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Archives Mensuelles: septembre 2016

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Terrorisme et état d’exception, le cas français.

Avec un certain nombre d’autres pays européens (Belgique, Allemagne…), la France vit depuis plusieurs mois au rythme des attentats « terroristes ».

Comme résidents de ce pays, nous sommes abreuvés de discours politiques et médiatiques à propos de la menace permanente d’un terrorisme islamiste avec lequel nous serions en guerre.

Face à un tel matraquage idéologique, il est salutaire de faire une pause dans ce flot d’informations et de désinformations et de rechercher sur quelles bases nous pouvons tenter d’analyser ce qui se passe dans notre société.

Un premier constat est nécessaire : le terrorisme, la menace terroriste permanente n’est absolument pas en France une donnée spécifique des années 2010. Depuis la fin des années 50, il n’y a pas une année sans que soient perpétués un ou des actes terroristes. Ces actes sont le fait de groupes d’extrême droite (OAS, Charles Martel, Honneur de la Police…), d’extrême gauche (GARI, NAPAP, AD…), de mouvements nationalistes (FLNC, ARB, IPARETARAK..) ou religieux (catholiques intégristes, islamistes…) de mouvements de libération nationale (FLN, OLP, FARL, ASALA, …), d’état, qui viennent régler leur compte à des opposants réfugiés (Maroc, Israël, Afrique du Sud, Algérie, Iran…)     (https://fr.wikipedia.org/wiki/Terrorisme_en_France)

Dans ce catalogue d’actions terroristes deux moments sont un peu particuliers, celui de la guerre d’Algérie et celui des attentats du GIA (1994-1996), la seconde guerre d’Algérie, mais nous y reviendrons plus après.

Second constat : pendant ces 65 dernières années d’actions terroristes variées, l’état n’a pris des mesures d’exception qu’à certains moments particuliers seulement.

Etat d’urgence pendant la guerre d’Algérie (1954-1962)

Etat d’urgence Outre Mer : en Nouvelle Calédonie (1985), Wallis et Futuna (1986), Polynésie (1987) face à des mouvements de contestation du fait colonial

Plan Vigipirate depuis 1995 et les attentats du GIA sur le RER B. Ce plan Vigipirate a été maintenu et renforcé jusqu’à ce jour. Aujourd’hui « Vigipirate Attentats »

Etat d’urgence (limité géographiquement et dans le temps) en 2005 pendant les émeutes des banlieues.

Etat d’urgence depuis les attentats islamistes du 13/11/2015

Troisième constat : ces mesures d’exception ont entraîné des modifications de notre vie quotidienne.

Vigipirate : protection spécifique de certains lieux (écoles, bâtiments publics, lieux de culte…), par la présence de forces de sécurité et la mise en place de plots en ciment anti-véhicules (piégés ou béliers), développement de la vidéosurveillance sur les lieux publics et surtout quadrillage policiers et utilisation de l’armée à des missions de police.

Jusqu’à la mise en place dans les écoles du plan « vigilance attentats renforcé », une éducation de nos enfants à la politique sécuritaire. Sans doute pour les habituer à vivre en état d’urgence permanent.

http://cache.media.education.gouv.fr/file/08-aout/10/0/2016_Guide_SGDSN_MEN_616100.pdf

Etat d’urgence : dont l’application permet sans saisir la justice d’effectuer des perquisitions de jour comme de nuit, l’assignation à résidence de personnes déclarées suspectes, la fermeture de certains lieux, des restrictions à la circulation et l’interdiction de certaines manifestations, le tout selon le pouvoir discrétionnaires des préfets.

Si l’on examine les situations où l’état a eu recours aux mesures sécuritaires d’exceptions, on s’aperçoit qu’il s’agit de répondre à une menace venant de peuples colonisés et/ou en liaison avec le passé colonial de la France. C’est également en partie vrai pour les émeutes de 2005, puisque politiques et médias nous ont présenté les « sauvageons » comme jeunes étrangers et/ou issus de l’immigration.

En faisant abstraction de la répression coloniale des années 80 dans les DOM-TOM, l’état nous sert donc une équation de type : terroristes = Arabes (Algériens) + islamistes (Algériens, Tunisiens, Marocains…) + jeunes de banlieues (étrangers ou issus de l’immigration).

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Voilà une première instrumentalisation du terrorisme qui reprise dans les discours politiques et orchestré par les médias, nous donnes en pâture quatre niveaux de dangereux suspects :

  • Les intégristes musulmans (salafistes, wahabites) , hommes barbus (en qamis ou en sarouel) et femmes voilées (en abaya ou en burkini).
  • Les jeunes « de banlieues » qui partent, sont partis, ou reviennent du djihad (Afghanistan, Irak, Syrie…)
  • Les hordes de migrants où s’infiltrent les terroristes (faux passeports syriens = faux réfugiés)
  • Les musulmans lambdas ou supposés tels (par délit de faciès)

Examinons maintenant ce terrorisme islamiste qui représente une menace permanente et avec lequel nous serions en guerre.

