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Archives Mensuelles: juillet 2013

ob_d294104199e665ecee382c8d678ad009_telechargementUne des tâches essentielles de la Révolution Communiste sera de partager le travail pour travailler autrement  !

 

La propriété collective capitaliste
Le capitalisme est par essence, l’appropriation privée de    tous les moyens de production de la vie.
Il ne faut pas le réduire à une simple définition juridique. Il n’est pas devenu la propriété des capitalistes financiers comme se plaisent à le dire les politiciens de gauche, ou de l’État dans le cadre de nationalisations/ étatisations destinées à le sauver de la catastrophe lors d’une crise.
Autrefois, lorsque le producteur était aussi le maître et propriétaire de ses moyens de production, il y avait une certaine correspondance entre le propriétaire juridique et le propriétaire réel (ou, pour reprendre une distinction qu’a tentée MARX, propriété et possession coïncidaient).
Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. On sait, par exemple, que ni le producteur, ni même l’actionnaire ne sont propriétaires / possesseurs.
C’est que le machinisme toujours plus perfectionné, entraîne la nécessité d’une accumulation et d’une concentration toujours plus grande de capitaux. Non seulement l’ouvrier est désapproprié de ses moyens de travail par la machinerie, mais le propriétaire lui-même disparaît dans la propriété collective d’immenses conglomérats industrialo-financiers.
Banquiers, actionnaires, « managers », ingénieurs, forment une structure technico-financière, une classe, qui se partage propriété juridique, gestion, maîtrise des conditions de la production. La concentration du capital s’accompagne en même temps de sa spécialisation, de sa segmentation en capital financier, industriel, commercial, étatique, etc., qui accentue d’autant la dé-privatisation de la propriété, de même que la parcellisation du travail ouvrier accentue sa désappropriation.

Les séparations réelles
dans le travail product
if
Alors, que cette immense propriété collective soit étatique, ou « privée » ne change pas grand chose à l’affaire.
Les nationalisations dans le capitalisme ne sont qu’un moyen de survie pour le capital, un moyen de sauver de la ruine des segments importants, vitaux pour le capital en général et qui nécessite l’intervention de l’État pour le requinquer aux frais des prolétaires. L’étatisation, on le sait, ne dissout en rien les séparations réelles entre les « puissances intellectuelles » et les exécutants, ni même entre la bourgeoisie et les prolétaires.
Ces chefs d’orchestre du capitalisme moderne, ce sont ces puissances intellectuelles de la production qui « personnifient les moyens de production face à l’ouvrier » dès lors que la science et ses applications technologiques sont devenues les forces productives essentielles au lieu et place du travail pratique immédiat.
Supprimer cette séparation c’est faire en sorte que les travaux soient directement sociaux.
C’est-à-dire qu’ils soient décidés, reconnus comme utiles par les individus avant d’engager leur production, que l’activité de chacun soit en conséquence coordonnée et mise en œuvre consciemment avec celle des autres, en vue d’un but commun conscient.
Cela seul serait un partage voulu du travail, au lieu qu’il suive nécessairement et aveuglément les déterminations du capital. Ce qui implique que, parmi les conditions à réunir pour y parvenir, il y a évidemment celle de maîtriser les conditions de la production: sans cela, il n’y a aucune décision consciente possible de chacun, mais perpétuation de la domination de « l’élite », des puissances intellectuelles, perpétuation de la domination et de l’appropriation de classe.
L’Histoire des premières révolutions et leur défaite nous apprend que lorsque les travailleurs sont dépossédés de leur puissance sociale, les classes sociales antagonistes perdurent, d’un côté les cadres « qui ont toujours raison », de l’autre les exécutants qui recueillent quelques miettes des richesses produites sans pour autant pouvoir décider eux-mêmes de ce qu’il faut produire pour répondre aux besoins sociaux.
Dans ces conditions, le but principal demeure la course au profit (avec l’aiguisement des rivalités impérialistes pour la conquête des ressources nécessaires), et le capital survit.

L’accroissement de la productivité dévalorise le capital

Nous savons que l’accroissement de la productivité dévalorise le capital puisque, avec l’automatisation, la machinerie a supprimé des tâches autrefois exécutées par les ouvriers. Il y a donc moins de plus-value produite et les quantités produites sont telles que la valeur restante demeure une fraction infime dans la marchandise qui se présente à la vente. Il en résulte que la valeur d’usage (son usage seul) est bien plus grande que la valeur d’échange (que le profit que le capitaliste en tire à la vente, d’où la crise de surproduction qui engendre la dévalorisation globale du capital).
Ce qui en constitue la substance du capital, la plus-value, disparaît. Mais les rapports sociaux d’exploitation eux perdurent. Car ce qui fonde la valeur d’échange (l’argent), c’est le rapport social de séparation de l’appropriation privée.
Il en résulte que la nécessité de cette forme valeur s’exacerbe avec l’accentuation de l’appropriation par le pôle capitaliste (d’où l’hypertrophie du capital financier), en même temps que ce qui la constitue et la mesure se délite. La nécessité de la forme entre en contradiction aiguë avec l’inconsistance de son contenu.
Une condition de disparition de la valeur est réunie: elle ne mesure plus la richesse considérée sous la forme du travail abstrait (travail immédiat, simple, moyen, indifférencié) parce que ce travail qui est sa substance disparaît.
Il reste à supprimer la nécessité de la forme valeur, c’est-à-dire la nécessité que les travaux et les produits soient malgré tout obligés de se représenter sous cette forme.
Donc à supprimer l’appropriation par les « puissances intellectuelles de la production ».
Nationaliser est facile, résoudre cette contradiction sera un peu plus difficile.
Ce qui est concrètement à l’ordre du jour n’est pas le partage du travail immédiat, quantifiable, l’échange équitable d’égales quantités de ce travail en guise de répartition des richesses, c’est la conquête de « travailler autrement », la conquête du travail scientifique, créatif, libre.

