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Archives Mensuelles: janvier 2015


union sacrée-1Exécutions à Charlie Hebdo. 

Contre tous les réactionnaires : 

Nous Sommes Révolutionnaires

 Nous reproduisons ci-dessous la déclaration de l’OCML-Voie Prolétarienne (Organisation Communiste Marxiste Léniniste) qui va beaucoup plus loin dans l’analyse politique que la plupart des organisations officielles.

Cette déclaration est suivie de celle du syndicat CNT-SUB et d’un article de notre camarade Robert BIBEAU.

Nous ne pensons pas que le terrorisme quel qu’il soit et d’où qu’il vienne puisse être une voie d’émancipation. En l’occurrence, si la piste de l’islamisme politique se confirme, il s’agit d’une des pires idéologies réactionnaires, un fascisme religieux parmi d’autres prônant l’asservissement individuel et collectif.

Les organisations terroristes sont souvent des jouets entre les mains des Etats impérialistes destinées à terroriser les populations et permettre à ces mêmes Etats de renforcer la dictature du Capital autour de l ‘Etat, de l’unité nationale et du consensus républicain.

Les moyens policiers et militaires mis en œuvre témoignent de ce renforcement et l’on peut parier qu’ils donnent de l’eau au moulin fasciste.

L’état bourgeois dans un système en crise n’a pas d’autre choix que de recourir à la violence. Ainsi, si le capitalisme a développé un certain universalisme, il l’a fait contradictoirement dans les plus extrêmes violences, destructions et désappropriations.

Les guerres mondiales, coloniales et néocoloniales actuelles sont les fruits de cette mondialisation mais aussi du pourrissement des Etats bourgeois qui n’hésiteront pas à recourir à des moyens dictatoriaux pour écraser les prolétaires qui sont en plein désarroi.

 

Alors il n’y a qu’une solution : transformer les luttes sans lendemain en luttes générant une force organisée de classe capable d’en finir avec le règne de la bourgeoisie.

C’est au regroupement et à l’offensive des communistes que nous appelons dès aujourd’hui.

Bureau de l’AAM – 8 janvier 2015


 

Déclaration de l’OCML Voie Prolétarienne, le 07 janvier 2015

Ce qui vient de se produire à Charlie Hebdo est terrible. Nous sommes consternés par ces morts tragiques et l’assassinat des journalistes et des employés de Charlie Hebdo. Nos premières pensées vont aux familles, aux proches, et leurs collègues.

Nous sommes incrédules et choqués par cette exécution. Nombre d’entre nous se souviennent des débuts de Wolinski dénonçant les réactionnaires gaullistes ou d’un Cabu raillant les « beaufs » machos et racistes. Pour autant nous ne partageons pas la ligne de Charlie Hebdo, servant des stéréotypes racistes, sexistes et homophobes. Ce glissement est l’un des symptômes du repli « communautaire blanc » d’une partie des Français, particulièrement de la petite-bourgeoisie, qui, déboussolée par l’instabilité du monde, cultive le repli sur soi et la peur de l’autre.

Nous sommes incrédules et choqués par le climat d’agitation, largement entretenu par les médias, autour des thèmes favoris de l’extrême droite de la prétendue « islamisation » de l’Europe. Nous condamnons les récupérations racistes, qu’elles soient anti-arabes, antimusulmanes ou anti-immigrés.

Nous sommes incrédules et choqués par les appels à « l’Union Nationale » pour la défense de la République, main dans la main, toutes tendances politiciennes confondues. Aucune union n’est possible quand la démocratie n’existe que pour les dominants et les exploiteurs, aujourd’hui rassemblés dans la lutte contre le « terrorisme ».

Union sacrée-2

L’Union Sacrée

Nous sommes incrédules et choqués du silence sur la responsabilité de l’impérialisme, dans le développement actuel de groupes réactionnaires terroristes, qui profitent de la déstabilisation des occupations et interventions militaires impérialistes en Afrique et au Moyen-Orient.

Incrédules et choqués, nous restons déterminés à dénoncer tous les crimes réactionnaires, et les morts tombés sous les coups des racistes, des fascistes et des balles policières, à Kobané, à Gaza, à Ferguson comme à Paris. Car nous n’avons pas l’indignation sélective.

