archive

Archives Mensuelles: novembre 2013

engrenage

(Communiqué)

Une seule solution pour s’en sortir :

C’est la REVOLUTION

 

Le capitalisme mondial en crise ne laisse aucun répit à celles et ceux qu’il exploite. Cette vague de licenciements qui s’abat sur toutes les régions de France a un caractère international.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets partout dans le monde, chez  les travailleurs et la jeunesse de Grèce, les salariés d’Espagne, les prolétaires de Grande-Bretagne, les cheminots d’Allemagne ou les ouvriers du Portugal, de Roumanie ou d’Italie ; et au-delà de l’Europe, c’est la même question et la même lutte que l’on retrouve chez les métallurgistes d’Algérie, les mineurs de Bolivie, les familles pauvres expulsées des États-Unis, les ouvrières du textile du Bangladesh, la population d’Iran, etc.

 

Contre qui doivent lutter les travailleurs?

 

L’ennemi commun c’est le CAPITAL et les ETATS  qui ont en charge la valorisation de chaque capital national.

Les salariés se savent sacrifiés sur l’autel du profit.

Le peuple grec a vivement réagi contre les mesures d’austérité, mais en l’absence de Parti l’organisant en force indépendante, il n’a pas encore fait vaciller le pouvoir bourgeois.

Des milliers de lettres de licenciement adressées aux  travailleurs les désorientent. Les syndicats (avec 5 à 8% de syndiqués) ne sont plus que des appendices de l’ETAT, payés pour encadrer les mouvements sociaux, éviter tous débordements qui mettraient en péril le pouvoir.

La GAUCHE et la DROITE n’ont cessé d’illusionner les travailleurs sur les capacités de l’ETAT à trouver des solutions quand le problème est bien l’existence même de cet ETAT BOURGEOIS qui les répriment, les écrase d’impôts de taxes et les livre pieds et poings liés à leurs exploiteurs.

Non seulement ils perdent leur emploi, mais aussi leur savoir-faire. La modernisation accrue de l’outil de production, qui simplifie les tâches à exécuter, les rend encore plus répétitive et plus pénibles.

 Les travailleurs  ont le sentiment d’être «  des vaches à lait qu’on fait avancer à coup de bâton vers l’abattoir. »

Ce qui se joue en France, c’est ce qui se joue dans le monde entier : la lutte de la classe ouvrière face à un système capitaliste en crise qui n’offre que toujours plus de misère, de privations et de barbaries à l’ensemble de l’humanité.

Les exploités ne peuvent vaincre s’ils s’enferment dans la légalité bourgeoise. Il leur faut au contraire résister aux lois qui les oppriment, résister au soi-disant réalisme réformiste qui est acceptation de l’état social actuel et de la concurrence qui les divise.

Les exploités doivent aussi tourner le dos aux tribuns de droite et de gauche qui disent parler pour eux.

Face à une classe et à ses partis qui violent sans cesse leurs dignités d’hommes et de femmes, il nous faut en revenir aux principes de la lutte révolutionnaire où « l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».

 

Le CAPITALISME c’est certes  «  l’abondance » pour quelques pays impérialistes qui en associant les sciences et les techniques à la production de masses ont à la fois inondé le Monde de leurs marchandises, enrichi quelques bourgeois, distribué quelques miettes aux travailleurs, mais aussi détruit les hommes et la nature à travers des guerres interminables (toutes les guerres qu’ont mené les pays impérialistes depuis 1945 ont causé plus de morts, d’estropiés à vie et de ravages que durant toute la seconde Guerre Mondiale)  pour se survivre et si aucune Révolution ne vient remettre en question son hégémonie,  c’est la PLANETE entière qui sera détruite !

 

Alors, face à cette anarchie totale, face à des ETATS munis de tous les moyens pour reproduire ce système d’exploitation de l’homme, Il ne peut y avoir qu’un prolétariat organisé, qu’un Parti Communiste à constituer pour s’y opposer et lutter de manière indépendante et sans concessions pour abattre le pouvoir bourgeois et instaurer un pouvoir prolétarien.

