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Archives Mensuelles: mars 2017

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1er tour social, la Guyane ouvre la voie !

Depuis maintenant une dizaine de jours la Guyane connait des mouvements sociaux importants et convergents.

Grèves, blocages de routes, manifestations. Le 17 mars à Cayenne, une conférence internationale est interrompue par le collectif des 500 frères, entrainant le départ de plusieurs délégations étrangères et la fuite du ministre de l’écologie Ségolène ROYAL. Le 20 mars à Kourou, le lancement de la fusée Ariane 5 a été annulé suite au blocage des accès au centre spatial par des syndicalistes et le collectif citoyen des Toucans. L’aéroport à été temporairement fermé, un vol de la métropole devant même faire demi tour. Des journées ville morte organisées, magasins, écoles, université fermés.

A l’origine de ces mouvements, un sentiment d’abandon et un ras le bol des populations. On y trouve des conflits sociaux classiques, grèves à EDF, à ENDEL, dans le secteur de la santé, manifestations d’agriculteurs, mais aussi des manifestations de collectifs citoyens mobilisés sur les problèmes de santé, d’éducation et de sécurité. Les syndicats engagés, notamment la centrale indépendantiste UTG ont appelé à la grève générale. Le mouvement est d’ampleur, mais il est en partie interclassiste puisque que participe aux blocages outre les agriculteurs, des petits patrons, entrepreneurs du bâtiment ou des transports.

Le bilan de la France en Guyane est affligeant, le PIB par habitant est moitié moindre que celui de la métropole. La Guyane doit importer à grand frais une partie importante des produits qu’elle consomme.

La montée des prix a dégradé les conditions de vie de la partie la plus fragile de la population et si les importations ont diminuées depuis 2015 c’est en raison d’une baisse de la consommation. Cette baisse entraine également une baisse de l’activité économique locale mesurable par la baisse de la création d’entreprise .

Le taux de chômage est de 22%, il touche plus particulièrement les femmes 27% et les jeunes (<25ans) 47%. L’économie est axée autour du centre spatial 1/5ème du PIB et sur l’exploitation minière aurifère dont une grande partie est clandestine et maffieuse. Il en résulte un problème important d’insécurité en forêt et un saccage permanent de l’environnement.

Le pays souffre du manque d’infrastructures nécessaires à son développement (par exemple le secteur du tourisme et quasi inexistant), il est un presque désert médical avec un nombre de médecins de 3 fois inférieur à la métropole, mais caracole en tête de l’insécurité et de la violence.

Face au ras le bol exprimé par la population, et après la fuite de la ministre de l’écologie, la ministre des colonies (de l’Outre-mer) Mme Ericka Bareigts a refusé de se déplacer avec le plus grand mépris, invitants s’ils le voulaient les contestataires à venir à Paris et déclarant qu’il était possible de négocier à distance, sans se voir. L’Etat français a pour le moment envoyé une délégation de fonctionnaires, qui a été fraichement accueillie. Les représentants du mouvement social en cours réclament la considération et la venue des ministres responsables.

Comme communistes, nous souhaitons

plein succès à la grève générale des camarades Guyanais

et nous réaffirmons que selon nos principes :

Nous sommes solidaires de toutes les forces anti-impérialistes et révolutionnaires dans le monde. Nous soutenons les luttes des peuples contre le colonialisme et le néo-colonialisme, à commencer par ceux des «DOM TOM» et affirmons leur droit à l’indépendance.

JMN  27/03/2017

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Nous relayons un texte de l’Organisation Communiste de France sur les raisons de boycotter  les élections et les illusions de la démocratie représentative en régime capitaliste

http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/elections-francaises-on-ne-vote-pas/


ÉLECTIONS FRANÇAISES – ON NE VOTE PAS !
Par   Organisation Communiste de France. Le 4.03.2017

Le choix du « meilleur » serviteur par et pour le capital.


