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Dans la suite des différents articles que nous avons publiés ou re-publiés à propos de la situation politique ouverte en Grèce, voici un nouveau texte qui nous a semblé un point important d’éclaircissement et de différentiation entre communistes et réformistes (fusent-ils de la gauche radicale).

Il n’est pas inintéressant non plus qu’il émane d’un membre de la direction du NPA, organisation  qui depuis sa création se débat dans la lutte entre ses deux lignes.

                                                                                                                                                    JM.N


 

A propos de l’euro, fétichisme monétaire, lutte de classes et démarche transitoire

Yvan lemaitre le 24/09/2015

http://www.anti-k.org/2015/09/24/yvan-lemaitre-a-propos-de-leuro-fetichisme-monetaire-lutte-de-classes-et-demarche-transitoire/

L’accord du 13 juillet et le vote par le parlement grec d’un troisième mémorandum puis les élections législatives du 20 septembre convoquées par Tsipras à la recherche de sa majorité perdue et leurs résultats mettent un terme à la période ouverte par l’arrivée de Syriza aux affaires le 25 janvier dernier et marquée par l’illusion qu’elle pourrait mettre fin à l’austérité. Un nouveau débat s’ouvre et nécessite des clarifications pour nous dégager des confusions entretenues par les illusions d’abord, la déroute ensuite, et le retour de balancier vers la droite qui en résulte.

Le plus souvent cette discussion reste prisonnière des illusions passées, vient les justifier en tentant de démontrer qu’il était possible d’avoir une autre politique que celle de Tsipras en sortant de l’euro parfois de la part des mêmes qui expliquaient qu’il était possible d’appliquer le programme de Thessalonique tout en restant dans l’euro.

Autant dire que la plus grande confusion règne et qu’elle se répercute sur l’ensemble de celles et ceux qui ne se résignent pas aux politiques d’austérité. La pression du recul conduit à la recherche de solution par en haut, comme si rompre avec la politique dictée par l’oligarchie financière ne dépendait que d’un choix politique gouvernemental pour changer l’orientation de l’État et de logique économique.

Cette dite logique économique est en réalité dictée par les rapports de force entre les classes, en changer ne peut se faire sans changer radicalement ce rapport de force par les luttes et les mobilisations des travailleurs et des classes populaires.

Chercher des réponses par en haut quitte à venir sur le terrain dangereux de la sortie de l’euro entretient la confusion et le désarroi.

Une politique dans le cadre du capitalisme ou en rupture ?

Pour éviter les interprétations ou les caricatures le mieux est de citer comment un des dirigeants de l’Unité populaire expose la politique fondée sur la sortie de l’euro telle que Tsipras aurait dû la mettre en œuvre pour être fidèle à ses engagements et qui devrait être à la base du programme de l’UP.

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Stathis Kouvélakis écrit : « Oui, nous pensons qu’il faut nous préparer pour la sortie de l’euro. C’est absolument clair ! Le programme d’Unité populaire est finalisé, il sera rendu public à la fin de la semaine. La préparation de la sortie de l’euro est un point fondamental. Cette question comporte plusieurs aspects. Le premier, c’est évidemment la récupération de la souveraineté politique dans le cadre où un gouvernement se retrouve confronté à la sainte-alliance de toutes les puissances néolibérales. Dépourvu de l’outil monétaire, on l’a vu, nous sommes pris en otage par la BCE. Syriza l’a subi dès le 4 février… Deuxièmement, c’est un moyen pour permettre le redémarrage économique en assurant l’approvisionnement en liquidités. Ensuite, c’est un moyen extrêmement important sur la question de la dette : en passant par la monnaie nationale, la dette devient quasiment impayable, personne ne va accepter le remboursement d’une dette qui se retrouve libellée en une monnaie nationale. Cela nous place en position de force. Enfin, la dévaluation permet de relancer vigoureusement la croissance : tous les pays qui se sont retrouvés dans une situation de récession profonde n’ont pu redémarrer économiquement qu’avec une dévaluation monétaire. Le choix est simple, en réalité : c’est soit une dévaluation monétaire, soit la dévaluation interne, c’est-a-dire les plans d’ajustement structurel qui sont imposés pour faire baisser les salaires et les retraites, et qui écrasent le coût du travail. C’est sûr que la dévaluation monétaire crée un certain nombre de problèmes, mais elle crée aussi des opportunités : elle booste la production nationale, elle permet une substitution des importations par les exportations, elle rend les exportations plus compétitives… Certes elle peut être problématique là où il faut payer en devises fortes : les carburants, l’énergie, certains médicaments qui sont nécessairement importés – mais pas tant que ça, par parenthèse, la production nationale peut assurer une bonne partie… Tout cela ouvre des difficultés transitoires. Mais, en réalité, on le voit avec les économistes hostiles au néo-libéralisme, que ce soit Krugman ou Stiglitz, que ce soit Aglietta ou Lordon en France, le débat est tranché : le meilleur choix possible pour la Grèce, le seul viable en réalité, disent-ils, c’est le retour à une monnaie nationale, dans le cadre, bien sûr, d’une politique progressiste de relance qui peut gérer les problèmes. Il y aura des pressions inflationnistes, mais un gouvernement de gauche peut protéger les salaires dans ce contexte… »