 

Ne nous trompons pas de cible !

 

Les dirigeants en place ne veulent pas perdre leur pouvoir malgré leur impuissance à enrayer la crise, malgré les scandales à répétition, le lot des catastrophes de plus en plus insupportables pour des prolétaires comme ces immigrants noyés, l’expulsion des Roms et des sans-papiers, les hausses des impôts, des taxes, du gaz, de l’électricité, la précarité (ANI) à laquelle collaborent les syndicats, les licenciements et le chômage, la misère.

Les licenciés de Bretagne et d’Alcatel-Lucent, comme ceux d’Aulnay, ont été virés avec l’aide  des lois et des procédures votés par l’État. Le blocage des candidats à l’immigration en Europe a l’aval d’élus démocratiquement désignés.

 

La vérité est dans le fait que les ETATS BOURGEOIS se comportent comme de véritables GANGS ORGANISES qui pillent et rançonnent leurs « citoyens », les envoient à la boucherie comme en 14/18 au nom de la concurrence entre Nations capitalistes dont le nom de guerre est « PATRIE ».

 

Alors quand la démocratie bourgeoise est « en panne » et disqualifiée, nombre d’électeurs se tournent vers des partis bourgeois prétendus plus radicaux, comme le Front de Gauche et le Front National qui leur semblent vouloir « résister » à la débâcle.

Mais ces partis ne projettent nullement de vouloir sortir du système capitaliste frappé de sénilité.

Mais ces partis proposent seulement aux travailleurs de défendre « leur capital national » contre les autres nations, désignant du doigt les « étrangers » ou « les mauvais capitalistes financiers» par exemple.

C’est la voie ouverte aux néofascismes, aux discriminations de toutes sortes, bien pire, à des guerres qui n’aboutiront fatalement qu’à des destructions plus terribles encore.

 

Le CAPITALISME c’est la GUERRE, la MORT, les DESTRUCTIONS, qu’il soit NATIONAL ou LIBERAL.

 LDC-5

C’est pourquoi nous devons lutter TOUS ENSEMBLE

 

POUR travailler, tous, moins et autrement, 

POUR circuler librement,

POUR être maître collectivement de notre avenir en ayant en main les moyens de travail et le  pouvoir, d’échapper ainsi à l’insécurité permanente du capitalisme.

POUR développer la Solidarité et l’internationalisme ouvriers !

Ne laissons pas les politiciens nationalistes et xénophobes accéder au pouvoir car ils n’ont qu’un objectif, en nous divisant:

NOUS EXPLOITER DAVANTAGE pour sauver tout le système.

 

Debout contre les attaques des capitalistes

et de leurs gouvernements, luttons jusqu’à la victoire !

VIVE LA REVOLUTION PROLETARIENNE !

 

L’Association des Amis du Manifeste BP 60005 / 17101 Saintes cédex

email : communiste17@free.fr ;blog : http://rcpc.over-blog.com

Scan

Nanterre le 14 novembre 2013

 

Bonjour,

 

Vous avez peut-être reçu l’an passé La Lettre de Regroupement Communiste, une feuille d’information de l’Association des Amis du Manifeste (AAM).

 

L’Association des Amis du Manifeste (AAM) s’est fixé pour objectifs « de maintenir vivante la pensée de Karl Marx et de Friedrich Engels à travers leurs écrits afin de développer des outils de réflexions et d’actions indispensables à la connaissance du monde d’aujourd’hui. » (article 2 des statuts)

 

L’Association des Amis du Manifeste (AAM) – Regroupement Communiste, c’est un bulletin Regroupement Communiste (nouvelle série), un Blog rénové (http://rcpc.over-blog.com/), une lettre d’information, c’est aussi un réseau d’informations et d’échanges sur le marxisme, la lutte de classe  et l’internationalisme qui fonctionne par mails. Même s’il y a des améliorations, le chantier ouvert reste immense.

