Vers un nouveau mouvement communiste

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Vers un nouveau mouvement communiste

Pour les socialistes ou les communistes  »vulgaires » l’État bourgeois actuel convient parfaitement. Pire ils veulent le gonfler en étatisant (nationalisant) plus ou moins l’économie et la société, ce qui serait, selon eux, restreindre, voire abolir, la domination du capital ! Certains osent affirmer qu’avec eux au pouvoir, c’est le peuple qui est au pouvoir !

Il n’y a qu’à voir et entendre tous les politiciens clamer, la main sur le cœur, leur attachement à la République et à ses principes républicains qui seraient, selon eux, garants de la « démocratie » et du respect du citoyen.

Le comble pour eux serait de ne pas voter (on voit bien leur crainte du taux d’abstention record).

Mais la parade, pour la bourgeoisie en difficulté, est de céder la place à tous ceux, notamment ceux des extrémismes étatiques (donc bourgeois) type FN ou PG en France, qui prétendent pouvoir établir un «bon capitalisme », au service du tous que serait la Nation, ou, mieux encore, de « l’humain » en général. Ce ne sont que des charlatans, des bonimenteurs. Mais cela fait des décennies que les prolétaires sont appelés aux urnes avec les promesses de changements. Ma sœur Anne, ne vois tu rien venir ?

Des prémisses de mouvements populaires qui échouent, des émeutes dans les banlieues ou des manifestations de colères sans lendemains foisonnent un peu partout.

Dans les pays de la périphérie, la férocité des régimes en place se renforce alors que dans le même temps la concurrence internationale rend ces régimes insolvables par épuisement de leurs ressources (1).

Caractéristiques du capitalisme contemporain

L’avenir des prolétaires et des peuples dans le capitalisme est celui d’une dégradation sur tous les plans de leurs conditions de travail et de vie. Cela beaucoup le vivent déjà, et les autres le craignent. Mais ce qui est important pour la riposte à apporter, c’est de comprendre que ce sont des phénomènes absolument inhérents à la réalité du capitalisme contemporain. De comprendre, donc, que la possibilité d’un choix réformiste n’existe plus, les fondements matériels en étant devenus inexistants. Sauf à appeler réforme, comme le font les idéologues du capital, ces dégradations en cours : des réformes réactionnaires (au sens propre du terme : retour en arrière).

Le mouvement réformiste traditionnel (« la gauche ») est condamné à des échecs certains dans sa prétention à améliorer le sort des couches populaires.

Le seul avenir « humain » pour les prolétaires se trouve dans ce fait : en même temps que disparaissent, et définitivement dans cette époque de la sénilité du capital, les bases matérielles du réformisme de gauche, mûrissent celles du communisme. Ce qui est une grande nouveauté historique.

Au-delà des multiples différences selon les pays, si les prolétaires sont toujours obligés de lutter pour assurer leur survie quotidienne contre « les empiètements du capital » comme le disait Marx, cette lutte se heurte à l’impossibilité pour le capital de se reproduire sans devoir accroître terriblement ces empiétements, dégrader toujours davantage leur situation. La lutte réformiste traditionnelle, tant dans ses formes que dans ses objectifs, ne peut aujourd’hui, au mieux, que freiner quelque peu, et momentanément, le développement de cette contrainte, pas en inverser la tendance. Les luttes prolétaires échouent quasi immanquablement si elles restent sur le vieux terrain réformiste d’une croissance de l’accumulation du capital accompagnée d’un « juste partage » des richesses.

Par contre, nourries de l’expérience et de la compréhension des causes de ces échecs, elles s’élèvent au niveau d’une lutte de classe révolutionnaire contre l’État, cet organisateur armé de l’existence, de la reproduction du capital, de plus en plus despotique et violent à l’époque de sa sénilité.

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En quoi les luttes peuvent-elles mûrir sur le terreau des échecs passés ?

La caractéristique du capitalisme contemporain est que la valorisation du capital, son existence qui est d’être « valeur se valorisant » est devenue chroniquement difficile.

On en connaît la cause puisqu’elle est inhérente à son développement. La contradiction la plus essentielle à laquelle il doit faire face est qu’à force d’augmenter la productivité par l’automatisation de la production, il finit par saper la base même de cette valorisation, c’est à dire la quantité de travail social qu’il emploie (moins d’ouvriers mais plus de chercheurs et de techniciens. Dans le monde le nombre de scientifiques et ingénieurs est passé de 0,4 millions en 1950 à 4,1 millions en 1990.)

Il est évident que, lorsque la mécanisation aboutit à réduire les coûts salariaux globaux à environ 10% des coûts de production, elle réduit dans le même temps la quantité de plus-value.

Mais diminue aussi la consommation en bien courants comme en moyens de production, ce qui pénalise la réalisation de la plus value par la réduction des ventes et par la baisse des prix que stimule une concurrence accrue pour vendre.

