librement le «dumping social» dans le domaine des relations inter-capitalistes, un monde de compétition sans pitié pour les capitaux les moins compétitifs et surtout les exploités, toujours plus pressurés et appauvris.

Pour le prolétariat il n’y a rien de positif à attendre de ce référendum ! Prolétaire! Tu ne dois soutenir ni l’un ni l’autre de ces nationalismes, espagnol ou catalan!


Ci-dessous l’analyse proposée en juin dernier par nos camarades de « Comunistas catalanes », du Parti Communiste des Peuples d’Espagne, au sujet du référendum organisé en Catalogne :

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http://www.pcrf-ic.fr/Referendum-en-Catalogne-la-position-du-PCPE

Référendum en Catalogne : la position du PCPE

Le Président de la Generalitat (Gouvernement autonome catalan, NDT) a concrétisé la date et la question du référendum sur l’indépendance de la Catalogne.

Face à ceci, nous exprimons nos réserves :

1. La classe ouvrière ne tire aucun profit du débat sur le type de gestion capitaliste ni sur les cadres dans lesquels celle-ci est structurée. Ce sont les différentes couches de la bourgeoisie qui, dans leur lutte permanente pour la répartition des fruits de notre travail, ont un intérêt dans cette bataille. Malheureusement, le manque de conscience et d’organisation de notre classe amène celle-ci à adopter des positions étrangères à leurs intérêts, qu’elles soient indépendantistes ou anti-indépendantistes. Aucune de ces deux options ne représente un futur souhaitable pour notre classe. Notre chemin est celui de l’indépendance de la classe ouvrière.

2. Ce référendum, avec des garanties et la possibilité d’appliquer le résultat, ne se produira pas. La recherche de recoins légaux pour réaliser le référendum est basée sur une illusion, celle qu’on vit dans un État démocratique où opère la séparation de pouvoirs. En réalité, nous vivons dans un État qui est l’outil de domination d’un bloc oligarchique-bourgeois et qui manient le monopole de la violence pour s’assurer ses intérêts. Les intérêts de cette oligarchie parasitaire ne passent pas par le support du processus indépendantiste, donc le processus est voué à l’échec, si cette classe n’est pas dégagée du pouvoir.

3. La recherche d’alliés internationaux pour atteindre l’objectif indépendantiste va contre la réalité. L’Espagne est un fidèle soutien des États au sommet de la chaîne impérialiste, contribuant à stabiliser des alliances interétatiques comme l’UE ou l’OTAN. Aucun de ces États n’est intéressé par l’affaiblissement et la rupture de l’Espagne. Il n’existe donc aucune base matérielle du support des principaux pays occidentaux au processus indépendantiste.

4. Les principales forces gouvernementales (Parti Populaire au gouvernement central et Junts pel Sí – Ensemble pour le oui en catalan, NDT – en Catalogne) ont un grand intérêt à maintenir vive la confrontation en termes nationaux, facilitant ainsi sa gestion et la paix sociale. Il est ainsi empêché que la classe ouvrière s’organise et lutte pour ses principales préoccupations comme le chômage, la précarité, la disparition des négociations collectives, les baisses des budget des services sociaux, etc.

5. Nous sommes alors dans un processus qui n’a aucune possibilité de triompher, mais qui est vivant grâce à son utilité. Communistes Catalans – PCPE appelle la classe ouvrière à ne pas lutter sous un drapeau étranger à elle, ni pour la cause indépendantiste ni, encore moins, contre elle. La seule voie que l’oligarchie nous montre pour appliquer le droit à l’autodétermination du peuple de Catalogne passe par l’unité de notre classe avec celle du reste de l’État pour abattre le pouvoir établi.

Notre chemin est celui de l’indépendance de la classe ouvrière !

Comunistas Catalanes – PCPE

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Nous relayons à nouveau un communiqué du groupe Unité Communiste appelant à la mobilisation contre la politique du gouvernement Macron/Philippe/Medef. Partout rejoignons les collectifs de mobilisation « Front Social » pour affirmer notre détermination.

Plus d’infos:

 http://infocomcgt.fr/

https://www.facebook.com/luttesinvisibles/


http://unitecommuniste.fr/france/974/

La mère de toutes les luttes commence.

L’élection d’Emmanuel Macron ne peut être accueillie avec joie par les travailleurs. L’arrivée d’une large majorité d’élus à sa solde ne constitue pas non plus une nouvelle favorable.

Les astres lui sont on-ne-peut plus favorables. Sa confrontation, au second tour, face à l’extrême-droite, lui a permis d’être élu avec une confortable longueur d’avance. L’effet d’engouement, aux législatives, lui apporte sur un plateau d’argent la majorité dont il a tant besoin. La bourgeoisie la plus rapace et la plus avide le voit comme sa parfaite machine de guerre, comme son soldat le plus zélé. Ce n’est pas pour rien qu’il est le héraut du syndicat des patrons : le MEDEF.

Les cinq années qui s’achèvent furent sous le signe de l’offensive débridée de la part des capitalistes : L’ANI, la loi El-Khormi, la loi Macron, la loi Fioraso… la liste est longue et fastidieuse. Le résultat, lui, est sans appel : la destruction de l’ensemble des protection sociales, gagnées de haute lutte, a été entamée. La succession de lois antisociales formait le plan de guerre de la bourgeoisie. la brèche est ouverte, elle ne se refermera pas sans combat.

Emmanuel Macron, est le maître d’oeuvre de l’offensive redoublée qui s’annonce : Le nouveau président ne l’a pas caché, il sera celui qui déchaînera le Blitz pendant l’été, gouvernant par ordonnances, avançant à marche forcée, saccageant ce que les travailleurs ont mis des années – des siècles – à0 obtenir. L’Assemblée, entre ses mains, applaudira.