Avril 2017, les français sont appelés à élire un président. Cette nouvelle élection revêt, cette année, un caractère exceptionnel. Depuis des dizaines d’années, tout ronronnait. Gauche – droite –l’alternance était bien réglée. A tour de rôle la bourgeoisie choisissait son employé. Giscard,Mitterrand, Chirac, Sarkosy, Hollande.
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Nous disons bien « la bourgeoisie choisissait ». En effet depuis 1789, et l’instauration chaotique de la forme républicaine de l’Etat, seuls les possédants (soit de la terre, soit des usines, soit de labanque) ont décidé qui devait représenter leurs intérêts à la tête de cette machine à réprimer et
tromper qu’est l’Etat.
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Au début cela était évident pour tous. Le suffrage n’était pas universel (la bourgeoisie est prudente et n’accorde des « droits » qu’en fonction de circonstances précises) et le résultat des élections apparaissait pour ce qu’il était : une mascarade de démocratie. Puis vint le « suffrage universel » (1944).

La bourgeoisie (Bouygues, Bolloré, Dassault, Pinault …) maitrisant tous les médias de masses : journaux, télévision, radios… n’avait plus de problème pour « fabriquer l’opinion ». Et sa grande force fut de convaincre idéologiquement la grande masse de la population que : voter était l’essence même de la démocratie. Cette mortelle illusion reçut le concours et l’approbation des partis de« gauche ». Socialistes et communistes participèrent au « jeu », y gagnant, pour un temps, quelques postes et fonctions. Aujourd’hui encore on entend ces mots « des gens sont morts pour le droit de vote », mais que l’on cherche dans l’histoire QUI est mort pour jeter un bulletin dans une urne … Des gens sont morts
pour la liberté, contre l’esclavagisme, pour le droit de grève, pour des conquêtes et des idéaux bien précis. Pas pour que leurs maîtres leur donnent de temps à autre le « droit » de choisir des employés au service des banques ou des industriels.
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Mais revenons à 2017. La bourgeoisie française (impérialiste : c’est à dire qui ne se limite à exploiter des gens sur le sol national) a mis du temps à choisir son représentant. Il y avait beaucoup de prétendants, mais ne devient pas « employé en chef » (Président) qui veut. Il faut que la bourgeoisie, ces gens qu’on ne voit que très peu et que les anglo-saxons appellent le « deep state » (l’Etat profond), DESIGNE son candidat. La bourgeoisie ne doit pas agir à l’aveuglette et en tout cas elle doit fixer son choix – EN FONCTION DU CONTEXTE – sur celui et ou celle qui semble le (la) plus apte à serrer la vis en évitant la révolte.

La particularité des élections 2017.
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Depuis les années Pompidou, (qui correspondent à la période ou Nixon, Président des U$A a désindexé le cours du dollar papier par rapport à celui de l’or physique) jamais la crise du capitalisme n’avait atteint cette ampleur. Ce qu’on appelle mondialisation – qui n’est que le verbiage petit-bourgeois qui permet d’éviter de nommer l’impérialisme tel qu’il fut analysé et défini par Lénine – a fait exploser les états-nations, et modifié considérablement la répartition du capital dans le monde entier. Les usines délocalisées de l’Europe vers l’Asie, ce qui signifia, plus concrètement, des millions de chômeurs ici et des millions de nouveaux prolétaires pauvres arrachés à la paysannerie, là-bas ; cette « mondialisation » donc impose de nouvelles règles du jeu entre les prolétaires producteurs et la classe bourgeoise. Détruire des emplois ici (créer des chômeurs) et fabriquer des pauvres là-bas pose un problème. Sur le court terme la bourgeoisie fait du bénéfice, mais aussi et surtout à moyen et long terme : qui va acheter et avec quel argent cette masse de produits destinés à être … vendus ? (voir K. Marx : Baisse tendancielle du taux de profit).
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Depuis plusieurs années nous en sommes à ce point. Jusqu’à présent la bourgeoisie avait laissé une certaine latitude à ses employés de premier rang (Présidents). Il faut dire qu’ils firent parfaitement leur « travail ». Sarkosy puis Hollande, avec la complicité des syndicats et des partis de « gauche » ont réussi en quelques années à faire passer un ensemble de lois qui ont détruit ce qui avait fondé les rapports entre classes dans la période dite des « trente glorieuses ». Retraites, sécurité sociale, salaires, droit du travail (Lois sur l’ANI, El Khomri), lois liberticides sur la liberté d’expression, état d’urgence ….. Mais, rien n’y fait, la crise ne fait que s’aggraver. Alors que faire ?

