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Archives Mensuelles: septembre 2014

Ukraine B

Comme à GAZA, l’état de guerre à fait 2600 victimes en Ukraine, principalement des civils puisque l’aviation et l’artillerie de KIEV bombardent des villes et des villages qui subissent aussi un blocus. 500 000 personnes ont dû quitter leur domicile par peur des bombardements, ou pour fuir les exactions des bandes armées, elles sont donc maintenant des réfugiés.

Mais l’analogie s’arrête là.

Dans ce conflit, comme communistes, nous ne pouvons soutenir un camp impérialiste plutôt qu’un autre, un nationalisme manipulé plutôt qu’un autre. Comme nous le disions dans l’article précédent sur la Palestine

il était juste politiquement de soutenir les luttes de libération nationale Algérienne ou Vietnamienne (ou Palestinienne aujourd’hui) qui s’exercent contre une puissance coloniale mais c’est faire le jeu de la réaction que de soutenir tel ou tel nationalisme des Balkans au prétexte qu’il aurait été opprimé par l’état Yougoslave centralisateur. Ces nationalismes-là sont attisés par les rivalités entre les puissances impérialistes qui ne cherchent qu’à démanteler des états selon leurs intérêts propres. Dans ce cas comme dans le conflit Ukrainien nous devons soutenir les mouvements qui prônent le vivre ensemble contre l’épuration ethnique ou religieuse. Notre priorité sera aux mouvements qui lient leur démarche à l’émancipation sociale.

Nous relayons ci-dessous les conclusions des Thèses sur l’Ukraine de la Tendance Marxiste Internationale (TMI)

( à lire dans leur intégralité ici http://www.lariposte.com/Theses-sur-l-Ukraine.html)

Ainsi que l’appel des Antifascistes Ukrainiens en exil, traduit et publié par Servir le Peuple (suivi des commentaires de SLP)

http://servirlepeuple.over-blog.com/article-appel-des-antifascistes-ukrainiens-en-exil-124473383.html

Ukraine A


Conclusions des Thèses sur l’Ukraine de la Tendance Marxiste Internationale (TMI)

« ….Dans cette situation complexe, les tâches des marxistes sont claires.

Premièrement, nous sommes contre le gouvernement de Kiev, un gouvernement réactionnaire qui compte des éléments d’extrême droite, intègre des bandits fascistes dans l’appareil d’Etat et s’en prend aux droits démocratiques. Nous sommes solidaires des organisations ouvrières et de gauche qui luttent contre ce gouvernement et subissent la répression, les pogroms, les assassinats, les offensives de l’ATO et autres sauvageries. Cela ne signifie pas que nous devons donner le moindre soutien aux éléments réactionnaires, nationalistes russes et confus qui sont dans la direction des républiques du Donbass. Au contraire, notre devoir est d’expliquer que seule une politique de classe et internationaliste, basée sur l’expropriation des oligarques, pourrait garantir la victoire contre Kiev.

Deuxièmement, nous avons combattu l’illusion selon laquelle Poutine défendrait les revendications démocratiques, nationales et sociales du peuple travailleur du sud-est de l’Ukraine. Sur ce point, l’expérience nous a déjà donné raison.

Troisièmement, nous nous opposons à nos propres gouvernements occidentaux, qui soutiennent pleinement le gouvernement réactionnaire d’Ukraine en guerre contre son propre peuple.

En Russie, nos camarades ont la tâche difficile d’organiser la solidarité avec la résistance anti-fasciste en Ukraine tout en menant une lutte implacable contre leur propre gouvernement bourgeois vorace, hypocrite et réactionnaire. Ils ont maintenu cette position depuis le début du conflit.

L’idée que ce conflit résulte d’une agression de l’impérialisme russe contre une Ukraine semi-coloniale – cette idée ne tient pas debout et mène directement au soutien du gouvernement de Kiev, son ATO criminelle, les gangs fascistes qui en font partie, ses assauts contre les droits démocratiques et son nationalisme réactionnaire. Que des soi-disant « socialistes » défendent une telle position en Ukraine – ou, pire encore, à Londres ou Washington – est doublement traitre.

Ironiquement, les mêmes groupes « de gauche » qui hurlent hystériquement au fascisme chaque fois qu’un parti de droite populiste enregistre une poussée électorale, sont incapables de reconnaitre l’existence de gangs fascistes et nazis qui, en Ukraine, assassinent des militants de gauche, saccagent leurs locaux et jouent le rôle de forces auxiliaires d’un gouvernement réactionnaire qui mène une guerre contre son propre peuple.

