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Archives Mensuelles: octobre 2017

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Le récent référendum sur l’indépendance de la Catalogne a suscité un regain de déclarations enthousiastes de la part des organisations qui se revendiquent révolutionnaires et se réclament du marxisme, malheureusement la plupart d’entre elles sont sur des positions erronées de soutien à la bourgeoisie nationaliste catalane, ce qui démontre encore une fois leur incompréhension du marxisme et de la question nationale.

Nous relayons deux prises de positions d’organisations révolutionnaires de l’état espagnol qui nous paraissent justes du point de vue marxiste bien qu’elles émanent d’organisations opposées sur l’échiquier communiste (comme quoi il ne faut pas se désespérer à propos du monde militant)


Résumé très succinct en français des thèses d’inter-rétroactivement sur le référendum catalan, par Pantopolis : http://pantopolis.over-blog.com/2017/09/a-propos-du-referendum-catalan-interpretation-et-orientation-marxiste-iner-rev.foroactivo.com-espagne.html

Référendum catalan: basta ya!         Lutte de classe internationaliste, !

L’aspect politique idéologique sous lequel se présente ce référendum d’indépendance est une compétition entre deux nationalismes: espagnol et catalan. Ce sont deux poisons utilisés contre le prolétariat et la révolution sociale internationale…

Chaque faction bourgeoise essaie de pêcher dans le réseau nationaliste populaire et démocratique le plus grand nombre possible de prolétaires et d’éléments critiques de la société…

Quelle que soit leur position, toutes les forces en présence dans ces deux projets nationalistes font partie du camp ennemi du prolétariat, de ceux qui soutiennent et profitent sans vergogne de son exploitation…

l’État catalan… fait depuis longtemps partie d’un cadre économique capitaliste…. Les conflits actuels entre l’État espagnol et l’État catalan sont le produit des contradictions grandissantes entre fractions de la classe dirigeante … dans un schéma historique communément qualifié de «mondialisation»: une intense internationalisation du capitalisme, limitant les mouvements et capacités spécifiques du capital à l’échelle nationale et locale.

Pour la classe ouvrière, s’inféoder au nationalisme espagnol et/ou catalan est contre-révolutionnaire et réactionnaire… surtout dans les conditions d’internationalisation capitaliste. Un nouvel état catalan indépendant ne profitera qu’au seul capital catalan et ne fragilisera en aucun cas pas les formes essentielles de l’impérialisme capitaliste en ce qui concerne la classe ouvrière. Il s’agit de déterminer la part respective revenant à chaque fraction nationale du capital; il s’agit aussi de la capacité de chacune à former des alliances capitalistes dans le cadre d’une concurrence internationalisée…

Dans le mode de fonctionnement actuel du Capital, la classe dominante espagnole et catalane participe au processus d’accumulation capitaliste et de domination bourgeoise sur le travail salarié. Ce qui est en jeu, c’est fondamentalement la question de la quotité de pouvoir respectif ainsi que celle de la répartition du surplus de main-d’œuvre excédentaire.

La bourgeoisie catalane, si elle obtient son indépendance, veut laisser tomber la «partie économique», et donc le prix à payer pour ses responsabilités dans la domination conjointe catalano-espagnole du prolétariat d’Espagne. La bourgeoisie catalane veut utiliser «ses» propres ressources – qu’elle a amassées sur le dos des prolétaires – pour «ses» propres projets économiques dans le domaine des infrastructures, de la Recherche-Développement, des finances, etc. Elle veut avoir une plus grande capacité à gérer la partie visible et invisible du gâteau capitaliste face au «pouvoir madrilène» qu’il soit celui du Parti populaire ou du PSOE (et ajouterons-nous celui de Podemos s’il venait au pouvoir), jugé plus «corrompus» qu’elle… Elle veut disposer de plus de cordages et de solides nœuds coulants pour exercer librement le «dumping social» dans le domaine des relations inter-capitalistes, un monde de compétition sans pitié pour les capitaux les moins compétitifs et surtout les exploités, toujours plus pressurés et appauvris.

Pour le prolétariat il n’y a rien de positif à attendre de ce référendum ! Prolétaire! Tu ne dois soutenir ni l’un ni l’autre de ces nationalismes, espagnol ou catalan!


Ci-dessous l’analyse proposée en juin dernier par nos camarades de « Comunistas catalanes », du Parti Communiste des Peuples d’Espagne, au sujet du référendum organisé en Catalogne :

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http://www.pcrf-ic.fr/Referendum-en-Catalogne-la-position-du-PCPE

Référendum en Catalogne : la position du PCPE

Le Président de la Generalitat (Gouvernement autonome catalan, NDT) a concrétisé la date et la question du référendum sur l’indépendance de la Catalogne.

Face à ceci, nous exprimons nos réserves :

1. La classe ouvrière ne tire aucun profit du débat sur le type de gestion capitaliste ni sur les cadres dans lesquels celle-ci est structurée. Ce sont les différentes couches de la bourgeoisie qui, dans leur lutte permanente pour la répartition des fruits de notre travail, ont un intérêt dans cette bataille. Malheureusement, le manque de conscience et d’organisation de notre classe amène celle-ci à adopter des positions étrangères à leurs intérêts, qu’elles soient indépendantistes ou anti-indépendantistes. Aucune de ces deux options ne représente un futur souhaitable pour notre classe. Notre chemin est celui de l’indépendance de la classe ouvrière.

2. Ce référendum, avec des garanties et la possibilité d’appliquer le résultat, ne se produira pas. La recherche de recoins légaux pour réaliser le référendum est basée sur une illusion, celle qu’on vit dans un État démocratique où opère la séparation de pouvoirs. En réalité, nous vivons dans un État qui est l’outil de domination d’un bloc oligarchique-bourgeois et qui manient le monopole de la violence pour s’assurer ses intérêts. Les intérêts de cette oligarchie parasitaire ne passent pas par le support du processus indépendantiste, donc le processus est voué à l’échec, si cette classe n’est pas dégagée du pouvoir.

3. La recherche d’alliés internationaux pour atteindre l’objectif indépendantiste va contre la réalité. L’Espagne est un fidèle soutien des États au sommet de la chaîne impérialiste, contribuant à stabiliser des alliances interétatiques comme l’UE ou l’OTAN. Aucun de ces États n’est intéressé par l’affaiblissement et la rupture de l’Espagne. Il n’existe donc aucune base matérielle du support des principaux pays occidentaux au processus indépendantiste.

4. Les principales forces gouvernementales (Parti Populaire au gouvernement central et Junts pel Sí – Ensemble pour le oui en catalan, NDT – en Catalogne) ont un grand intérêt à maintenir vive la confrontation en termes nationaux, facilitant ainsi sa gestion et la paix sociale. Il est ainsi empêché que la classe ouvrière s’organise et lutte pour ses principales préoccupations comme le chômage, la précarité, la disparition des négociations collectives, les baisses des budget des services sociaux, etc.

5. Nous sommes alors dans un processus qui n’a aucune possibilité de triompher, mais qui est vivant grâce à son utilité. Communistes Catalans – PCPE appelle la classe ouvrière à ne pas lutter sous un drapeau étranger à elle, ni pour la cause indépendantiste ni, encore moins, contre elle. La seule voie que l’oligarchie nous montre pour appliquer le droit à l’autodétermination du peuple de Catalogne passe par l’unité de notre classe avec celle du reste de l’État pour abattre le pouvoir établi.

Notre chemin est celui de l’indépendance de la classe ouvrière !

Comunistas Catalanes – PCPE

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