Les « cures d’austérité » infligées aux peuples ne sont qu’un retour aux débuts du capitalisme car les capitalistes n’ont pas d’autres moyens que d’extraire brutalement la plus value sous sa forme absolue (augmentation de la durée du travail, acharnement décuplé par la crise à ne payer que le temps travaillé par la « chasse aux temps morts », généralisation de la précarité et baisses des revenus des prolétaires ainsi que la destruction systématique du droit du travail). Et de plus le travailleurs jadis salarié se retrouve « indépendant » (auto-entrepreneur) soumis tout entier aux lois du capital, obligé d’aligner des semaines de travail pour un maigre revenu, sans protection sociale.

Le problème c’est que, pour les fonctionnaires du capital, les politiques d’austérité ne feront nullement repartir, durablement, l’accumulation du capital.

Du fait de l’évanescence de la valeur et donc de la valorisation, cette crise ne peut que s’aggraver et corrélativement, se développe l’antagonisme de classe dans toute sa radicalité révolutionnaire.

Ensuite la mondialisation libérale (avec ses délocalisations) entraîne une aggravation des conditions de vie des prolétaires des pays développés. Comme ceux du monde entier, ils sont soumis à la domination des mêmes multinationales et de leurs propriétaires (qu’ils soient actifs ou passifs, financiers ou autres).

C’est une base objective pour le développement de l’unité mondiale des prolétaires dans une lutte commune contre le capital mondialisé. Bien sûr la concurrence entre les salaires des unes et des autres génère une désunion – du moins tant qu’ils luttent uniquement pour leurs salaires.

La mondialisation impérialiste s’est elle aussi affaiblie. Les affaires se font plus difficiles dans les pays dits « émergents » (tels lesdits BRICS donnés comme exemple de croissance dans la prose médiatique), qui sont eux aussi frappés par la crise.

Pour ne prendre que l’exemple de la Chine ( tant vantée et classée deuxième économie mondiale) ce n’est pas seulement que les exportations, sur lesquelles s’appuyait sa croissance, se heurtent aux politiques d’austérité généralisées  pour les peuples, c’est aussi que s’y épuisent les gains de productivité, d’autant plus que le capital s’y heurte à une résistance accrue des prolétaires.

En Chine, déjà en 2010, « la productivité globale des facteurs (PGF) aurait même tendance à diminuer de près de 0,5 % par an ». Comme ailleurs la croissance apparente y repose de plus en plus sur un recours ultra-massif au crédit : la dette cumulée y atteint 220 % du PIB à fin 2013 contre 130 % cinq années auparavant. D’où une masse de capital fictif s’accumulant en bulles.

Ce n’est donc plus de la mondialisation que le capital mondialisé peut espérer le retour d’une croissance même faible. Observons aussi que, depuis la fin du système colonial, les impérialistes doivent partager le butin avec les cliques bourgeoises et militaires prédatrices qui ont pris le pouvoir politique dans les anciennes colonies et s’approprient une partie, qu’elles cherchent toujours à accroître (cf. l’exemple célèbre des deux « chocs » pétroliers des années 70), des rentes minières et de la plus-value tirée de l’exploitation de ces populations par les multinationales industrielles et de l’agroalimentaire.

L’effondrement des organisations réformistes (de gauche) est la troisième caractéristique du capitalisme contemporain.

Ainsi les mouvements prolétaires du xxe siècle se sont développés dans les pays aux forces productives peu développées, à faible productivité, telles la Russie et la Chine. La « pénurie » fut une cause objective essentielle de l’échec du processus révolutionnaire qui y avait été commencé.

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Dans les pays les plus développés, « l’abondance » matérielle a d’abord été un facteur pour que la bourgeoisie puisse stimuler le réformisme qui était l’idéologie spontanément dominante chez la majorité des prolétaires.

L’intérêt de rappeler ces circonstances historiques spécifiques est de comprendre que d’autres circonstances produiront d’autres effets.

Or justement, la crise actuelle révèle que nous entrons dans l’époque du déclin inéluctable et insurmontable de ces fondements matériels de la domination du vieux réformisme sur les prolétaires.

Son effondrement, même s’il n’est pas encore sa disparition, laisse pour le moment place à un grand désarroi, une espèce de vide. La domination de l’idéologie bourgeoise subsiste sur la base des fétichismes découlant des rapports de production et d’échanges propres au capitalisme et prend alors principalement des formes « extrémistes » néo-fascistes, désespérées et morbides (et non pas la forme « démocratique » du réformisme traditionnel).

Mais la situation n’est plus celle d’autrefois, où le capital pouvait se reproduire.

Des perspectives nouvelles engendrées par la crise sénile du capitalisme peuvent nous permettre d’affirmer que l’abolition des rapports de production capitalistes est possible.

Diminution de la quantité de travail social employé

Il semble  manifeste que le capital a atteint les limites de son développement et ouvre la perspective de l’abolition du travail contraint aliéné et tout particulièrement le travail prolétaire.