Le même camarade répond à la question de savoir si la Grèce doit ou non, sortir de l’Union européenne en même temps que de l’euro «  Non, pas nécessairement. La question est susceptible de se poser, mais ce n’est pas automatique. Après tout, il y a dix pays de l’Union européenne qui ne sont pas dans l’euro. Ce n’est pas tranché pour nous… Ce que notre programme prévoit si la confrontation devait aller plus loin, c’est d’aller vers un référendum. Le gouvernement britannique le prépare, avec une orientation politique tout à fait éloignée de la nôtre, mais nous ne voyons pas pourquoi on ne pourrait pas se poser la question de notre côté. Mais le départ de l’Union européenne ne fait pas partie des objectifs d’Unité populaire. »

Sortir de l’euro tout en restant dans l’Union européenne, tout est mis cul pas dessus tête.

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Kouvélakis ne tire pas la leçon essentielle de la faillite de Tsipras et reste prisonnier des mêmes illusions partant en guerre contre l’euro et non contre les racines du problème, les rapports capitalistes, la domination de la bourgeoisie. Lafazanis, au lendemain des élections et de l’échec de l’Unité populaire, insiste pour faire de ce mot d’ordre la question principale, la ligne de démarcation.

Il y a là un piège.

Des illusions réformistes au souverainisme

La question centrale n’est pas la sortie de l’euro mais bien de répondre aux exigences du monde du travail, et donc l’attitude à avoir vis-à-vis de la dette insoutenable en Grèce mais aussi au niveau de l’ensemble des pays européen. La dette devient plus largement une des questions centrales face à la crise économique mondiale qui repose sur un océan de dettes et de créances douteuses tant privées qu’étatiques. Décréter un moratoire unilatéral, l’annulation de la dette sont les mesures immédiates que devrait prendre un gouvernement des travailleurs, un gouvernement anticapitaliste soucieux de répondre aux exigences des classes populaires.

Prendre ces mesures radicales n’implique nullement, automatiquement, la sortie de l’euro mais bien d’œuvrer à un affrontement immédiat au niveau européen non pour renégocier les traités mais pour construire une autre Europe.

Il ne s’agit pas comme le propose l’appel pour le plan B de commencer par un plan…A, renégocier dans le cadre de l’union européenne puis, si échec, rompre avec elle. Notre démarche est celle d’une stratégie de transformation révolutionnaire au niveau de l’Europe, celle de Mélenchon est une stratégie au mieux réformiste combinant le respect des institutions européennes et le repli national.

Préconiser la sortie de l’euro peut sembler plus radical mais cela reste dans cadre du même raisonnement réformiste, reste dans le cadre des institutions. On ne prend pas le mal à la racine, les rapports capitalistes.

Qui peut imaginer que la sortie de l’euro permettrait à la Grèce d’échapper au marché mondial et à l’emprise des banques ?

La sortie de l’euro n’épargnera nullement à la Grèce de continuer à payer sa dette. Contrairement à ce que prétend Kouvélakis, la sortie de l’euro n’annulerait pas automatiquement la dette bien au contraire. Si la dette devait être remboursée en euros, son poids réel (en drachmes) s’alourdirait en raison de la dévaluation.

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Si la sortie s’accompagnait d’une annulation, totale ou partielle, de la dette, le gouvernement aurait besoin de soutenir le taux de change de sa nouvelle monnaie et devrait emprunter dans la zone euro ou ailleurs. La drachme serait l’objet de spéculation auxquelles elle pourrait difficilement résister.

Kouvélakis nous dit que la sortie de l’euro entraînerait une dévaluation qui permettrait des gains de compétitivité qui équilibrerait le commerce extérieur de la Grèce. Peut-être mais au détriment des salariés.

C’est oublié la dépendance de l’économie grecque qui doit importer des produits alimentaires, de médicaments et de pétrole (dont les prix seraient alourdis par la dévaluation). On voit bien que les premières victimes de cette dévaluation compétitive seraient les salariés. Aucun « gouvernement de gauche » ne pourrait s’opposer à la logique du marché, des banques et des spéculateurs, pas plus que Tsipras ne l’a fait, surtout s’il reste replié sur ses frontières. Ce n’est pas une question de bonne ou mauvaise volonté mais de rapport de force.

Et il n’est pas possible de raisonner comme s’il n’y avait pas de bourgeoisie grecque dont la seule préoccupation est de sauver ses banques et de rétablir ses profits. Comme l’écrit Jean Marie Harribey « En faisant de la devise l’alpha et l’oméga de la question grecque, on fait totalement l’impasse sur les rapports de classe internes à la société grecque. Or, la sortie de l’euro, en tant que telle, ne remet pas en cause la structure oligarchique. »

La nationalisation des banques, la réquisition de la banque centrale seraient des moyens de résister et de contrôler, mais de telles mesures exigent un rapport de force, une mobilisation des salariés. Elles ne nécessitent pas une sortie de l’euro mais une politique de classe, internationaliste offensive vis à vis des travailleurEs de l’ensemble des pays d’Europe.