 

Nous vous invitons à tenter l’expérience  de l’adhésion en 2014 en renvoyant le bulletin d’adhésion que vous trouverez ci-joint.

Les petits chèques de soutien sont également les bien venus.

 

Au delà d’une simple adhésion avec son apport financier : cotisations, souscriptions… nous avons aussi besoin de vos avis, de vos contributions, des informations que vous pourriez collecter, des articles que vous avez lus et qui vous paraissent incontournables ou simplement intéressants et que vous souhaiteriez verser au débat communiste.

 

Dans ce but, et pour celles et ceux qui souhaiteraient participer à l’expérience, merci de nous laisser une adresse mail et de nous préciser votre implication.

 

En espérant vous lire prochainement, recevez nos salutations révolutionnaires

 

Pour     L’Association des Amis du Manifeste (AAM)

Le président

Jean-Michel NICOLAS

SCAN0007

 _____________________________________________________________________________

Bulletin d’adhésion 2014

Mettons nos forces en commun

Communiste révolutionnaire, pour construire  le parti  dont  j’ai  besoin,

J’adhère à « l’Association des Amis du Manifeste » !

Communiste17@free.fr

http://rcpc.over-blog.com/

https://regroupementcommuniste.wordpress.com/

 

 

Nom :……………………………………………………..

 

Prénom :…………………………………………………

 

Adresse :…………………………………………………

 

………………………………………………………………

 

Code Postal :………………..

 

Ville :………………………………………………………

 

Email :……………………………………………………

 

( :…………………………………………………………

Chèque à l’ordre de l’AAM

Cotisation 12 € par trimestre

 

Souscription permanente pour soutenir le Bulletin, envoyez vos dons à :

 

Association des Amis du Manifeste 

BP 60005
17101 SAINTES Cedex

 

SCAN0006

1èreComme dans les années 30

la crise économique engendre une crise politique.

 

Les deux pôles « extrêmes » du système se renforcent, notamment à droite. Les dirigeants en place, ne voulant pas la perdre, tentent de les disqualifier en les nommant « populistes », les accusant de vouloir établir un Etat « totalitaire ». Décortiquant ces notions, Tom Thomas montre qu’elles désignent des phénomènes inhérents au capitalisme. Ces partis « extrêmes », de gauche comme de droite, ne projettent nullement de vouloir sortir d’un système capitaliste frappé de sénilité. Or c’est pourtant la seule voie pour sortir de la crise. Il s’agit non pas de changer de gouvernement mais d’abolir l’Etat actuel.

Tom Thomas poursuit dans cet ouvrage un travail de longue haleine, témoignant de la vigueur et de l’actualité d’un marxisme critique, au service de la construction d’un nouveau mouvement révolutionnaire, débarrassé de l’idéologie bourgeoise dont est imbibé « le vieux mouvement ouvrier ».

_____________________________________________________________________________

Parution du dernier livre de Tom Thomas sur la montée des extrêmes: Editions Jubarte.

Il est disponible à la librairie du Point du Jour (58 rue Gay-Lussac 75005 Paris, tel: 01 43 26 20 17, courriel: librairie-lpj@wanadoo.fr) au prix de 6 euros.

fascisme 2

 

Chaque fasciste est un capitaliste….

 

car le fascisme est le bras armé du mode de production capitaliste

 

 

En temps de crise, le fascisme prend le relais de la démocratie… 

Réduire le fascisme à certains de ses excès les plus barbares, ce n’est pas seulement faire comme si d’autres de ses horreurs étaient acceptables. C’est surtout masquer que le fascisme est beaucoup plus ordinaire, plus banal, plus sournoisement répandu, et est un phénomène beaucoup plus complexe et plus vaste qu’un antisémitisme brutal.

