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Archives Mensuelles: octobre 2013

arton1084-d2834DES RESISTANCES A LA REVOLUTION : QUELLES VOIES POUR LES PROLETAIRES ?

 

Les samedi 9 et dimanche 10 novembre, l’OCML Voie Prolétarienne organise un forum de discussion politique et populaire à Saint-Ouen (93).

 

DISCUTER DE QUOI, ET AVEC QUI ?

Nous voulons partir des récits d’expériences, mais sans nous arrêter aux constats, sans nous arrêter aux bilans.

Révoltés et exploités, militants ou non, nous vous invitons à venir débattre avec nous et entre vous pour, ensemble, comprendre nos tâches politiques, et avancer ensemble sur la construction d’un projet politique d’émancipation.

Nous voulons faire se confronter, de manière constructive, les idées et les pratiques des uns et des autres, pour nous enrichir et nous faire réfléchir.

Les derniers espoirs placés dans Hollande par nombre de prolétaires sont tombés au fur et à mesure de sa détermination à appliquer le programme de l’impérialisme français (retraites, flexibilité de l’emploi avec l’ANI, guerre au Mali, menaces sur la Syrie…). Mais « Illusions perdues sont force d’avenir » ! Nous n’avons pas toutes les réponses, toutes les garanties pour l’avenir, mais nous avons une manière de poser les problèmes : c’est de mettre en avant le rôle central des exploités et des opprimés pour organiser la lutte contre la bourgeoisie et ses gouvernements, et préparer le renversement de cette société capitaliste à bout de souffle. C’est ça, la « Voie prolétarienne ». C’est à partir de cette idée que nous vous invitons à venir discuter. Nous voulons rendre l’alternative communiste abordable et populaire.

 

Samedi après-midi, des ateliers, ouverts à tous, sont prévus à partir de questions politiques cruciales d’aujourd’hui. Samedi soir, une soirée conviviale et multiculturelle avec un repas africain est proposé.

Puis, dimanche matin, se déroulera un meeting-débat avec des révolutionnaires de plusieurs pays. Enfin, le dimanche après-midi, vous êtes invités à une visite guidée dans Paris sur les traces du Paris révolutionnaire. Une garde d’enfant est prévue pour permettre à tout le monde d’assister aux débats.

 

Vous êtes invités à venir débattre, mais n’hésitez pas non plus à nous faire des suggestions concernant l’organisation du forum, et même à nous proposer un coup de main si vous le souhaitez.

 

ALORS DÈS MAINTENANT, RÉSERVEZ VOTRE WEEK-END DES 9 ET 10 NOVEMBRE !

 

 

Samedi 9 novembre 2013 : Une autre vie dans une autre société, par où commencer ?

14H Ouverture, accueil

 

15H – 17H15 Débats, échanges d’expériences, et perspectives autour de 3 thèmes :

 

Atelier 1 : Construire les solidarités contre la guerre économique capitaliste Avec la participation de militantEs d’entreprise, français et immigrés, de militantes féministes, autour de l’ANI, des luttes pour l’emploi, et des solidarités internationales contre la concurrence capitaliste.

 

Atelier 2 : Souffrir au travail, mourir au travail ? NON ! En finir avec cette société ! Avec la participation de syndicalistes et animateurs du blog « Où va la CGT ? », militants ouvriers contre l’amiante, travailleurs sans-papiers autour des problèmes de la pénibilité et de la souffrance au travail, et des retraites.

 

Atelier 3 : Agir contre les idées et forces réactionnaires (racisme, sexisme, homophobie…), prolétaires tous et toutes uniEs ! Avec la participation de militantes féministes, de militants antifascistes, anti-impérialistes et internationalistes…

 

17H45 – 18H Synthèse générale

 

Soirée 19h – 22h  Repas africain (5€) Chants des femmes en lutte 93 et sans-papiers
Dabké palestinien (danse)
Percussions

 

Dimanche 10 novembre 2013 : Contre l’impérialisme, avec qui lutter et comment s’organiser ?

10H Accueil, petit déjeuner

 

10H30 – 12H30 Table Ronde avec des militants révolutionnaires de Grèce, d’Afrique et des Philippines

 

12H30 Clôture des débats

 

14h Ballade révolutionnaire dans Paris
Durée 3h (dans la limite des places disponibles, inscription par mail contact@vp-partisan.org et auprès des militantEs)

 

Stands d’associations, point presse, espace librairie

Entrée libre et gratuite, garde d’enfants

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retraites1La bombe à retardement des retraites !