Certes la conquête du pouvoir par les travailleurs et les classes populaires ne sera pas synchrone mais comment imaginer une crise révolutionnaire même dans un petit pays comme la Grèce sans qu’elle s’inscrive dans un mouvement au niveau européen et qu’elle permette d’entraîner les autres peuples.

Personne n’est en mesure de prévoir les rythmes du processus révolutionnaire, rien n’exclue une phase de retour sur les frontières nationales mais même dans une telle situation rien ne préjuge de la monnaie qu’utiliserait un gouvernement des travailleurs. La drachme est tout aussi bourgeoise que l’euro ! Tout dépendra du rapport de force, de ce que le pays le plus engagé dans le processus révolutionnaire pourra imposer à la BCE.

Tout le problème est que les partisans de la sortie de l’euro, même à gauche, ne raisonnent pas dans une telle perspective internationaliste et d’intervention directe des classes exploitées. La campagne de l’Unité populaire en est la démonstration et peut-être est-ce un des facteurs qui l’ont marginalisée comme l’expliquent nos camarades de DEA.

« La sortie de l’euro est presque toujours présentée comme une sorte de baguette magique permettant d’échapper à la domination du capitalisme financier, ainsi qu’aux contradictions internes entre capital et travail,écrit Michel Husson . Comme si la sortie de l’euro équivalait à la sortie des politiques néo-libérales. Les grandes firmes et les riches Grecs vont-ils par miracle cesser leur évasion fiscale à grande échelle? Les armateurs grecs vont-ils par miracle accepter de financer les retraites?

Cette fixation sur la question de la monnaie est donc dangereuse dans la mesure où elle fait passer au second rang toute une série d’enjeux qui ont à voir avec des rapports de classes qui ne s’arrêtent pas aux frontières. La Grèce n’est pas une «nation prolétaire» soumise au joug de l’euro, c’est une formation sociale structurée par des rapports de classe. Le total cumulé des fuites de capitaux depuis 10 ans est du même ordre de grandeur que le total de la dette grecque, cela n’a rien à voir avec l’euro et le retour à la drachme n’y changerait rien. Il permettrait même aux évadés fiscaux de rapatrier une partie de leurs capitaux en réalisant une plus-value proportionnelle au taux de dévaluation. »

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La sortie de l’euro n’est pas le programme de la classe ouvrière. Elle ouvre la porte au dérive souverainiste illustrée par Sapir et son «  « Front de libération nationale » avec la droite jusqu’au FN. » qui soutient qu’ «en réalité, aucun changement de l’UE de l’intérieur n’est possible. La « Gauche Radicale » doit se fixer comme objectif premier la rupture, au moins avec les institutions dont le contenu semi-colonial est le plus grand, c’est-à-dire l’Euro, et elle doit penser ses alliances politiques à partir de cet objectif. Pour elle, l’heure des choix est arrivée; il faudra rompre ou se condamner à périr. » On voit bien le piège et les idées ont des logiques imparables si on ne garde pas une boussole sure, l’indépendance de classe.

Cette fétichisation de la monnaie ne peut être un programme pour le mouvement ouvrier. Elle dévoie les enjeux de la lutte vers une logique nationale-monétaire en semant des illusions dangereuses.

Quand le fétichisme monétaire aveugle

Celles et ceux qui considèrent la sortie de l’euro comme la mère des batailles sont prisonniers d’une vision déformée des choses qui consiste à faire de la monnaie, qui n’est qu’un instrument, l’origine et la cause des problèmes. Allant parfois jusqu’à lui prêter une volonté propre ! C’est ce que Marx appelait le « fétichisme monétaire » cette perception des rapports sociaux à travers le prisme déformant de la monnaie. L’argent est “la confusion et la permutation universelle de toutes choses, donc le monde à l’envers” écrit-il dans les Manuscrits de 44.

Au lieu de penser leurs relations entre eux telles qu’elles s’organisent dans les rapports sociaux, en l’occurrence le rapport d’exploitation capitaliste, les hommes sont dominés par les produits de leur travail devenus des marchandises qui s’échangent entre elles sans qu’ils ne comprennent comment. La loi de la valeur décrypte ce mystère en nous expliquant qu’en dernière analyse cet échange se fait en fonction du temps de travail socialement nécessaire à la production des marchandises, donc aux conditions précises de la production à un moment donné. Comme dit Marx, si l’on perd de vue la loi de la valeur, « les tables se mettent alors à danser » avec comme chef d’orchestre ce qui était à l’origine une marchandise particulière servant d’équivalent général entre les différentes marchandises, la monnaie, aujourd’hui simple bout de papier ou impulsion électronique…

Si bien que pour trouver une analogie, nous devons nous échapper vers les zones nébuleuses du monde religieux. Dans ce monde-là, les produits du cerveau humain semblent être des figures autonomes, douées d’une vie propre, entretenant des rapports les unes avec les autres et avec les humains. Ainsi en va-t-il dans le monde marchand des produits de la main humaine. J’appelle cela fétichisme” écrit Marx dans Théorie de la plus-value.