Partager le travail,
c’est changer le travail,
telle est la première vér
ité.

Par là, on prend en compte la disparition du « vieux » travail en même temps qu’on accède à la maîtrise collective des conditions de la production, et donc à la possibilité de rapports directs entre les hommes (suppression de la nécessité de la forme valeur comme médiation). C’est-à-dire, finalement, à la possibilité d’un partage conscient du travail et de richesses dont la production ne pose plus de problème puisqu’elles peuvent être abondamment produites en tant que telles, en tant que valeurs d’usage, n’ayant plus à surmonter l’obstacle de l’être comme valeurs d’échange.
Car il n’y a pas partage rationnel sans conscience, ni conscience sans science c’est-à-dire sans réappropriation par tous du travail des générations passées.
Il ne s’agit évidemment pas d’effectuer un simple changement de mots, comme bien des idéologues ont tenté de le faire croire, depuis les farceurs qui imaginent que le femme de ménage sera plus fière de s’appeler « technicienne de sols », ou l’employé « équipier », jusqu’aux canailles qui vantent un soi-disant « enrichissement des tâches » dans les usines. Il s’agit souvent d’exalter le « ohnisme » japonais, lequel n’est qu’une manière d’intensifier le travail ouvrier, mais sûrement pas de lui donner un savoir général et scientifique tel qu’il lui permette de maîtriser, avec ses camarades, la marche de leur travail.

Mettre fin aux
comportements égoïst
es

Imaginons ce qui pourrait se passer si les individus, au lieu d’être séparés et que « l’autre » soit une société à laquelle chacun d’eux est indifférent ou hostile, formaient une réelle communauté, maîtresse de ses conditions de vie, déterminant consciemment ses buts communs et où chacun serait, dans son activité, un enrichissement pour l’autre, directement par ses qualités objectivées, et non par l’argent qui est tout le contraire.

Cette société, comme toutes les autres, aurait à répartir des quantités de travail et de ressources entre les différentes branches de la production.
Elle le ferait en fonction des besoins qu’elle aurait décidés, par avance, de satisfaire, et non après coup selon les lois de la valorisation. On produirait donc des valeurs d’usage et non des marchandises (valeurs d’échange), dont chacun aurait droit à une part déterminée et selon sa situation personnelle (âge, charges familiales ou autres, etc.).
Cela sous-entend que chacun fournit, non pas un travail privé, mais une part du travail social. On ne compte pas individuellement la quantité d’un travail qui n’est pas individuel. Tout ce qu’on peut demander à chacun est une égalité d’efforts avec les autres, chacun en fonction de ses capacités. Cela ne peut se mesurer que par le temps de travail concret que chacun doit fournir à la communauté en fonction des productions qu’elle a décidé de faire et du temps de travail global que cela demande.
Comme nous l’avons vu, tout cela n’est possible qu’à certaines conditions. Pour qu’il y ait communauté (maîtrise collective, buts communs conscients), il faut que les grandes séparations de la division du travail, notamment celle qui opposent les puissances intellectuelles du capital d’avec la masse des exécutants et des exclus, soient supprimées.
Le temps de travail reste toujours un critère: plus on économise du temps pour les productions nécessaires, plus on peut en gagner « pour d’autres productions, matérielles ou intellectuelles ». Pour répondre de la façon la plus rationnelle aux différents besoins, il faut aussi pouvoir répartir judicieusement les forces humaines et matérielles.
« L’économie du temps aussi bien que la répartition méthodique du temps de travail dans les différentes branches de la production demeure donc la première loi économique dans le système de la production collective, elle y prend même une importance considérable » (K. Marx, Grundrisse).