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La politique de la classe bourgeoise doit désormais être prise en mains (comme en 1969-1974 avec Pompidou) par un employé DIRECT du capital. La bourgeoisie a besoin d’un homme fidèle, sorti de son sérail et qu’elle a introduit grâce à Hollande dans l’appareil de l’Etat (ministre de finances) : Macron.
Comme Pompidou il sort de chez Rothschild, mais qu’importe pour Hollande. Hollande n’est pas là pour réfléchir mais pour obéir ! Et puis c’est oublier qu’Henri Emmanuelli, aujourd’hui à la gauche du PS, a lui aussi passé neuf ans à la Compagnie financière Edmond de Rothschild. « J’étais directeur adjoint, salarié, lui associé gérant. La paye n’est pas la même », se défend le député des Landes.
Le soir même de sa nomination, Manuel Valls avait tenté de couper court aux polémiques : « Il y a des années qu’on crève de débats idéologiques et d’étiquettes surannées. » En écho, Jean-Christophe Cambadélis, rue de Solférino, insiste : « Comme tous les symboles, celui de la banque Rothschild doit être dépassé. ». Donc : qui se ressemble s’assemble et Rothschild et un symbole !


La bourgeoisie a désormais besoin d’un contrôle direct sur l’Etat. Elle a trouvé son employé rêvé.
 Mais beaucoup d’autres se poussent au portillon. Fillon, Mélenchon, Hamon et pleins d’autres, verts rouges, bleus ….. Alors il va falloir dégager le terrain. Les chéris d’hier ne font plus rêver dans les chaumières et la bourgeoisie le sait. Sarkosy, Juppé, et la clique sont discrédités, et ils puent la corruption et le mensonge. Fillon avance, naïf et sûr de lui et, vlan !, la presse révèle un politicien comme les autres (qui a donné les informations ?). Malgré tout Fillon s’accroche encore (à heure où nous écrivons !). Cet homme qui fut le larbin de Sarkosy croit vraiment qu’il est autre chose qu’un pion, mais ce n’est qu’un employé il est viré par ses maîtres. Pas d’hommes providentiels pour la bourgeoisie REELLE !
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Hamon et les socialistes pensent ils eux aussi que les licenciés d’Alsthom ou de Caterpillar, les matraqués de Notre Dame des Landes ou du barrage Sivens les ont oublié ? Au demeurant nous savons bien que les sections socialistes basculent actuellement majoritairement chez Macron. Car, la cause est perdue, alors si on eut encore avoir des postes aux législatives, autant aller du coté où le vent de l’opportunisme souffle.
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Mélenchon, ce vieux routier de la politique. Trotskyste en 1970, sénateur en 1986, membre de plusieurs cabinets ministériels. Sans lui et les voix raclées aux « indécis », Hollande ne serait pas passé en 2012 tellement le dégout du PS était déjà grand. Mais Mélenchon joue le tribun d’extrême gauche, le rempart contre l’extrême droite. Mélenchon séduit les anciens « soixante huit tards », devenus petits bourgeois et qui sont dans l’émotion. Aucun danger pour la bourgeoisie ! Au deuxième tour : faire barrage à l’extrême droite (avec l’option : sans consigne de vote). On se rappelle le coup fantastique de 2002 ou toute la « gauche » a voté pour …… Chirac ! (Merci Jospin, celui-là même qui avait pour ministre de l’enseignement … Mélenchon.).
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Et puis il y a le cortège des idiots utiles qui, quelques soient leurs « programmes » laissent planer l’idée que « voter c’est peser », que participer à cette farce c’est ça la «démocratie»!
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Et Le Pen ? Tout a été fait depuis des années pour recycler les idées de l’extrême droite. Peu à peu le FN a gravi les échelons. L’électorat est populaire nous dit-on. Oui dans beaucoup de secteur c’est la vérité (Nord). Mais comment cela se peut-il ? Comment nait l’extrême droite ? Nous le savons parfaitement. Il faut d’abord liquider tout idéal révolutionnaire dans la tête des gens (et en Allemagne des années 20-30 ce fut même l’assassinat pur et simple des dirigeants syndicaux et politiques par le socialistes !) – Dès lors que le parti dit communiste a choisi la voie électorale (années 50), dès lors qu’il abandonna les quartiers et ses habitants peu à peu isolés et marginalisés, dès lors que les
ouvriers furent écrasés par la destruction des outils de production (mines, aciéries, industrie lourde –
Dans le Nord, espérance de vie 58 ans, revenu moyen 800 euros/mois !) et bien le terrain fut près pour le travail (efficace) de l’extrême droite et des religieux. Dans d’autres zones, c’est sur d’autres couches déclassées de la petite bourgeoisie que le FN fait son beurre (anciens pieds noirs, commerçants ou artisans conduits à la faillite). Et tout cela ça fait beaucoup de monde, électoralement parlant.
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Qui la Bourgeoisie va-t-elle choisir au final ?