Nous devons lutter contre le fascisme. Mais cette lutte ne peut être victorieuse que si elle est liée à la lutte contre le capitalisme, lequel offre un terrain fertile au fascisme.

Le socialisme est internationaliste ou n’est rien. A fortiori en Ukraine, il n’y a pas d’issue sur des bases nationalistes. Les soi-disant nationalistes ukrainiens à Kiev représentent le type de chauvinisme le plus enragé, qui sert de masque au fascisme. Ils ont mené le pays au bord de l’abîme et l’ont déjà plongé dans une guerre civile qui pourrait aboutir à la destruction de l’Ukraine comme nation.

La désintégration de l’Ukraine serait un développement réactionnaire, qui exacerberait énormément les haines et les antagonismes nationaux. Cela mènerait à un nettoyage ethnique, des pogroms et des massacres de grande ampleur. Cela renforcerait l’emprise des tendances fascistes et hyper-chauvines des deux côtés, menant à une soif de revanche et à des actes terroristes. Ce qui est arrivé à la Yougoslavie est un terrible avertissement à la classe ouvrière d’Ukraine.

Il faut une politique capable d’unir toute la classe ouvrière pour renverser l’oligarchie. La seule solution réelle à la question ukrainienne est le renversement des oligarques (ukrainiens et russes) et l’introduction d’un plan de production socialiste et démocratique permettant d’en finir avec le cancer de l’immigration et l’émigration forcée – et de mobiliser toute la population pour réaliser l’immense potentiel de l’industrie et de l’agriculture ukrainiennes.

Historiquement, les peuples d’Ukraine et de Russie ont toujours été étroitement liés. Le peuple ukrainien n’est pas anti-russe, mais il ne veut pas être dominé par Moscou. Une révolution socialiste en Ukraine mènerait rapidement au renversement de Poutine et des oligarques russes. Cela ouvrirait la voie à une authentique fédération socialiste unissant la Russie et l’Ukraine sur la base d’une égalité stricte, de la démocratie et de la fraternité entre ces deux grands pays…. »

Athènes, le 3 août 2014

 


 

Appel des Antifascistes Ukrainiens en exil

images-1L’organisation communiste ukrainienne Borotba est désormais plongée dans la clandestinité, ses militants sont pourchassés sous l’accusation de soutenir le « terrorisme séparatiste » et son site internet ne répond plus. Quelques éléments parviennent toutefois, tant bien que mal, à communiquer avec l’extérieur ; ainsi le responsable Sergueï Kiritchouk qui s’est exilé et a donné cette interview à un journal allemand.

D’autres ont pu gagner la Crimée qui (comme chacun-e le sait) a fait sécession en mars dernier avant de proclamer son rattachement à la Russie, et connaît depuis lors une relative « paix russe » (ceci renforcera évidemment encore, jusque dans l' »extrême-gauche » ukrainienne et internationale, l’accusation d’être « à la solde de Moscou » ; mais faut-il tellement s’en étonner s’ils peuvent trouver là, à deux pas de chez eux, une tranquillité relative alors qu’ils sont traqués dans toutes les régions sous contrôle de Kiev ?).

Ils ont fait parvenir au site « Workers World » ce texte que nous avons traduit, annonçant le lancement d’un « Centre antifasciste » à Simferopol – dans la péninsule séparatiste.

Nous avons trouvé ce texte hautement intéressant car il n’appelle pas à rejoindre les « glorieuses forces » de la République « populaire » séparatiste du Donbass (où les antifascistes se retrouveraient rapidement aux côtés de… fascistes pro-russes, y compris venus de France, le mouvement fasciste européen s’étant globalement partagé entre pro-russes et pro-ukrainiens comme hier entre pro-serbes et pro-croates en Yougoslavie) ; mais au contraire à allumer et développer la résistance populaire antifasciste dans TOUT L’ÉTAT UKRAINIEN, au Sud (Odessa) comme à Kiev, au Nord et même à l’Ouest où se développe çà et là une résistance à la mobilisation militariste de la junte contre les séparatistes du Donbass… Autrement dit il dénationalise les enjeux, tentant d’arracher les choses à un affrontement Ukraine-Russie et « Ukrainiens proprement dits » vs « Novorusses » pour les amener sur un terrain DE CLASSE et de CONCEPTION DU MONDE : ouvriers et paysans contre oligarques, justice sociale contre botte du FMI et de la BCE et résistance populaire contre le fascisme !