Travail, santé, chômage. Voilà le triplé d’objectifs que veut frapper le nouveau porte-étendard des bourgeois.

Là où la loi El-Khomri se contentait d’inverser la hiérarchie des normes, de faire passer les accords d’entreprise au dessus des accords de branches sur la question du temps de travail, Macron va plus loin. Les nouvelles lois veulent l’étendre à des domaines tels que les salaires ou les conditions de travail. Cela signifie que le patronat, à force de pressions, peut obtenir de la part de ses employés une soumission totale.

La farce des référendum d’entreprises sert à atomiser les travailleurs, à les fragmenter, sous le faux prétexte de démocratie. Ces référendum ne sont des opérations ayant pour but de saboter toute lutte au sein des entreprises, de court-circuiter les syndicats, en somme d’effectuer un mise au pas des travailleurs.

Le plafonnement des indemnités de licenciement, là aussi, revient à faciliter la gestion de la masse salariale, à l’entier bénéfice des patrons. Un plafonnement à 10 mois de salaire, cela revient à un aumône de misère.

Quant à la Sécurité Sociale et l’Assurance Chômage, l’ambition est sans limite : dès le premier janvier, les versements de cotisations seront refondus dans une seule ligne de compte. Ce qui ne change rien en apparence change tout dans le fond : désormais l’Etat aura la haute main sur l’ensemble de cette manne financière et pourra la ventiler comme bon lui semble.

Le résultat de ces réformes : des travailleurs pauvres, corvéables à merci.
Une explosion de misère s’annonce, pour le bénéfice d’une clique de bandits.

Couronne d’épines pour le prince des patrons.

Derrière ces considérations sombres se profile une lutte terrible. Terrible tant pour les travailleurs que pour leurs exploiteurs.

Si les législatives ont donné la majorité à Macron est ses sbires, celle-ci demeure fragile. Le divorce entre les masses et la démocratie bourgeoise s’étend. 57 % d’abstentions parmi les inscrits; 61% en comptant les bulletins blancs ou nuls. Le rejet est intégral, tant des pions du patronat que des roquets qui prétendent incarner le peuple, que ceux-ci soient de droite ou de gauche.

Cette situation emmène à la croisée des chemins pour ceux et celles qui luttent :

Il est possible, désormais, de saisir cette opportunité pour exister comme un camp indépendant de la bourgeoisie, de ses institutions, de son ordre et de ses règles. Il est possible de clamer la légitimité de la rue, de l’extra-parlementarisme, de la vie réelle contre les tours d’ivoire.

Le rejet du crétinisme parlementaire, le rejet de la démagogie, le rejet de la démocratie pseudo-représentative ouvre une voie, celle de l’affirmation d’un pôle défendant le pouvoir populaire et la démocratie bourgeoise.

Si les progressistes et les révolutionnaires ne s’en saisissent pas, ce seront les fascistes, les réactionnaires qui s’en saisiront.

La bourgeoisie est consciente de sa faiblesse, elle se raidit et se durcit : l’état d’urgence est une arme dressée en priorité contre les travailleurs et contre les travailleuses. Elle est la lance mortelle grâce à laquelle le patronat veut écraser les mobilisations naissantes. L’Etat marche sur les piles de cadavres des victimes des attentats et s’en fait un prétexte : frapper les ouvrier, les ouvrières, les exploités et les opprimés. Défendre sa police, aussi, qui opprime, arrête, blesse, mutile et assassine. 

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La riposte à déjà commencé : Le Front Social est une des pierres pour organiser la lutte contre les ordonnances du nouveau pouvoir. Cet outil, durant un été qui s’annonce terrible, forme, avec les syndicats, le premier moyen de la lutte, unitaire, centralisée, contre l’offensive.

Macron va faire pleuvoir un feu roulant de réformes, d’attaques. Son gouvernement n’aura de cesse de frapper, jusqu’à ce qu’il obtienne ce qu’il veut. Cette lutte ne doit pas épuiser les force combatives, elle doit au contraire les renforcer, les faire grandir, leur permettre de se hisser à la hauteur des enjeux.

L’Unité Communiste de Lyon appelle a rejoindre et à renforcer les Fronts Sociaux, partout au sein de l’Etat français. La lutte s’annonce âpre et difficile. Elle doit être victorieuse !

Plus un pas en arrière face au offensives du patronat !

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Le premier tour de l’élection présidentielle française fût sans surprise, il est conforme au casting retenu par les instituts de sondage (aux ordres). Pourtant il renouvelle le packaging des partis politiques de la 5ème république afin de pouvoir à nouveau séduire l’électeur en démocratie bourgeoise à bout de souffle.

Pour le capitalisme mondialisé, la norme politique majoritaire est anglo-saxonne et il est temps de se convertir au bi-partisme. C’est ce qu’avait lâché Hollande en affirmant liquider le Parti Socialiste au profit d’un grand Parti Démocrate et nous y sommes. L’ancien parti gaulliste avait déjà pris le tournant en devenant atlantiste, sioniste, européiste et en se rebaptisant « les Républicains ». L’un comme l’autre menant la même politique économique en défense des intérêts du capitalisme, la même politique impérialiste.

Nombre de battus du 1er tour ayant déclaré le soir même qu’il fallait voter pour Macron le candidat « démocrate » l’issue du second tour est également sans surprise.

Dans ce contexte, et en raison de leur échec, socialistes et gaullistes sont condamnés à disparaître comme tels et à se fondre qui dans le Parti Démocrate « En Marche », libéral, européiste et atlantiste, mais « progressiste » sur l’aspect sociétal ou dans le Parti Républicain à créer, libéral, européiste et atlantiste mais conservateur à valeurs catholiques, nationalistes et patriotes ; dont le centre de gravité sera plus ou moins proche de l’actuel Front National qui pourrait aussi en être son Tea Parti. Cette démarche conforme à l’agenda capitaliste semble inéluctable, même si pendant un temps l’épouvantail Front National peut également se maintenir.