Il n’est pas un accident, une folie exceptionnelle, quasiment inexplicable. Le choix presque systématique de cette présentation très restrictive du fascisme n’est pas anodin.

Il permet d’occulter que le pire ennemi de tous les fascismes furent les communistes (DACHAU, premier camp de la mort, fut créé pour eux) et les résistants combattants, quelle que soit leur « race ».

De plus, en réduisant la cible du racisme fasciste aux juifs (« oubliant » les slaves, les tziganes, etc.), on a tenté de justifier la colonisation sioniste de la Palestine, et de masquer que la négation du peuple palestinien par les sionistes, son exode systématiquement et brutalement organisé, le pillage de ses ressources vitales (terres et eau) n’a rien de très différent de la même négation des juifs organisée par les nazis.

Ce genre de « purification ethnique » s’effectue toujours au nom des droits supérieurs du « peuple élu », « Gott (ou Yahvé) mit uns », et il n’y manque jamais un PETAIN-ARAFAT pour serrer la main du bourreau en le remerciant d’avoir octroyé une zone « libre », bantoustan où il se chargera de faire la police pour le compte de l’occupant.

La démocratie bourgeoise contient les germes du fascisme

Le racisme et l’ethnocide peuvent être démocratiques, approuvés par une majorité populaire (cf. l’ex-Yougoslavie). Ce qu’HITLER et MUSSOLINI et PETAIN savaient déjà puisqu’ils ont été élus démocratiquement.

Fascisme et démocratie ne sont que deux formes politiques, alternant suivant les circonstances historiques, des mêmes rapports sociaux capitalistes.

L’antifascisme a servi à justifier la guerre, à déclarer tel camp impérialiste celui des bons et tel autre celui des méchants. Mais la guerre n’a pas été antifasciste, ou du moins elle ne l’a été qu’accessoirement, par la défaite des forces armées fascistes, pas par celle de l’idéologie fasciste et l’éradication de ses causes. Elle a été une guerre nationale-patriotique (y compris pour les dirigeants du PCF), entre concurrents capitalistes pour la domination du monde.

Le fascisme ne se caractérise nullement, dans son essence, par l’exceptionnel, comme le coup d’Etat, ni même par la violence, mais n’est qu’un prolongement, une radicalisation, à une étape historique particulière du développement du capitalisme, de comportements existants déjà dans la démocratie, engendrés par les rapports sociaux de séparation et de désappropriation qui caractérisent le capitalisme, quelle que soit sa forme politique. De sorte que ces comportements sont ceux de larges masses, que le fascisme est un phénomène de masse, non pas une simple dictature militaro-policière ne s’imposant que par la terreur d’un petit groupe.

Le racisme n’est qu’une conséquence du fascisme.

Le fascisme ne prétend renforcer que la Nation, qui est, pour lui et ceux qui le suivent, « la » communauté.

Or défendre, restaurer, développer la communauté nationale n’est au fond pas le propre que du seul fascisme, mais de la démocratie également.

Alors qu’est-ce qui les distingue dans cette affaire? Rien d’autre que les circonstances: le fascisme n’accède au pouvoir qu’en période de crise aiguë du capitalisme.

Il regroupe alors la masse de ceux qui, inversant toujours l’ordre des choses, s’imaginent que l’affaiblissement de la Nation est la cause de la crise et non l’inverse.

fascisme 4La propagande fasciste tourne autour de l’idée de Nation

C’est une idée récente, dont on peut cependant déjà faire l’histoire, de sa naissance (en France vers 1789) comme communauté idéelle et idéale organisant et protégeant les nouvelles libertés du propriétaire privé, de l’individu enfin reconnu par le Droit (dit à tort de « l’Homme » anhistorique) comme base de la nouvelle société, jusqu’à sa décrépitude dans la boucherie de 1914-18, la barbarie fasciste, et les massacres coloniaux.