Vadim


Lancement d’un Centre antifasciste en Ukraine

Soutenez le Centre pour les antifascistes d’Ukraine, créé à Simferopol en Crimée – Nous avons besoin de votre aide !

La nécessité objective d’un Centre de soutien aux antifascistes d’Ukraine à Simferopol :

En ce moment, il est extrêmement difficile aux forces qui s’opposent au fascisme en Ukraine de travailler sur le territoire contrôlé par le gouvernement de Kiev ; en particulier pour l’organisation de gauche la plus active : l’Union Borotba (« Lutte »). Dans les villes du Sud-Est ont eu lieu des arrestations massives de militants anti-Maïdan, et des centaines de personnes sont maintenant derrière les barreaux. Le Service de Sécurité ukrainien recherche et arrête à présent nos camarades pour le simple fait de poster sur les réseaux sociaux (Facebook, Vkontakte), ce qui est qualifié de « propagande séparatiste ».

Dans ces conditions, les cellules de Borotba et d’autres organisations de gauche et antifascistes opèrent de manière semi-clandestine. Des dirigeants importants de ces organisations ont fait l’objet de représailles. Notre organisation ne peut plus désormais fonctionner que sur le principe du réseau – comme réseau de petits groupes autonomes menant l’agitation et la propagande et tentant d’organiser, tout en se protégeant des attaques des combattants néofascistes.

L’activité d’une direction centrale de l’organisation est devenue impossible sur le territoire contrôlé par les autorités de Kiev – il y a un trop grand risque d’exposition d’un tel centre et d’une destruction de tout le réseau.

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Cette situation engendre la nécessité d’un centre de coordination pour Borotba et autres organisations amies et groupes de gauche en dehors du territoire contrôlé par Kiev. Un exemple pour cela est le travail des sociaux-démocrates russes au début du 20e siècle, afin de créer un centre capable de coordonner l’action des cellules clandestines.

Les activistes impliqués dans la lutte antifasciste en Ukraine, qui risquent l’arrestation, la torture et même la mort, doivent savoir qu’ils ne seront pas laissés sans refuge ni moyens de subsistance si besoin est, afin qu’ils puissent continuer à participer à la lutte pour libérer l’Ukraine des nazis.

Conditions subjectives pour un Centre de soutien aux antifascistes d’Ukraine à Simferopol :

Du fait de la répression des autorités de Kiev contre l’Union Borotba et d’autres organisations de gauche et patriotiques, de nombreux activistes ont été obligés à fuir le territoire ukrainien. Actuellement, environ 20 membres de Borotba originaires d’Odessa, de Dniepropetrovsk, de Kiev et d’autres villes, qui ont quitté l’Ukraine sous la menace d’arrestation et de violences, se trouvent dans la République de Crimée à Simferopol.

Pour le moment, ces exilés antifascistes ne possèdent que leurs maigres ressources pour leur loyer et autres nécessités ; ils n’ont pas d’emploi d’autres sources de revenus. Dans le même temps, nos camarades ne veulent pas devenir des réfugiés ni recevoir la nationalité russe : il veulent retourner en Ukraine et vaincre le régime néofasciste.

L’Union Borotba, sous la direction du député au Conseil régional d’Odessa Alexeï Albu et du coordinateur Victor Shapinov, a déjà commencé à coordonner Borotba et d’autres forces de gauche en Ukraine. Du 5 au 8 juillet, la première école pour activistes politiques s’est tenue près de Simferopol, à laquelle ont assisté 30 personnes qui avaient quitté l’Ukraine.

Tâches pour le Centre de soutien aux antifascistes d’Ukraine :