Reste une inconnue dans ce scénario, un pôle social-démocrate est-il toujours nécessaire et utile au capitalisme et pourra t’il se reconstituer autour des « insoumis » de J L Mélenchon rien n’est moins sûr. Engagés dans l’électoralisme, les « insoumis » et leurs leaders qui ont naïvement cru la victoire arrivée, doivent maintenant, comme le PS maintenu, gérer la défaite et se consacrer en ordre dispersé au second tour puis aux législatives, il n’est pas certain qu’ils y survivent sans se marginaliser.

Plus de 10 millions (22%) d’électeurs on refusé de voter et près d’un million on voté « blanc ou nul », c’est beaucoup plus que le score réalisé par chacun des principaux candidats. Ces non-électeurs pensent pour diverses raisons que voter ne sert à rien ou que leur voix ne sera pas entendue. Ils ont quelques raisons d’exprimer leur défiance envers la démocratie bourgeoise après les expériences du référendum volé de 2005 ou du passage de la loi travail par le 49/3 et surtout maintenant l’annonce faite par Macron de gouverner par ordonnances.

Chez les travailleurs, ceux qui n’ont que leur force de travail pour assurer leur subsistance, qu’ils aient un emploi ou non, le sentiment qui prédomine est que leur situation va encore se dégrader. Ils n’ont plus, à juste titre, l’espoir que la société qu’ils laisseront à leurs enfants sera plus juste et la vie meilleure. Face à cette situation, les politiciens qui demeurent dans le cadre du mode de production capitaliste ne peuvent et ne veulent apporter aucune solution réelle. Le capitalisme en crise n’a d’autre solution que de taper sur le travail et la protection sociale, c’est le sens des discours répétés sur le coût du travail et la compétitivité comme de ceux qui prônent les vertus de l’auto-entreprenariat. Ce système est bloqué, il n’y a pas de changement politique possible par les urnes.

Dans la situation présente, nous communistes avons un rôle historique à jouer, montrer que :

  • par les mobilisations et la convergence des luttes, les travailleurs peuvent faire reculer les attaques des gouvernements qui se succèdent,

  • par l’organisation pour frapper ensemble les travailleurs peuvent mettre fin à la dictature du capital

  • par l’organisation les travailleurs peuvent gérer la société, partager le travail et les richesses

C’est le rôle d’un authentique parti communiste que d’œuvrer à cette organisation. Il ne se construira que par l’émergence et l’amplification des luttes sociales. A chacun d’y prendre sa part

Jean-Michel Nicolas 28 avril 2017

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Nous relayons ci-dessous la déclaration de l’Unité des Cercles Communistes sur les élections.


Déclaration de l’Unité des Cercles Communistes sur l’élection présidentielle.

La dictature de la bourgeoisie sous le masque démocratique

Les élections présidentielles, présentées comme le grand moment « démocratique » de la nation, se déroulent dans un contexte de répression sans précédent depuis des décennies. Nous dénonçons l’hypocrisie bourgeoise qui, derrière le masque d’une campagne « démocratique », agit systématiquement pour réprimer et affaiblir la contestation populaire. Nous rejetons cette hypocrisie et exigeons:

La libération de tous les prisonniers politiques et l’arrêt des poursuites contre plus de 2000 personnes pour s’être opposés à la loi Travail, et son abrogation.

La libération de tous ceux qui se sont soulevés contre les récents crimes policiers.

L’ensemble des scandales actuels dans lesquels sont impliqués plusieurs candidats ne font que creuser la profonde fracture entre la bourgeoisie, exploiteuse et corrompue, et le prolétariat exploité ou privé d’emploi. C’est dans de telles conditions que l’on nous somme d’exercer notre « devoir » de voter, pour donner une légitimité à ce système d’injustice social. Il faut se rappeler la nature véritable des élections et du parlementarisme sous le capitalisme. La bourgeoisie présente les élections au suffrage universel comme le summum de la vie démocratique.

Une démocratie pour les exploiteurs !

Elle tente de dissimuler le caractère de classe de cette démocratie.

A savoir : la possibilité de se porter candidat aux élections se fait suivant le principe de cooptation par les élus en place ; les « 500 signatures ». Ce principe est le meilleur moyen d’empêcher le prolétariat de présenter ses candidats. Quels élus bourgeois accorderont leur signature pour voir un parti menaçant de bouleverser l’ordre sur lequel ils sont assis ? Ainsi le principe des 500 signatures est l’expression même de la démocratie bourgeoise, dans l’intérêt de la bourgeoisie, par lequel elle exclue toute possibilité à un véritable parti prolétarien de peser sur les élections, et par lequel elle assure son hégémonie politique dans le cadre du suffrage universel. De plus, même si les intérêts prolétariens pouvaient être représentés aux élections, l’appareil d’Etat bourgeois briserait toutes possibilités pour les prolétaires de renverser l’ordre capitaliste.

La privation du droit de vote pour les immigrés est une attaque toute entière contre l’influence du prolétariat dans la vie politique – des millions de travailleurs sont concernés ! Il se peut qu’un ouvrier travaille plus de 10 ans en France et paye des impôts, sans avoir le droit de vote. Les émigrés quant à eux, français vivant hors de France, peuvent voter dans un pays où ils ne résident pas, et ne travaillent pas. Inutile de préciser que ces derniers sont essentiellement des bourgeois et des petits bourgeois. Tandis que tous les bourgeois ont le droit de vote, il n’en est pas de même pour tous les travailleurs. Le principe nationaliste qui régit les élections ne fait donc qu’affermir la domination de la bourgeoisie française sur les prolétaires français et étrangers.