Le fascisme partage avec la démocratie l’idéologie du fétichisme de la Nation. Mais il le porte à un paroxysme. Le fascisme veut que la Nation soit directement les individus, sans les intermédiaires du citoyen et des élus.

Vouloir que les individus réels fusionnent avec une communauté mythique revient à escamoter la réalité, à faire disparaître les individus devant la Nation, incarnée par l’Etat (c’est de la conception de l’Etat-providence que peut naître l’idéologie fasciste).

C’est-à-dire un Etat ayant le devoir d’intervenir pour garantir à l’individu d’être salarié, avec toutes les prestations afférentes. Et plus encore, pour être le responsable de presque tous les éléments de sa vie. Car cet Etat-Providence doit entrer aussi dans la gestion de tout ce qui autrefois était purement privé: famille, éducation, santé, vieillesse, etc.

Non seulement parce que le capital a besoin d’une reproduction dynamique de la force de travail, mais parce que l’individu désapproprié n’étant absolument rien s’il n’est pas salarié, la garantie de l’emploi qu’il exige de l’Etat se développe en garantie de substitut d’emploi (c’est-à-dire de maintien d’un revenu) quand celui-ci est perdu. C’est plutôt l’Etat-Assistance, l’Etat qui se substitut à toute parcelle de puissance personnelle. Plus l’Etat intervient signifie toujours : plus l’individu est dépouillé.

La fonction première de toute communauté étant toujours de se reproduire, l’Etat doit donc, puisqu’il « est » (représente) la communauté, assurer la reproduction de la société marchande-capitaliste. C’est ce qu’on appelle, comme nous l’avons vu, la poursuite de « l’intérêt général »*.

L’intérêt général  est de garantir la valorisation du capital (sinon la production s’arrête).

L’Etat est amené à prendre de plus en plus en charge toutes sortes d’investissements lourds, tels que infrastructures, énergie, logements sociaux, hôpitaux, enseignement, recherche scientifique, etc., ce qui permet de baisser les coûts de mise en œuvre des capitaux privés. Par là aussi, l’Etat enfle donc régulièrement.

Dans le même temps, la concentration du capital en sociétés par actions désindividualise complètement la propriété; le capitalisme fonctionne de plus en plus comme « capital en général » (collectif), et non plus privé, avec son armée de fonctionnaires, de managers, de cadres, puissances intellectuelles de la production gérant collectivement et bureaucratiquement sa valorisation.

Le développement du capitalisme entraîne la disparition de la propriété privée, la « massification » des individus et accentue leurs divisions en grandes classes sociales, dont les conditions de travail et les comportements s’uniformisent.

La sphère étatique ne peut donc être pour ces individus qu’objet de mécontentement et d’insatisfaction: toujours trop contraignante dans son rôle de soumettre l’individu à l’intérêt général, jamais assez efficace dans son rôle d’être le moyen de satisfaire l’intérêt individuel.

Dire que l’Etat gère un « intérêt général », c’est dire qu’il prend en charge la vie d’une communauté.

Quelle est-elle? Il faut bien l’inventer puisqu’elle n’existe pas dans la société marchande des individus séparés. Ce sera la Nation, et l’intérêt général sera l’intérêt national.

L’individu qui revêt l’habit de citoyen devant l’Etat sera sommé de revêtir celui de patriote devant la Nation. Ce qui sera source d’innombrables exaltations meurtrières, la Nation se nourrissant, comme chacun l’apprend dès son plus jeune âge, du sang impur qui abreuve ses sillons.

fascisme 5Pour quelle raison l’idéologie de la  Nation est-elle nécessaire à la bourgeoisie?

C’est qu’à vrai dire toutes les créations de Nations n’ont qu’un point commun, une cause fondamentale: la lutte d’individus pour créer un marché à eux, c’est-à-dire un territoire, un cadre, où ils puissent être propriétaires, travailler, échanger et accumuler pour eux-mêmes. Ce qui amène les individus considérés à s’unir pour détruire les dominations empêchant cette souveraineté spécifique (pouvoir royal ou colonial, ou les deux à la fois).