  1. Coordination et gestion des cellules de Borotba et des organisations de gauche amies.
  2. Assurer des canaux de communication sûrs et faire parvenir des fonds aux antifascistes Ukraine.
  3. Former de nouveaux activistes politiques venant du mouvement de résistance dans le sillage des protestations anti-Maïdan. Créer un cadre solide pour les forces politiques de gauche, qui sera un élément essentiel du système politique de la nouvelle Ukraine libérée du fascisme.
  4. Créer un centre de presse des forces de gauche et antifascistes en Ukraine pour informer le public de la lutte sur le territoire contrôlé par les autorités de Kiev.
  5. Créer des supports de communication (tracts, vidéos etc.) à l’usage des forces de gauche et antifascistes en Ukraine. Gérer un vidéoblog permanent pour les forces de gauche en Ukraine, qui pourrait devenir une véritable chaîne online.
  6. Traduction des documents de la résistance antifasciste en langues étrangères. Permettre une prise de conscience internationale sur le combat des forces antifascistes en Ukraine. Diffuser une information précise sur la répression et les assassinats d’activistes.
  7. Tenir un registre des crimes et des violations des droits humains commis par le gouvernement de Kiev et les unités d’ultra-droite sous son contrôle.
  8. Faire le lien entre les forces de gauche en Ukraine et tout autour de la planète.
  9. Assurer l’évacuation des camarades ukrainiens qui risquent persécutions ou violences là où ils vivent et travaillent.

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Nous, les représentants du Centre de soutien aux antifascistes d’Ukraine, faisons appel à l’aide de tous les mouvements et de toutes les organisations progressistes comme des activistes individuels. TOUTE AIDE, même la plus modeste, sera appréciée dans toute sa valeur par les exilés antifascistes ukrainiens.

http://www.workers.org/articles/2014/08/04/anti-fascist-center-launched-ukraine/


Le courant trotskyste de la Riposte, qui pratique l' »entrisme ouvert » au sein du PCF, a récemment publié un texte dans lequel nous retrouvons largement nos analyses : Thèses sur l’Ukraine

Preuve qu’au-delà des petites chapelles idéologiques, la CONCEPTION CORRECTE DU MONDE se cristallise petit à petit sous l’effet des forces de l’histoire !

Lire aussi (à titre informatif) le Manifeste du Front populaire de libération de l’Ukraine qui donne une petite idée du niveau idéologique « moyen » de l’insurrection dans le Sud-Est ukrainien.

On notera que :

1.     Il est sans doute permis de déplorer qu’une organisation marxiste révolutionnaire comme Borotba ait signé cet appel aux côtés de forces aux noms aussi peu engageants que « Garde slave », qui fleurent bon l’ultra-nationalisme russo-orthodoxe « cosaque » et « blanc », CEPENDANT

2.     Il est difficile de se poser en petit juge de ce genre de choses lorsque l’on ne se trouve pas et que l’on a même pas (à vrai dire) dans son champ du concevable la situation que connaissent actuellement ces militant-e-s : à quand remonte la dernière fois qu’en Hexagone, une quarantaine de personnes identifiées comme « rouges » ont été (de ce seul fait) brûlées vives dans un immeuble par des fascistes ? Depuis quand est-on arrêté (puis bien entendu sauvagement brutalisé en détention) pour des simples publications sur Internet ? Quand donc des déluges de bombes se sont-ils abattus, faisant des milliers de mort-e-s civil-e-s, sur une région ouvrière refusant d’être « restructurée » (un peu comme la Lorraine des années 1980) ? Pour se permettre de donner des leçons il faudrait déjà, pour commencer, avoir vécu ne serait-ce qu’un quart du dixième de cela ; et également admettre au préalable le principe absolu que des personnes progressistes ou révolutionnaires ont le DROIT de résister à un gouvernement tel que celui de Kiev (pour le moment et sans doute par tactique politique, les forces de « Nouvelle-Russie » mêlent allègrement imagerie soviétique et nationaliste russe et ne s’attaquent pas aux « rouges ») – cf. l’excellent article du Comité Anti-Impérialiste au sujet de la Palestine.

3.     Dans un tel contexte, des forces réactionnaires comme les « cosaques », « eurasistes » ou « national-bolchéviks » et autres « panslavistes » deviennent de fait des « forces grises » intermédiaires, au même titre que les forces islamistes en Palestine : ce ne sont pas des « amis pour la vie », il faut garder sa méfiance (si une vraie question mérite d’être posée, c’est celle-là), mais elles ne sont pas pour le moment l’ennemi à combattre en priorité et peuvent même, dans certaines de leurs actions, servir objectivement le Peuple et les idées justes. Pour illustrer cela on signalera par exemple qu’à Zaporozhye, où elle est basée, la « Garde slave » a participé en février à la protection de la statue de Lénine – symbole que les nationalistes fascistes de Maïdan cherchaient à abattre avant de passer physiquement aux communistes eux-mêmes.