Il nous faut retomber sur nos pieds, le terrain de la production et de la lutte de classe, là où la plus-value se produit et se partage, là où se joue fondamentalement le rapport de force. Et il s’agit de décrypter à travers les données économiques et monétaires les rapports de forces qui se négocient et se jouent au sein des classes dominantes comme entre elles et le prolétariat.

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Ce fétichisme de la monnaie s’accompagne d’une compréhension des rapports politiques et du pouvoir des classes dominantes faussée, idéaliste comme si celles-ci décidaient en fonction de leur libre arbitre de construire ou pas l’Europe, comme si elles échappaient au déterminisme historique certes, relatif, certes pas mécanique, ouvert mais néanmoins bien réel, comme à leurs propres contradictions.

L’Europe n’est pas une simple construction voulue par les classes dominantes, elle est une réalité historique, sociale et politique, en fonction de laquelle elles doivent agir, apporter des réponses, avoir une politique. Elles l’ont divisée, morcelée en fonction de leurs intérêts en taillant dans la chair des peuples pour ériger des frontières par les guerres, en divisant et en dressant les peuples les uns contre les autres. Elles sont aujourd’hui incapables de se dégager de leur propre passé et retrouvent vite leur fond xénophobe et chauvin, leur égoïsme national comme le montre leur attitude face à la crise des migrants.

L’unification de l’Europe se fera contre eux à travers un processus révolutionnaire où les peuples reprendront leur destin en main pour construire leur Europe progressiste, démocratique pour participer à la marche de l’Humanité vers le socialisme.

La nécessaire stratégie révolutionnaire, le plan R

En réalité, la discussion n’est pas une discussion entre économistes qui le plus souvent ignorent la question centrale, celle du processus révolutionnaire, son programme. Ce processus n’est pas pour demain ou un jour, peut-être, il est déjà engagé à travers les bouleversements et les rapports de force actuels.

Avoir une politique du point de vue du prolétariat, de ses mobilisations dans ce processus devrait être l’objet de la discussion.

Sinon, nous ne discutons pas de la même chose.

A la question « Peut-on imaginer une mobilisation européenne pour en finir avec le carcan de la zone Euro ? » Samy Joshua répond : « La réponse est malheureusement négative pour la période à venir. La déconnexion des rapports de force et des opinions publiques est une donnée constitutive de celle-ci. En particulier par le poids acquis par l’Allemagne ordolibérale, ceci avec l’aval, pour l’essentiel, des autres puissances majeures, dont la France. Il en découle que la rupture ne peut s’engager qu’à l’échelle d’un pays d’abord (peut-être d’un groupe de pays). Il en découle aussi que la confrontation avec les institutions de la Zone Euro ne peut que prendre la forme d’une combinaison de conflits de classe d’un côté, et de l’autre des affrontements entre gouvernements et entre États. »

Cela a le mérite de la franchise. L’hypothèse d’une intervention des classes ouvrières est écartée au nom d’un raisonnement qui se veut objectif mais qui exprime en fait une opinion politique : il n’y a rien de possible hors de la voie institutionnelle et réformiste qui débouche sur le pan B puisque le plan A échouera nécessairement comme le démontre le 13 juillet…

Une telle politique est une impasse, un échec annoncé qui ouvrira la porte aux forces les plus réactionnaires.

C’est bien pourquoi nous ne pouvons souscrire au « sommet internationaliste pour le plan B » démarche engagée par Mélenchon avec pour horizon…2017 !

Notre politique se situe résolument dans la seule hypothèse qui représente une issue, le plan R comme révolutionnaire.

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Ce plan a pour point de départ la lutte concrète contre les politiques d’austérité, leurs effets concrets, la défense des droits des travailleurs, les salaires, le partage du travail entre toutes et tous, contre les privatisations.

Ces luttes et mobilisations débouchent sur les questions politiques clés, la dette, les banques, un monopole public bancaire et la socialisation des grandes entreprises, la question du pouvoir des travailleurs sur la base de l’auto-organisation.

Avant même la conquête du pouvoir, dès aujourd’hui, les organisations ouvrières ont à poser la question au niveau européen pour préparer les prochains développements de l’affrontement, engager un processus révolutionnaire débouchant sur une Assemblée constituante des peuples pour balayer et remplacer les vieux traités capitalistes par une constitution des États socialistes d’Europe.

Et ces derniers décideront de la monnaie qui servira à leurs échanges du moins tant que le marché continuera à les réguler sous le contrôle de la population et de son État.

A travers ce processus qu’elles seront les étapes, les rapports avec les vieux États bourgeois bousculés par les masses, y-aura-t-il un moment de rupture unilatérale d’un pays, d’un groupe de pays ? Personne ne peut le dire, tout cela est à écrire. Mais dire aujourd’hui, il faut sortir de l’euro, c’est tourner le dos à la bataille.

Nous ne sommes pas en mesure de prévoir les étapes de cette bataille mais nous avons à travailler à une vision globale, une stratégie qui nous permettent d’avoir une boussole, un plan, des capacités de manœuvres dans une perspective d’ensemble qui permet d’unifier les mobilisation, de leur donner un objectif politique.

Nous avons à travailler collectivement à imaginer les processus révolutionnaires au niveau européen. L’arène de nos luttes est l’Europe.