Cette lutte peut, le cas échéant, mettre en avant la revalorisation d’une langue et d’une culture mises sous l’éteignoir par les dominants, puisque cela constitue un facteur supplémentaire de cohésion des dominés, et une « noble » justification.

Le cadre du marché est forcément borné puisque les intérêts de classe veulent le protéger d’une trop vaste concurrence. L’unité d’un marché nécessite d’ailleurs une unité administrative (un Etat), des règles fixant les usages et une langue commune. Ce qui explique que c’est, en général, les anciens cadres administratifs et linguistiques existants (royaumes, territoires coloniaux) qui ont été repris par les nouvelles Nations: c’est ainsi que la continuité territoriale devient un argument de l’éternité de la Nation comme forme de communauté humaine.

L’individu privé est relié aux autres par les marchandises par le marché.

Ne pouvant ni reconnaître l’inconsistance des fondements officiels de la Nation, ni reconnaître corrélativement qu’elle n’est que le cadre dans lequel s’organise une puissance marchande-capitaliste, les idéologues de la Nation ont dû la justifier par un prétendu caractère naturel.

Mais pour les communistes et les prolétaires les plus conscients, elle possède un caractère de classe, puisque alors la Nation est le cadre dans lequel des propriétaires privés, la bourgeoisie, organisent leurs activités en se protégeant des concurrents d’autres Nations, et la base à partir de laquelle ils partiront ensuite à la conquête du monde.

Fascisme et démocratie partagent la même idéologie nationale, à des nuances près, parce que ce sont deux formes politiques exprimant les mêmes rapports de production.

Le fascisme fonde son succès sur les échecs évidents, l’impuissance notoire de la démocratie à assurer une vie digne et correcte au peuple.

fascisme 3Le fascisme est un phénomène politique et social qui n’existe que dans une société capitaliste développée.

 

Il s’est construit sur toute cette période historique qui a vu les rapports de production marchands devenir hégémoniques. Dans le capitalisme, forme la plus évoluée de la société marchande, les individus sont définis comme propriétaires privés, séparés dans la production. Les individus fondent leurs connexions sociales dans et par l’échange des marchandises.

Le capitalisme a engendré, comme nous venons de le rappeler, des connexions (par les choses) obligeant les individus séparés à coopérer. Mais ces connexions par les choses cachent aux hommes leurs rapports profonds qui sont avant tout sociaux.

Au fur et à mesure que le capital enfle et se concentre, tout semble dépendre de lui de plus en plus.

C’est lui qui, embauchant les ouvriers, enrôlant la science et les techniques comme puissances à ses côtés, décidant de l’utilisation des moyens de production, les maîtrisant, semble organiser la coopération, être l’âme du travail collectif; à tel point que toute la force supérieure (à l’addition des forces individuelles) qu’engendre cette coopération, tout le progrès des méthodes productives, toute l’efficacité et l’innovation, semblent venir de son côté, lui être dus.

À ce titre, le capital est une  puissance incontournable. Il en résulte aux yeux des hommes, dominés par cette puissance mystérieuse (bien qu’elle ne soit qu’accumulation des travaux de toutes les générations), qu’elle est naturelle et vénérable.

Il n’y a pas pour eux de remise en cause du capital, mais seulement distinction entre les bons et les mauvais capitalistes.

L’association républicaine n’a donc pour objectif originel que de protéger et favoriser les travaux privés et le commerce des choses qui en sont issues. Elle apporte un « plus » (une protection, une garantie) à l’individu, un MOYEN à son service.

À cause de l’argent, chacun ne peut se lier concrètement aux autres, ne peut être relié aux individus dans l’échange de leurs qualités, fondement de la construction d’une vie plus riche et plus créative.

