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Archives Mensuelles: août 2016

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Le Royaume-Uni quitte l’Union Européenne !

Pour les communistes, c’est un non événement.

Tout d’abord sur le plan économique, car cela ne changera rien, le Royaume-Uni avait déjà un pied dedans et un pied dehors, il a maintenant les deux pieds dehors. Il s’affranchit des décisions communes de l’Union Européenne, mais cette dernière entretient déjà des relations économiques privilégier avec d’autres états qui n’en sont pas membres. Accords de libre-échange ou d’association avec des dizaines d’autres pays parmi lesquels la Norvège, la Suisse, l’Afrique du Sud la Turquie, Israël…bientôt le Canada et les USA, pour nombre d’entre eux, il n’est pas exigé non plus de visa à leur ressortissant qu’il veulent venir sur le territoire de l’UE.

Le Royaume-Uni et l’Union Européenne sont toujours parfaitement intégrés au mode de production capitaliste mondialisé et inféodé à l’impérialisme US aujourd’hui encore 1ère puissance dominante. Il n’y a donc rien de changé pour les prolétaires du Royaume-Uni, ni pour ceux de l’Union Européenne.

C’est un désaveu et un camouflet politiques pour les dirigeants des pays membres de l’Union Européenne, qui s’est traduit par une effervescence médiatique et des fluctuations sur la Livre Sterling et les marchés, spéculation oblige.

Comme communistes nous n’avons ni à nous féliciter, ni à nous plaindre de cette décision du Royaume-Uni mais nous devons nous opposer résolument à toutes les fausses solutions nationalistes qui ne manqueront pas d’être avancées en cette période de décadence du capitalisme comme la solution à la crise.

                                                                                    Jean-Michel NICOLAS

« On accuse les communistes de vouloir abolir la patrie, la nationalité ; les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut leur ravir ce qu’ils n’ont pas. Comme le prolétariat de chaque pays doit en premier lieu conquérir le pouvoir politique, s’ériger en classe maîtresse de la nation, il est par là encore national lui-même, quoique nullement dans le sens bourgeois. » 


Marx-Engels (Manifeste communiste)

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BREXIT : les prolétaires unis finiront par rejeter l’Europe capitaliste.

Le Royaume-Uni, pays impérialiste dirigé par le capital financier, a rejoint la Communauté européenne en 1973. Ce sont les capitalistes britanniques qui, dès les années 1960, ont violemment restructuré l’économie du pays, laminant son industrie, générant un chômage massif, plongeant des millions d’ouvrières et ouvriers dans la pauvreté, pour réinvestir leurs capitaux ailleurs ou sous forme de placements financiers… ils n’ont pas attendu les directives de l’Union européenne pour cela.

Au Royaume-Uni comme ailleurs, l’Union européenne (UE) ne fait qu’accompagner ce mouvement de restructuration. L’UE est en quelque sorte le syndicat des puissances européennes, comme la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, réunies pour trois raisons : défendre leurs intérêts communs face aux autres grandes puissances, fixer des règles communes pour faciliter la circulation du Capital sur le continent, et organiser leur domination sur les petits pays dominés d’Europe du Sud et de l’Est.

Le Royaume-Uni occupe historiquement une place particulière dans l’UE, car le pays est très lié économiquement et politiquement aux États-Unis : c’est pour cela que le pays est moins intégré à l’Union que ne le sont la France ou l’Allemagne.

Les capitaux britanniques et étasuniens veulent pouvoir circuler librement en Europe, mais en même temps le Royaume-Uni ne peut pas trop s’investir dans un projet qui menacerait la suprématie des USA.
Les gouvernements britanniques ont souvent attisé le sentiment anti-européen, sous prétexte qu’il serait soucieux des intérêts du peuple britannique: il s’agit juste, à chaque fois, de défendre les intérêts particuliers du Capital britannique et de la bourgeoisie qui le possède.
On nous dira qu’il n’y a rien de neuf sous le soleil . Pourquoi ce référendum mené par Cameron, un pion politique du capital britannique, pour soi-disant sortir son pays de l’Union européenne ?

Le capital financier du Royaume-Uni est intimement lié au capital financier étatsunien via la City de Londres que Wall Street accrédite comme deuxième place financière mondiale.

Le Royaume-Uni répond aux ordres de ses alliés de Washington dont il a toujours été le Cheval de Troie au sein de l’Union européenne, au service de ses vis-à-vis de Wall Street.

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David Cameron a reçu mission de ses patrons de rassembler le grand capital européen en prévision du grand affrontement qui se prépare entre l’Alliance atlantique (OTAN) en débâcle, et l’alliance montante russo-chinoise.
Évidemment, cet affrontement en préparation exigera des sacrifices – telles une énergie plus coûteuse pour l’Allemagne qui s’approvisionne en Russie – la perte de certains contrats militaires pour la France – la perte de contrats d’investissements pour l’Italie –, etc. mais la mise au pas de l’ogre Russe avant le repli du dragon chinoissera à ce prix.

Le « BREXIT » vise à faire monter les enchères pour le maintien de l’Union, sachant que le retrait du Royaume-Uni entraînerait d’autres replis, la Grèce est à deux doigts de suivre ses pas et combien d’autres ?

Dans cette guerre économique et politique préparatoire à la guerre militaire qui suivra, il semble que la gauche et la droite nationaliste ainsi que leurs extrêmes, ont pris fait et cause en faveur de la faction capitaliste favorable à l’âpre renégociation de l’Union en opposition à la faction capitaliste monopoliste favorable au maintien du marché commun et de l’Euro en l’état.