Macron semble bénéficier de tous les atouts. La presse lui est tout entière acquise. Tous les bobos, tous ceux qu’ont fait saliver au seul nom de Le Pen seront
présents au deuxième tour pour le soutenir (comme en 2002). Mais tout cela fait-il vraiment un choix ? Macron ou Le Pen ? la crise doit être gérée au mieux ! Dans ce suffrage universel il y a toujours une courte incertitude. Qui que ce soit qui accède au poste envié de premier larbin de France (Président) il (ou elle) devra se soumettre aux diktats de la
bourgeoisie.

Si c’est Macron ce sera tout de suite, si c’est Le Pen au bout de quelques mois, tout rentrera dans l’ordre (capitaliste). L’intérêt du Capital est actuellement en grand danger et les amateurs ou les politicards classiques ont fait leur temps. Les capitalistes ne vont pas faire dans la dentelle. Macron ou Le Pen seront des exécutants.

Qu’on ne nous demande pas de choisir qui va nous tondre !

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OCF – 4 Mars 2017.

Vers un nouveau mouvement communiste

Pour les socialistes ou les communistes ''vulgaires'' l’État bourgeois actuel convient parfaitement. Pire ils veulent le gonfler en étatisant (nationalisant) plus ou moins l’économie et la société, ce qui serait, selon eux, restreindre, voire abolir, la domination du capital ! Certains osent affirmer qu’avec eux au pouvoir, c’est le peuple qui est au pouvoir !

Il n'y a qu'à voir et entendre tous les politiciens clamer, la main sur le cœur, leur attachement à la République et à ses principes républicains qui seraient, selon eux, garants de la "démocratie" et du respect du citoyen.

Le comble pour eux serait de ne pas voter (on voit bien leur crainte du taux d'abstention record).

Mais la parade, pour la bourgeoisie en difficulté, est de céder la place à tous ceux, notamment ceux des extrémismes étatiques (donc bourgeois) type FN ou PG en France, qui prétendent pouvoir établir un «bon capitalisme », au service du tous que serait la Nation, ou, mieux encore, de « l’humain » en général. Ce ne sont que des charlatans, des bonimenteurs. Mais cela fait des décennies que les prolétaires sont appelés aux urnes avec les promesses de changements. Ma sœur Anne, ne vois tu rien venir ?

Des prémisses de mouvements populaires qui échouent, des émeutes dans les banlieues ou des manifestations de colères sans lendemains foisonnent un peu partout.

Dans les pays de la périphérie, la férocité des régimes en place se renforce alors que dans le même temps la concurrence internationale rend ces régimes insolvables par épuisement de leurs ressources (1).