 

La bourgeoisie au pouvoir se moque bien des prolétaires, cassés par l’exploitation au boulot, jetés dès 55 ans (au chômage ou en invalidité) avec une espérance de vie qui baisse d’années en années !

Alors on nous parle pénibilité… et on individualise les parcours, histoire de casser le peu de solidarité existante dans les « régimes particuliers ».

La CGT, qui s’y opposait farouchement depuis des années, rentre dans le jeu du compte individuel épargne pénibilité dans son dernier courrier à  Ayrault…

La journée d’action du 10 septembre 2013 convoquée par les appareils syndicaux FO, CGT, FSU et Solidaires, non pour  le retrait de la réforme des retraites, mais pour    «   une   autre   réforme   »    ou    pour    une « amélioration » de la réforme et pour « peser sur les choix du gouvernement » a rassemblé peu de manifestants et encore moins de grévistes (300 000  manifestants dans tout le pays, seulement 3 % de grévistes dans l’éducation…).

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Le ministre PS de l’économie Moscovici s’est empressé de répondre servilement aux demandes patronales :

« La hausse des cotisations patronales conséquente à la réforme des retraites sera intégralement compensée par une baisse des cotisations famille dès 2014 et pour l’intégralité du mandat, les prélèvements obligatoires qui pèsent sur les entreprises vont baisser, le CICE [crédit d’impôt compétitivité emploi, 6 milliards  d’euros  de  cadeaux aux  entreprises, NDLR] ne referme pas le dossier du coût du travail, il faut aller plus loin ».

Et en écho à ces déclarations, le projet de budget 2014 prévoit que l’imposition des entreprises pèse moins sur « les facteurs de production », en réalité uniquement le capital. En même temps, les salariés seraient ponctionnés un peu plus par diverses suppressions d’abattement dans le calcul de l’impôt et par l’augmentation des taux de TVA.

Par ailleurs, 15 milliards d’économies sont prévus par des suppressions de postes de fonctionnaires et une réduction des crédits d’intervention et de fonctionnement.

Appuyé par le gouvernement, le patronat sort  également renforcé par la collaboration de classe et le sabotage des luttes mené par les appareils syndicaux.

 

retraites4La classe ouvrière et la jeunesse étaient convaincues dans leur grande majorité de la totale inefficacité de cette pseudo-mobilisation, sans pour autant voir nécessairement à  quel point les appareils syndicaux soutiennent l’Etat bourgeois dans son entreprise de faire baisser la valeur de la force de travail en s’attaquant au salaire différé que représente la retraite, comme ils ont été complices des gouvernements   précédents.

Le gouvernement PS-PRG-EELV va plus loin que les gouvernements RPR et UMP contre les retraites. Pourquoi doit-il agir ainsi ?

Parce que le capitalisme en crise, doit  vaincre ou périr, écraser les concurrents. Alors, c’est toujours plus d’exploitation, de cadences et tant pis pour la santé et les retraites, tant pis pour les anciens trop usés pour être encore utiles, toujours plus de précarité et tant pis pour les jeunes qui enchaînent les petits boulots…

 

 

Nuances de style, même combat de classe

 

Le PS Hollande et l’UMP font mine d’être en désaccord mais ils se rejoignent sur le fond.

Dans la bourgeoisie il y a  ceux qui nous proposent une « meilleure répartition des richesses », avec par exemple le projet emploi-salaires-retraites de la CGT et aussi du Front de Gauche. Selon ces étatistes, « il n’y a qu’à » prendre l’argent là où il est !

Comme si la richesse se trouvait dans un tonneau dans lequel il suffirait de puiser à condition d’en avoir la propriété une fois au gouvernement.

Mais c’est oublier un peu vite que le capital qui ne se valorise pas dans la production n’est productif d’aucune valeur nouvelle et que l’argent seule n’est que spéculation (se volatilise au gré des krachs) sur un avenir plus qu’incertain…

La concurrence et la guerre économique mondialisée se chargent de ruiner les capitalistes les plus faibles.

S’il est vrai que derrière la réforme, ce sont les fonds de pension qui prendront la relève de la retraite par répartition cela exprime les difficultés de plus en plus grandes du capital à entretenir en temps de crise la force de travail.

C’est d’ailleurs une des contradictions majeures du capitalisme que doit affronter la bourgeoisie par une lutte de classe sans merci contre le prolétariat.