4.      Dans un tel contexte comme en Palestine, cf. là encore l’article du Comité Anti-Impérialiste, « les idées qu’ont en tête ceux qui résistent ne constituent pas la question principale. Ce qui compte c’est ce qu’ils font. Ce qui compte, c’est leur lutte objective. C’est le point de vue du matérialisme historique comme l’a magnifiquement montré Engels dans La guerre des paysans en Allemagne. Il faut participer à cette lutte objective pour influencer le combat dans un sens progressiste ou révolutionnaire. C’est là une des grandes leçons du marxisme »… Borotba ne fait donc qu’appliquer un principe marxiste élémentaire – avec quel succès, cela seul l’avenir le dira. De fait, le texte de la déclaration est très « réformiste radical » et montre bien que ce qui est déterminant c’est la pression des masses, de leurs aspirations, et ce que telle ou telle force est OBLIGÉE de dire et faire face à cela bien plus que ce qu’elle est et pense dans son programme politique organique (il semblerait en fait que les principaux auteurs du texte soient les camarades de Borotba, la question qui se pose alors étant la sincérité des autres signataires, dont il est toujours permis de douter).

 
 

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PALESTINE(S)

 

Comment et pourquoi un fait-divers en Cisjordanie a déclenché une guerre à GAZA

 

Comme communistes, notre soutien à la PALESTINE n’est ni humanitaire, ni communautaire, c’est un soutien à la lutte du peuple Palestinien contre un colonialisme venu d’Europe.

Ce qui fonde notre positionnement est une analyse de la situation historique, qu’il est bon de rappeler :

« L’établissement des juifs en Palestine est entériné par le ministre Britannique BALFOUR qui déclare, en 1917, son pays favorable à la création d’un foyer national pour le peuple juif en Palestine.

Le sionisme plutôt socialisant dans ses débuts va très vite s’agréger des courants juifs religieux. Dans son projet de colonisation, il n’a que peu d’équivalents modernes, puisqu’il s’agit d’une colonisation de peuplement par l’expulsion des populations présentes, légitimée par le concept religieux de peuple élu de Dieu. On retrouve ces mythes fondateurs dans les courants chrétiens protestants dont les colons ont créé les Etats-Unis, l’Afrique du Sud et l’Australie… Cela nous permet d’entrevoir plusieurs évolutions possibles quant au devenir de la population palestinienne, l’extermination, les réserves d’indiens, l’APARTHEID ou l’apprentissage de la vie ensemble. »  (plaquette de l’association Nanterre-Palestine.2004-2005)

« Dès son origine, le sionisme est une idéologie colonialiste occidentale qui prône le développement d’une colonisation de peuplement en faveur des juifs d’Europe en ralliant certains courants religieux du judaïsme et en s’associant aux projets de l’impérialisme occidental au Moyen-Orient. Il n’a pu s’implanter durablement en Palestine que par l’utilisation permanente de la force armée soutenue financièrement et matériellement par les puissances occidentales. Le projet impérialo-sioniste vise à l’expulsion complète du peuple autochtone, le peuple palestinien, et à dominer les peuples de la région.

 

Très tôt, les Palestiniens se sont opposés à ces projets en résistant à l’occupation britannique et aux colons sionistes. Malgré cette résistance, le peuple palestinien subit en 1948 l’occupation d’une partie de la Palestine avec la création de l’Etat d’Israël et l’expulsion de sa terre (la Nakba, catastrophe en arabe). Puis, en 1967, Israël poursuit son expansion par l’occupation de la Cisjordanie, la Bande de Gaza, Jérusalem Est, le Golan syrien et le Sinaï égyptien. Depuis sa création, le mouvement sioniste, soutenu par les puissances impérialistes et avec la complicité, entre autres des régimes arabes inféodés, n’a jamais cessé de poursuivre son projet colonial. Un projet que le peuple palestinien combat depuis lors. » (Charte du Mouvement de soutien à la résistance populaire palestinienne-MSRPP 2005)

Notre soutien n’est pas une génération spontanée, il se fonde aussi sur l’histoire et les principes du mouvement communiste et notamment de l’Internationale Communiste (IC).