Pour que cela soit, il faut une situation où il ne s’agisse plus d’égaliser des travaux individuels, privés, mais où le travail puisse être d’emblée posé pour ce qu’il est, collectif. On ne considérerait pas alors les différences individuelles dans le travail, mais on rechercherait le meilleur rendement collectif, la meilleure coopération, en exigeant et en aidant chacun à faire « le maximum », selon ses capacités, et selon le poste, les tâches qui lui ont été confiées.
Alors, il n’y a plus comptabilité pour égaliser individuellement des quantités de travail, ni de ce qu’on reçoit en échange. Il va de soi que dans une telle situation où la carotte-bâton du rapport salarial a disparu, l’enthousiasme et la motivation ne peut se trouver que dans le caractère riche et conscient du travail.
Avec l’égalisation, chacun fournit une quantité donnée de son temps à l’effort, et aux objectifs communs. On peut savoir d’avance quel temps de travail social est nécessaire pour assurer telles productions dans la mesure où ce sont les producteurs eux-mêmes qui l’établissent sur la base de leur expérience et qu’il peut y avoir franchise et transparence de leurs rapports puisque l’individu ne s’oppose plus à la société mais au contraire s’en enrichit. Ce qui est réparti dans les différentes productions, c’est directement du travail social, la puissance collective d’une association d’individus. C’est l’utilité et le caractère social des travaux qui sont la médiation entre les individus.
Chacun prend une part du travail collectif, et reçoit une part du résultat collectif, en proportion de son temps de travail concret et de ses besoins.
La satisfaction des besoins est certes limitée par les capacités de la production sociale, mais à vrai dire, la quantité des biens matériels compte beaucoup moins dans la mesure où ce qui est vital est produit en abondance (alimentation, logement, etc.), tandis que l’essentiel devient d’ordre culturel, scientifique, artistique, et que les individus ne cherchent pas tant à « consommer » qu’à « agir », ne cherchent pas tant à avoir, à acquérir des apparences, à acheter des qualités, des déguisements, qu’à être.
La seule règle est que chacun donne effectivement toute sa puissance de travail pendant le temps de travail, que le volontariat, la confiance, la transparence régissent les rapports entre tous. Donc que le travail soit suffisamment riche pour que chacun n’ait pas un intérêt personnel à l’égoïsme, à faire le moins pour obtenir le plus, et ne recherche pas l’isolement dans l’accaparement privé, mais de s’enrichir encore plus dans l’échange de qualités.
Un comportement égoïste et mesquin est nécessairement le cas quand le travail est une contrainte, et même souvent une torture pour la plupart. Car, dans une telle situation, chacun ne peut chercher qu’à limiter au maximum sa peine, et, si possible, à en exiger plus des autres.
La seule contrainte qui permette de l’obliger à ne pas paresser une minute, à travailler plus sans s’arrêter est la pression des efforts des autres pour augmenter leur productivité, qui lui parviennent par la concurrence, c’est-à-dire par la médiation du marché où se révèlent les valeurs réciproques des marchandises (force de travail y compris bien sûr), l’efficacité des efforts de chacun, l’obligation de se plier ainsi au caractère social du travail prenant la forme d’une contrainte violente, aveugle et brutale.
Si le travail, qui est toujours effort, est aussi activité choisie, volontaire, il est aussi jouissance d’un but, d’une création accomplie, et on ne le compte pas. Au fond, c’est le travail contraint (dès qu’il n’a plus été autarcique mais pour l’échange) qui a entraîné la nécessité de compter les quantités de travail en vue d’échanger des quantités égales. Le développement des outils a eu ce double effet d’entraîner la production de surplus échangeables et la division du travail, chacun étant poussé à se spécialiser dans le métier qui lui était le plus favorable du point de vue du rapport efforts/revenus et à obtenir la propriété personnelle de ses moyens de travail pour avoir celle des produits.
A l’origine, l’individualisation, c’est la privatisation du travail et de ses moyens, de la peine et du résultat.
Dans ce chacun pour soi, le fort ou l’habile n’acceptera pas de recevoir autant que le faible ou l’ignorant pour le même temps de travail. D’où la nécessité de passer par une égalisation en terme de quantités de travail abstrait.
K. MARX notait que tant que «... le travail est la puissance sur les individus (tant qu’il est contraint, ndlr), et aussi longtemps que cette puissance existera, il y aura aussi propriété privée » (K. Marx, Idéologie Allemande).
Ce mouvement d’individualisation n’a cessé de s’accentuer avec les sociétés capitalistes, puisque le travail s’y est développé de plus en plus comme travail contraint, comme puissance extérieure aux individus (doublement, comme nous l’avons vu ci-dessus: aussi bien leur coopération que les instruments du travail leur échappent).
K. MARX avait lui-même envisagé les difficultés que rencontrerait une révolution prolétarienne qui arriverait à un moment où il ne serait pas possible d’éliminer, ou du moins de réduire à une portion minime, le travail contraint. « La révolution pourrait venir plus tôt que nous le souhaiterions. Le comble du malheur, c’est lorsque les révolutionnaires doivent se soucier du pain des gens ». Ou encore: « Le développement des forces productives est une condition pratique indispensable, car, sans lui, c’est la pénurie qui deviendrait générale, et avec le besoin, c’est aussi la lutte pour le nécessaire qui recommencerait et l’on retomberait fatalement dans la même vieille gadoue ».

« Comble du malheur », « vieille gadoue », MARX a des mots forts pour redouter les méfaits sociaux du travail contraint.
Néanmoins, il reste clair que pour lui, le fameux « développement des forces productives » qui a servi de brevet frelaté de socialisme aux pays de l’Est n’a de sens qu’en tant que diminution et suppression du travail comme puissance sur les hommes (donc du travail contraint et privé), conquête d’une activité riche pour tous, puissance des hommes sur eux-mêmes.

Le travail n’est pas le biblique châtiment divin. Il n’est peine et souffrance que dans cette phase du développement humain où les hommes sont soumis à une pénurie, dominés par le monde environnant et par leurs propres rapports qui leur échappent dans l’appropriation privée.
C’est dans un monde de pénurie que le travail, encore peu coopératif, peu usager des technologies, est peu productif, tandis que le travail scientifique produit, par ses applications technologiques, l’abondance.
La pénibilité, la contrainte, pousse chacun, dès que cela est possible, c’est-à-dire dès que le travail peut être individualisé, propriété personnelle, à en compter et mesurer avec férocité combien il en fournit.
Supprimer le travail contraint
Il n’y a pas possibilité de supprimer « l’odieuse division du travail » sans supprimer le travail contraint et sans reconnaître le caractère collectif du travail.
Ce qui devient nécessaire à la communauté, se trouve possible aujourd’hui dans le même mouvement: le passage à un autre travail, le travail riche et collectif remplaçant le travail contraint, immédiat et personnel.