Les gouvernements passent, les capitalistes restent !

Pour notre classe, discuter quel homme, quel parti va diriger la France n’est pas important par rapport au problème fondamental : quelle classe sociale détient le pouvoir d’Etat ? Quelle classe sociale possède les moyens de production, d’échange, et les armes ? Il est évident que la grande bourgeoisie fait tout pour faire élire Macron en tant qu’alternative « ni droite, ni gauche », répondant au discrédit des partis qui ont dirigés la France pendant des décennies. Le Front National pourrait être renforcé par une partie des partisans de Fillon si celui-ci est évincé au premier tour. Dans le cas où Le Pen devancerait Macron, les idéologues de la bourgeoisie et les paniquards petits-bourgeois vont refaire sonner les trompettes du « vote utile » pour tromper le prolétariat une fois de plus.

De la droite au PS, en passant par le centre et même des membres du soi-disant P« C »F, Macron reçoit des soutiens francs. Ceci est un fait qui démontre comment les lignes des différents courants de la démocratie bourgeoise s’entrecroisent pour défendre le même but : le maintient de la domination des monopoles capitalistes sur l’ensemble de la société.

Quant au reste de la social-démocratie qui croit toujours à une « union de la gauche » : union du PS, des Verts et de Mélenchon jusqu’au P« C »F ! L’union pathétique qu’ils prônent n’est qu’une politique de collaboration de classe pour défendre un chimérique capitalisme « de gauche ».

L’Etat français tente aujourd’hui de défendre ses intérêts impérialistes dans la concurrence capitaliste mondiale. C’est ce fait inhérent au système impérialiste qui est à l’origine des guerres d’agressions qu’il mène contre les peuples du monde et de la politique de destruction des droits sociaux conquis par le prolétariat de France. C’est ainsi qu’une terrible guerre économique frappe le prolétariat par les fermetures d’entreprises, les délocalisations, la spéculation, la baisse des salaires etc. Mais il est évident qu’aucunes guerres, aucunes réformes de la bourgeoisie ne pourra freiner la prochaine grande crise capitaliste.

Les masses populaires agissent et s’organisent !

Il existe un fort courant qui veut poursuivre la lutte contre la loi Travail, contre la répression, contre cette mascarade électorale. La marche du 19 mars contre le racisme et les violences policières ; les multiples grèves et protestations dans les entreprises ; l’appel à un rassemblement populaire le 22 avril place de la République en sont quelques exemples. Il existe dans les quartiers populaires des mobilisations et des révoltes qui n’ont pas encore montrées tout leur potentiel. L’heure est à la convergence politique entre les différents courants du mouvement populaire ! Dans cette situation, les communistes doivent montrer l’exemple des mouvements dont ils sont les héritiers : La Commune de Paris de 1871, la Révolution d’Octobre et la Révolution culturelle en Chine.

Car remettre en question le parlementarisme bourgeois ne peut pas se réduire à la critique. Cette remise en question commence là où les masses s’organisent sur leurs lieux de travail et de vie, y débattent, y prennent des résolutions sur l’ordre social qu’elles souhaitent établir. Dans les mobilisations contre la répression anti-ouvrière, dans les assemblées qui ont eu lieux dans quelques cités populaires et celles du mouvement Nuit Debout, on a vu, et on va continuer  à voir ce genre d’exemple qui ne demande qu’à s’étendre, et à prendre un caractère, non seulement de contestations, mais de décisions politiques.

Unir pour reconstruire

Aujourd’hui des cercles communistes révolutionnaires s’unissent pour contribuer à la création d’un véritable parti du prolétariat en France. Cette tache de conquérir l’indépendance politique du prolétariat face aux partis bourgeois qui tentent de le maintenir sous son influence est une priorité. La lutte contre le capitalisme commence par cette nécessité, la création d’un parti dont les buts fondamentaux sont la destruction du capitalisme et l’instauration du socialisme.

Unité des Cercles Communistes

CONTACT : uniccom@tutanota.com

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Nous relayons un texte de l’Organisation Communiste de France sur les raisons de boycotter  les élections et les illusions de la démocratie représentative en régime capitaliste

http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/elections-francaises-on-ne-vote-pas/


ÉLECTIONS FRANÇAISES – ON NE VOTE PAS !
Par   Organisation Communiste de France. Le 4.03.2017

Le choix du « meilleur » serviteur par et pour le capital.


Avril 2017, les français sont appelés à élire un président. Cette nouvelle élection revêt, cette année, un caractère exceptionnel. Depuis des dizaines d’années, tout ronronnait. Gauche – droite –l’alternance était bien réglée. A tour de rôle la bourgeoisie choisissait son employé. Giscard,Mitterrand, Chirac, Sarkosy, Hollande.
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Nous disons bien « la bourgeoisie choisissait ». En effet depuis 1789, et l’instauration chaotique de la forme républicaine de l’Etat, seuls les possédants (soit de la terre, soit des usines, soit de labanque) ont décidé qui devait représenter leurs intérêts à la tête de cette machine à réprimer et
tromper qu’est l’Etat.
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Au début cela était évident pour tous. Le suffrage n’était pas universel (la bourgeoisie est prudente et n’accorde des « droits » qu’en fonction de circonstances précises) et le résultat des élections apparaissait pour ce qu’il était : une mascarade de démocratie. Puis vint le « suffrage universel » (1944).