« Se rendant fort bien compte que dans diverses conditions historiques les éléments les plus variés peuvent être les porte-parole de l’autonomie politique, l’Internationale Communiste soutient tout mouvement national-révolutionnaire dirigé contre l’impérialisme. Toutefois, elle ne perd pas de vue en même temps que, seule, une ligne révolutionnaire conséquente, basée sur la participation des grandes masses à la lutte active et la rupture sans réserve avec tous les partisans de la collaboration avec l’impérialisme peut amener les masses opprimées à la victoire. La liaison qui existe entre la bourgeoisie indigène et les éléments féodalo-réactionnaires permet aux impérialistes de tirer largement parti de l’anarchie féodale, de la rivalité qui règne entre les divers clans et tribus, de l’antagonisme entre la ville et les campagnes, de la lutte entre castes et sectes nationalo-religieuses pour désorganiser le mouvement populaire (Chine, Perse, Kurdistan, Mésopotamie). » (IV° Congrès -Internationale Communiste – Thèses générales sur la question d’Orient)

Cette analyse nous différencie de certains courants de l’ultra-gauche qui nient  la nécessité et l’intérêt des luttes de libérations nationales en oppositions avec les thèses de l’IC sur ces questions. Ils ont beau jeu car une partie de l’extrême gauche a semé la confusion en soutenant sans principe toutes les insurrections nationalistes comme autant ferments révolutionnaires. Les uns comme les autres n’ont pas compris les résolutions de l’IC qui concernaient l’émancipation des peuples colonisés par les puissances impérialistes grandes et petites.

Par exemple: il était juste politiquement de soutenir les luttes de libération nationale Algérienne ou Vietnamienne (qui s’exercent contre une puissance coloniale) mais c’est faire le jeu de la réaction que de soutenir tel ou tel nationalisme des Balkans au prétexte qu’il aurait été opprimé par l’état Yougoslave centralisateur. Ces nationalismes là sont attisés par les rivalités entre les puissances impérialistes qui ne cherchent qu’à démanteler des états selon leurs intérêts propres. Dans ce cas comme dans le conflit Ukrainien nous devons soutenir les mouvements qui prônent le vivre ensemble contre l’épuration ethnique ou religieuse. Notre priorité sera aux mouvements qui lient leur démarche à l’émancipation sociale.

Sur le conflit en Palestine, il ne faut pas perdre de vue que l’état sioniste est une création ex-nihilo de l’impérialiste occidental dont il est une tête de pont au Proche-Orient. Israël est la dernière colonie du XXe Siècle, et ce sont les sionistes et leurs alliés qui en camouflent la réalité derrière l’idée d’un affrontement de deux nationalismes (Juifs vs Arabes) ou de deux religions (Juifs vs Musulmans). Leurs arguments ne tiennent pas longtemps à l’examen, même s’ils sont répétés à l’infini. Pour s’en convaincre, il suffit de rappeler qu’il y a des arabes musulmans, mais aussi juifs et chrétiens (et que les musulmans les plus nombreux ne sont pas arabes), qu’à l’origine juifs et arabes sont des peuples sémites, pourquoi alors créer un concept d’antisémitisme qui ne s’applique qu’à l’un… ?

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Les populations autochtones de Palestine, se sont opposées à l’arrivée massive de colons européens. Elles l’ont d’abord fait, dans des mouvements populaires, sous la tutelle des états arabes voisin, Egypte, Irak, Syrie, Jordanie, jusqu’aux défaites de 1948 et surtout de 1967 (rappelons que jusqu’en 1967, GAZA est territoire égyptien comme Jérusalem et la Cisjordanie territoires Jordanien). L’émergence d’un mouvement national de libération Palestinien autonome date du début des années 60.

Dans sa première phase de lutte internationale contre les intérêts sionistes (détournements d’avions, prise d’otages, attentats…), il contribue à faire connaître internationalement les revendications du peuple palestinien : un état sur le territoire de la Palestine historique et le retour des réfugiés. Il est un mouvement de l’extérieur, issu des camps de réfugiés qui devra aussi faire face à la répression féroce en Jordanie (septembre noir) et à la guerre civile au LIBAN.

La seconde phase d’expansion de la résistance palestinienne est le mouvement populaire de désobéissance et de mobilisation des territoires occupés : 1er Intifada. La résistance des pierres contre les armes qui discrédite l’armée d’occupation qui n’était pas préparée à ce type d’affrontement. C’est un mouvement de la jeunesse palestinienne qui échappe au contrôle de la direction et des cadres de l’OLP, mais auquel se rallie l’ensemble de la société palestinienne des territoires occupés.

Jusqu’à l’émergence de la 1ère Intifada, Israël a favorisé le développement de l’Islam caritatif et normatif contre les mouvements nationalistes palestiniens de l’OLP. Au tournant de la 1ère Intifada, les Frères Musulmans ont pris en route le bus de la résistance en créant Le Mouvement de la Résistance Islamique dont l’acronyme est HAMAS.