Bien sûr les capitalistes tentent par tous les moyens, au prix de la destruction de la planète, de relancer le processus de la valorisation, mais c’est en vain. Leurs remèdes ne font qu’aggraver le mal (que ce soit par la violence ou par l’augmentation du crédit (2).

Or la diminution drastique de la quantité de travail qu’emploie le capital génère du temps libre. C’est une condition essentielle au succès du processus révolutionnaire. Très important dans les pays développés (mais chômé, précarisé) il pourrait être aussi créé par la disparition des activités rendues inutiles après une révolution politique victorieuse (par exemple dans les domaines publicitaire et de marketing). Dans les multiples productions gaspilleuses et néfastes (luxe et armement). Il y a aussi toutes ces fonctions qui deviendront caduques telles que la police et les militaires.

Mais d’un usage intelligent de ce temps libre, la maîtrise de l’autoproduction de la vie quotidienne par les individus viendra la réussite du processus révolutionnaire.

Autrefois il s’agissait d’une revendication d’égalité de la peine et de la pénurie, qui ne supprimait rien de la condition de prolétaire, ni n’augmentait les richesses sociales.

Dans les conditions d’aujourd’hui, le temps libre est un facteur de suppression de la condition de prolétaire. Le rapport salarial s’étiole et disparaît pour la masse croissante des exclus. Ils n’ont plus rein à perdre, pas même la possibilité de vendre leur seul bien, leur force de travail.

En même temps, les prolétaires supportent de moins en moins un travail que le capitaliste rend plus intense et plus abjecte que jamais. Aussi comme la quantité globale de travail diminue, travail intense pour les uns, précarité, temps partiels, chômage pour les autres, cette évolution, inexorable, exacerbe l’antagonisme entre les classes.

Cependant l’idéologie étatiste subsiste au sein du prolétariat, tant qu’elle n’est pas combattue (protectionnisme, emplois, salaires défendus par la Nation) et elle ne l’est que très peu.

Il est donc important de montrer que la crise capitaliste offre objectivement des conditions pour abolir le système devenu sénile et le remplacer par le Communisme.

L’expérience de la mondialisation montre que la lutte anti impérialiste ne peut plus être nationaliste. Elle ne peut être que la lutte contre le capital, en premier lieu : lutte contre sa propre bourgeoisie.

Autrement dit notre libération passe par celle des autres nations. Le développement du temps libre par une définition nouvelle des activités humaines et par ce simple mot d’ordre :

« TRAVAILLER TOUS, MOINS ET AUTREMENT ».

Pierre Lehoux – février 2017

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(1) 200000 milliards de dollars, c’est le montant total des dettes publiques et privées sur l’ensemble de la planète à la fin 2015, d’après les calculs du McKinsey Global Institute.. En 2005, elle était seulement de 26 000 milliards. En une décennie, la dette publique mondiale a donc plus que doublé. Si l’on ajoute les dettes privées, la dette mondiale atteint même les 100 000 milliards de dollars selon une étude publiée récemment par la Banque des règlements internationaux. A titre de comparaison, le PIB mondiale en 2013 était de 74 000 milliards…. Le système repose sur l’idée que l’endettement va engendrer plus de croissance et que, au final, un retour de l’inflation permettra d’effacer les ardoises, comme dans les Trente Glorieuses. Sauf que le système productif est déflationniste. Si les taux d’intérêt nominaux sont bas, ils sont en termes réels, c’est-à-dire hors inflation, relativement élevés. En attendant, la BCE continue de se gorger de titres publics et privés, maintenant artificiellement la solvabilité. « Elle achète chaque mois pour 8 à 9 milliards d’euros d’obligations publiques françaises, soit virtuellement la moitié des émissions du Trésor français.

(2) l’emballement de la planche à billet ne créer aucune valeur. Un des principaux buts de la planche à billets est le rachat de la dette publique des États surendettés. Mais elle entraîne apparition de bulles spéculatives et une inflation qui impacte in fine les pauvres et les épargnants, tout en rendant plus facile l’endettement public ou privé (donc accroît la quantité de liquidité déjà en trop grand nombre).

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2 commentaires
  1. Oll a dit:

    Vous reprenez les points de vue et finalement toutes les thèses de Tom Thomas — vous auriez du le dire, non ?

    • Est ce un crime??? Je te le demande ?? Bien sûr et ce n’est pas nouveau !!!!
      Le pire serait de ne pas le faire et de persister dans l’erreur de croire que seule une organisation a raison.
      Nous n’avons pas attendu Tom Thomas pour défendre nos bases d’actions. Elles restent toujours d’actualité mais ce que Tom Thomas nous apporte c’est une actualisation de notre analyse, une mise en conformité avec l’analyse précise des difficultés qu’a le capital dans la situation d’aujourd’hui.

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