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, l’impérialisme français, comme supplétif des Etats-Unis, est en guerre contre les Talibans et Al QAÏDA en Afghanistan (jusqu’au retrait des troupes 2013).

Depuis mai 2013 et jusqu’à ce jour, de sa propre initiative, l’impérialisme français est en guerre contre les groupes islamistes et AQMI au MALI (et accessoirement contre les autonomistes Touaregs). L’état français est donc bien en guerre depuis 2001 contre des groupes islamiques djihadistes sur les deux fronts que nous venons de citer.

Dans le même temps, l’impérialisme français est allé, en 2011, défaire le régime Libyen en appuyant (raids aériens, armements, engagement des forces spéciales…) les combattants « révolutionnaires » libyens dont bon nombres étaient des djihadistes de retour d’Irak.

De la même façon, l’état français s’est engagé politiquement et logistiquement (armements, engagement des forces spéciales …) en soutien aux combattants « révolutionnaires » Syriens qui sont en grande partie des combattants islamistes. En décembre 2012, Mr FABIUS alors ministre français des Affaires étrangères déclarant que le Front Al-Nosra (Al QAÏDA en Syrie) fait du bon boulot.

Voir nos articles :

http://rcpc.over-blog.com/article-syrie-progresser-dans-la-comprehension-d-114827535.html

(et suivants)

Revirement d’alliance, depuis septembre 2014 pour l’Irak et septembre 2015 pour la Syrie, dans le cadre de l’OTAN l’impérialisme français bombarde des positions tenues par l’Etat Islamique.

Comme les Etats-Unis au temps de l’invasion soviétique de l’Afghanistan, l’impérialisme français pour maintenir ses intérêts, joue avec les islamistes djihadistes qu’il a largement contribué à renforcer. Il n’est donc pas très étonnant qu’à un certain moment ceux-ci se rebiffent.

La période du nouveau « terrorisme islamiste » en France s’ouvre en 2012 avec Mohamed Merah qui abat trois militaires français et ouvre le feu dans une école confessionnelle juive. Jeune « de banlieue », l’individu est trouble, il connaît bien et est bien connu des services de sécurité français. Ses actes peuvent être décryptés en référence aux engagements militaires français et au conflit israélo-palestinien. Les faits sont fortement médiatisés par les chaînes d’informations en continu, notamment l’assaut du RAID à son domicile.

Décembre 2014, voit plusieurs attaques d’individus isolés: au couteau contre un commissariat à Joué les Tours, Voiture bélier à Dijon et camionnette à Nantes. Si politiques et médias montent en épingle un terrorisme islamiste, il semble plutôt qu’il s’agit de personnes psychologiquement perturbées, inspirées par des attaques similaires perpétrées par des jeunes palestiniens en Israël.

Janvier 2015 : l’attaque contre la rédaction du magasine Charlie Hebdo est le fait d’un commando organisé, le journal faisant l’objet d’une « fatwa », il était aussi protégé par la police car ses locaux avaient déjà été incendiés en 2011. L’objectif politique ne fait pas de doute, d’autant que le rédacteur en chef était le compagnon d’une ministre du gouvernement Sarkozy-Fillon (Jeannette Bougrab).

Après Charlie hebdo, les actions perpétuées par Coulibaly, semblent plutôt opportunistes, ( il n’y a pas de lien entre les deux groupes), alors qu’il circule en voiture (et armé) à Montrouge, il est confronté à un incident sur la voie publique où interviennent la police municipale et des agents de la voirie, il tire (pour se dégager ?) puis s’enfuit, ses premières victimes sont donc de circonstance. Sa cible suivante, l’Hyper Casher, s’apparente de l’amalgame juifs=israéliens en relation probable avec le conflit israélo-palestinien. Coulibaly a vraisemblablement voulu bénéficier de l’effet de pub initié par la couverture médiatique sur Charlie.

C’est aussi probablement ce qui détermine quelques passages à l’acte d’individus au cours de l’année 2015, attaque au couteau contre des militaires de Vigipirate à Nice (février 2015), meurtre d’une conductrice pour lui voler son véhicule, le voleur « terroriste » se blesse par balle avec sa propre arme (avril 2015), fusillade du train Thalys dont l’auteur est désarmé par des passagers. Sans parler de l’employer déséquilibré qui décapita son patron,… tous ces actes montés en épingle comme terrorisme islamiste, même s’ils font de regrettables victimes, ne sont pas très crédibles comme menace permanente et semble plus relever de la psychiatrie que de l’antiterrorisme.

