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Archives Mensuelles: novembre 2015

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Communiqué de l’Association des Amis du Manifeste, samedi 14 novembre 2015 :

Vendredi 13 novembre, le peuple de Paris a été victime d’actes de guerre.

A l’encontre de populations civiles ce sont des crimes de guerres.

Après le traumatisme de la guerre d’Algérie et la période de relative quiétude qui a suivi, ces faits tragiques nous rappellent que depuis bientôt 25 ans, la France est en guerre et a renoué massivement avec la politique de la canonnière et les interventions impérialistes : guerre du Golfe, Afghanistan, Afrique, Libye, Syrie…

Ainsi la «  guerre contre le terrorisme  » lancée par les États-Unis après le 11 septembre 2001 et à laquelle la France participe, a causé en douze ans la mort d’au moins 1,3 million de personnes dans trois pays – Irak, Afghanistan et Pakistan, selon trois organisations pacifistes dans un récent rapport(1). Ce bilan de 1,3 million de morts est «  une estimation basse » et ne tient pas compte d’autres pays en conflit (Yémen, Somalie, Libye, Syrie).

Selon ses auteurs, c’est l’Irak, envahi en 2003 par les États-Unis sous le prétexte que le régime du dictateur Saddam Hussein détenait des «  armes de destruction massive  », qui a payé le plus lourd tribut à la guerre contre le terrorisme, lancée par l’administration du président George W. Bush, avec environ un million de morts – contre 111.000 selon les médias américains. Suivent l’Afghanistan (220.000 morts) et le Pakistan (80.000, pour beaucoup victimes d’attaques de drones américains, dont des enfants).

Dans leur rapport, les trois associations évoquent un «  crime contre l’humanité proche du génocide  ».

Une des lectures possible de la déstabilisation récente de la Syrie et celle de l’accaparement des richesses pétrolières et gazières de la région (elle fonctionne assez bien pour l’enchaînement guerre du Golfe/invasion de l’Irak) (2)

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Rappelons que la Syrie a signé en juillet 2011 avec l’Irak et l’Iran   un « mémorandum d’entente » pour la construction d’un gazoduc qui, d’ici 2016, devait relier le gisement iranien  de South Pars, le plus grand du monde, à la Syrie et à la Méditerranée. Le projet Iranien de gazoduc “Islamic Gas Pipeline ” d’un coût estimé à 10 milliards de dollars devrait ainsi traverser l’Irak et la Syrie afin de proposer des livraisons de gaz liquéfié en Europe via les ports méditerranéens de Syrie. D’une longueur de 5.600 km, ses capacités pourraient permettre le transport de 35 Milliards de m3 de gaz par an.

Au final, la Syrie où a été découvert également un important gisement près de Homs, aurait pu ainsi devenir un nœud de transit de couloirs énergétiques, offrant une alternative aux réseaux de gazoducs qui traversent la Turquie et à d’autres réseaux de pipelines contrôlés par les majors pétrolières US et européennes.

À terme, le Liban, l’Irak, la Jordanie et la Syrie pourraient se raccorder à ce gazoduc. Chose qui déplaît fortement aux Etats-Unis et à leurs alliés occidentaux, qui veulent garder la mainmise sur ce gaz, leur “défaite” sur le projet parallèle du gazoduc Nabucco leur restant encore en travers de la gorge. La Turquie ayant quant à elle tout à perdre de ce nouveau pipeline contournant son territoire. De là à penser que les djiadistes du front Al-Nosra et de l’Etat Islamique ne sont pas tombés du ciel…

Comme nous le savons l’impérialisme n’a pas de morale, il n’a que des intérêts et les grands amis de la France que furent en leur temps Saddam Hussein, Kadhafi, Hassad père et fils et autres potentats africains, reçus par Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande sont devenus en fonction des intérêts nouveaux des tyrans et des tortionnaires à abattre.

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Le camp impérialiste dont dépend la France sous tutelle des Etats-Unis a pourtant de nouveaux amis/alliés peu fréquentables en matière de démocratie et de droits de l’homme, comme l’Arabie Saoudite, le Qatar ou encore la Turquie qui tous trois ont soutenu, financé et armé les divers djihadistes qui opèrent en Irak et en Syrie. La France de Hollande n’était pas en retard dans le soutien aux mêmes djiadistes contre le régime Hassad commettant ainsi les mêmes erreurs que les Etats-Unis avec AlQaida en Afghanistan.

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Vendredi dernier, les armes ont parlé à Paris

L’état d’urgence est décrété sur l’ensemble du territoire national pour la première fois depuis la fin de la guerre d’Algérie, et non plus seulement en Ile-de-France comme en 2005 pendant la révolte des banlieues. Cela donne des prérogatives spéciales aux préfets et aux forces de police pour suspendre la circulation, fermer certains lieux et, surtout, mener, en région parisienne, des perquisitions à tout moment, en dehors de tout cadre judiciaire habituel. Les frontières, enfin, sont bouclées.

L’Etat bourgeois renforce sa police et son armée. A l’extérieur, on peut s’attendre également à une intensification des opérations militaires impérialistes contre « le terrorisme islamique ».

Les forces de l’insécurité se sont montrées « incapables » de prévenir ce genre d’attaques et exercent leur propre « terrorisme » contre les classes populaires et les migrants tout comme aux Etats -Unis après le 11 septembre.

L’enflure démesurée de l’Etat contemporain ne correspond pas seulement à la diversification et complexité grandissantes des tâches qu’il lui faut prendre en main pour assurer la valorisation du capital, mais aussi au fait que pour ce faire, il doit se légitimer dans sa fonction de représenter l’intérêt général.

Dans la situation de crise profonde et chronique où est aujourd’hui le capitalisme parvenu à son âge sénile, l’Etat doit nécessairement exercer sa puissance de façon de plus en plus violente, « sécuritaire » et despotique à l’encontre du peuple.

C’est dans ce sens qu’il faut comprendre les mesures liberticides qui sont prises suites aux attentats de Paris.

Ce n’est qu’en étant aussi fermement opposé que possible à ce tournant sécuritaire, réactionnaire, raciste et bonapartiste qu’il sera possible de résister à toutes les formes de terrorisme, à commencer par les plus institutionnelles, à refuser le racisme et l’islamophobie qui vont augmenter, à refuser tous les amalgames contre les réfugiés accusés par certains médias d’amener le terrorisme en Europe.

Cela implique que les organisations communistes, refusent intégralement, cette fois-ci, le chantage post-Charlie.

C’est la condition pour mener une lutte anti-étatiste, avec un niveau de conscience élevée, pour en finir avec ces semeurs de guerre, de misère, de chômage, de xénophobie et d’exploitation.

Le bureau de l’AAM

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Notes :

  1. Ce rapport de 101 pages, intitulé «  Body Count : Casualty Figures after 10 years of the ’War on Terror’», a été publié par les organisations Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW, prix Nobel de la paix en 1985), Physicians for Social Responsibility et Physicians for Global Survival.
  2. http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/champ-petrolier-controle-par-daesh/

http://energie.lexpansion.com/energies-fossiles/guerre-en-syrie-et-geopolitique-du-gaz_a-31-7721.html

http://danielclairvaux.blogs.nouvelobs.com/archive/2015/09/17/la-guerre-en-syrie-une-question-de-gaz-naturel-569649.html

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