L’immense puissance scientifique et technique accumulée permet d’envisager que, la productivité du travail humain, qui a déjà, considérablement réduit le temps de travail nécessaire malgré les limitations que lui impose le capitalisme, soit démultipliée.
Que ne feraient des millions de cerveaux hautement éduqués, au lieu de quelques uns bornés par le service du capitalisme?

Les conditions matérielles de cette révolution existent pleinement. La science et l’universalité du savoir permettent la libération de la domination du travail contraint, la maîtrise par tous des conditions de la production, le caractère communautaire de ces conditions et de ce travail. Être pleinement individu, c’est être individu social.

L’activité n’est riche que de la richesse des rapports sociaux. 

Comme le dit MARX, ce que vise une activité ainsi productrice de valeur d’usage, « c’est l’existence du produit au profit de l’homme », à l’inverse de la production de valeur d’échange. Le travail est riche ajoute-t-il « s’il est d’un genre scientifique et devient en même temps du travail général ».
Ce qui n’est pas dire qu’il faut bien accepter la présence des autres, que votre liberté soit limitée par la leur selon le principe de la démocratie.
Ni même dire qu’on reconnait, plus positivement, que chacun a besoin des autres : cela, c’est encore l’individu qui pose les autres comme moyen pour lui.

Mais c’est dire que tout individu « est » les autres, les générations passées et présentes, que chacun s’individualise (devient individu plus riche et plus singulier) par les qualités des autres, et réciproquement.

Quoiqu’il en soit, on voit ce dont il s’agit aujourd’hui quand on parle de supprimer le chômage: partager non pas « le travail », mais le travail intellectuel (chacun ayant donc aussi une part de ce qui resterait de travail d’exécution, d’entretien, de surveillance).
Il s’agit d’aller vers la conquête du « travail riche » pour tous. Le travail est riche si son contenu social est assuré.
Celui qui l’entreprend sait d’emblée qu’il satisfait un besoin utile pour lui et pour les autres, ce qui est satisfaction et jouissance.

Tout ce qu’il peut souhaiter, c’est que ce temps de travail (mesure de l’effort de chacun pour la société), soit le même pour tous, laissant à tous le même temps pendant lequel exercer l’activité (ou le repos) de son seul choix, c’est-à-dire entièrement libres des rapports à autrui.

D’après le livre de Tom Thomas : « Partager le travail, c’est changer le travail » (éditions Albatroz)

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ImageLe Capitalisme n’a rien de « naturel »

Il n’est qu’une phase historique du développement humain

 

Ce système  se condamne lui-même

Il a accompli l’essentiel de ce que son rôle historique avait de positif pour l’humanité: développer les sciences et les techniques de telle sorte que les hommes peuvent produire de plus en plus de richesses et satisfaire des besoins de plus en plus variés tout en fournissant de moins en moins de travail contraint, déplaisant, grâce à des machines de plus en plus efficaces dont les performances productives ont particulièrement explosé au cours du demi-siècle dernier.

Mais, c’est paradoxalement ce côté positif, cet extraordinaire niveau atteint par la productivité dans la production de masse qui est au cœur de la crise actuelle, qui s’avère négatif pour le capital et son monde.

Comprendre le scandale qui le condamne

Plus la production de richesses devient abondante, variée, moins elle réclame de sueur et de peines, et plus le capital engendre de misère, de chômage, de précarité, de maladies de toutes sortes (dues au  travail) de morts, de destructions, comme nécessités pour produire quand même, coûte que coûte, du profit.

Le scandale a donc une cause purement sociale, celle d’un rapport social, la propriété privée des conditions de la production ou, c’est évidemment identique, leur non propriété pour la masse, immensément majoritaire, des prolétaires.

Ce scandale peut être aboli par la condamnation du capital à la peine capitale, et son exécution.

La cause profonde de la crise actuelle ne laisse pas aux fonctionnaires du capital d’autre alternative que l’abaissement absolu, et pas seulement relatif, des coûts salariaux des prolétaires employés, tout en aggravant leurs conditions de travail et en augmentant parallèlement la précarité et le chômage.

Ils doivent agir en ce sens, c’est une obligation, pas une question de morale (corruption, spéculation, magouilles et fraudes diverses ne sont, quelles que soient les sommes en jeu, que l’écume du monde capitaliste, en même temps que parfaitement conformes aux comportements d’accaparement qui lui sont inhérents).

Il s’agit bien d’une obligation pour le capital, et non d’un choix politique « libéral » auquel pourrait s’opposer un autre choix « social » dans le cadre du capitalisme, est un point essentiel qui doit amener des prolétaires de plus en plus nombreux à se séparer, à juste titre, de leurs faux amis de la gauche.

Ceux-là prétendent que la crise ne serait due qu’aux exagérations d’un capital financier démesurément grossi, échappant aux « contrôles démocratiques des Etats » parce que mondialisé, et parce que ceux-ci de surcroît aux mains de politiciens « libéraux » auraient sciemment « abandonné » leurs pouvoirs sur le capital.

Selon cette analyse superficielle, pire, mystificatrice en ce qu’elle mythifie l’Etat, une autre politique serait donc possible pourvu que ce même Etat soit entre leurs mains expertes, et devienne alors ce qu’il devrait soi-disant être dans l’idéologie bourgeoise : un État au service de  « l’intérêt général » qui saurait étouffer les mauvais côtés du capital tandis que ses « bons » côtés seraient développés, en même temps qu’il assurerait une « juste répartition » de la croissance des richesses entre profits et salaires.