Le HAMAS est une émanation politico-militaire des « Frères Musulmans » de GAZA (historiquement liés à l’Egypte). Les Frères Musulmans n’ont pas de vision ou de projet national, c’est un mouvement de réislamisation de la société d’abord dans le « monde arabe » puis dans l’immigration. Ils souhaitent influencer les politiques nationales dans l’orientation de leur projet socio-religieux, mais ils ne revendiquent ni l’état islamique ni le Califat. C’est un courant moralisateur et réactionnaire qui représente les intérêts de la petite et moyenne bourgeoisie marchande.

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L’OLP (dont le HAMAS n’est pas membre) a abandonné progressivement la lutte armée (y compris les mvts marxistes FPLP, FDLP…(voir l’interview de Carlos u) pour la négociation (OSLO..), avec une illusion d’état Palestinien dirigé par l’Autorité Palestinienne (AP).

Ce que l’on nome 2ème Intifada naît en 2000 après l’échec patent d’OSLO, l’état palestinien qui devait voir le jour en 1999, puis en 2000 est repoussé aux calendes grecques. Dans les territoires occupés, les actions des différents groupes armés sont destinées à faire pression sur l’occupant comme sur les négociateurs.

Israël se fait fort de déclarer qu’ARAFAT est le principal obstacle à la paix. Celui-ci décédera d’ailleurs opportunément.

Depuis la normalisation, c’est l’AP (dirigée par l ‘équipe des négociateurs palestiniens d’OSLO) qui administre et fait la police dans les territoires pour le compte d’Israël avec des financements EU et US, c’est du pain béni et une économie substantielle pour l’occupant. L’AP a ainsi réprimé d’abord les résistants des Mvts de l’OLP qui ne voulaient pas déposer les armes avant de s’en prendre aux islamistes.

Lorsque que HAMAS a remporté les élections de 2006 (vote populaire en réaction à la corruption de l’AP), son projet étaient de participer (sur des ministères à visée sociétale: éducation, santé…)  à un gouvernement d’union avec l’OLP, mais le Fatah vexé de sa défaite et sous influence US a refusé toute alliance et préparé avec l’aide occidentale un coup d’état pour se maintenir au pouvoir. Avec le succès que l’on sait à GAZA.

C’est ce qui a fixé la division palestinienne en deux territoires, GAZA et CISJORDANIE selon un processus déjà identifié et décrit par L’IC : « …La liaison qui existe entre la bourgeoisie indigène et les éléments féodalo-réactionnaires permet aux impérialistes de tirer largement parti de l’anarchie féodale, de la rivalité qui règne entre les divers clans et tribus, de l’antagonisme entre la ville et les campagnes, de la lutte entre castes et sectes nationalo-religieuses pour désorganiser le mouvement populaire… »

Si OSLO a consacré la division du mouvement national palestinien, la brèche idéologique n’est pas moindre. En effet, depuis OSLO, il n’est plus question que des territoires occupés par Israël après la guerre de 1967, dont une partie, laissée libre de colonisation, pourrait constituer l’état (le bantoustan) palestinien. Des revendications historiques, il ne reste plus qu’une fiction d’état sur des confettis de territoires.

Si HAMAS et Jihad Islamique sont actuellement les Mvts de résistance armées les plus importants, l’AP n’est pas parvenue à éradiquer totalement la résistance armée au sein des Mvts de l’OLP (même si leur influence est faible aujourd’hui. voir l’interview de Carlos 1). L’AP n’est pas parvenue non plus, malgré son zèle, à pacifier et sécuriser son territoire. Ainsi lorsque trois jeunes colons auto-stoppeurs sont assassinés par un groupe mystérieux, il n’est pas question pour l’occupant de s’en prendre au partenaire l’AP, il est bien plus rentable d’en rendre le HAMAS responsable et d’en cibler le nid à GAZA, d’autant plus que ce mouvement avait dangereusement renforcé ses infrastructures et son armement.

L’offensive sur GAZA n’a pas provoqué une insurrection en CISJORDANIE (donc pas de 3ème Intifada), tout au plus quelques manifestations de soutien que l’AP a d’abord voulu interdire avant de les organiser et de les encadrer laissant ainsi la répression aux bons soins de l’occupant. Force est de constater que les palestiniens de CISJORDANIE qui ne subissent pas le blocus sont plus soucieux de leurs préoccupations de vie quotidienne, comme d’un nouveau consumérisme lié à la fin du RAMADAN plutôt que de mobilisations. De ce point de vue, la normalisation d’OSLO dûment mise en place par l’AP a sans doute éteint la flamme de la résistance pour un certain temps.