 

retraites2La politique du capital dans la crise

 

Ce que la bourgeoisie est et sera obligée de faire ne découle pas d’un choix politique totalement libre mais d’un choix politique répondant le plus judicieusement possible aux lois de la reproduction du capital et de la survie de la société capitaliste.

Cela ne découle donc même pas en premier lieu de son avidité, ni de son cynisme, ni de sa cruauté, même s’il faut bien admettre qu’elle n’en est pas exempte, et que ces qualités accentuent les désastres.

Les mesures que prend l’Etat bourgeois vont dans ce sens. Les prolétaires, de plus en plus dépouillés de tout, de plus en plus dépendant de lui et de ce système en crise peuvent avoir deux types de réactions.

Ou bien réclamer « plus d’aides de l’Etat » parce qu’ils pensent que tout peut venir de lui (y compris qu’il puisse s’opposer aux mauvais capitalistes anti-nationaux), ce qui explique que des individus d’autres classes, y compris des prolétaires, parce qu’ils n’existent et croient ne pouvoir exister qu’en tant qu’agents salariés du capital, peuvent soutenir la politique bourgeoise et même prétendre diriger le capitalisme mieux que les bourgeois qui ont été incapables d’éviter la crise.

Ceci a produit les divers fascismes et en produira d’autres. Ou bien s’opposer radicalement à l’Etat totalitaire qui leur fait face jusqu’à lutter pour le renverser.

A sa façon, l’Etat du capital est sans cesse engagé dans de nouvelles dépenses pour tenter de corriger les catastrophes qu’il a d’abord puissamment contribué à organiser dans ses efforts anarchiques pour soutenir la valorisation du capital.

C’est, par exemple, le cas des milliards qu’il déverse pour sauver les banques des bulles financières qu’il a d’abord lui-même faites gonfler par ses emprunts, et qu’il fait gonfler encore plus en s’endettant ainsi davantage. C’est vrai de ces dépenses de santé et d’hygiène qui résultent pour une bonne part du mode de production fondé sur le saccage des hommes et de la nature qu’il organise. C’est vrai des dépenses de sécurité qui croissent avec la misère physique et morale qu’engendre le système fondé sur l’exploitation, l’aliénation et la puissance du capital qu’il reproduit. C’est vrai des réponses qu’il apporte aux problèmes du logement prolétaire qui ont engendré des banlieues et des cités tellement invivables qu’il en arrive même parfois à devoir les démolir peu après. Et ainsi de suite dans tous les domaines, et jusque dans les activités internationales de l’Etat, avec notamment, les innombrables guerres qu’il entreprend pour aider le capital qu’il représente.

Bref, l’Etat, non seulement doit grossir toujours plus pour tenter de résoudre les problèmes qui remontent jusqu’à lui toujours plus nombreux, mais en essayant de les résoudre, il en crée sans cesse de nouveaux.

Boucher un trou en en creusant un autre encore plus grand, telle est en général l’action de l’Etat. Sa croissance n’est que la contrepartie de celle des effets morbides du mode de production capitaliste, non le moyen de leur suppression.

 

Il apparaît souvent normal aux travailleurs que l’Etat prenne en charge la réparation de dégâts dont ils ne sont pas responsables. Mais ce sont finalement eux qui paient, et deux fois.

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Une première fois pour engraisser le capital qui les emploie et qui les cause, une deuxième fois pour engraisser l’Etat qui ne résoudra rien et ne leur rétrocédera que quelques miettes de son festin pour les maintenir plus ou moins en vie, aptes au travail. Ils doivent fournir du surtravail pour être exploités, pollués, meurtris, et encore du surtravail pour entretenir le moloch étatique qui, en organisant et finançant cette barbarie, en corrigera seulement, au mieux, ceux des excès qui pourraient sinon détruire tout le système.

D’une façon plus générale, l’Etat est exactement l’inverse que le moyen d’une domination des hommes sur leurs activités et sur leur vie. Dans les rapports sociaux, il est du côté du capital car il accentue la désappropriation de la plupart des individus de leur puissance personnelle et sociale.

La crise est bien celle du capital mais en détruisant les hommes et la nature, elle détruit aussi les conditions matérielles nécessaires au changement de société.

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La révolution politique puis sociale est la solution

 

Nombreux sont les travailleurs des services publics, comme ceux du secteur privé, qui voudraient que leur travail exprime leurs capacités à satisfaire les besoins des autres, et de pouvoir ainsi se construire dans l’échange réciproque de qualités avec eux.