Incrédules et choqués, plus que jamais, nous affirmons que la seule alternative à la barbarie est la lutte pour la révolution socialiste ! La crise mondiale de l’impérialisme s’aggrave sur tous les plans. La guerre économique mondialisée s’intensifie. Mais c’est aussi une crise des idées, des projets, du futur. Nous vivons une période de confusion où les peuples cherchent une issue. Pour nous, le futur est du côté des luttes populaires et révolutionnaires, comme en Inde, aux Philippines, mais aussi en Europe sous des formes différentes, en Grèce et en Espagne, dans les pays arabes, au Kurdistan…

Les responsabilités de toutes celles et ceux qui se disent communistes, révolutionnaires, antifascistes ou progressistes est de ne pas laisser le champ libre à toutes les variantes réactionnaires, qu’elles que soient leur étiquette.

Charlie

L’attentat à Charlie Hebdo n’est qu’un moment de l’accentuation de cette crise, et il faut s’attendre à d’autres éclats et soubresauts tragiques. Pour ne pas les subir seuls, pour mieux comprendre la situation actuelle (et les enjeux qu’elle porte), il nous faut plus que jamais nous regrouper.

Pour construire un autre futur,  Nous Sommes Révolutionnaires

 


http://www.cnt-f.org/subrp/spip.php?article696

FrédéricFrédéric Boisseau, 42 ans, agent d’entretien

Frédéric Boisseau, 42 ans, agent d’entretien, employé de Sodexo, a trouvé la mort hier dans l’attentat meurtrier contre le comité de rédaction du journal Charlie Hebdo.

Dans l’aveuglement et la folie guerrière qui a poussé deux hommes à s’attaquer, armes en mains, à l’hebdomadaire satirique qui voulait opposer aux fanatismes religieux la seule force de la dérision, Frédéric Boisseau a lâchement été abattu, par ceux-là même qu’il aurait pu croiser au pied d’une cité de banlieue, au rayon poissonnerie d’un supermarché, ou reconnaître dans le livreur de la pizza qu’il aurait commandé.

Car il semble bien qu’en cette affaire, ce sont des meurtriers issus des classes populaires qui ont tué ce travailleur destiné à l’oubli.

  • Frédéric Boisseau ne participait pas au comité de rédaction du mercredi de Charlie Hebdo,
  • Frédéric Boisseau ne passera pas à la postérité pour les dessins ou articles qu’il aura produits,
  • Frédéric Boisseau n’aura sûrement pas non plus l’hommage posthume réservé aux policiers tombés en service commandé.
  • Frédéric Boisseau demeurera invisible comme le sont aujourd’hui l’ensemble des travailleurs qui œuvrent à la maintenance des bureaux, des immeubles, des rues de nos villes.

Pourtant comme chacune des victimes, il avait sûrement une famille qui l’aimait, des amis qui goûtaient sa présence, des collègues qui l’appréciaient.

C’est vers eux que se tournent nos condoléances de ce triste jour.

Dans le mouvement citoyen qui a mis hier, sur les places publiques, de nombreux français pour la défense de la liberté d’expression, notre syndicat ne peut faire que l’amer constat d’une désespérance sociale qui crée au sein de la classe ouvrière des antagonismes communautaires, ethniques ou religieux.

Dans cette situation, les syndicats, comme organisations de classe, ont toute leur responsabilité, mais aussi tous leurs devoirs pour y remédier.

  CNT-SUB-RP .Paris, le 8 janvier 2015.


http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/non-au-terrorisme-non-a-letat-policier/

 14/01/2015         ERRATUM : Le texte que nous a adressé Robert BIBEAU est issu en grande partie d’un communiqué du Groupe International de la Gauche Communiste (GIGC) dont la version originale intégrale est consultable sur le site : http://www.igcl.org/Non-au-terrorisme-non-a-l-Etat

Non au terrorisme. À bas l’État terroriste !

 À peine quelques heures après la tuerie, l’attentat meurtrier de Paris, au journal satirique Charlie hebdo, est présenté comme le «11 septembre de la France».

Les appels à l’unité nationale, à «faire bloc» derrière l’État «démocratique» pour défendre la République, se multiplient. Le président français, F. Hollande, s’est immédiatement présenté sur les lieux pour recueillir les dividendes politiques et idéologiques de cet attentat et pour appeler à l’unité nationale contre «une attaque (…) commise contre un journal – c’est-à-dire l’expression de la liberté (sic) – contre des journalistes (…) contre l’esprit de la République». Voilà, la table était mise pour mobiliser «la nation» en faveur de la guerre dont les masses ouvrières, les jeunes chômeurs et les travailleurs feront la chair à canon au nom de la «patrie en danger».