La bourgeoisie (Bouygues, Bolloré, Dassault, Pinault …) maitrisant tous les médias de masses : journaux, télévision, radios… n’avait plus de problème pour « fabriquer l’opinion ». Et sa grande force fut de convaincre idéologiquement la grande masse de la population que : voter était l’essence même de la démocratie. Cette mortelle illusion reçut le concours et l’approbation des partis de« gauche ». Socialistes et communistes participèrent au « jeu », y gagnant, pour un temps, quelques postes et fonctions. Aujourd’hui encore on entend ces mots « des gens sont morts pour le droit de vote », mais que l’on cherche dans l’histoire QUI est mort pour jeter un bulletin dans une urne … Des gens sont morts
pour la liberté, contre l’esclavagisme, pour le droit de grève, pour des conquêtes et des idéaux bien précis. Pas pour que leurs maîtres leur donnent de temps à autre le « droit » de choisir des employés au service des banques ou des industriels.
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Mais revenons à 2017. La bourgeoisie française (impérialiste : c’est à dire qui ne se limite à exploiter des gens sur le sol national) a mis du temps à choisir son représentant. Il y avait beaucoup de prétendants, mais ne devient pas « employé en chef » (Président) qui veut. Il faut que la bourgeoisie, ces gens qu’on ne voit que très peu et que les anglo-saxons appellent le « deep state » (l’Etat profond), DESIGNE son candidat. La bourgeoisie ne doit pas agir à l’aveuglette et en tout cas elle doit fixer son choix – EN FONCTION DU CONTEXTE – sur celui et ou celle qui semble le (la) plus apte à serrer la vis en évitant la révolte.

La particularité des élections 2017.
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Depuis les années Pompidou, (qui correspondent à la période ou Nixon, Président des U$A a désindexé le cours du dollar papier par rapport à celui de l’or physique) jamais la crise du capitalisme n’avait atteint cette ampleur. Ce qu’on appelle mondialisation – qui n’est que le verbiage petit-bourgeois qui permet d’éviter de nommer l’impérialisme tel qu’il fut analysé et défini par Lénine – a fait exploser les états-nations, et modifié considérablement la répartition du capital dans le monde entier. Les usines délocalisées de l’Europe vers l’Asie, ce qui signifia, plus concrètement, des millions de chômeurs ici et des millions de nouveaux prolétaires pauvres arrachés à la paysannerie, là-bas ; cette « mondialisation » donc impose de nouvelles règles du jeu entre les prolétaires producteurs et la classe bourgeoise. Détruire des emplois ici (créer des chômeurs) et fabriquer des pauvres là-bas pose un problème. Sur le court terme la bourgeoisie fait du bénéfice, mais aussi et surtout à moyen et long terme : qui va acheter et avec quel argent cette masse de produits destinés à être … vendus ? (voir K. Marx : Baisse tendancielle du taux de profit).
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Depuis plusieurs années nous en sommes à ce point. Jusqu’à présent la bourgeoisie avait laissé une certaine latitude à ses employés de premier rang (Présidents). Il faut dire qu’ils firent parfaitement leur « travail ». Sarkosy puis Hollande, avec la complicité des syndicats et des partis de « gauche » ont réussi en quelques années à faire passer un ensemble de lois qui ont détruit ce qui avait fondé les rapports entre classes dans la période dite des « trente glorieuses ». Retraites, sécurité sociale, salaires, droit du travail (Lois sur l’ANI, El Khomri), lois liberticides sur la liberté d’expression, état d’urgence ….. Mais, rien n’y fait, la crise ne fait que s’aggraver. Alors que faire ?

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La politique de la classe bourgeoise doit désormais être prise en mains (comme en 1969-1974 avec Pompidou) par un employé DIRECT du capital. La bourgeoisie a besoin d’un homme fidèle, sorti de son sérail et qu’elle a introduit grâce à Hollande dans l’appareil de l’Etat (ministre de finances) : Macron.
Comme Pompidou il sort de chez Rothschild, mais qu’importe pour Hollande. Hollande n’est pas là pour réfléchir mais pour obéir ! Et puis c’est oublier qu’Henri Emmanuelli, aujourd’hui à la gauche du PS, a lui aussi passé neuf ans à la Compagnie financière Edmond de Rothschild. « J’étais directeur adjoint, salarié, lui associé gérant. La paye n’est pas la même », se défend le député des Landes.
Le soir même de sa nomination, Manuel Valls avait tenté de couper court aux polémiques : « Il y a des années qu’on crève de débats idéologiques et d’étiquettes surannées. » En écho, Jean-Christophe Cambadélis, rue de Solférino, insiste : « Comme tous les symboles, celui de la banque Rothschild doit être dépassé. ». Donc : qui se ressemble s’assemble et Rothschild et un symbole !