Comme on le voit, l’opposition Résistance armée / AP négociation cogestion avec l’occupant est aussi  le clivage que l’on retrouve dans le Mvt de solidarité en France. C’est le clivage manif autorisée : « paix en Palestine » (comme en leur temps, jouant sur l’affectif, les  « paix en Algérie » ou « Paix au Vietnam » du PCF qui soutenait aussi l’oeuvre coloniale française)- manif interdite : »soutien à la résistance », sur ses mots d’ordre historiques, fût-elle aujourd’hui Islamiste.

L’interdiction de certaines manifestations parisiennes et sans précédent récent, c’est la marque d’une inflexion de plus en plus philo sioniste de la politique gouvernementale dans une pleine continuité depuis Sarkozy jusqu’à Hollande.

C’est la marque distincte de l’impossibilité de réinterroger la légitimité historique du projet sioniste et donc de restreindre la question palestinienne à la Cisjordanie et à Gaza en occultant la réalité de la grande majorité des palestiniens qui vivent en dehors de ces deux enclaves.

Voilà où sont les clivages politiques, comme communistes nous soutenons la résistance à la colonisation et la lutte de libération nationale du peuple palestinien colonisé selon ses propres mots d’ordre:

  • Un état sur le territoire de la Palestine historique avec Jérusalem pour capitale
  • Le Droit au retour de tous les réfugiés
  • La libération de tous les prisonniers

Comme le déclarait l’IC « .. seule, une ligne révolutionnaire conséquente, basée sur la participation des grandes masses à la lutte active et la rupture sans réserve avec tous les partisans de la collaboration avec l’impérialisme peut amener les masses opprimées à la victoire… »

Pour sa part le HAMAS a fait valoir ses revendications transitoires pour GAZA :

  • Fin de l’agression contre le peuple palestinien ».
  • Levée complète du blocus de Gaza, en place depuis 2006. (blocus israélien, mais aussi égyptien, occidental…)
  • Ouverture du poste frontière de Rafah avec l’Egypte.
  • Liberté de mouvement pour les Gazaouites à la frontière avec Israël.
  • Suppression de la « zone tampon » interdite aux habitants de Gaza.
  • Libération de prisonniers (ceux qui avaient été dans un premier temps libérés en échange du soldat israélien Gilad Shalit en 2011).
  • Extension de la zone maritime de pêche jusqu’à 12 milles marins des côtes de Gaza.

Elles sont des revendications populaires, concrètes, propres à entraîner l’adhésion du plus grand nombre, mais elles ont aussi dans la lutte un caractère éducatif et politique sur au moins deux points : le blocus israélien qui est aussi un blocus égyptien et surtout un blocus international qui ne peut tenir que par l’implication active du camp impérialiste occidental (Au regard du droit international, le blocus de Gaza constitue une forme de punition collective, pour avoir voté HAMAS, et il est donc illégal d’après le droit international). Le second point est beaucoup plus édifiant, il s’agit de l’extension de la zone maritime de pêche jusqu’à 12 milles marins. Il s’agit aussi de contrer une mesure de punition collective, puisque cette zone a été restreinte par l’occupant en 2006 et 2009. Mais la revendication des 12 milles marins a une autre signification nationale puisqu’elle est la définition des eaux territoriales d’un état.

Or au large de Gaza se trouvent des gisements de gaz, qui pourrait faire  de ce « territoire prison » un nouveau Koweït, c’est le sens de la revendication du HAMAS concernant les eaux territoriales, la levée du blocus et in fine l’autonomie du territoire.

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Comme Israël est en quasi complète dépendance énergétique et doit importer pétrole et gaz, on comprend que l’occupant convoite ces réserves au large de Gaza. Cette donnée explique sans doute « Comment et pourquoi un fait-divers en Cisjordanie a déclenché une guerre à GAZA »

 

Jean-Michel NICOLAS

26 août 2014

 

1)  http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=8795

 

Voir aussi : chez nous :

http://rcpc.over-blog.com/article-palestine-soutenir-ou-pas-le-hamas-113812362.html

et un excellent article de Servir le Peuple :

http://servirlepeuple.over-blog.com/article-horreur-enfer-et-damnation-pour-les-a-a-a-12-124459724.html