Caractéristiques du capitalisme contemporain

L’avenir des prolétaires et des peuples dans le capitalisme est celui d’une dégradation sur tous les plans de leurs conditions de travail et de vie. Cela beaucoup le vivent déjà, et les autres le craignent. Mais ce qui est important pour la riposte à apporter, c’est de comprendre que ce sont des phénomènes absolument inhérents à la réalité du capitalisme contemporain. De comprendre, donc, que la possibilité d’un choix réformiste n’existe plus, les fondements matériels en étant devenus inexistants. Sauf à appeler réforme, comme le font les idéologues du capital, ces dégradations en cours : des réformes réactionnaires (au sens propre du terme : retour en arrière).

Le mouvement réformiste traditionnel (« la gauche ») est condamné à des échecs certains dans sa prétention à améliorer le sort des couches populaires.

Le seul avenir « humain » pour les prolétaires se trouve dans ce fait : en même temps que disparaissent, et définitivement dans cette époque de la sénilité du capital, les bases matérielles du réformisme de gauche, mûrissent celles du communisme. Ce qui est une grande nouveauté historique.

Au-delà des multiples différences selon les pays, si les prolétaires sont toujours obligés de lutter pour assurer leur survie quotidienne contre « les empiètements du capital » comme le disait Marx, cette lutte se heurte à l’impossibilité pour le capital de se reproduire sans devoir accroître terriblement ces empiétements, dégrader toujours davantage leur situation. La lutte réformiste traditionnelle, tant dans ses formes que dans ses objectifs, ne peut aujourd’hui, au mieux, que freiner quelque peu, et momentanément, le développement de cette contrainte, pas en inverser la tendance. Les luttes prolétaires échouent quasi immanquablement si elles restent sur le vieux terrain réformiste d’une croissance de l’accumulation du capital accompagnée d’un « juste partage » des richesses.

Par contre, nourries de l’expérience et de la compréhension des causes de ces échecs, elles s’élèvent au niveau d’une lutte de classe révolutionnaire contre l’État, cet organisateur armé de l’existence, de la reproduction du capital, de plus en plus despotique et violent à l’époque de sa sénilité.

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En quoi les luttes peuvent-elles mûrir sur le terreau des échecs passés ?

La caractéristique du capitalisme contemporain est que la valorisation du capital, son existence qui est d'être « valeur se valorisant » est devenue chroniquement difficile.

On en connaît la cause puisqu'elle est inhérente à son développement. La contradiction la plus essentielle à laquelle il doit faire face est qu'à force d'augmenter la productivité par l'automatisation de la production, il finit par saper la base même de cette valorisation, c'est à dire la quantité de travail social qu'il emploie (moins d'ouvriers mais plus de chercheurs et de techniciens. Dans le monde le nombre de scientifiques et ingénieurs est passé de 0,4 millions en 1950 à 4,1 millions en 1990.)

Il est évident que, lorsque la mécanisation aboutit à réduire les coûts salariaux globaux à environ 10% des coûts de production, elle réduit dans le même temps la quantité de plus-value.

Mais diminue aussi la consommation en bien courants comme en moyens de production, ce qui pénalise la réalisation de la plus value par la réduction des ventes et par la baisse des prix que stimule une concurrence accrue pour vendre.

Les "cures d'austérité" infligées aux peuples ne sont qu'un retour aux débuts du capitalisme car les capitalistes n'ont pas d'autres moyens que d'extraire brutalement la plus value sous sa forme absolue (augmentation de la durée du travail, acharnement décuplé par la crise à ne payer que le temps travaillé par la "chasse aux temps morts", généralisation de la précarité et baisses des revenus des prolétaires ainsi que la destruction systématique du droit du travail). Et de plus le travailleurs jadis salarié se retrouve "indépendant" (auto-entrepreneur) soumis tout entier aux lois du capital, obligé d'aligner des semaines de travail pour un maigre revenu, sans protection sociale.

Le problème c'est que, pour les fonctionnaires du capital, les politiques d'austérité ne feront nullement repartir, durablement, l'accumulation du capital.

Du fait de l'évanescence de la valeur et donc de la valorisation, cette crise ne peut que s'aggraver et corrélativement, se développe l'antagonisme de classe dans toute sa radicalité révolutionnaire.