Ouvriers du monde entier, n’avez-vous jamais entendu ce refrain par le passé?

La guerre mettant aux prises la pseudo démocratie bourgeoise contre la barbarie a été déclarée par ces politiciens incapables de réguler l’économie, mais tout à fait capables de nous mener à la guerre totale : « il faut un combat national contre l’islamisme » a repris un éminent journaliste bourgeois français (Serge Moati).

Le mot d’ordre est lancé : « défendre la démocratie et la république contre l’islamofascisme ». D’ores et déjà, quelques heures après l’attentat, le Parti socialiste français appelle à une «marche des républicains» visant à entraîner la population derrière son train opportuniste. L’ensemble des dirigeants du monde, Obama, Cameron, Merkel, Poutine, etc. dénoncent l’attentat et désigne l’ennemi que l’ouvrier devrait exterminer : l’islamiste. La guerre contre l’islamisme, déjà déclarée lors des attentats d’Ottawa (Canada), de New York et de Sydney (Australie) de ces derniers mois, va être relancée et les populations vont être rameutées pour se rassembler derrière leur drapeau nationaliste chauvin et derrière leur État pseudo démocratique bourgeois, qui hier encore leur imposait des coupures dans leur régime de retraite, des  compressions des services publics, des hausses de taxes, le chômage et la paupérisation généralisée, en France comme dans les autres pays alliés.

C’est un véritable climat de guerre que les bourgeoisies de tous les pays essaient d’imposer aux ouvriers. Et nul doute que cet attentat marque une étape dans la mise en place d’une grande offensive idéologique et politique internationale contre la classe ouvrière en vue de lui imposer une atmosphère et une logique militaire, d’unité nationale policière et de préparation à la guerre pour laquelle tous les sacrifices économiques et humains seront exigés des salariés.

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Soyons clairs : nous dénonçons ces actes de barbarie et l’usage du terrorisme. Ce n’est pas une arme de la classe ouvrière. Le terrorisme d’aujourd’hui est toujours, directement ou indirectement manipulé et provoqué par les États bourgeois à la fois comme moyen – et moment – de guerres impérialistes et, en même temps, contre la classe ouvrière : par la terreur généralisée et les mesures de répression que ces actes sanglants justifient; et surtout par l’utilisation idéologique et politique qui en est faite et qui vise à rassembler l’ensemble des populations derrière leur État et leurs bourgeois au nom de l’unité nationale et de la défense de la patrie (du déjà-vu).

Pour la classe ouvrière, l’alternative « démocratie contre islamofascisme » est un piège.

Les groupes terroristes islamistes sont produits par les États démocratiques et leurs rivalités impérialistes exacerbées. L’organisation Human  Right Watch a mis en évidence comment le FBI recrutait et utilisait des musulmans pour commettre des attentats en « loup solitaire ». Les Talibans furent des hommes de la CIA, de même pour Al Qaïda. L’État islamique au Levant est soutenu par les services secrets occidentaux. Ce n’est pas l’islamisme qui attaque la classe ouvrière en Occident, mais les États capitalistes, dont la plupart, sont dits «démocratiques». Les provocations et les campagnes antiterroristes et anti-islamistes font partie intégrante des politiques des États et sont utilisées spécifiquement contre la classe ouvrière.

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Plus le capitalisme s’enfonce dans la crise économique et les rivalités impérialistes, plus le terrorisme se développe et frappe les populations innocentes.

Seule la classe ouvrière peut faire reculer les menaces de guerre et de terrorisme en développant ses luttes pour la défense de ses conditions de vie et de travail.

Seule, la destruction du capitalisme  peut offrir une solution à cette marche à la guerre forcée que l’État bourgeois tente d’imposer dans les esprits et dans les foyers.

Le prolétariat ne doit pas tomber dans le piège que l’État bourgeois lui tend: être avec les terroristes ou avec l’État bourgeois terroriste. Le prolétariat doit  combattre l’État policier qui terrorise à Ferguson-Missouri et dans tous les États-Unis, en France, au Canada et ailleurs dans le monde.

Non au terrorisme, non à l’État terroriste qui nous mène à la guerre impérialiste mondiale.

Oui à la lutte ouvrière contre le capitalisme, sa misère, sa terreur, et ses guerres !

                                                                           Robert BIBEAU 7 janvier 2015