La bourgeoisie a désormais besoin d’un contrôle direct sur l’Etat. Elle a trouvé son employé rêvé.
 Mais beaucoup d’autres se poussent au portillon. Fillon, Mélenchon, Hamon et pleins d’autres, verts rouges, bleus ….. Alors il va falloir dégager le terrain. Les chéris d’hier ne font plus rêver dans les chaumières et la bourgeoisie le sait. Sarkosy, Juppé, et la clique sont discrédités, et ils puent la corruption et le mensonge. Fillon avance, naïf et sûr de lui et, vlan !, la presse révèle un politicien comme les autres (qui a donné les informations ?). Malgré tout Fillon s’accroche encore (à heure où nous écrivons !). Cet homme qui fut le larbin de Sarkosy croit vraiment qu’il est autre chose qu’un pion, mais ce n’est qu’un employé il est viré par ses maîtres. Pas d’hommes providentiels pour la bourgeoisie REELLE !
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Hamon et les socialistes pensent ils eux aussi que les licenciés d’Alsthom ou de Caterpillar, les matraqués de Notre Dame des Landes ou du barrage Sivens les ont oublié ? Au demeurant nous savons bien que les sections socialistes basculent actuellement majoritairement chez Macron. Car, la cause est perdue, alors si on eut encore avoir des postes aux législatives, autant aller du coté où le vent de l’opportunisme souffle.
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Mélenchon, ce vieux routier de la politique. Trotskyste en 1970, sénateur en 1986, membre de plusieurs cabinets ministériels. Sans lui et les voix raclées aux « indécis », Hollande ne serait pas passé en 2012 tellement le dégout du PS était déjà grand. Mais Mélenchon joue le tribun d’extrême gauche, le rempart contre l’extrême droite. Mélenchon séduit les anciens « soixante huit tards », devenus petits bourgeois et qui sont dans l’émotion. Aucun danger pour la bourgeoisie ! Au deuxième tour : faire barrage à l’extrême droite (avec l’option : sans consigne de vote). On se rappelle le coup fantastique de 2002 ou toute la « gauche » a voté pour …… Chirac ! (Merci Jospin, celui-là même qui avait pour ministre de l’enseignement … Mélenchon.).
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Et puis il y a le cortège des idiots utiles qui, quelques soient leurs « programmes » laissent planer l’idée que « voter c’est peser », que participer à cette farce c’est ça la «démocratie»!
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Et Le Pen ? Tout a été fait depuis des années pour recycler les idées de l’extrême droite. Peu à peu le FN a gravi les échelons. L’électorat est populaire nous dit-on. Oui dans beaucoup de secteur c’est la vérité (Nord). Mais comment cela se peut-il ? Comment nait l’extrême droite ? Nous le savons parfaitement. Il faut d’abord liquider tout idéal révolutionnaire dans la tête des gens (et en Allemagne des années 20-30 ce fut même l’assassinat pur et simple des dirigeants syndicaux et politiques par le socialistes !) – Dès lors que le parti dit communiste a choisi la voie électorale (années 50), dès lors qu’il abandonna les quartiers et ses habitants peu à peu isolés et marginalisés, dès lors que les
ouvriers furent écrasés par la destruction des outils de production (mines, aciéries, industrie lourde –
Dans le Nord, espérance de vie 58 ans, revenu moyen 800 euros/mois !) et bien le terrain fut près pour le travail (efficace) de l’extrême droite et des religieux. Dans d’autres zones, c’est sur d’autres couches déclassées de la petite bourgeoisie que le FN fait son beurre (anciens pieds noirs, commerçants ou artisans conduits à la faillite). Et tout cela ça fait beaucoup de monde, électoralement parlant.
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Qui la Bourgeoisie va-t-elle choisir au final ?

Macron semble bénéficier de tous les atouts. La presse lui est tout entière acquise. Tous les bobos, tous ceux qu’ont fait saliver au seul nom de Le Pen seront
présents au deuxième tour pour le soutenir (comme en 2002). Mais tout cela fait-il vraiment un choix ? Macron ou Le Pen ? la crise doit être gérée au mieux ! Dans ce suffrage universel il y a toujours une courte incertitude. Qui que ce soit qui accède au poste envié de premier larbin de France (Président) il (ou elle) devra se soumettre aux diktats de la
bourgeoisie.

Si c’est Macron ce sera tout de suite, si c’est Le Pen au bout de quelques mois, tout rentrera dans l’ordre (capitaliste). L’intérêt du Capital est actuellement en grand danger et les amateurs ou les politicards classiques ont fait leur temps. Les capitalistes ne vont pas faire dans la dentelle. Macron ou Le Pen seront des exécutants.

Qu’on ne nous demande pas de choisir qui va nous tondre !

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OCF – 4 Mars 2017.

Vers un nouveau mouvement communiste

Pour les socialistes ou les communistes ''vulgaires'' l’État bourgeois actuel convient parfaitement. Pire ils veulent le gonfler en étatisant (nationalisant) plus ou moins l’économie et la société, ce qui serait, selon eux, restreindre, voire abolir, la domination du capital ! Certains osent affirmer qu’avec eux au pouvoir, c’est le peuple qui est au pouvoir !

Il n'y a qu'à voir et entendre tous les politiciens clamer, la main sur le cœur, leur attachement à la République et à ses principes républicains qui seraient, selon eux, garants de la "démocratie" et du respect du citoyen.

Le comble pour eux serait de ne pas voter (on voit bien leur crainte du taux d'abstention record).

Mais la parade, pour la bourgeoisie en difficulté, est de céder la place à tous ceux, notamment ceux des extrémismes étatiques (donc bourgeois) type FN ou PG en France, qui prétendent pouvoir établir un «bon capitalisme », au service du tous que serait la Nation, ou, mieux encore, de « l’humain » en général. Ce ne sont que des charlatans, des bonimenteurs. Mais cela fait des décennies que les prolétaires sont appelés aux urnes avec les promesses de changements. Ma sœur Anne, ne vois tu rien venir ?

Des prémisses de mouvements populaires qui échouent, des émeutes dans les banlieues ou des manifestations de colères sans lendemains foisonnent un peu partout.

Dans les pays de la périphérie, la férocité des régimes en place se renforce alors que dans le même temps la concurrence internationale rend ces régimes insolvables par épuisement de leurs ressources (1).

Caractéristiques du capitalisme contemporain

L’avenir des prolétaires et des peuples dans le capitalisme est celui d’une dégradation sur tous les plans de leurs conditions de travail et de vie. Cela beaucoup le vivent déjà, et les autres le craignent. Mais ce qui est important pour la riposte à apporter, c’est de comprendre que ce sont des phénomènes absolument inhérents à la réalité du capitalisme contemporain. De comprendre, donc, que la possibilité d’un choix réformiste n’existe plus, les fondements matériels en étant devenus inexistants. Sauf à appeler réforme, comme le font les idéologues du capital, ces dégradations en cours : des réformes réactionnaires (au sens propre du terme : retour en arrière).