Ensuite la mondialisation libérale (avec ses délocalisations) entraîne une aggravation des conditions de vie des prolétaires des pays développés. Comme ceux du monde entier, ils sont soumis à la domination des mêmes multinationales et de leurs propriétaires (qu'ils soient actifs ou passifs, financiers ou autres).

C'est une base objective pour le développement de l'unité mondiale des prolétaires dans une lutte commune contre le capital mondialisé. Bien sûr la concurrence entre les salaires des unes et des autres génère une désunion - du moins tant qu'ils luttent uniquement pour leurs salaires.

La mondialisation impérialiste s’est elle aussi affaiblie. Les affaires se font plus difficiles dans les pays dits « émergents » (tels lesdits BRICS donnés comme exemple de croissance dans la prose médiatique), qui sont eux aussi frappés par la crise.

Pour ne prendre que l’exemple de la Chine ( tant vantée et classée deuxième économie mondiale) ce n’est pas seulement que les exportations, sur lesquelles s’appuyait sa croissance, se heurtent aux politiques d’austérité généralisées  pour les peuples, c’est aussi que s’y épuisent les gains de productivité, d’autant plus que le capital s’y heurte à une résistance accrue des prolétaires.

En Chine, déjà en 2010, « la productivité globale des facteurs (PGF) aurait même tendance à diminuer de près de 0,5 % par an ». Comme ailleurs la croissance apparente y repose de plus en plus sur un recours ultra-massif au crédit : la dette cumulée y atteint 220 % du PIB à fin 2013 contre 130 % cinq années auparavant. D’où une masse de capital fictif s’accumulant en bulles.

Ce n’est donc plus de la mondialisation que le capital mondialisé peut espérer le retour d’une croissance même faible. Observons aussi que, depuis la fin du système colonial, les impérialistes doivent partager le butin avec les cliques bourgeoises et militaires prédatrices qui ont pris le pouvoir politique dans les anciennes colonies et s’approprient une partie, qu’elles cherchent toujours à accroître (cf. l’exemple célèbre des deux « chocs » pétroliers des années 70), des rentes minières et de la plus-value tirée de l’exploitation de ces populations par les multinationales industrielles et de l’agroalimentaire.

L'effondrement des organisations réformistes (de gauche) est la troisième caractéristique du capitalisme contemporain.

Ainsi les mouvements prolétaires du xxe siècle se sont développés dans les pays aux forces productives peu développées, à faible productivité, telles la Russie et la Chine. La « pénurie » fut une cause objective essentielle de l’échec du processus révolutionnaire qui y avait été commencé.

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Dans les pays les plus développés, « l’abondance » matérielle a d’abord été un facteur pour que la bourgeoisie puisse stimuler le réformisme qui était l’idéologie spontanément dominante chez la majorité des prolétaires.

L’intérêt de rappeler ces circonstances historiques spécifiques est de comprendre que d’autres circonstances produiront d’autres effets.

Or justement, la crise actuelle révèle que nous entrons dans l’époque du déclin inéluctable et insurmontable de ces fondements matériels de la domination du vieux réformisme sur les prolétaires.

Son effondrement, même s'il n'est pas encore sa disparition, laisse pour le moment place à un grand désarroi, une espèce de vide. La domination de l’idéologie bourgeoise subsiste sur la base des fétichismes découlant des rapports de production et d’échanges propres au capitalisme et prend alors principalement des formes « extrémistes » néo-fascistes, désespérées et morbides (et non pas la forme « démocratique » du réformisme traditionnel).

Mais la situation n'est plus celle d'autrefois, où le capital pouvait se reproduire.

Des perspectives nouvelles engendrées par la crise sénile du capitalisme peuvent nous permettre d'affirmer que l'abolition des rapports de production capitalistes est possible.

Diminution de la quantité de travail social employé

Il semble  manifeste que le capital a atteint les limites de son développement et ouvre la perspective de l'abolition du travail contraint aliéné et tout particulièrement le travail prolétaire.