Les attaques du 13 novembre 2015 sont d’une autre nature : il s’agit à nouveau de commandos organisés en attaques synchronisées, les victimes le seront par balles dans la rue ou dans la salle de concert du BATACLAN, les bombes destinées au Stade de France, défectueuses ne tueront que les terroristes et un malheureux passant.

Le 13 juin 2016, un forcené « djihadiste » tue à l’arme blanche un policier à son domicile et sa compagne également policière. Il avait eu affaire au policier dans le cadre de ses fonctions, ce qui laisse plutôt planer un soupçon de vengeance.

Le 14 juillet 2016, un poids lourd fonce sur la foule rassemblée sur la promenade des anglais à Nice. L’acte, avant toute enquête, est présenté comme terroriste et l’auteur comme islamiste radicalisé, ce que son passé y compris récent dément. Le ministère de l’intérieur développe alors le concept de radicalisation immédiate.

Août 2016, assassinat d’un curé dans son église

Jusqu’au 9 septembre 2016, avec à Paris, la voiture aux bonbonnes de gaz et le gang des femmes voilées qui voulaient commettre un attentat.

S’il n’y avait pas de malheureuses victimes tout ceci ne serait que rocambolesque.

Après chacune de ces attaques terroristes, l’enquête progresse de façon spectaculaire et met en évidence que les auteurs étaient bien connus des services de police, s’étaient radicalisés, faisaient l’objet de la fameuse fiche S, ou avaient un parent, un ami, un conjoint qui en avait une à son nom ou était parti en Syrie ou avait voulu partir…bref un refrain bien connu.

Il y a indéniablement des attentats terroristes organisés (Charlie, le 13 novembre 2015…) mais aussi des attentats improvisés (ce qui n’empêche pas leur réussite), l’état et les médias qui exploitent largement le filon, nous servent une version complotiste : « la France est attaquée par DAECH », qui avec les mesures d’exception vise plus à terroriser la population que le terrorisme lui-même.

On peut légitimement se demander, comme le font certains éditorialistes, si sans le battage et la publicité médiatiques, certaines de ces actions terroristes « opportunistes » auraient bien eu lieu ?

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Examinons maintenant, les questions que soulèvent ces actes terroristes et les mesures sécuritaires qu’ils légitiment :

Les revendications : Contrairement à d’autres périodes où les groupes terroristes adressaient à certains journaux des communiqués pouvant être authentifiés, aujourd’hui, c’est l’état qui nous indique la revendication des actes terroristes, selon des réseaux du www qu’il aurait identifiés. Selon ces déclarations Merah et Charlie seraient revendiqués par AL QAÏDA, les autres actions par DAECH ou par allégeance des auteurs à cette organisation.

Pour rappel, le Front Al-Nosra (Al QAÏDA en Syrie) et DAECH sont deux organisations islamistes djihadistes concurrentes qui se combattent en Syrie.

Ces islamistes, comme tous les courants religieux ont une vision du monde Obscurantiste, Rétrograde et Totalitaire. Comme tous les intégristes ( musulmans, chrétiens, juifs, hindouistes, bouddhistes…) ils ont un projet global de société (une théocratie) qu’ils veulent imposer au reste du monde, y compris par la force.

Par exemple, avant DAECH, il y avait déjà un Etat Islamique comparable et revendiqué comme tel : l’Arabie Saoudite. (le grand allié des Etat-Unis et de l’Europe)

La responsabilité des musulmans : Des représentants de l’état, de la classe politique et des médias, ont à plusieurs reprises demandé aux représentants du culte musulman de faire des déclarations de condamnation des actes « terroristes islamistes ».

Drôles de musulman(e)s que ces « islamistes radicalisés » petits délinquants, toxicomanes, buvant de l’alcool, sortant en boites …. Alors, face à ces révélations, le Ministère de l’Intérieur a dû inventer le concept de la radicalisation instantanée ! Quels rapports entre les pratiquants d’un culte et ces usurpateurs ?

Autre curiosité, Mayotte département français (d’outre-mer) a une population à 95% de tradition ou de culture musulmane mais aussi un taux immigrés illégaux proche de 40% et pourtant pas de terrorisme islamiste, ni d’islamistes radicalisés. Les seuls troubles sérieux connus (2011) sont liés au coût de la vie et à des revendications économiques.

La responsabilité affirmée des musulmans s’inscrit dans la théorie états-unienne  du choc des civilisations, il est affligeant mais pas surprenant que l’état français en fidèle vassal, la reprenne à son compte.

L’état d’urgence : Cette disposition d’exception est sensée permettre de nous protéger d’une menace imminente.

Mais pas d’état d’urgence  pour les attentats de Merah ou de Charlie ? Pas d’état d’urgence en Corse en 1998 où pourtant le représentant de l’état est exécuté ?