« La révolution… doit laisser les morts enterrer leurs morts pour réaliser son propre objet. Autrefois, la phrase débordait le contenu, maintenant, c’est le contenu qui déborde la phrase » comme ces propos de Marx sonnent juste quand on voit les révolutionnaires eux-mêmes se débattre dans les contradictions monétaires et de souveraineté…

Le 24/09/2015

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Chaines


Nous relayons ici un texte du Parti Communiste InternationaI, publié dans son journal « Le Prolétaire » à propos de la politique de SYRIZA ou comment la gauche radicale qui se propose de dompter le capitalisme n’est en définitive qu’un réformisme, un nouvel allié du Capital dont il assure la survie.

Une leçon à tirer pour ceux, ici et ailleurs qui nourrissent l’illusion que le capitalisme pourrait être amendé, voir défait simplement par le vote et la mobilisation citoyenne.


A l’issue d’une énième séance marathon « historique » de négociations bruxelloises entre le gouvernement grec et ses créanciers, un accord « définitif » a été une nouvelle fois trouvé pour « résoudre » la crise grecque : le premier ministre grec Tsipras et son équipe ont fini par accepter, comme condition de nouveaux crédits à l’Etat grec virtuellement en faillite, un plan de mesures d’austérité sensiblement plus dur que celui qu’il avait refusé une semaine auparavant et contre lequel il avait, soi-disant, organisé un référendum ! Le seul point apparemment où il a obtenu quelque chose de concret, c’est celui de la réduction des dépenses militaires : les créanciers ont accepté qu’elle soit moins forte que ce qu’ils demandaient…

Trahison de Tsipras ?

Beaucoup, y compris parmi les courants dits d’ « extrême gauche » qui affirmaient n’avoir aucune illusion sur Syriza et son gouvernement, crient à la trahison de Tsipras. Mais ne peuvent se sentir trahis, que ceux qui prenaient pour argent comptant les discours démagogiques de ce parti et de son chef.
Syriza, qui se qualifie de parti de la « gauche radicale », n’est en réalité pas différent qu’un parti réformiste classique : il ne veut pas abattre le capitalisme, mais l’améliorer, le réformer : son rêve est celui de tous les réformistes, le rêve d’un capitalisme à visage humain, celui de tous les collaborationnistes, le rêve de la collaboration fraternelle entre tous les citoyens ou au moins l’écrasante majorité d’entre eux. Mais il y a le rêve et il y a la réalité ; et dans la réalité, on ne peut changer le capitalisme – seules quelques réformes de détail étant possibles, et encore à condition qu’elles ne coûtent pas grand chose –, on le combat ou on s’y soumet !

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N’ayant jamais eu l’intention de combattre le capitalisme, Syriza ne pouvait que se soumettre à lui et soumettre les travailleurs qui lui font confiance. Porté au pouvoir en prétendant qu’il allait mettre fin à l’austérité et à la crise économique qui frappe les prolétaires et certaines couches petite-bourgeoises, Syriza incarnait l’illusion qu’un simple changement de gouvernement, obtenu tranquillement et pacifiquement par la démocratique voie électoral, et il pouvait amener une amélioration significative de la situation des masses. La constitution de son gouvernement sur la base d’une alliance avec un parti d’extrême-droite, militariste et pro-religieux (Anel) aurait suffit à dissiper les éventuels doutes sur la nature « radicale » de Syriza.

Cependant pendant de longs mois, le gouvernement a mené la comédie de la défense des travailleurs face aux créanciers du pays, qu’il prétend pouvoir convaincre de renoncer à une partie de leurs exigences et d’accorder de nouvelles aides financières ; alors que la situation des prolétaires et des masses travailleuses ne cessait de se dégrader, il y a eu alors une véritable trêve sociale en partie à cause des coups ininterrompus subis par les prolétaires depuis ces dernières années, mais aussi à cause des espoirs que beaucoup nourrissaient envers Syriza.

Mais, en réalité, les négociateurs grecs défendaient en premier lieu les intérêts du capitalisme national et pas ceux des prolétaires ou de la population ; en témoigne le fait qu’ils ont finalement plus facilement accepté les mesures antisociales et anti-prolétariennes que celles qui lèsent des intérêts capitalistes particuliers (ils ont par exemple défendu bec et ongles le statut privilégié des armateurs au regard de l’impôt, les dépenses militaires ou un le maintien d’un taux de TVA bas sur les activités touristiques) ; les mesures d’austérité imposées pour rembourser les créanciers ont eu des conséquences terribles pour l’économie en général, entraînant la disparition de milliers d’entreprises : une politique de relance économique et non plus d’austérité est donc demandée par de nombreux capitalistes.

Mais les négociations et les accords entre bourgeois ou entre Etats bourgeois – y compris quand ces Etats sont des « partenaires » au sein d’une « union » ! – ne se fondent que sur des rapports de force. Le chétif capitalisme grec n’avait guère la force de résister bien longtemps aux exigences des grands capitalismes européens, surtout lorsque son Etat est au bord de la faillite.