Bien sûr les capitalistes tentent par tous les moyens, au prix de la destruction de la planète, de relancer le processus de la valorisation, mais c'est en vain. Leurs remèdes ne font qu'aggraver le mal (que ce soit par la violence ou par l'augmentation du crédit (2).

Or la diminution drastique de la quantité de travail qu'emploie le capital génère du temps libre. C'est une condition essentielle au succès du processus révolutionnaire. Très important dans les pays développés (mais chômé, précarisé) il pourrait être aussi créé par la disparition des activités rendues inutiles après une révolution politique victorieuse (par exemple dans les domaines publicitaire et de marketing). Dans les multiples productions gaspilleuses et néfastes (luxe et armement). Il y a aussi toutes ces fonctions qui deviendront caduques telles que la police et les militaires.

Mais d’un usage intelligent de ce temps libre, la maîtrise de l'autoproduction de la vie quotidienne par les individus viendra la réussite du processus révolutionnaire.

Autrefois il s'agissait d'une revendication d'égalité de la peine et de la pénurie, qui ne supprimait rien de la condition de prolétaire, ni n'augmentait les richesses sociales.

Dans les conditions d'aujourd'hui, le temps libre est un facteur de suppression de la condition de prolétaire. Le rapport salarial s'étiole et disparaît pour la masse croissante des exclus. Ils n'ont plus rein à perdre, pas même la possibilité de vendre leur seul bien, leur force de travail.

En même temps, les prolétaires supportent de moins en moins un travail que le capitaliste rend plus intense et plus abjecte que jamais. Aussi comme la quantité globale de travail diminue, travail intense pour les uns, précarité, temps partiels, chômage pour les autres, cette évolution, inexorable, exacerbe l’antagonisme entre les classes.

Cependant l'idéologie étatiste subsiste au sein du prolétariat, tant qu'elle n'est pas combattue (protectionnisme, emplois, salaires défendus par la Nation) et elle ne l’est que très peu.

Il est donc important de montrer que la crise capitaliste offre objectivement des conditions pour abolir le système devenu sénile et le remplacer par le Communisme.

L’expérience de la mondialisation montre que la lutte anti impérialiste ne peut plus être nationaliste. Elle ne peut être que la lutte contre le capital, en premier lieu : lutte contre sa propre bourgeoisie.

Autrement dit notre libération passe par celle des autres nations. Le développement du temps libre par une définition nouvelle des activités humaines et par ce simple mot d'ordre :

"TRAVAILLER TOUS, MOINS ET AUTREMENT".

Pierre Lehoux - février 2017

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(1) 200000 milliards de dollars, c'est le montant total des dettes publiques et privées sur l'ensemble de la planète à la fin 2015, d'après les calculs du McKinsey Global Institute.. En 2005, elle était seulement de 26 000 milliards. En une décennie, la dette publique mondiale a donc plus que doublé. Si l'on ajoute les dettes privées, la dette mondiale atteint même les 100 000 milliards de dollars selon une étude publiée récemment par la Banque des règlements internationaux. A titre de comparaison, le PIB mondiale en 2013 était de 74 000 milliards…. Le système repose sur l'idée que l'endettement va engendrer plus de croissance et que, au final, un retour de l'inflation permettra d'effacer les ardoises, comme dans les Trente Glorieuses. Sauf que le système productif est déflationniste. Si les taux d'intérêt nominaux sont bas, ils sont en termes réels, c'est-à-dire hors inflation, relativement élevés. En attendant, la BCE continue de se gorger de titres publics et privés, maintenant artificiellement la solvabilité. "Elle achète chaque mois pour 8 à 9 milliards d'euros d'obligations publiques françaises, soit virtuellement la moitié des émissions du Trésor français.

(2) l'emballement de la planche à billet ne créer aucune valeur. Un des principaux buts de la planche à billets est le rachat de la dette publique des États surendettés. Mais elle entraîne apparition de bulles spéculatives et une inflation qui impacte in fine les pauvres et les épargnants, tout en rendant plus facile l'endettement public ou privé (donc accroît la quantité de liquidité déjà en trop grand nombre).