Capitalisme et crises

La logique interne du système le conduit inexorablement à accumuler du capital, jusqu’à trop. Trop par rapport aux besoins réels de financement de l’économie, et surtout trop par rapport aux possibilités solvables de consommation.

Il arrive toujours un moment où il y a trop d’entreprises, trop de production de marchandises, trop de crédit. Il y a suraccumulation de capital : c’est la crise.

La surproduction de capital entraîne qu’une masse de plus en plus grande d’argent ou de moyens de production ne trouve plus à s’employer comme tel, c’est-à-dire à se valoriser dans un procès réellement productif de plus-value, qu’en éliminant du circuit autant ou plus de capitaux qu’il n’en est investi de nouveaux(1).

En face d’une masse énorme de capitaux, dont une part de plus en plus grande se stérilise sous forme de capital financier, un capital qui, quoique fictif, absorbe néanmoins une part de la plus-value globale, il y a ce prolétariat de plus en plus précarisé, désœuvré, paupérisé jusqu’à la famine quand ce n’est pas massacré par quelques guerres impérialistes comme en Yougoslavie, en Palestine ou en Irak; mais aussi un prolétariat massif, « mondialisé », déraciné partout des ruralités archaïques et conservatrices en étant précipité dans d’immenses concentrations urbaines, banlieues misérables, favelas et bidonvilles.

Il y a l’utilisation de la concurrence entre prolétaires et de la peur du chômage pour briser les résistances, exciter le chacun pour soi et, au delà, les nationalismes. Il y a, et de plus en plus, le renforcement des opérations de police, l’emprisonnement massif des pauvres, et ces guerres impérialistes permanentes du capital mondialisé.

Et, pour justifier le tout, il y a la mainmise absolue sur les médias et l’intensification du bourrage de crâne.

Les rapports d’appropriation capitalistes deviennent antagoniques à ce développement.

Ce niveau de développement est aussi la réalisation de conditions permettant l’avènement d’un autre type de société. Une société fondée sur le travail qualitativement riche, donc une communauté d’individus échangeant directement et librement leurs travaux, d’individus directement sociaux au lieu de l’être par l’intermédiaire de puissances hors d’eux, l’argent, la « main invisible » du marché, l’Etat.

Il y a des conditions objectives qui peuvent favoriser la rupture (et donc l’avènement de révolutions) avec ce système :

  • « L’abondance » que permet l’efficacité productive. C’est-à-dire, non pas la production illimitée (2) de n’importe quoi, mais la possibilité d’être libéré des travaux harassants, vulgaires, ou même étroitement limités à une spécialité de détail, vides ou pauvres de contenu artistique ou intellectuel.

Autrement dit encore, le temps disponible pour que chacun puisse se développer à travers des travaux riches de ce contenu supérieur, source de jouissances supérieures et du développement des uns par les autres dans l’échange libre et gratuit de qualités. Ce n’est que sur de telles bases que tous peuvent participer à la gestion maîtrisée de leurs rapports, de la société.

  • L’existence d’un vaste prolétariat mondial, individus de plus en plus dépouillés de toute propriété des conditions et moyens de leur existence par le pôle du capital, et donc obligés par lui à lutter contre lui pour leur vie.

D’abord ils résistent à ses « empiétements », tentent de lui arracher quelques concessions, de maintenir plus ou moins les « acquis », et de sauver leur peau en ordre dispersé.

Mais tout cela n’est que reculer pour obtenir encore pire plus tard.

L’analyse de la crise du capitalisme comme l’observation de ses actes quotidiens nous disent que la question est aujourd’hui à nouveau communisme ou barbarie (cela bien que le mot communisme soit difficile à employer de façon compréhensible tant il a été galvaudé !).

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Il faut détruire le capital, mais pour cela il faut s’en donner les moyens, parmi lesquels la conscience de cette nécessité et des buts à atteindre.

 

Il s’agit, pour les communistes révolutionnaires, de comprendre comment les prolétaires peuvent passer de luttes défensives, et plus ou moins dispersées, de résistance contre leur exploitation accrue, à une lutte de classe commune offensive pour détruire le capital, c’est-à-dire pour le communisme. Ou encore, ce qui est la même chose, comment ils peuvent se constituer en classe indépendante posant et accomplissant ses propres buts: sa destruction, donc celle de son autre face, la bourgeoisie.

Il est certain que les prolétaires vont être obligés de donner une grande ampleur à leurs luttes du fait de l’aggravation tout aussi certaine de leurs conditions de vie, même dans les pays les plus développés.

Mais on sait aussi qu’elles peuvent prendre deux grandes directions opposées :

  • Soit celle de s’en remettre à l’Etat (éventuellement plus ou moins européen pour les pays concernés) – et donc à « son » capital et à ses fonctionnaires – pour assurer une meilleure situation à la Nation et son peuple. On sait que c’est une telle orientation de type nationaliste-étatiste qui a conduit autrefois aux fascismes, et d’une façon plus générale aux guerres.
  • Soit celle de lutter contre l’Etat bourgeois, pour le détruire afin que le prolétariat s’assure lui-même des conditions de la production de sa vie et de la société (détruise l’appropriation privée de ces conditions).