Placé fin juin par les créanciers devant un quasi ultimatum d’accepter leur plan, le gouvernement Tsipras répliquait par l’organisation d’un référendum sur ce plan, en appelant à voter non. Alors que cette décision était saluée avec enthousiasme par toute une partie de la gauche et de l’extrême gauche européenne qui y voyait la possibilité qu’un « peuple » refuse démocratiquement l’Europe de l’austérité et de la finance, etc., voire qu’il sorte du « carcan de l’euro », Tsipras précisait clairement que ce référendum était organisé, non pour rompre avec les créanciers, mais pour continuer les négociations avec eux, dans une position qui serait renforcée par le suffrage universel.

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Dans la campagne pour le oui se sont retrouvés les partis bourgeois traditionnels (les socialistes du Pasok et la droite de la Nouvelle Démocratie) ou non (les centristes de To Potami), les organisations patronales mais aussi les directions syndicales du secteur privé, les grands médias, etc., appuyés par les gouvernements européens. Les partisans du non regroupaient, outre Syriza, les néo-fascistes d’Aube Dorée et les petites formations d’extrême gauche, y compris une partie des anarchistes. Le Parti Communiste Grec (KKE) refusait de participer à la campagne pour le non : en affirmant – avec raison– que les propositions du gouvernement ne valaient pas mieux que celles des créanciers ; il appelait au vote nul (l’essentiel, c’est de voter !) moyen selon lui d’exprimer un « double non » à ces deux propositions et défendre sa propre perspective nationaliste de sortie de l’UE.

La suite est connue : les partisans du non ont obtenu une victoire retentissante (prés de 60% de non, 6 % de votes blancs ou nuls, le oui ne recueillant que 36% des suffrages ; le nombre d’abstentions, en baisse, étant de 38%) ; la grande place Syntagma d’Athènes a vu des scènes de liesse d’électeurs persuadés d’avoir infligé un coup sévère aux partisans de l’austérité et notamment aux vieux partis qui se sont succédés au gouvernement tout au long de ces dernières années. Les formations de la gauche radicale européenne célébrèrent également cette victoire électorale ; nous donnerons comme seul exemple les déclarations de Rifondazione Comunista en Italie, mais nous aurions pu citer celles identiques du Front de Gauche français, du Podemos espagnol, etc. : « La victoire du Non en Grèce représente la victoire de la démocratie et de la dignité du peuple grec contre le terrorisme financier de la troïka. Il s’agit d’un résultat historique pour la Grèce et les peuples européens ». [1]

Quelques heures à peine après cette victoire historique de la démocratie, le premier ministre Tsipras, après avoir écarté son ministre de Finances, au ton trop revendicatif, réunissait tous les partis parlementaires, de droite comme de gauche, à l’exception d’Aube Dorée ; tous, sauf le KKE, lui accordaient leur soutien total pour négocier avec les créanciers le maintien de la Grèce dans la zone euro… sur la base du plan proposé par ceux-ci ! Battu à plate couture dans les urnes, le oui triomphait ainsi dans les faits ! Il serait difficile d’imaginer une démonstration plus éclatante de l’inanité des illusions électorales et du rôle de désorientation du cirque électoral…

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En recueillant l’assentiment des vieux partis bourgeois traditionnels, Syriza devenait le représentant d’une véritable union nationale, le défenseur des intérêts de toute la bourgeoisie grecque face aux Européens.
Les déclarations d’intention ne suffisant pas, les négociateurs grecs présentèrent à Bruxelles un plan précis et détaillé, rédigé sous la houlette de hauts fonctionnaires français, qui acceptait tous les points dénoncés une semaine auparavant comme étant un ultimatum. Mais lorsque commencèrent les séances de négociations, ce plan fut rejeté par les représentants allemands, qui en présentèrent un autre, fondé sur l’expulsion –pour 5 ans– de la Grèce de la zone euro, car, selon eux, la « confiance » dans le gouvernement grec n’existait plus : pour les capitalistes, la confiance se base sur la soumission.
Il fallut d’interminables et âpres négociations pour que les dirigeants allemands abandonnent cette perspective et acceptent le maintien de la Grèce dans la zone monétaire européenne, en lui infligeant en contrepartie des mesures drastiques et humiliantes pour les dirigeants grecs qui devaient payer pour avoir essayé de leur tenir tête.
En bons larbins réformistes, les représentants grecs acceptèrent finalement tout ce qu’on leur demandait ; ce n’était pas une capitulation, car le gouvernement Tsipras avait déjà capitulé en réalité avant même le début des négociations, alors que, électoralement victorieux, il avait été adoubé par tous les partis, en particulier par ceux qui avaient appelé à voter oui ; capitulation non pas par rapport à une défense des intérêts des prolétaires et des masses pauvres qui n’a jamais été l’objectif véritable de Syriza, mais par rapport au refus d’accepter toutes les exigences des créanciers et de renoncer à obtenir un allégement du fardeau de la dette.