Le mouvement réformiste traditionnel (« la gauche ») est condamné à des échecs certains dans sa prétention à améliorer le sort des couches populaires.

Le seul avenir « humain » pour les prolétaires se trouve dans ce fait : en même temps que disparaissent, et définitivement dans cette époque de la sénilité du capital, les bases matérielles du réformisme de gauche, mûrissent celles du communisme. Ce qui est une grande nouveauté historique.

Au-delà des multiples différences selon les pays, si les prolétaires sont toujours obligés de lutter pour assurer leur survie quotidienne contre « les empiètements du capital » comme le disait Marx, cette lutte se heurte à l’impossibilité pour le capital de se reproduire sans devoir accroître terriblement ces empiétements, dégrader toujours davantage leur situation. La lutte réformiste traditionnelle, tant dans ses formes que dans ses objectifs, ne peut aujourd’hui, au mieux, que freiner quelque peu, et momentanément, le développement de cette contrainte, pas en inverser la tendance. Les luttes prolétaires échouent quasi immanquablement si elles restent sur le vieux terrain réformiste d’une croissance de l’accumulation du capital accompagnée d’un « juste partage » des richesses.

Par contre, nourries de l’expérience et de la compréhension des causes de ces échecs, elles s’élèvent au niveau d’une lutte de classe révolutionnaire contre l’État, cet organisateur armé de l’existence, de la reproduction du capital, de plus en plus despotique et violent à l’époque de sa sénilité.

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En quoi les luttes peuvent-elles mûrir sur le terreau des échecs passés ?

La caractéristique du capitalisme contemporain est que la valorisation du capital, son existence qui est d'être « valeur se valorisant » est devenue chroniquement difficile.

On en connaît la cause puisqu'elle est inhérente à son développement. La contradiction la plus essentielle à laquelle il doit faire face est qu'à force d'augmenter la productivité par l'automatisation de la production, il finit par saper la base même de cette valorisation, c'est à dire la quantité de travail social qu'il emploie (moins d'ouvriers mais plus de chercheurs et de techniciens. Dans le monde le nombre de scientifiques et ingénieurs est passé de 0,4 millions en 1950 à 4,1 millions en 1990.)

Il est évident que, lorsque la mécanisation aboutit à réduire les coûts salariaux globaux à environ 10% des coûts de production, elle réduit dans le même temps la quantité de plus-value.

Mais diminue aussi la consommation en bien courants comme en moyens de production, ce qui pénalise la réalisation de la plus value par la réduction des ventes et par la baisse des prix que stimule une concurrence accrue pour vendre.

Les "cures d'austérité" infligées aux peuples ne sont qu'un retour aux débuts du capitalisme car les capitalistes n'ont pas d'autres moyens que d'extraire brutalement la plus value sous sa forme absolue (augmentation de la durée du travail, acharnement décuplé par la crise à ne payer que le temps travaillé par la "chasse aux temps morts", généralisation de la précarité et baisses des revenus des prolétaires ainsi que la destruction systématique du droit du travail). Et de plus le travailleurs jadis salarié se retrouve "indépendant" (auto-entrepreneur) soumis tout entier aux lois du capital, obligé d'aligner des semaines de travail pour un maigre revenu, sans protection sociale.

Le problème c'est que, pour les fonctionnaires du capital, les politiques d'austérité ne feront nullement repartir, durablement, l'accumulation du capital.

Du fait de l'évanescence de la valeur et donc de la valorisation, cette crise ne peut que s'aggraver et corrélativement, se développe l'antagonisme de classe dans toute sa radicalité révolutionnaire.

Ensuite la mondialisation libérale (avec ses délocalisations) entraîne une aggravation des conditions de vie des prolétaires des pays développés. Comme ceux du monde entier, ils sont soumis à la domination des mêmes multinationales et de leurs propriétaires (qu'ils soient actifs ou passifs, financiers ou autres).

C'est une base objective pour le développement de l'unité mondiale des prolétaires dans une lutte commune contre le capital mondialisé. Bien sûr la concurrence entre les salaires des unes et des autres génère une désunion - du moins tant qu'ils luttent uniquement pour leurs salaires.

La mondialisation impérialiste s’est elle aussi affaiblie. Les affaires se font plus difficiles dans les pays dits « émergents » (tels lesdits BRICS donnés comme exemple de croissance dans la prose médiatique), qui sont eux aussi frappés par la crise.

Pour ne prendre que l’exemple de la Chine ( tant vantée et classée deuxième économie mondiale) ce n’est pas seulement que les exportations, sur lesquelles s’appuyait sa croissance, se heurtent aux politiques d’austérité généralisées  pour les peuples, c’est aussi que s’y épuisent les gains de productivité, d’autant plus que le capital s’y heurte à une résistance accrue des prolétaires.

En Chine, déjà en 2010, « la productivité globale des facteurs (PGF) aurait même tendance à diminuer de près de 0,5 % par an ». Comme ailleurs la croissance apparente y repose de plus en plus sur un recours ultra-massif au crédit : la dette cumulée y atteint 220 % du PIB à fin 2013 contre 130 % cinq années auparavant. D’où une masse de capital fictif s’accumulant en bulles.

Ce n’est donc plus de la mondialisation que le capital mondialisé peut espérer le retour d’une croissance même faible. Observons aussi que, depuis la fin du système colonial, les impérialistes doivent partager le butin avec les cliques bourgeoises et militaires prédatrices qui ont pris le pouvoir politique dans les anciennes colonies et s’approprient une partie, qu’elles cherchent toujours à accroître (cf. l’exemple célèbre des deux « chocs » pétroliers des années 70), des rentes minières et de la plus-value tirée de l’exploitation de ces populations par les multinationales industrielles et de l’agroalimentaire.

L'effondrement des organisations réformistes (de gauche) est la troisième caractéristique du capitalisme contemporain.