Au cours du vingtième siècle, se développe ce phénomène, en quelque sorte de vases communicants, que plus les individus perdent de maîtrise sur leurs conditions d’existence, plus ils sont désappropriés de toute qualité par le capital, et plus ils attendent de l’Etat (représentant à leurs yeux de la société) qu’il assure la satisfaction de leurs besoins, qu’il substitue sa puissance à la leur.

Avec le capitalisme moderne, ce phénomène atteint son apogée.

L’accumulation, sous la forme de capital, du travail des générations passées, ou « travail mort » selon la terminologie de MARX, entraîne non seulement la désappropriation des conditions du travail pour la majorité, mais de plus en plus la disparition même du travail (au sens capitaliste du terme) et « l’exclusion » d’un grand nombre de chômeurs.

« Exclus » des rapports fondant l’existence sociale de l’individu dans la société capitaliste, ils se retrouvent totalement dépendants de l’Etat et de ses aumônes. L’Etat est alors le maître qui décide de leur vie.

L’Etat est certes fort concret et visible, mais en définitive tout aussi fétiche dans le rôle qu’il est supposé avoir, puisqu’il est tout à fait illusoire de s’imaginer que les individus aient pu lui remettre une puissance sociale qui ne peut appartenir qu’à eux alors qu’ils sont les seuls sujets agissants, et qu’ils ont perdu cette puissance sociale dans les séparations marchandes (divisions du travail entre puissances intellectuelles et exécutants).

Dès lors, la Nation apparaît au grand jour, dépouillée de sa construction idéale originelle, pour ce qu’elle est: une communauté illusoire, idéologique.

Seulement le territoire où s’exerce la domination de la bourgeoisie nationale. Seulement le ghetto où règne, recrute et rançonne un gang particulier. Seulement un mythe, fondé sur des traits communs tirés du passé et extérieurs aux rapports sociaux fondamentaux entre les hommes vivants, qui seuls peuvent (ou pas) fonder une communauté.

Or, sous le capitalisme, la masse des individus ne peut nullement  fonder une communauté.

L’idéologie nationaliste a pour fonction d’y suppléer, en s’appuyant sur l’idée à courte vue que la bonne santé du capitalisme national est source de bien-être pour tous les ressortissants de la Nation (« tous sur le même bateau », même si certains galèrent dans les cales et d’autres se gobergent sur le pont).

Il n’est donc pas de lutte antifasciste conséquente, prenant le mal à la racine dans le but de l’éliminer vraiment, qui ne soit une lutte pour la réappropriation par tous des conditions de la production.

Cela ne veut pas dire que, dans cette lutte, il faille mettre un signe égal entre tous les démocrates et les fascistes. Parmi les démocrates, beaucoup sont attachés aux représentations idéales de l’égalité et des libertés individuelles que véhicule la démocratie. À ce titre, ils combattent les excès du fascisme. Mais combattre et vaincre sont deux choses différentes.

Ils ne peuvent pas le vaincre, c’est-à-dire l’éradiquer, sauf à prendre conscience de la nécessité de détruire ces rapports qui sont aussi ceux de l’Etat et de la démocratie.

Les communistes sont les premiers à rejeter l’Etat bourgeois pour ce qu’il est : un moyen de reproduction de la société de classe, un instrument du renforcement de l’exploitation ouvrière.

La lutte radicale est celle qui, détruisant l’Etat,   abolit les rapports de production capitaliste avec pour objectif principal d’installer un autre mode fondé sur la maîtrise par tous les individus des moyens de production de leur vie.

Pierre Lehoux – (d’après l’ouvrage de Tom Thomas, « Les racines du fascisme », éd. Albatroz)

images

* LOUIS le quatorzième pouvait bien dire « l’Etat, c’est moi », cela ne signifiait pas l’existence de l’Etat comme appareil au service d’un intérêt général. Cela marquait au contraire clairement, sans équivoque, qu’il n’y avait d’intérêt que royal, le roi et ses sujets étant dans un rapport transparent de dépendance personnelle.