L’état d’urgence n’est déclaré qu’à partir des attentats du 13 novembre 2015, sa lecture est assez chaotique, certaines manifestations sont interdites, d’autres non. Militants écologiques et syndicaux arrêtés et assignés à résidence, menace sur les manifestations contre la loi travail.

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Cet état d’urgence est plutôt la parade d’un pouvoir politique aux abois, face à la montée des mécontentements. Le président du MEDEF nous en donne par inadvertance la clé de décryptage quand il déclare que les grévistes qui bloquent leur lieu de travail et par la même l’économie sont aussi des terroristes.

Cet état d’urgence, toujours reconduit, est légitimé par la menace permanente d’un terrorisme islamiste avec lequel nous sommes en guerre.

Osons une comparaison : L’état d’urgence  a été déclaré pendant la guerre d’Algérie (1954-1962). Durant cette période, le FLN ne constituait pas une menace réelle à l’intégrité de l’état français certes il y eu des attentats FLN, y compris quelques-uns en « métropole », mais la véritable menace à l’intégrité de l’état français avait pour origine l’OAS, qui a perpétué de nombreux attentats, y compris contre des personnalités et le chef de l’état.

Cette organisation issue d’un putsch militaire raté et dont de nombreux membres appartenaient à l’armée a tué entre 2000 et 2500 personnes entre 1961 et 1963.

Que croyez-vous qu’il advint, alors que le pays n’était pas en guerre et qu’il s’agissait simplement d’opérations de maintien de l’ordre selon les gouvernements de l’époque ?

Avec la même constitution et le même état d’urgence, l’OAS a été éradiquée en trois ans, ses membres qui n’avaient pas été tués ou n’avaient fuit en exil (dans des pays sans accord d’extradition avec la France comme l’Espagne de Franco), ont été arrêtés et condamnés.

Il est étrange qu’un terrorisme islamiste (avec lequel nous sommes en guerre), qui ne détient pas la même logistique que l’OAS en son temps, mais dont nous connaissons la base arrière, tienne tête à l’armée d’un état comme la France ?

En dehors des victimes directes, qu’elles sont les conséquences de ces attentats terroristes « islamistes » ? Principalement les mesures d’exception prisent par l’état et maintenues au quotidien :

  • Depuis Vigipirate une présence policière et militaire permanente dans les rues de nos villes. L’armée est utilisée comme force de police contre l’ennemi intérieur, aujourd’hui l’islamiste, mais demain qui sait ?
  • Avec l’état d’urgence, restrictions des libertés publiques telles que couvre feu, fouilles des bagages et des véhicules, perquisition de domiciles de jour comme de nuit, assignations à résidence, dissolution d’associations, blocage de sites Internet..
  • Le gouvernement Hollande a dû renoncer au projet de loi sur la déchéance de nationalité et à l’inclusion de l’état d’urgence dans la constitution.
  • Dans le cadre de la police contre l’ennemi intérieur, renforcement de la réserve opérationnelle (militaire) et création d’une garde nationale.

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L’ensemble de ces mesures policières associé au matraquage médiatique, accrédite la thèse du danger imminent et crée dans la société une ambiance de suspicion généralisée.

Les représentants de l’état, la classe politique et médiatique, sur les attentats, mais aussi pratiquant l’amalgame, sur des faits-divers, ou des sujets de société désignent sciemment à la vindicte populaire, une partie de la population, les musulmans ou supposé tels, les personnes issues de l’immigration du Maghreb, les migrants…selon le diviser pour mieux régner.

C’est une reprise éhontée et banalisée des thèmes de l’extrême droite.

C’est une tactique éprouvée contre l’extension des mouvements sociaux à l’heure où les préoccupations réelles sont le travail-chômage (loi travail) et le pouvoir d’achat qui en découle (logement, santé, éducation, retraite…).

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Dans cette période de crise systémique du capitalisme, les tensions sociales s’exacerbent, la lutte de classe s’intensifie. En prévision des confrontations à venir, l’état français comme outil garant des intérêts de la bourgeoisie, en se servant du terrorisme, a d’ores et déjà avancé ses pions.

Sa défense s’oriente autour de deux options non exclusives l’une de l’autre :

  • la mise en place progressive d’un état totalitaire de type fasciste.
  • La préparation des conditions d’un climat de guerre civile, jusqu’à son déclanchement même.

Comme communistes, nous devons avoir une lecture claire des faits, pour pouvoir expliquer, éduquer.

Nous devons nous opposer aux communautarismes et au nationalisme.

Expliquer que la classe ouvrière est Une, au sein de l’état français mais aussi de par le monde

Dénoncer le rôle et la responsabilité de notre propre impérialisme dans les conflits armés en Afrique et au Moyen-Orient.

 

Jean-Michel NICOLAS       14 septembre 2016

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