Ainsi les mouvements prolétaires du xxe siècle se sont développés dans les pays aux forces productives peu développées, à faible productivité, telles la Russie et la Chine. La « pénurie » fut une cause objective essentielle de l’échec du processus révolutionnaire qui y avait été commencé.

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Dans les pays les plus développés, « l’abondance » matérielle a d’abord été un facteur pour que la bourgeoisie puisse stimuler le réformisme qui était l’idéologie spontanément dominante chez la majorité des prolétaires.

L’intérêt de rappeler ces circonstances historiques spécifiques est de comprendre que d’autres circonstances produiront d’autres effets.

Or justement, la crise actuelle révèle que nous entrons dans l’époque du déclin inéluctable et insurmontable de ces fondements matériels de la domination du vieux réformisme sur les prolétaires.

Son effondrement, même s'il n'est pas encore sa disparition, laisse pour le moment place à un grand désarroi, une espèce de vide. La domination de l’idéologie bourgeoise subsiste sur la base des fétichismes découlant des rapports de production et d’échanges propres au capitalisme et prend alors principalement des formes « extrémistes » néo-fascistes, désespérées et morbides (et non pas la forme « démocratique » du réformisme traditionnel).

Mais la situation n'est plus celle d'autrefois, où le capital pouvait se reproduire.

Des perspectives nouvelles engendrées par la crise sénile du capitalisme peuvent nous permettre d'affirmer que l'abolition des rapports de production capitalistes est possible.

Diminution de la quantité de travail social employé

Il semble  manifeste que le capital a atteint les limites de son développement et ouvre la perspective de l'abolition du travail contraint aliéné et tout particulièrement le travail prolétaire.

Bien sûr les capitalistes tentent par tous les moyens, au prix de la destruction de la planète, de relancer le processus de la valorisation, mais c'est en vain. Leurs remèdes ne font qu'aggraver le mal (que ce soit par la violence ou par l'augmentation du crédit (2).

Or la diminution drastique de la quantité de travail qu'emploie le capital génère du temps libre. C'est une condition essentielle au succès du processus révolutionnaire. Très important dans les pays développés (mais chômé, précarisé) il pourrait être aussi créé par la disparition des activités rendues inutiles après une révolution politique victorieuse (par exemple dans les domaines publicitaire et de marketing). Dans les multiples productions gaspilleuses et néfastes (luxe et armement). Il y a aussi toutes ces fonctions qui deviendront caduques telles que la police et les militaires.

Mais d’un usage intelligent de ce temps libre, la maîtrise de l'autoproduction de la vie quotidienne par les individus viendra la réussite du processus révolutionnaire.

Autrefois il s'agissait d'une revendication d'égalité de la peine et de la pénurie, qui ne supprimait rien de la condition de prolétaire, ni n'augmentait les richesses sociales.

Dans les conditions d'aujourd'hui, le temps libre est un facteur de suppression de la condition de prolétaire. Le rapport salarial s'étiole et disparaît pour la masse croissante des exclus. Ils n'ont plus rein à perdre, pas même la possibilité de vendre leur seul bien, leur force de travail.

En même temps, les prolétaires supportent de moins en moins un travail que le capitaliste rend plus intense et plus abjecte que jamais. Aussi comme la quantité globale de travail diminue, travail intense pour les uns, précarité, temps partiels, chômage pour les autres, cette évolution, inexorable, exacerbe l’antagonisme entre les classes.

Cependant l'idéologie étatiste subsiste au sein du prolétariat, tant qu'elle n'est pas combattue (protectionnisme, emplois, salaires défendus par la Nation) et elle ne l’est que très peu.

Il est donc important de montrer que la crise capitaliste offre objectivement des conditions pour abolir le système devenu sénile et le remplacer par le Communisme.

L’expérience de la mondialisation montre que la lutte anti impérialiste ne peut plus être nationaliste. Elle ne peut être que la lutte contre le capital, en premier lieu : lutte contre sa propre bourgeoisie.

Autrement dit notre libération passe par celle des autres nations. Le développement du temps libre par une définition nouvelle des activités humaines et par ce simple mot d'ordre :

"TRAVAILLER TOUS, MOINS ET AUTREMENT".

Pierre Lehoux - février 2017

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(1) 200000 milliards de dollars, c'est le montant total des dettes publiques et privées sur l'ensemble de la planète à la fin 2015, d'après les calculs du McKinsey Global Institute.. En 2005, elle était seulement de 26 000 milliards. En une décennie, la dette publique mondiale a donc plus que doublé. Si l'on ajoute les dettes privées, la dette mondiale atteint même les 100 000 milliards de dollars selon une étude publiée récemment par la Banque des règlements internationaux. A titre de comparaison, le PIB mondiale en 2013 était de 74 000 milliards…. Le système repose sur l'idée que l'endettement va engendrer plus de croissance et que, au final, un retour de l'inflation permettra d'effacer les ardoises, comme dans les Trente Glorieuses. Sauf que le système productif est déflationniste. Si les taux d'intérêt nominaux sont bas, ils sont en termes réels, c'est-à-dire hors inflation, relativement élevés. En attendant, la BCE continue de se gorger de titres publics et privés, maintenant artificiellement la solvabilité. "Elle achète chaque mois pour 8 à 9 milliards d'euros d'obligations publiques françaises, soit virtuellement la moitié des émissions du Trésor français.

(2) l'emballement de la planche à billet ne créer aucune valeur. Un des principaux buts de la planche à billets est le rachat de la dette publique des États surendettés. Mais elle entraîne apparition de bulles spéculatives et une inflation qui impacte in fine les pauvres et les épargnants, tout en rendant plus facile l'endettement public ou privé (donc accroît la quantité de liquidité déjà en trop grand nombre).