La conscience révolutionnaire communiste plonge ses racines dans la perception des causes de l’exploitation capitaliste et des conditions objectives réalisées par le capitalisme lui-même d’une possible autre société (de possibles autres rapports sociaux).

Mais comment la conscience de la réalité de ces causes et conditions peut-elle se faire jour étant données les formes phénoménales que prennent les rapports sociaux capitalistes ? 

La conscience révolutionnaire ne peut pas être un préalable, posée  toute constituée face aux idéologies bourgeoises, dominantes, dont les prolétaires n’auraient qu’à s’emparer.

Elle ne se développe que dans la lutte classe contre classe qui dévoile progressivement à une masse toujours plus grande de prolétaires les racines du capital et de la société bourgeoise comme catastrophes, et pourquoi il est possible de les éradiquer.

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L’élévation de la conscience, nécessite le moyen d’un Parti de la classe. C’est une nécessité de rassembler toutes les forces communistes encore éparses malgré – ou plutôt à cause de – toutes les critiques violentes et tonitruantes, qui ont été élevées à l’état de dogme indiscutable, à l’encontre de l’idée de Parti, et qu’il convient de combattre.

 

Il s’agit toujours, pour la bourgeoisie, de profiter des terribles erreurs et crimes commis par des Partis-États transformés en appareils d’encadrement bureaucratique, policier, et d’abrutissement idéologique, pour aujourd’hui ôter au prolétariat toute volonté de se reconstruire comme classe indépendante à travers une lutte révolutionnaire organisée et lucide.

Les destructions en chaîne du secteur bancaire, des capitaux productifs qui en dépendent, de la nature, conséquence du développement aveugle des forces productives, la surexploitation des travailleurs et la prolétarisation d’un nombre de plus en plus grand de couches sociales jusque là épargnées, sont les armes que déploient le capital pour survivre. C’est une lutte de classe sans merci pour maintenir l’ordre existant, reproduire à l’infini la société avec ses inégalités et ses monstruosités.

Ce système représente le plus grand scandale que l’humanité ait eu à connaître. Alors même qu’il est capable de libérer l’homme du travail pénible, de fournir du temps libre, il développe plus de chômage, plus de souffrances et de morts, de victimes d’une productivité effrénée, de la faim et des guerres, qu’à aucun autre moment de l’histoire humaine.

Il est donc plus rationnel, finalement beaucoup plus économique, de poser publiquement la question de la rupture avec le système de production lui-même, celui du capital, donc de l’expropriation et de la socialisation des grandes entreprises de production dans l’industrie, l’agriculture, les transports et de l’élimination pure et simple des officines financières et rentières parasitaires.

Chaque obstacle qui freine le capital dans son accumulation est une chance de plus pour le renverser. Ce qui est une calamité pour le capital est un levier pour un prolétariat mondial qui cherche à se libérer de cette tutelle écrasante.

Dès lors, la tâche principale des communistes va être de porter à un autre niveau les revendications pour construire une société libre, libérée du capital !

Continuons d’organiser, partout où cela est possible, des rencontres politiques.

Débattons afin d’obtenir l’éclairage nécessaire pour mener des luttes bien au-delà des seules revendications catégorielles.

Chaque adhérent nouveau à  l’AAM renforce l’ensemble du mouvement communiste révolutionnaire.

Militer pour ce renforcement est une tâche prioritaire, une nécessité dans le contexte des luttes actuelles.

 

C’est se donner les moyens de développer aussi bien la théorie que la pratique communiste pour faire émerger dans le courant des luttes des prolétaires, le Parti Communiste dont a besoin le prolétariat pour se constituer en classe indépendante de la bourgeoisie qui décide elle-même des conditions de la production de la vie et pose celles de la disparition des classes.

Faire connaître l’AAM est un combat qui repose sur notre engagement et doit prendre de l’ampleur.

Bureau de l’AAM

(RC N° 44 juillet 2013)

  1. Ce qui augmente encore plus vite la productivité générale, seules les entreprises hautement productives subsistant dans cette concurrence acharnée, donc accentue la tendance à la surproduction de capital. K. Marx fait très justement remarquer que dans la jouissance aliénée de « avoir » des choses, il n’y a pas de limites puisqu’elle est quantitative. Alors que dans la jouissance « d’être », il y a des limites: celles des efforts, du temps qu’il faut consacrer pour s’approprier des qualités (la maîtrise de tel art, telle science, etc.), et des capacités d’appropriation des individus qui ne sont évidemment pas infinies.

 

nationalisation

 

       NATIONALISER :    

       POUR QUI ?  

       POURQUOI ?

 

 

 

Au moment où le chômage explose, où se succèdent les délocalisations, les fermetures d’entreprises et de sites industriels, après avoir prôné l’interdiction des licenciements boursiers, certains courants politiques remettent en avant l’idée de nationalisations.

Nationalisations temporaires de Montebourg, nationalisations des secteurs stratégiques du FDG, nationalisations avec ouverture des livres de comptes et contrôle ouvrier de l’extrême gauche.

Qui y a t’il derrière cette idée de nationalisation, d’où vient-elle ?

 

Les Communistes peuvent-ils et doivent-ils s’en saisir pour faire avancer la conscience de classe ?

Le terme Nationalisation se rapporte évidemment à l’idée de Nation.

La Nation, n’a certes pas été inventée par la Révolution Française de 1789 mais elle a été abondamment mise en exergue à cette période d’émergence et de constitution de la bourgeoisie comme classe. La nation marque l’appartenance à une communauté de citoyens (mais pas encore de citoyennes) libres et égaux en droit.