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Nous avions écrit que « le gouvernement Syriza-ANEL n’a pas d’alternative : il lui faudra se soumettre aux pressions des Etats bourgeois plus puissants s’il ne veut pas être éjecté de la zone euro, ou remplacé par un gouvernement plus compréhensif. (…) Syriza se trouve placé dans l’inconfortable situation d’avoir à choisir entre s’attaquer ouvertement aux intérêts des prolétaires et des masses travailleuses, ou à ceux du capitalisme ; et comme tous les partis réformistes, qui sont indissolublement liés à la défense du mode de production capitaliste, elle ne pourra que s’attaquer aux travailleurs, en profitant de la confiance que ces derniers lui portent. C’est le rôle que lui assigne la bourgeoisie, grecque et internationale, qui ne tolérera son gouvernement qu’aussi longtemps qu’il le remplira. » [2]
Il n’a pas fallu attendre bien longtemps la démonstration de cette facile prévision. Il paraît d’ailleurs que lors des dernières négociations, certains Etats et certaines « institutions » ont menacé d’obliger à la formation d’un nouveau gouvernement, peut-être d’un « gouvernement technique », si les dirigeants grecs rechignaient à accepter les conditions demandées par les créanciers. Mais d’autres ont probablement fait valoir que Tsipras et ses partisans, renforcés par leur « victoire » électorale, étaient les mieux à même de faire avaler l’amère pilule aux masses prolétariennes : c’est précisément à cela que sert la démocratie.

Contradictions inter-impérialistes

Les négociations de Bruxelles ont été particulièrement houleuses, voyant s’affronter deux groupes de pays à propos du sort réservé à la Grèce : d’un côté,l’Allemagne avec ses alliés des pays du Nord qui préconisaient la sortie du pays de la zone euro, de l’autre la France, soutenue par Chypre et l’Italie, qui y étaient opposés. Certains ont voulu y voir l’opposition de deux conceptions de l’Europe : d’un côté les partisans de l’orthodoxie financière et du respect des traités, de l’autre les partisans de la solidarité entre les peuples.

La réalité est bien différente ; en « défendant la Grèce » contre les représentants allemands, Paris ne défendait pas le « peuple » grec et encore moins les prolétaires grecs : le projet présenté par le gouvernement grec et rédigé en collaboration avec des responsables français reprenait toutes les mesures anti-ouvrières et antisociales demandées par les créanciers européens. Au cours des négociations, le ministre français des Finances utilisa l’argument que si la Grèce quittait la zone euro, elle ne pourrait pas rembourser sa dette ; mais le plus inquiétant pour Paris et Rome était qu’une sortie de l’euro aurait risqué d’entraîner des troubles économiques dans la zone, portant un coup sévère aux maigres espoirs de redémarrage de la croissance en France et en Italie. La prétendue « défense de la Grèce » n’était que la défense des intérêts capitalistes nationaux français et italiens !

La position des dirigeants allemands était différente parce que la bonne santé de leur économie lui aurait permis d’absorber sans trop de peine le choc d’un « Grexit » (sortie de la Grèce de l’euro) ; ce qui les préoccupait davantage, au delà de la perspective peu riante d’accorder à fonds perdus des crédits supplémentaires à la Grèce, c’était de créer un précédent qui pourrait demain être invoqué par des gouvernements d’autres pays beaucoup plus gros, par l’exemple l’Espagne ; d’où leur volonté, si le Grexit n’avait pas lieu, d’infliger des conditions punitives à la Grèce afin que cela serve d’avertissement pour ceux qui seraient tentés de l’imiter…

Enfin les Etats-Unis firent pression sur l’Allemagne pour que la Grèce ne soit pas éjectée de la zone euro et que sa dette soit réduite. [3] Cela correspond à leur position traditionnelle consistant à pousser les Européens à abandonner les politiques d’austérité et à adopter des mesures de relance économique, afin qu’ils jouent un rôle de locomotive d’une croissance mondiale en ralentissement ; mais dans ce cas précis, leur position s’explique principalement par le souci d’éviter qu’un membre de l’OTAN occupant une position stratégique-clé, soit plongé dans un marasme économique qui affaiblirait ses capacités militaires. Cependant les Etats-Unis ne voulurent pas s’immiscer directement dans les négociations, comme le leur demandait Tsipras, le prétendu représentant de la « gauche radicale », qui espérait trouver un appui solide dans l’impérialisme américain…
Aucun de ces Etats ne pouvait se soucier de la situation des prolétaires et des masses grecques parce que tous ont pour fonction de défendre le mode de production capitaliste contre leurs propres prolétaires et ceux des pays qu’ils dominent !

Tous les Etats bourgeois et toutes les classes possédantes sont les ennemis des prolétaires
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Les prolétaires grecs ont reçu une dure leçon dont les enseignements, conformes au marxisme, sont valables pour les prolétaires du monde entier : il est impossible de se défendre contre les attaques capitalistes, qu’elles soient menées par leurs propres capitalistes ou, au nom des intérêts supérieurs du capitalisme, par des capitalistes étrangers, en se fiant aux mécanismes de la démocratie parlementaire ; le bulletin de vote n’est qu’un chiffon de papier qui ne peut en aucune façon primer sur les intérêts bourgeois et résoudre les contradictions sociales. Un prétendu « vote de classe », comme celui en faveur du non salué par l’extrême gauche européenne, n’est qu’une triste illusion : la lutte de classe ne se déroule pas dans l’enceinte des parlements, mais dans les usines, dans les entreprises et dans la rue. On ne peut adoucir les exigences capitalistes en essayant d’émouvoir les bourgeois par la description des souffrances des populations, comme paraît-il le faisaient, en ne suscitant que des haussements d’épaules, les négociateurs grecs à Bruxelles – d’accord pour faire souffrir les prolétaires mais pas trop quand même !