Ce sont surtout les capitalistes moins fortunés qui sont dans le camp du « BREXIT » – et de l’âpre renégociation de l’Union – alors que les plus grosses fortunes d’Europe – les capitalistes monopolistes transatlantiques – sont eux dans le camp de l’Union.

C’est ainsi que l’idéologie bourgeoise de la Nation protectrice, mystifie la classe prolétarienne.
Une grande partie des prolétaires, inscrit de fait dans le cadre de la concurrence sauvage entre les capitalistes, joue les thuriféraires du capital.

Comme Marx nous l’a enseigné la mondialisation de l’économie est inscrite dans les gènes du capital.

Le choix pour la classe ouvrière ne se pose pas dans les termes de « pour ou contre l’Europe », mais bien en termes de « Quelle Europe voulons-nous ? » L’Europe du capital ou l’Europe du prolétariat international ? Une certaine gauche bourgeoise présente l’alternative dans ces mots, sauf qu’elle laisse entendre que l’Europe du prolétariat peut s’ériger par la conquête électoraliste des parlements capitalistes à grand renfort de bulletins de votes et de plébiscites. RIDICULE.

L’Europe prolétarienne nécessite de détruire de fond en comble l’Europe capitaliste, ses parlements, et ses États bourgeois et de socialiser la totalité des moyens de production, d’échanges et de communication.

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Les prolétaires britanniques doivent refuser de se ranger derrière la clique des capitalistes financiers de la City pour obtenir une renégociation douce des clauses de l’alliance avec la bourgeoisie européenne, ou de se ranger derrière la clique des capitalistes manufacturiers afin de renégocier âprement les clauses de l’Union.
Ils n’ont rien à faire dans cette galère entre les deux factions moribondes du capital et ils doivent rejeter ce référendum sans intérêt pour ses intérêts… de classe.

La concurrence entre les USA et l‘UE pour s ‘emparer des richesses mondiales a franchi une étape.
La crise du système, les difficultés grandissantes qu’a le capital aussi bien à produire de la plus-value qu‘à la réaliser (la transformer en profit et donc en capital additionnel) le contraint à agir sur deux plans.
L’UE s‘est constituée pour exercer une pression plus grande sur la classe ouvrière qui au sortir de la guerre mondiale acceptait difficilement les efforts de reconstructions exigés par le capital (cf les grandes grèves ).
La nouvelle organisation du travail (le fordisme) prenait son essor et parcellisait le travail, détruisant du même coup les savoir faites et les anciennes catégories de travailleurs qui avaient résisté à cette phase de la mondialisation capitaliste.

Il fallait donc accroître l‘exploitation en augmentant la productivité. Celle ci s’est avérée très efficace jusqu’à la fin des années 70 qui vit les limites de cette augmentation avec un accroissement à la fois du crédit, une concentration accélérée du capital crédit et du même coup du capital productif entre des mains de moins en moins nombreuses.
C‘est le début de la décroissance c‘est à dire des rendements décroissants des gains de productivité qui aujourd’hui plombent le capital dans son ensemble et freinent l‘augmentation du taux de profit jusqu’à le diminuer.
Sur un second plan, il s‘agit de s’emparer à moindre coût des ressources.

C’est la décolonisation car entretenir des colonies devenait un fardeau pour les États capitalistes.
C’est la phase d‘expansion moderne avec des Etats centraux qui dominent des Etats compradore.
Les ressources sont pillées mais à moindre coût en terme de capital investi.
Ce qui est la situation actuelle avec comme conséquence un rétrécissement des marchés du fait de la ruine consécutive à ce pillage et de la guerre économique et militaire qu’engendre la concurrence.

Je pense que la montée du nationalisme est irrémédiable dans ce contexte de concurrence exacerbée.
Il s‘agit à la fois de procurer une main d‘œuvre à bas coût dans tous les pays qui aspirent à figurer dans le palmarès des Etats impérialistes (avec au sein même de ces pays des zones franches livrées au marché sans aucuns « garde-fous », ce qui a pour conséquence d ‘ accroître l‘exploitation et la disparition des maigres « acquis sociaux » dans les pays voisins).
Pour les Etats dominants il s‘agit d‘être celui qui aura les meilleures parts de marché d‘être le plus grand pilleur de la planète devant tous les autres.
Voilà pourquoi aussi bien le FN que le FG réclament un État fort, capable de « développer l‘économie » n‘hésitant pas à tenir un discours volontariste et musclé à l‘égard des concurrents.

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«Le capitalisme c‘est la guerre» écrivait notre regretté Maurice Lionnet, directeur du journal «Regroupement Communiste» dans les années 80.

Il ne peut se survivre qu’en écrasant ceux qui lui résistent. Mais unis, les prolétaires peuvent profiter de la maladie structurelle du capitalisme qu’est la crise liée à la baisse du taux de profit (du fait de la dévalorisation brutale et irréversible de la valeur d ‘ échange – monnaie, capital productif et financier, tout ce qui exprime le blocage de ces échanges sur le marché ) en lui donnant le coup de grâce qui pourra l‘achever après une révolution politique puis sociale indispensable pour s ‘ emparer de tous les moyens de production de la vie.

Pierre Lehoux

(sources : Robert Bibeau, «Les 7 du Québec»)