Selon le Centre de Ressources Textuelles et Lexicales, le mot « Nationalisation » aurait été forgé en 1796 « un vol manifeste : la nationalisation des biens des émigrés ! »  (Le Néologiste Français – http://www.cnrtl.fr/definition/nationalisation)

En effet, la 1ère République avait pratiqué la nationalisation des biens de l’Eglise (10/10/1789) avec indemnisation sous forme de rente annuelle versée aux curés et celle confiscatoire des biens des nobles qui s’étaient enfuis à l’étranger (30/03/1793).

Ce sont les premières nationalisations de l’époque moderne. Elles se déclinent entre deux modes de nationalisations, indemnitaires ou confiscatoires.

Pour les économistes et les juristes, il y a nationalisation dès que l’état entre à plus de 50% dans le capital d’une entreprise.

Les nationalisations qui nous préoccupent le plus sont celles du 20ème  siècle.

Elles commencent avec le début du siècle par les chemins de fer de l’Ouest et les mines de Potasse d’Alsace.

Le Front Populaire nationalise les usines d’armement (1936) et les chemins de fer (1937) en créant la SNCF.

Les grandes nationalisations ne seront réalisées qu’après la seconde guerre mondiale (1944-1948) selon le programme du CNR (Les Houillères, Renault, La Banque de France, le gaz et l’électricité (EDF-GDF), les 4 plus grandes banques et les  grandes compagnies d’assurance) et après l’arrivée au pouvoir de F. MITTERRAND ( Thomson, Saint-Gobain, Rhône-Poulenc, Pechiney, Sacilor, Usinor, ainsi qu’une dizaine de banques et d’établissements financiers).

Ces programmes de nationalisations ne sont pas le fruit des revendications populaires et ouvrières qui sont, elles, plutôt centrées autour de la durée du travail, des salaires, du pouvoir d’achat et de la vie chère.

Elles répondent donc d’autres préoccupations : maîtriser le crédit, redresser des entreprises en difficulté, restructurer des secteurs d’activité, contrôler les entreprises stratégiques, créer par des fusions des groupes à dimension internationale…Au sein d’une nation, c’est un outil à la disposition de l’Etat pour rationaliser et développer les forces productives.

Une fois l’objectif atteint, l’état remet le bien nationalisé sur le marché. À partir de 1993, la droite lancera une vague de privatisation du secteur nationalisé, œuvre qui sera poursuivie avec zèle de 1997 à 2002 par le gouvernement « gauche plurielle » de Lionel Jospin.

N’oublions pas que ce que Montebourg n’a pas fait pour Arcelor-Mittal, Sarkozy, alors ministre de l’économie, l’a fait en 2004 pour sauver ALSTOM et le TGV. En recapitalisant l’entreprise  à hauteur de 2,2 milliards d’euros de fonds publics, l’état en a pris le contrôle pour mieux la restructurer (effectifs –20%) et a revendu ensuite ses parts à Bouygues en 2006. Cet épisode est une sorte de raccourci et de cas d’école, puisque c’est le même gouvernement qui nationalise, puis privatise une fois renflouée la même entreprise.

à l’exception des entreprises qui avaient « trop » collaboré avec l’occupant nazi comme Renault ou Gnôme Rhône (qui deviendra SNECMA) et qui furent expropriées à la libération, l’ensemble des nationalisations n’est pas la spoliation de la propriété privée à laquelle on veut nous faire croire. Elles sont réalisées au prix du marché :

« Art. 10 : pour les sociétés dont les actions sont cotées en bourse, l’indemnité est égale au produit du nombre des actions de chaque actionnaire par leur cours moyen du 1° septembre 1944 au 28 février 1945 ou par le cours au 4 juin 1945 lorsque ce dernier cours est supérieur au cours moyen en question. » (Loi de nationalisation de 1945)

Ou dans des conditions encore plus favorables comme en 1982 : Somme de la valeur boursière et des derniers dividendes versés, majorée de 14%.

Les nationalisations ont-elles apporté des changements significatifs dans la gestion des entreprises et dans les conditions de travail des salariés ? on peut légitimement en douter. Les dirigeants des entreprises publiques comme privées, sont interchangeables, ils se partagent également les postes au sommet de l’état, au gouvernement et dans les cabinets ministériels. Ils ont fait les mêmes écoles et viennent des mêmes milieux; il y a alors peu de chances qu’ils développent des politiques managériales différentes.

Les grandes avancées sociales favorables aux travailleurs ne sont pas issues d’une avant-garde entreprenariale que serait le secteur public, mais des luttes et des mouvements de grèves générales : 1936 : augmentation de salaires, droit syndical, délégué du personnel, conventions collectives, 40h00, congés payés…1968 : Hausse du SMIC, section syndicale d’entreprise…Rien qui n’ait été mis en œuvre ou expérimenté dans le secteur public.

Renault citadelle ouvrière : on se souvient de  » Quand Billancourt éternue, la France s’enrhume … », mais on oublie que cette puissance ouvrière tient plus sa légitimité de la grève de 1947 où elle s’opposa au gouvernement et aux directions syndicales bien que l’entreprise soit déjà nationalisée. Si d’autres secteurs nationalisés, SNCF, EDF, Mines…ont activement participé aux mouvements de grèves de 1947-1948, c’est bien parce que les travailleurs n’y étaient pas mieux traités et c’est par la lutte que ces travailleurs ont obtenu quelques améliorations que l’on fait passer de nos jours pour des privilèges, une rente de situation.