Les prolétaires ne doivent pas s’attendre à de la pitié ou de la commisération des capitalistes et de leurs valets, mais seulement à des coups ; ces coups peuvent sans doute être plus ou moins brutaux, mais ce n’est là qu’une différence de degré due à une différence de méthode : la méthode réformiste est plus douce pour éviter dans la mesure du possible qu’éclatent des affrontements sociaux. Mais lorsque les intérêts bourgeois sont trop urgents la méthode réformiste emprunte aussitôt la voie des diktats et, lorsque les affrontements menacent, la voie de la violence et de la répression : Tsipras n’est que l’énième exemple.

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Le « plan de sauvetage » finalement conclu à Bruxelles, avec tous les sacrifices qu’il impose aux prolétaires et aux masses (augmentation de l’âge de la retraite jusqu’à 67 ans pour certains et réduction des pensions des agents de l’Etat, nouvelles coupes dans les mesures sociales, augmentation des prix et des taxes etc.), mais également à certaines couches de la petite et moyenne bourgeoisie, avec les restrictions de souveraineté imposées à l’Etat grec (au grand scandale des nationalistes d’« extrême gauche »), ne résoudra pas les problèmes qu’affronte le capitalisme grec ; selon nombre d’économistes, il les aggravera au contraire en accentuant la dépression économique que celui-ci connaît depuis plusieurs années. C’est en tout cas l’avis du FMI, qui après avoir pesé de tout son poids pour le faire admettre par le gouvernement d’Athènes, estimait dans un rapport publié le 14 juillet, mais connu des responsables européens lors des négociations, que ce plan était non viable si les Etats européens n’acceptaient pas de réduire ou de supprimer la dette due par les Grecs – ce qu’ils ont obstinément refusé ! De nouvelles crises grecques sont donc inévitables, avec leurs lots de mesures anti-ouvrières…

La crise grecque n’est que la manifestation extrême de la crise générale du capitalisme en Europe et dans le monde ; c’est pourquoi l’alternative, tout aussi bourgeoise, d’une sortie de la zone euro et/où de l’Union européenne, ne peut pas être une solution pour les prolétaires. Ce qui est possible pour un puissant Etat impérialiste comme la Grande-Bretagne : fonder sa prospérité sur une monnaie indépendante et envisager de quitter l’UE, ne l’est pas pour le faible capitalisme grec ; les lois impitoyables du marché capitaliste où, par temps de crise, ne surnagent que les plus forts, s’appliqueraient à elle avec peut-être encore plus de violence si la Grèce quittait l’alliance capitaliste qui s’appelle Union Européenne. Le capitalisme grec, privé ou d’Etat, devrait extorquer encore plus férocement de la plus-value à ses prolétaires au nom de la défense de la patrie, en réalité pour résister à ses concurrents sur le marché mondial.
Il n’existe pas de solution bourgeoise à la dégradation des conditions de vie et des prolétaires qui, d’une manière plus ou moins prononcée, se vérifie dans tous les pays. Les partisans de la collaboration entre les classes, qu’ils appartiennent à la dite « gauche radicale » ou au « réformisme » traditionnel, ne peuvent que collaborer à cette dégradation parce que la collaboration entre les classes signifie soumission à la classe dominante : ce n’est pas un hasard si Pablo Iglesias, le leader de Podemos espagnol, a approuvé la conduite de Tsipras…

Pour la reprise de la lutte de classe, Pour la constitution du parti de classe international !

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Pour les prolétaires il n’y a pas d’autre solution que de rompre avec la collaboration de classe et tous les partis et syndicats qui la soutiennent, et de prendre la voie de la lutte de classe anticapitaliste. Il n’est possible d’affronter et de vaincre les capitalistes et leur Etat que par la lutte ouverte, en adoptant les méthodes, les moyens et les buts classistes : défense intransigeante des seuls intérêts prolétariens, organisation indépendante de classe, tant sur le plan de la lutte de défense immédiate que de la lutte anticapitaliste plus générale, constitution du parti politique de classe, internationaliste et international, en liaison avec les prolétaires de tous les pays, pour diriger la lutte jusqu’à la victoire révolutionnaire.
Cette voie n’est pas facile, mais c’est la seule réaliste, alors que les faits ont démontré une nouvelle fois que la voie réformiste et électoraliste, collaborationniste et nationaliste, n’est qu’une mortelle utopie, qui ne sert que la bourgeoisie.

Parti Communiste International, le 18 Juillet 2015.

[1] http://www.rifondazione.it/primapag…
[2] Prise de position du 27/4/2015, http://www.pcint.org
[3] Le ministre de Finances allemand a répondu en faisant allusion à la situation de Porto-Rico : ce petit Etat, qui a le statut d’« Etat associé » aux Etats-Unis est, lui aussi, virtuellement en faillite, mais Washington refuse de le secourir.

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