Tous ceux là ne se contentent pas de la défense d’intérêts corporatistes. Ils s’élèvent, ou s’élèveront, à une lutte plus riche sur le contenu même de leur travail relativement aux besoins sociaux. Ils lutteront pour pouvoir satisfaire des besoins qui développent les qualités, compétences, connaissances, habileté des individus, contre tout ce qui les dégrade et les détruit. Ils lutteront pour conserver les moyens de produire et de travailler autrement !

Ce faisant, ils lutteront contre ce qui dépossède et aliène les hommes: l’Etat, les rapports sociaux capitalistes. Et, dépassant les corporatismes, ils rejoindront la lutte commune contre l’Etat.

 

Lutter maintenant  pour travailler tous, travailler moins, travailler autrement !

 

Quand les prolétaires luttent en tant que classe, ce n’est pas pour donner procuration à l’Etat de s’approprier le pouvoir de décider et d’exécuter, sans contrôle permanent.

C’est pour décider eux-mêmes et contrôler eux-mêmes l’exécution de leurs décisions.

Il leur reste alors à sortir des revendications corporatistes pour franchir le pas décisif de comprendre que l’Etat est leur commun ennemi, l’organisateur du capital, le pouvoir social accaparé par une minorité de fonctionnaires du capital, une machine terriblement gourmande qui consomme à leurs dépens une énorme partie de leur travail, et qui de surcroît leur fait la guerre et les envoie faire la guerre à d’autres peuples.

ls franchiront le pas de s’attaquer à l’Etat au lieu de seulement lui demander parce qu’ils seront obligés de constater que réclamer à l’Etat n’aboutit à rien d’autre que renforcer encore plus son pouvoir monstrueux et prédateur sur eux, subventionner et aider toujours plus le capital, et les laisser, eux, dans le plus grand dépouillement.

L’Etat deviendra nécessairement la cible qu’ils voudront démolir au fur et à mesure qu’ils constateront son impuissance grandissante à répondre à leurs besoins, à surmonter les maux, les saccages, les désastres du capital, cela parce qu’il est lui-même le capital en général, le capital collectivisé.

Ils le feront parce qu’ils devront constater qu’il leur faut réaliser eux-mêmes ce que l’Etat en dehors d’eux ne peut pas réaliser, quand bien même, par quelque miracle, ses dirigeants le voudraient.

Et cela est justement ce qui tend à se produire actuellement, puisque les difficultés croissantes de la valorisation du capital obligent l’Etat à se montrer plus ouvertement pour ce qu’il est, l’obligent à être beaucoup moins « social » et beaucoup plus répressif.

De tous côtés croît la violence « pacifique » mais extrême du chômage tandis que les « acquis sociaux » sont rognés (et le plus dur reste à venir avec la bombe à retardement des retraites, la croissance inéluctable du chômage, etc.), alors que dans le même temps capital et capitalistes sont toujours plus subventionnés par un Etat dont les hautes sphères s’empiffrent également.

 

btpChanger le travail, changer la retraite !

 

  • Lutter pour en finir avec l’exploitation, devenir maître de son destin, décider collectivement de ce qui est utile de produire et ce qui ne l’est pas, pouvoir effectuer en même temps un travail manuel et un travail intellectuel, décider des priorités de l’Etat pour le peuple (et pas pour le capital).

 

  • Lutter pour changer le travail lui-même, bouleverser de fond en comble le système de  production pour préserver la santé physique et mentale des travailleurs.

 

  • Lutter pour permettre aux anciens de finir dignement leur vieen participant à l’activité sociale, avec une réduction progressive de leur participation, qui tienne compte de leurs capacités physiques et de santé.

 

  • Lutter pour permettre aux jeunes de s’insérer immédiatement dans la collectivité, sans attendre 25 ou 26 ans à passer d’un petit boulot à l’autre…

 

Mais cela suppose que les conditions soient réunies, cela suppose une révolution pour en finir avec le pouvoir bourgeois, l’exploitation et le profit.

Nous voulons « un autre monde », que les prolétaires soient porteurs de l’idéal du communisme comme l’étaient  les révolutionnaires de la Commune, des Révolutions russe et chinoise !

Ce qui est maintenant à réaliser, c’est de remplacer cette association fictive des citoyens que sont l’Etat et la Nation, par leur association réelle.

Et pour cela, la révolution politique (l’usage de la force organisée) est donc nécessaire à « l’activité organisatrice » du prolétariat aussi.

 

Le bureau de l’AAM – octobre 2013