Pour la période plus récente, il suffit de demander aux travailleurs nationalisés des années 80, ce que cela a changé pour eux dans leur quotidien. Puis à nouveau privatisés 10 ans après, qu’ont-ils vécu mis à part des restructurations, des licenciements massifs et de la souffrance au travail.

Alors, les communistes ont-ils intérêt à avancer le mot d’autre de nationalisation des entreprises qui licencient et qui ferment des sites ? Ce mot d’ordre fait-il progresser la conscience de classe et la combativité ?

Dans les 2 cas, la réponse est non !

Ce mot d’ordre est dangereux car il accrédite et il conforte l’illusion que l’état « républicain » serait une entité neutre et bienveillante, qu’il suffirait de le bien gérer pour que tout aille bien dans le meilleur des mondes (c’est la vision du Front de Gauche et de tous les réformistes). Or il n’en est rien car l’état est bien un instrument de domination de la classe qui détient le pouvoir économique la bourgeoisie, et cette dernière se contrefiche du bien-être des travailleurs dont elle ne se soucie que lorsque sa domination ou son taux de profit sont menacés.

S’en remettre à l’état bourgeois, c’est rendre les armes et renoncer à se débarrasser du capitalisme.

D’ailleurs, il est grotesque de prétendre, comme le font les étatistes de gauche et de droite, que l’Etat est l’instrument qui pourrait réaliser le bien-être du peuple contre le capital parce qu’il serait, ou pourrait être, le pouvoir du peuple, alors qu’il est la manifestation même que le peuple n’a pas le pouvoir et que l’Etat est justement l’instrument qui l’en dépossède.

L’idéologie étatiste est plus dangereuse que l’idéologie libérale dans la mesure où elle est plus influente sur les prolétaires car elle leur fait croire que l’Etat pourrait dominer, ou tout le moins contrôler et réguler le capital pour qu’il les serve.

Ce faisant, elle entrave particulièrement la construction d’un mouvement révolutionnaire des prolétaires qui sont spontanément sensibles au fétichisme de l’Etat, l’imaginant volontiers comme le possible protecteur qu’ils sont souvent portés à rechercher comme tous les individus démunis de propriété et de puissance du monde capitaliste. Ils s’imaginent dès lors que ceux qui leur promettent un Etat « républicain » et « citoyen » seront d’honnêtes courtiers exécuteurs de leurs volontés.

En votant pour ces étatistes, ils s’évitent les peines, difficultés et aléas d’avoir eux-mêmes à prendre en main la responsabilité de leur propre destin. Ils abdiquent ainsi avant même d’avoir combattu.

La tâche urgente d’aujourd’hui est justement que les prolétaires sortent de ces fausses solutions, et de cette alternance qui ne change rien, par la construction d’un parti et d’un mouvement révolutionnaire.

L’Etat est déjà la cible des revendications

Pour s’opposer aux licenciements et aux fermetures d’entreprises, les travailleurs ont d’autres  armes, la grève, le blocage de la production, l’occupation, l’opposition au démontage des machines ou à l’enlèvement du stock des marchandises…Le recours ou l’appel à la nationalisation leur est spontanément étranger, il vient plutôt  des directions politiques et de leurs relais dans les directions syndicales.

La tendance spontanée des travailleurs floués est de se saisir de leur outil de travail, c’est cette tendance que les communistes doivent valoriser en avançant le mot d’ordre d’expropriation par les travailleurs eux-mêmes, sans indemnisation.

 

Zanon 1

Une autre réaction des travailleurs est de vouloir continuer sans les patrons et les actionnaires, elle se traduit dans la tentative de créer des SCOP. Bien évidemment une entreprise autogérée par les travailleurs n’a aucune chance dans de survie dans un monde dominé par le capitalisme, toutefois c’est une expérience riche en enseignements politiques de classe (bien plus qu’une nationalisation), un embryon de contrôle ouvrier, nous pouvons y faire avancer les confrontations : pas besoin de l’accord des propriétaires pour reprendre l’activité ou la marque puisqu’on l’exproprie. Il est possible temporairement de reprendre la production pour soit, d’expérimenter des nouveaux rapports de travail, de susciter un mouvement de solidarité, de développer les luttes. De telles expériences sont en cours en Espagne en Grèce et dans d’autres pays frappés par la crise.

Un tel scénario  amènera les travailleurs à la confrontation directe avec l’état qui ne pourra tolérer longtemps ce type d’agitation. Au niveau de la conscience, nous aurons alors fait un bon qualitatif en passant de la mythification de l’état républicain à l’hostilité de classe face à l’état répressif défenseur des intérêts des patrons. Cette prise de conscience est le préalable à l’affrontement de l’état comme première étape de la révolution.

Patron

 

L’état ne nous est d’aucun recours, il est l’ennemi des travailleurs !

Contre les licenciements, les délocalisations les fermetures d’entreprise :

Expropriation, sans indemnisation, par et pour les travailleurs !

                                                                                 JMN  29 juin 2013

 

 

Le point de vue d’autres organisations communistes sur la question.

http://www.urcf.fr/IMG/pdf/brochure_nationalisation.pdf

http://rocml.org/a-propos-du-mot-dordre-de-nationalisation/

http://www.vp-partisan.org/article337.html